« pour une géographie citoyenne | Page d'accueil | premier mariage »
01.06.2007
l'orientation, reine des peines...
Le prof c'est celui qui corrige, qui écrit au tableau, et qui décide de l'avenir des élèves au conseil de classe. C'est kiffant hein de décider pour les autres? pas tant que ça...parce que je vais sans doute beaucoup enseigner au lycée et qu'en seconde, dans notre beau pays qu'est la France, les jeux sont faits. et c'est dur de dire ça.
Partons du particulier pour aller vers le général. la semaine dernière avait lieu le dernier conseil de classe de l'année. 31 élèves = 14 première S, 4 réorientations BEP, 2 première STG, deux ou trois redoublements, 1 première L et une dizaine en première ES.
Decryptons: dans cette classe il y avait d'un côté des élèves brillants de troisième qui ont fait joué les options (latin, sciences) pour aller dans cette classe. Parents attentifs qui sont venus aux rencontres parents profs, élèves cultivés, qui travaillent facilement, environnement socio-culturel favorable. c'est ceux qui vont en première S. parce qu'ils ont un esprit scientifique? seulement pour la moitié d'entre eux. Ou moins. Pour le reste c'est parce que les parents le veulent, parce que " les meilleurs vont en S"! les autres? Ils suivent à peu près ? en ES (quelques passionnés de l'actualité quand même) ou en L. Ne suivent plus et font les cons en cours? STG ou STI. ont ramé toute l'année et décroché: BEP. Oh bizarre ce sont aussi ceux qui ont des difficultés familiales, des problèmes de santé, ou des origines modestes qui sont "réorientés". Quelle coincidence. Mince alors.
Il y a une norme, vous êtes dedans ou dehors.
Ne crachons pas si vite sur un système sélectif d'orientation. Il est marqué par une histoire...progressiste. Le système scolaire allemand et son orientation précoce, ses 3 collèges, c'est la France avant la seconde guerre mondiale. La France a tout tenté pour que tous ses enfants aient la chance d'aller à l'université. les budgets onrt été doublés, des centaines d'établissements construits, des dizaines de milliers de profs recrutés, et dans les années 80 l'éducation est priorité et grande cause nationale.
Et aujourd'hui? le taux de bacheliers regresse. le collège unique qui assure une orientation plus tardive est remis en question. l'apprentissage est permis à 14ans. les filières ES et L faiblissent, leur contenu est remis en cause.
La sélectivité actuelle de notre système d'orientation est un facteur aigu de reproduction sociale. 0,5% de fils de cadres en BEP, 60% en filière S (c'est pire pour les fils d'enseignants hèhè). Le système s'accentue. l'UNEF s'en rend compte et cette organisation étudiante oppose service public d'orientation à l'université encore plus sélective. l'UNL, syndicat lycéen, en fait un de ses dossiers prioritaires et obtient sa prise en compte (hypocrite) dans les débats université emploi: un portail web va êtrez créé! youhou!!!! avant pour enterrer une idée on créait une commission aujourd'hui on crée un portail web.
QUELLES SOLUTIONS POUR QUE NOTRE SYSTEME D'EDUCATION SOIT PLUS JUSTE?
L'une des solutions c'est organiser l'orientation du CM2 à l'université pour garantir l'égalité des droits, la lutte contre les inégalités spatiales et sociales à tous les niveaux. Ce n'est pas la seule solution. La carte des formations, des filières, la carte scolaire, la formation des profs (notamment à l'orientation et à l'hétérogénéité des classes) est aussi à peser, à réfléchir.
Organiser un système d'orientation c'est d'abord savoir qui la fait. Pour moi cette orientation doit être réalisée par une direction de l'orientation au ministère. Cette direction doit élaborer des circulaires, un plan de formation pour les professeurs principaux, qui, libérés d'un quart de leur service, seraient chargés de l'orientation des élèves. Cette direction s'occuperait aussi de la mise en place de centres d'information sur les études et les métiers dans les CDI. Ces CIEM (on aime les sigles au MEN) remplacerait les conseillers d'orientation. Les professeurs principaux y recevraient les élèves et leurs familles deux fois par an. Les élèves y consulteraient des brochures sur les métiers et les études. Des conférences y seraient organiséées avec des professionnels, des universitaires et des anciens élèves pour que les élèves puissent faire leur choix.
Ces rendez-vous auraient lieu du CM2 à la première année de fac. Les professeurs des écoles siegeraient aux conseils de classe du première trimestre de sixième. Idem pour les professeurs principaux de troisième en seconde. Comment garantir l'égalité des droits pour les élèves? Celà pose aussi la question des Cours Particuliers Pour Tous et de la gratuité de toutes les formations défendus par le MJS. Celà pose la question des paliers d'orientations et des passerelles. En nombre réduit mais laissant toujours la possibilité de revenir sur des choix prématurés.
Celà pose la question de la revalorisation formidable à effectuer des filières technologiques et professionnelles, des études tertiaires et industrielles. Pourquoi les dénigrer si la moitié des emplois réclament de telles compétences? L'école est un lieu de savoirs, une formation à la citoyenneté; elle doit aussi permettre de trouver un emploi et une place dans la société. Au delà de la culture humaniste qui profite surtout aux classes les plus favorisées de la société, il faudrait revaloriser les savoir-faires! l'informatique, les langues, la recherche d'emploi. Des modules d'insertion professionnelle ont leur place à tous les niveaux et pour tous les élèves!
Ce n'est pas une question facile. Il faut s'inspirer d'exemples étrangers. Mettre le paquet sur l'école primaire et le premier cycle du collège. Ensuite on pourra parler de projet professionnel et d'orientation quand les élèves auront les moyens de la choisir! je vois bien un cycle fondamental du CM2 à la quatrième. un cycle de détermination en troisième et en seconde qui donne accès à des menus d'options qui permettent de construire un projet professionnel. Après j'aimerais bien un système de lycée polyvalent multi filières multi passerelles mais j'ai plus d'idées et je dois préparer des séquences de collège pour l'an prochain...
10:10 Publié dans Le Prof | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : politique, education, orientation
Commentaires
" les meilleurs vont en S"... ça me rappelle des choses... lol
L'année dernière, en seconde (ISI+LV2) donc, quand j'ai annoncé que je voulais finalement aller en ES, entre mes amis, mes profs, mes parents, c'était un matraquage de "mais ça va pas ou quoi, t'as plus de 16 de moyenne générale, faut qu't'ailles en S"... Une autre élève passionnée d'actu était elle aussi dans le même cas...
Elle a été en S. Moi en ES.
Aujourd'hui, en fin de première, elle regrette son choix, moi pas du tout, vraiment heureuse d'avoir choisi ES.
+++
Ecrit par : Amélie | 01.06.2007
Si un jour l'Homme devait défendre un point de vue, et il le doit, il doit le défendre selon ce qu'il croit bon pour l'intêret général allant de celui de l'Humanité à celle de la collectivité. Il doit aussi choisir en fonction de son environnement.
Mais je crois en la prééminence de l'environnement immédiat sur l'environnement constant. Je crois que l'Homme doit savoir se positionner d'abord selon le contexte, c'est-à-dire l'ensemble des situations variables qui entrent en compte dans le déroulement des faits, et qui offrerait les meilleurs chances d'aboutissement de sa pensée pour préparer le futur lointain ou changer le présent, via des interventions sur le cours des faits déjà établis pour en modifier leurs caractéristiques, soit le future proche.
Je crois enfin à la failliblité de l'Homme, c'est pourquoi je ne crois pas à la doctrine. L'idéologie est tout autre, mais si elle permet une certain assouplissement de l'avis par une évolution de sa pensée.
Si l'on conjugue le principe de sincérité de défense de ses propres opinions et celui de la volonté d'être efficace, il est indéniablement nécessaire de savoir que toutes les idéologies peuvent être défendues par même un Homme au cours de sa vie, si tant que son environnement immédiat ait rééllement changé.
Ecrit par : Sarkomythe | 01.06.2007
La question de l'orientation est LE problème à résoudre pour l'éducation nationale et même le politique et l'économique aujourd'hui car on remarque effectivement un renouvellement des élites,une dégradation de l'image de l'ouvrier et donc en gros la France manque de main d'oeuvre dans les métiers peu qualifiés et d'un surplus dans les professions intermédiaires.
Je pense surtout que c'est l'idéologie ou l'image des gens qu'il faut bousculer.Aujourd'hui,nous payons le prix d'une politique et d'une idéologie du"tout ou rien":avant,tout pour l'ouvrier,ensuite tout pour les plus diplomés,les cadres les professions intermédiaires(de Mitterrand à today).tout en délaissant le reste:les paysans avant,les ouvriers,les services aux personnes et professions peu qualifiées today.
Cette politique et idéologie rejaillit sur l'éducation nationale qui doit répondre aux besoins du moment:du genre "on a pas assez de cadres,il faut répondre à cela..." et non en ayant une politique d'anticipation ou une organisation plus générale.Pourquoi séparer le technologique au général?je pense que cette séparation renforce la stigmatisation du technologique.POurquoi ne pas enseigner quelques matières du technologique au collège(même si y a la techno mais c'est pas assez)?
Ensuite l'importance d'un conseiller d'orientation:absolument d'accord avec toi quand tu dis qu'il faut que ce soit le prof principal car il connait mieux les élèves et a un contact quotidien avec eux.
Mais je ne pense pas qu'il faille orienter dès le cm2 jusque le début collège.D'abord,l'orientation est changeante:un jour pompier un autre médecin...en plus l'opinion des élèves est fonction de leur imaginaire et non d'une réalité bien connue(le métier de médecin est vu du côté guérisseur et magicien,non celui qui annonce à un patient qu'il va mourir par exemple).
Orienter les élèves,cela s'est fait au collège avec les 4ème techno qui sont un échec car on s'est rendu compte qu'on déversait là tous les enfants socialement et culturellement défavorisés".
Je pense perso,et c'est à première vue,donc n'hésite pas à me dire où je me trompe,qu'il faut orienter les élèves le plus tard possible.pour plusieurs raisons:une fois grand,ils seront plus autonomes vis-à-vis des parents et donc le choix sera moins contraint.Ensuite,le retard culturel et social de certains élèves dès la maternelle peut se réduire avec l'âge:plus on donne du temps pour l'orientation,plus le "retardé" rattrapera son retard et envisagera un avenir professionnel autre que celui du parent,car le gros problème c'est qu'une fois arrivé en 2nde,on doit choisir DEFINITIVEMENT son orientation à long terme:et que je trouve dommage qu'on oblige l'élève à s'enfermer dans une branche dont il ne sait pas où elle va mener précisément.D'où beaucoup de réorientation:j'ai choisi perso un Bac L car les profs m'ont dit de le faire.Aujourd'hui,je le regrette car je pense que ma vocation se situait dans le domaine médical et je ne peux plus retourner en arrière et c'est là le problème.
Je pense que l'orientation doit se faire après le Bac:donc si j'étais président de la République(lol) je supprimerai la séparation dès la première en Bac L,Bac S,Bac sti.....et je fixerai un enseignement général pour tous avec moins de matières enseignées en général et plus de matières technologiques(plus de travail en atelier,multiplication des périodes de stage en entreprise pour la découverte du monde professionnel,ou d'un nouveau métier qui peut passionner...) JUSQU'AU BAC:donc 1 seul Bac général pour tous.Et ensuite,une orientation vers telle ou telle filière:l'inconvénient sera temporel cad que la formation professionnelle,au lieu de se faire en 1ère Sti,Tale Sti..,Bep,se fera après le Bac.Mais on gagnera 2 ans ou 3 pour se décider pour l'orientation,et donc on choisira mieux.Ensuite ce Bac aura une plus grande portée vers toutes les filières,sera plus démocratique.Et en cas d'échecs dans les études universitaires...la possibilité de mieux rebondir dans un autre secteur d'activités.
Donc,en gros il y aura plus de temps de perdu,plus d'échecs,mais un choix mieux réfléchi et une capacité à mieux rebondir en cas d'échecs.
J'aimerai que vous me dîtes si c'est vraiment farfelu,ou s'il faut que je développe plus.
Ecrit par : mat | 02.06.2007
"J'aimerai que vous me dîtes", ouh ça fait mal aux oreilles ça... ou plutôt aux yeux pardon ;-).
Côté développement je trouvais que l'idée était déjà pas mal expliquée, cela dit je ne suis pas trop d'accord avec toi !
Je ne sais pas si c'est farfelu ou pas mais je ne pense pas qu'on doive encore AFFLIGER des matières technologiques à des PAUVRES élèves jusqu'à la terminale... Pense à ceux qui détestaient déjà la techno pendant les quatre ans du collège tiens... ou encore ceux qui ont tant SOUFFERT de l'art plastique... tu ne dois pas être dans ce cas-là toi !
Après je suis plus d'accord quand tu me parles d'orienter plus tard, quoi que tellement partagé entre orienter plus tôt et orienter plus tard qu'il me semble que de ce point de vue-là le système actuel ne soit pas si mauvais...
En effet, je pense qu'il est vrai que certains élèves ne sont parfois pas "prêts" à faire le choix de leur orientation en seconde, mais il y a quand un même un petit peu de leur faute là-dedans ! Bien souvent ils n'ont pas daigné plus se renseigner sur ce qui pouvait les intéresser... Je ne suis pas sûr que ces deux ans-là changent beaucoup, compte tenu du fait que ça ne ferait qu'un peu plus d'un an à réflechir en plus alors qu'on doit normalement s'y intéresser dès la sixième !
Et puis si tu attends que tout le monde soit prêt tu pourrais attendre la vieillesse pour certains !
Idem pour les inégalités, attendre plus pourrait très bien les diminuer comme il pourrait les accroître...
Ecrit par : Sarkomythe | 02.06.2007
en tout cas mat et sarkomythe c'est bien de se poser des questions parce qu'il va falloir être inventif. et oui je pense que des sciences tertiaires et industrielles à tous les niveaux c'est normal. pourquoi est ce que les humanités seraient la norme et le technique la voie de garage? j'ai bien supporté les maths jusqu'à la terminale ca me sert à rien! en revanche...je sais même pas changer une ampoule!!!!
Ecrit par : nicolas | 02.06.2007
En L, est très heureuse de l'être !
Mon entourage aussi, a été sidéré que j'aille en L avec une très bonne moyenne, que je réussisse, et que je persiste...
Il faut aussi remettre en cause le système de filière qui est bancal : permettre plus de mélange : des sciences en L, de la littérature en ES, de l'histoire en S etc etc...
En fait, j'aimais bien l'ancien système...
Merci pour ce bel article.
Ecrit par : Cassandre | 02.06.2007
Désolé pour tes yeux sarkomythe.Toi,tu fait mal à ma patience:quand dévoileras-tu ton identité?
Les sciences techno et tertiaires ne doivent pas être négligées sous prétexte qu'elles ne plaisent pas.Ou alors je pense que la majorité des élèves serait d'accord pour ne pas avoir de philo ou d'histoire même.Pourtant il serait dangereux de supprimer ou déplacer ces matières.Je rejoins nicolas:ses mots sont même plus clairs.
Mon avis est que l'école doit assurer un enseignement le plus large possible pour préparer à tous les choix possibles.
Je pense qu'en développant un enseignement plus large,l'élève peut prendre goût à des matières dites technologiques alors qu'il est destiné à un secteur d'activités plus scientifique ou général via son milieu social et la pression des parents.Or,le système actuel fait que ces élèves socialement favorisés refusent les branches technologiques à cause des parents,de l'image qu'ils ont d'elles,avant même d'y goûter réellement(à part au collège,bien sûr).Plus de matières technologiques pourraient être fort utiles dans leur futur(ampoule,ou pourquoi pas s'initier à la mécanique serait utile pour la voiture...)
Quand tu dis que les élèves doivent réfléchir à leur orientation et qu'il y a un ptit peu de leur faute dans la mauvaise orientation,je suis pas tout à fait d'accord:tu sais très bien qu'un élève à cet âge n'y pense pas vraiment,ou s'il y pense,il a souvent une représentation biaisée du métier qu'il veut éxercer(je parle surtout des collégiens).Maintenant,je prends à témoin Nicolas:est-ce que tu savais à 14 ans que ta vocation serait dans l'enseignement:c'est possible mais rare.Esy-ce que tu savais à cet âge qu'il te fallait une licence ,puis entrer à l'IUFM,puis passer un concours,que tu ne serais pas tout de suite titularisé?C'est possible,mais rare.L'élève n'a pas encore la maturité pour choisir un avenir ou un métier qu'il va exercer 5 ou 10 ans plus tard,et du coup l'influence de l'entourage se fait sentir.Avec le système actuel,il doit le faire et s'il échoue,se trompe de vocation,IL NE PEUT PLUS REVENIR EN ARRIERE!Et c'est du gâchis.
D'où mon avis qui est d'assurer un enseignement général pour tous pour avoir des bases de connaissances élargies qui permettraient de se réorienter plus facilement.et d'effectuer un choix capital pour l'avenir à 17-18 ans,âge de responsabilités.
De plus,il y a des efforts énormes à faire en terme d'information sur l'orientation:en gros,l'élève de lycée n'a qu'une vision réduite des différents cursus qu'il peut suivre pour arriver à son ambition,de même qu'il ne sait pas quelle bouée de secours il dispose si ces études se révèlent être un échec.Tu dis nicolas,qu'il faut en gros un effort au sein du ministère:je pense qu'il faut même réserver 1 heure/semaine ou plutôt par mois pour une initiation à la vie étudiante et professionnelle:avec des renseignements sur les métiers,les cursus,des infos sur la vie étudiante,le crous,les différentes écoles,formations post-bac..stages en entreprise,info sur les formation à alternance.....de façon à préparer le futur apprenti ou étudiant.Je pense donc qu'avec une meilleure info et plus de temps,le choix sera meilleur et plus flexible.
Ecrit par : mat | 03.06.2007
Je suis d'ac avec Cassandre et sa force de conviction est remarquable.Pas sûr que tous s'affranchissent de la pression des parents,de l'entourage.Il faut plus de mélange et même supprimer les filières ou alors les rendre plus flexibles,car il s'agit de portes qui se referment définitivement derrière les élèves.
Ecrit par : mat | 03.06.2007
force de persuasion plutôt.Désolé Sarkomythe,l'heur tardive ptet.
Ecrit par : mat | 03.06.2007
Pour un enseignement commun au moins jusqu'en seconde qui garantirait philo, histoire, techno, lettres...
Et un tronc commun par la suite : philo-histoire-maths-français-langues !
Ecrit par : Cassandre | 03.06.2007
Mais je ne t'en veux pas Mat ;-), sauf que je ne suis pas d'accord avec toi ni avec personne ici et que je ne trouve pas que vos arguments soient si percutants... mais enfin, de toute manière, chacun ses idées !
Par exemple, je pense qu'il faudrait que ce soit les élèves qui décident de la manière dont organiser la scolarité et en particulier l'orientation... pas les anciens élèves ! Ou les TROP anciens élèves... Quand finira-t-on sur cette planète par prendre les décisions avec les personnes que ça concerne... Personnellement je ne pense pas que tu sois toi-même affecté par un éventuel changement à ce niveau-là !
Après, bien évidemment que tout le monde n'est pas forcément assez mature à cet âge. Mais cela dit, que ça vous plaise ou non, je continue à penser que le système actuel n'est pas si mauvais au niveau de l'orientation... Il ne fait pas trop entrer en jeu la maturité des élèves mais, dans le même temps, commence aussi à la prendre en compte.
Je crois que les élèves à l'âge-là doivent être sensibilisés à la responsabilité... On dit qu'ils ne sont pas assez renseignés ou pas assez mûres... Bien, pour ce qui est du renseignement j'ai déjà dit ce que j'en pensais. C'est une question de volonté, on se renseigne si on en a envie seulement et on ne peut rien faire à cela. Pour la maturité, c'est tout autre chose !
Pour développer mon idée, je pense que l'apprentissage de la responsabilité doit être progressif. On ne doit pas se retrouver un beau jour responsable de tous ses actes alors que la veille encore on était responsable de rien ! Et, un peu comme pour la gestion de l'argent, je pense que les premières responsabilités qu'on doit confier, ou en partie, aux élèves est celle de leur propre avenir !
Mon avis est que dans la vie on est bien-sûr responsable de soi mais aussi que nos actes peuvent porter aussi sur les autres. Alors, d'abord, on exerce sa capacité à être responsable sur soi non ? Qu'est-ce qui fait le quotidien d'un élève ou qui fera désormais son quotidien à cet âge-là ? L'argent, j'en ai déjà parlé, mais aussi la reflexion sur ses études. L'élève doit jouer un rôle essentiel dans son orientation, j'ai la même thèse que vous, ce sur quoi nous ne sommes pas d'accord est la manière dont la transcire.
Que les filières techniques doivent être plus valorisées je suis d'accord. Mais j'évalue la maturité des élèves de manière bien différente. Croyez-moi. Il est de notre devoir de leur faire plus confiance, c'est ce qui révèle d'un problème plus général de la Jeunesse. Autrement dit, au lieu de frustre les jeunes en leur rabâchant sans cesse qu'ils ne sont pas assez mûres, et leur infliger des matières techniques jusqu'en terminale comme vous l'avez proposé, alors qu'ils savent très bien que là n'est pas leur vocation, il faut leur donner confiance en eux et en leur choix.
C'est très bien que des élèves parlent du choix qu'ils ont même fait contre l'opinion de leurs parents d'ailleurs, et est-ce qu'ils le regrettent ? Apparemment non, ou pas ceux qui visitent ce blog en tout cas ! On ne peut pas toujours pénaliser la classe d'âge lorsqu'une minorité ne se préoccupe pas de son avenir ! Vous savez ce qu'on forme comme ça ?
Des futurs citoyens qui ne sauront jamais où sont les limites parce qu'ils n'ont pas assez l'expérience de l'assurance de soi ! Des incivilités donc ! Des futurs citoyens dont les erreurs futures seront rééllement irréparables parce qu'ils les feront dans leur vie d'adulte ! Bravo ! Ca créera certainement une génération d'écorchés plus ou moins vifs qui auront foi en l'avenir. Voyez les passerelles qui existent dans le système actuel ! Les erreurs sont encore réparables, mieux vaut les faire là que plus tard !
Toutefois, j'observe que ça révèle d'une véritable manie des individus de juger la société, et, à travers elle, ses différents systèmes, comme des systèmes qu'il faille également changer ! Je suis pour le progrès certes, mais est-ce rééllement cela le progrès ? Je ne crois pas.
Dans la vie, on dit qu'il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Je pense qu'en politique il ne faut pas confondre efficacité et précipitation. Etre efficace, oeuvrer pour le progrès, c'est aussi pour moi savoir étudier. Agir c'est bien, mais agir intelligemment.
Enfin, sachez que je ne dis pas là que la société est parfaite, loin de là. Je crois en sa perfectibilité comme je crois en celle des Hommes. Mais je dis que changer pour faire pire est impardonnable. Ce n'est pas on essaye puis on verra ce que pourraient être des repercussions négatives que l'on sait déjà conséquentes. C'est on établi un projet clair et les moyens pour le mettre en oeuvre, un projet qui ait à maximum compris la situation actuelle et qui ait véritablement bénéficié de tous les talents.
Poursuivre un effort collectif pour l'interêt général, il n'y a rien de plus beau non ? Dites-moi si je suis idéaliste, en tout cas je suis sincère. Sincère et authentique dans ce que j'avance. Si j'ai foi en l'Humanisme, si j'ai foi en l'enseignement d'un maximum de culture générale aux élèves, c'est parce que je privilégie le bien de la société aux savoirs-faires de chacun. Peut-être trop.
Mais je pense que cela ne servirait à rien d'imaginer une société profondément forte avec des individus dont les seuls talents seraient des compétences techniques. Pour moi, la bonne santé des individus passent forcément par celle de la collectivité dans laquelle ils vivent, et ils ne pourraient même pas espérer y avoir pris place et s'y sentir à l'aise, aussi varié leur enseignement aurait pu être.
J'ai l'impression d'avoir à faire à des considérations manichéennes. Je ne remets nullement en cause la cohérence de vos propos entre eux, ni même leur bien-fondé pour la plupart, mais nos différents reposent sur la lecture différente que nous faisons de la société actuelle.
Car je sais qu'au fond nos philosophies ne sont pas aussi éloignées les unes des autres. Même si, encore une fois, pour moi l'handicap que peut nous procurer le fait de ne pas savoir changer une ampoule ne prime pas sur le caractère indispensable de la transmission des valeurs humanistes, aussi longtemps peut-elle durer.
Ecrit par : Sarkomythe | 03.06.2007
je ne connaissais pas l'ancien systeme, ce qui est sur c'est que ca fait réfléchir! concernant ma propre orientation j'ai décidé au CM2 à 9 ans que je voulais être prof d'histoire géo, choisi mes options en conséquence (latin en quatrieme, histoire des arts en seconde) et compulsé les revues ONISEP dès la cinquieme. mais les profs ne sont pas des bons exemples. Ce sont les premiers à jouer les options pour leurs enfants. cher sarkomythe, il en est qui connaissent le systeme et d'autres qui ne le connaissent pas. Je suis d'accord, l'école n'est pas là pour classer les gens dans des corps de métiers mais bien pour accoucher de citoyens aptes à faire leur choix par la pluralité de leurs connaissances. et compétences. mais j'ai une question: pourquoi les matières littéraires sont obligatoires et les matières techniques optionnelles (insertion pro en troisieme, filières tech et pro apres)? citoyenneté oblige. mais alors, qu'on ne s'étonne pas si la voie de garage est la voie techno/PRO...il faut réfléchir à la revalorisation du pro...je vais y réfléchir! car cher sarkomythe, quand 60% des fils de cadres vont en S, quand les fils d'ouvriers vont en BEP, quand j'étudie les dossiers de mes cher(e)s élèves et que je retrouve souvent la même voie tracée par les mêmes causes socio-culturelles...JE N ACCEPTE PAS LE MONDE TEL QU IL EST!
Ecrit par : nicolas | 03.06.2007
"[...] mais alors, qu'on ne s'étonne pas si la voie de garage est la voie techno/PRO..." : mais il ne doit pas y avoir de voie de garage ! Ce n'est pas ce que je dis, au contraire, il faut faire pour que toutes les filières aient une réélle capacité d'attraction, d'où le fait que je sois plus d'accord avec vous lorsque vous dites "il faut réfléchir à la revalorisation du pro... !
Ne pas accepter le monde tel qu'il est revient à s'en exclure. Or, il est notre seul choix possible de vie. Au contraire, voyons la façon dont il est organisé actuellement et bâtissons des projets ! Accepter la situation actuelle pour le présent ne veut pas dire l'accepeter pour l'éternité ! Oeuvrons pour un futur meilleur, faisons valoir notre qualité de progressistes !
Ecrit par : Sarkomythe | 03.06.2007
Avant toute chose: Je n'ai pas lu les commentaires (pfouuu, trop la flemme, déjà avec cet article, j'en avais marre^^).
Bah, le fait de faire siéger les profs de l'année précédente lors du conseil de la première année de collège & lycée, pas bête..... mais ça me paraît inutile. Je m'explique: l'instit de CM2 et le prof de 3me remplissent déjà un bulletin interne (je ne sais pas comment ça s'appelle, le livret scolaire, je crois que c'est plus tard) qui est donné aux profs de 6me & 2de. Et en général, un élève en difficulté en CM2 va le rester en 6me, au mieux. Sinon, il va couler.
Mieux orienter les élèves, c'est clair que c'est un enjeu. Créer un service public de l'orientation, c'était pas dans le programme de SR?
D'ailleurs, je crois même que mieux orienter les élèves en fonction des besoins du marché du travail, c'était l'UMP qui voulait le faire.
Les élèves qui vont en S parce que "c'est la meilleure section", ça me rappelle quelque chose. Moi je suis dans la catégorie "passionnés de l'actualité". Mais oui, il faut rééquilibrer la notoriété des sections!
Ecrit par : Adrien | 03.06.2007
Cher Sarkomythe,je n'ai rien contre toi,comme tu dis chacun ses idées,et je trouve ton discours très intéressant,moi aussi je suis sincère.
Quand tu dis que les élèves doivent avoir le sens des responsabilités le plus tôt possible,c'est vrai,je le concède.Ils ne sont pas bêtes loin de là,sont soucieux de leur avenir,c'est sûr!
Maintenant ce qui est dommage,c'est qu'ils doivent faire un choix de carrière quasi-définitif 2 ou 3 ans avant le Bac minimum,voire 10 à 15 ans avant l'obtention du diplôme permettant l'exercice d'un métier(donc choix à long terme).Bien sûr,on peut se réorienter,mais dans la même filière,le même domaine (scientifique,littéraire,économique,technologique...).On ne peut pas dans le système actuel,en cas d'échec,de crise de vocation,changer complètement de domaine.Et c'est dommage!On n'a pas le droit à l'erreur:quelle première responsabilité leur donnes-tu?!celle de leur avenir,c'est un peu dur,non,et c'est certainement pas progressif!Je pense que tu vas trop loin dans ton discours sur la responsabilité:à dire que cela provoquera des incivilités,la réalité étant beaucoup plus complexe!
J'ai été en tout cas rassuré que d'une certaine façon,je n'étais pas le seul à penser que la séparation en "castes" en 1ère n'était pas la meilleure chose(Mélenchon aussi!!)
Ou allons dans ton sens:laisser aux élèves les clés de leur destin.Soit.Dans ce cas-là,des efforts doivent être faits en direction de l'information à l'orientation,car je persiste:les collégiens ou lycéens n'ont pas entre leurs mains tous les renseignements concernant le monde du travail,les formations post-bac,ce à quoi va mener leur Bac.Et ne font pas leur choix en toute connaissance de cause.
Parce que tu ne peux pas nier:on a un problème d'orientation.Ce que dis nicolas est une réalité.Tu as raison quand tu dis qu'il ne faut pas toujours tout changer,mais à partir du moment où il ya un problème,on doit réfléchir à des solutions pour le résoudre.
Concernant le technique,il ne faut pas se leurrer:tu n'attireras jamais des fils de cadres,des élites dans ces filières,sans au moins les y faire goûter!Je pense perso que si on ne supprime pas les filières techniques et générales au lycée,on aura toujours des élites et "moyens" en général,et les élèves culturellement et socialement défavorisés en technique.Pour moi,c'est une vérité absolue!Il faudrait bousculer les opinions des élites(parents),classes défavorisées,et même les profs(combien obligent certains à choisir des filières techniques sous prétexte qu'ils ont effectué une mauvaise année scolaire!),sans parler des conseillers d'orientation qui utilisent souvent des critères de situation sociale pour orienter(tiens,ce fils de famille monoparentale,dont mère au foyer ne peut être ingénieur!!).En clair,là oui,il faudrait changer toute la société cher Sarkomythe!
Nicolas,quel plan de carrière!!Mais tu es une exception,malheureusement.Ce que tu dis est vrai(sur la reproduction sociale),mais ce n'est pas nouveau,tu le sais,c'est même très ancien.Maintenant cela n'empêche pas de combattre cette réalité.Mais comment faire?L'école peut-elle apporter des solutions?N'est -ce pas un problème plus large:les mentalités par exemple?Moi,perso,je suis de plus en plus convaincu que ce n'est pas à l'école(1aire et 2aire) d'orienter comme elle le fait actuellement,cad en dirigeant des individus dans des branches pour les préparer à des formations post-bac dans la continuité.Je pense que son rôle doit être de donner des bases humanistes,techniques,scientifiques....les mêmes à tous(donc dans le cadre de la démocratie et de l'égalité des chances contrairement à today)et ensuite après le Bac,le choix sera fait mais les acquis du lycée permettront une réorientation dans n'importe quel domaine(car la vocation,on ne la trouve pas toujours à 16ans ou au Cm2)
Ecrit par : mat | 04.06.2007
Bof ! Bof ! Bof l'article...
Ecrit par : Croucrouch | 04.06.2007






