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1981 - la gauche et le pouvoir

16a307dbc4b98dd129527433836784b1.jpgJe suis né le 8 décembre 1983 (enfin le 9 mais mon père s’est trompé à l’état civil), et Mitterrand, la bastille, le panthéon, c’est pour moi une histoire, une belle histoire, c’est un frisson, l’adrénaline du visage qui apparaît bande par bande à 20h, le 10 mai 1981, c’est la pluie qui se mélange aux larmes de joie des militants qui dansent sous l’averse. Rien que ça.

 

Mais c’est pour moi aussi l’inquiétude de Reagan face à l’entrée de ministres communistes dans le gouvernement, les accents révolutionnaires du congrès PS de Valence, l’échec du G7de Versailles, les premières décisions et les premières lois (39h, nationalisations, peine de mort, radios libres), et les premiers obstacles (dévaluation notamment).

 

1981 est une date qu’on ne peut oublier. Rétroactivement c’est le temps de l’utopie confrontée à la réalité, de l’exagération avant la pause de la rigueur, mais sur le moment ? sans doute celui de l’espoir qui explose et des paroles qui s’envolent, des cœurs soulevés qui battent à l’unisson de la « république des enseignants ». Cet enthousiasme, émouvant, et sincère…sur fond de crise mondiale, de chômage de masse, de cet avenir noir.

 

Je suis au sens propre du terme un enfant de cette période…

A t’on fait l’inventaire de 1981 ? à de nombreuses reprises (attali, mauroy), on a relevé les contradictions : la politique de relance quand les autres pays menaient la rigueur, la politique monétariste quand le serpent monétaire européen interdisait tout volontarisme et toute incohérence. L’inutilité des nationalisations « symboliques » à 100% qui faisait grincer des dents mauroy, delors et rocard, partisans, plus ou moins cachés, des nationalisations à 50% sous forme d’augmentation de capital. Les discours robespierristes qui réveillaient la droite, le mur d’argent, et faisaient craindre une expérience éphémère, comme celle du front populaire. Le socialisme dans un seul pays, ce n’était plus possible !

 

Et si 1981, au delà de l’élan du 10 mai, devait être une occasion ratée ? non pas le socialisme confronté  à l’épreuve du pouvoir. Mais la bêtise d’un programme commun datant de 10 ans planté sur un contexte différent. Je me pose (et vous pose) la question. En Historien, j’en tire la leçon, pour changer la vie, il faut privilégier l’efficacité, le long terme, sur les effets d’annonce et la symbolique. Pour changer la vie, il faut savoir composer, créer des outils, des leviers nouveaux,  savoir s’assurer le soutien de la société civile, savoir créer un élan international, savoir convaincre. Et oui si j’avais pensé à ma naissance, j’aurais été rocardien et mendésiste !

 

A ce prix là, la gauche, j’en suis sur reviendra au pouvoir. Le plus vite possible. Pour que l’intérêt collectif des générations présentes et à venir de notre monde globalisé soit assurée par des politiques de régulation de l’économie et des flux capitaux, d’une harmonisation vers le haut de nouvelles protections sociales, vers une croissance partagée, différente, humaine, de nos sociétés, au prix même, s’il le faut, d’un changement de nos modes de vie.

Commentaires

  • Ca y est je suis faché ;-)

    Suppression de la Cour de sûreté de l'État et abolition de la peine de mort.
    Libération des ondes radio.
    Régularisation des immigrés sans papiers qui exercent un travail et peuvent le prouver.
    Impôt sur les grandes fortunes
    Discours de Cancun.
    Semaine de 39 heures (durée légale du travail).
    5e semaine de congés payés.
    Retraite à 60 ans.
    Lois Auroux sur le droit du travail
    Loi Quilliot sur les droits et les devoirs des bailleurs et locataires.
    Loi-cadre Defferre sur la décentralisation.
    Création des zones d'éducation prioritaire (ZEP).
    Abrogation du délit d'homosexualité
    Première visite d'un chef d'État français en Israël.
    Loi Roudy sur l'égalité salariale entre hommes et femmes dans les entreprises.
    Loi Badinter sur l'indemnisation des victimes de crimes et délits

    Tout ça n'a rien de symbolique, tout ça n'a rien de raté ou d'un échec, c'est une partie du bilan des deux premières années, tirées du programme commun "imbécile" ; merci pour les imbéciles qui sont bien contents e profiter de tout ça.

    Quant aux points que tu contestes le plus, du moins j'imagine comme l'augmentation du SMIC de 10 %, des allocations familiales et logement de 25 %, handicapés de 20 %, ben fallait pas voter pour le projet socialistes qui s'inspirait de ce genre de mesures il y a un an. Un peu de mémoire, merde.

    Pour les trucs les plus discuttés comme les nationalisations à 100%, quand on voit comment se sont faites les privatisations, par ouverture de capital, puis liquidation des bijoux de famille, on se dit que 100% de capital public ça a rendu la tâche un peu plus compliquée aux ayatollah du marché. Les mêmes qui hier contestaient les nationalisations à 100 % nous théorisent aujourd'hui la privatisation des centrales nucléaires.

    Comme par hazard.

  • Et rappelle-toi la citation de notre bon Georges Frêche : "deux ans d'impopularité, deux ans de calme, deux ans avec des fleurs et des petits oiseaux, et vous êtes réélu."
    Il a raison : si on ne prend pas les mesures impopulaires en début de mandat quand les prendra-t-on ? Les mesures "suppositoires" de long terme qui passent mal sont à prendre en début de mandat, pour qu'on en collecte les fruits à l'approche des élections ; alors que les mesures de court terme avec effets d'annonce sont à prendre en fin de mandat. La République donne l'état de grâce à un nouveau président, pour une durée allant de trois mois à un an et demi. J'estime qu'un bon gouvernement ne doit pas profiter de l'état de grâce, car c'est le calme avant la tempête, qui n'en sera que plus violente si l'état de grâce dure longtemps (cf. fin du gouvernement Mauroy). Tous les gouvernements depuis Pompidou (de Gaulle est hors-jeu vu les circonstances historiques) ont fait l'inverse, en nommant d'abord un ambitieux (Chaban et Chirac), puis un bosseur impopulaire (Messmer et Barre). Résultat : ils ont perdu la présidentielle suivante (je dis perdu dans le sens où Pompidou était conservateur et Gichcard libéral).

    Pour bien gouverner, il faudrait d'abord prendre un Premier Ministre bosseur (par là, j'entends fusible) qui prendrait les mesures impopulaires (du genre plan de rigueur, hausse des impôts) dans les deux premières années, puis le virer pour prendre un béni-oui-oui qui aurait comme devise "il est urgent d'attendre" pendant 2 ans encore, et enfin, prendre toutes les mesures populaires (baisses d'impôts, etc) en gardant le béni-oui-oui et en le mettant de côté (comme fait NDP avec Fillon) pour être réélu. Ou alors, nommer Premier Ministre son dauphin désigné. Et vous êtes réélu !

    Si je dis ça, c'est parce que ça ne sert à rien de gouverner pour 5 ans s'il y alternance après ; le pouvoir ne peut se concevoir que sur le long terme, donc au moins sur deux mandats.

  • Et sinon, comment s'est passée la rentrée du jeune prof ?

  • Et alors, tu modère ta frangine maintenant ? C'est quoi ces manières ?

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