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  • Budget 2008 : La faillite organisée d’un Etat rationné

    dd514a95ad926ca79ade58894805ddd4.gifLa « France en faillite », disait récemment un premier ministre en manque de notoriété. Cette faillite, terme impropre, est organisée par la droite, qui baisse les recettes de l’Etat avec 15 milliards d’euros de cadeaux fiscaux pour les plus riches, et raisonne en terme purement comptables (croissance improbable, suppression de postes de fonctionnaires) pour justifier une politique dont les plus modestes seront les premières victimes. Ecartelé entre promesses électorales aux plus riches et pacte de stabilité européen, le gouvernement Sarkozy peine à trouver des recettes…La rupture de Sarkozy ? C’est la continuité des politiques éternelles de l’Etat qui réduisent la sphère publique, le patrimoine commun de ceux qui n’ont rien.

     

    Il faut dénoncer les impostures du magicien Sarkozy : parler de priorité au  pouvoir d’achat pour expliquer la quasi-suppression des droits de succession, le SMIC et les salaires des fonctionnaires ne sont pas revalorisés, c’est inacceptable ! Parler de priorité pour l’éducation quand 11 000 enseignants manqueront à la prochaine rentrée, c’est intolérable ! 2 milliards d’euros sont annoncés pour l’enseignement supérieur ? La même somme est donnée en réduction d’impôts aux 1000 foyers possédant plus de 15 millions d’euros !

     

    Que se passe t’il en vérité ? Privé de recettes, l’Etat ne peut assurer ses missions, assurer l’égalité des citoyens, leur accès à des services publics de qualité. Quand les inégalités croissantes, la morosité de l’économie requièrent une politique ambitieuse de relance par la consommation, la droite s’apprête à mener une politique de rigueur dont les plus modestes vont souffrir. Le mythe de « la droite qui gère mieux » tombe : quand Lionel Jospin équilibrait les comptes de la sécurité sociale en 2001, le gouvernement Fillon, en 2007, est quasiment placé sous le contrôle d’une commission européenne très inquiète !

  • Démocratisation de l’enseignement supérieur : un droit à l’avenir pour tous les jeunes

    7468ed9a22138aaefb56808a1d11b95a.jpgDepuis les années 1960, l’enseignement supérieur s’est massifié, mais pas forcément démocratisé. La reproduction sociale est toujours forte, amenant les catégories sociales les plus favorisées vers les bac S, et les filières sélectives, alors que les fils d’employés, d’ouvriers, rejoignent majoritairement les filières technologiques et professionnelles, au mieux les premiers cycles universitaires, au pire en sortant du système scolaire sans qualification. Ce déterminisme n’est pas si minutieux, mais aujourd’hui, le service public de l’enseignement supérieur ne tient pas sa promesse d’égalité républicaine.

     

    L’accès à l’enseignement supérieur, libre théoriquement, est semé d’embûches culturelles, sociales et territoriales. Quels outils pour les réduire ? C’est un défi majeur pour les socialistes, alors que l’autonomie à venir des universités, la précarisation croissante du milieu étudiant et la menace de frais d’inscription élevés doit nous amener à construire une alternative à la marchandisation de l’enseignement supérieur.

     

    Plus qu’à l’université, c’est en dehors que les inégalités se creusent, dans l’accès à la culture, aux transports et au logement. Plus on s’éloigne des capitales régionales, plus le taux de scolarisation des 18/25 ans  baisse, parfois même d’un quart ! C’est un problème d’égalité des territoires, de carte des formations universitaires qui devrait laisser plus de place aux villes moyennes, mais aussi du manque d’ambition des politiques publiques qui devraient permettre à tout jeune de partir poursuivre les études de son choix.

     

    Faire des études c’est un coût, notamment en matière de transport : départ pour une autre région, mouvements pendulaires ou simple utilisation des transports urbains, c’est le 2ème poste budgétaire des étudiants (de 80 à 110 euros en moyenne). Ces transports dépendent de plusieurs acteurs publics (région pour les TER, département pour les bus, agglos pour les tramways…) dont les offres d’accès pour les jeunes sont insuffisantes. La revendication de tarifs plus avantageux (par exemple le demi-tarif étudiant) ne peut suffire, il faut envisager le problème dans sa globalité et revendiquer une carte régionale unique de transport (train/tram/bus) pour tous les jeunes en formation (apprentis, chômeurs, étudiants, lycéens), sur le modèle de la carte Imagin’R (Ile-de-France), en profitant du fait qu’aujourd’hui 20 régions sur 22 sont à gauche ! Un syndicat de transports réunissant toutes les collectivités et des représentants jeunes (membres des CRJ par exemple) pourrait la mettre en place.

     

    Pour l’accès à la culture, facteur important d’accès à l’enseignement supérieur, qui agit même sur l’inconscient, certains jeunes ne pensant même pas pouvoir étudier : s’il faut offrir un accès à tarif réduit voire gratuit à toutes les infrastructures culturelles pour les jeunes en formation, il faut aussi éduquer, à l’école, à la lecture, à la compréhension de l’art, pour donner des outils à ceux qui ne disposent pas de capital culturel.

     

    Le principal défi de la démocratisation de l’enseignement supérieur, notamment pour les étudiants étrangers, c’est l’accès au logement. Pénurie dans les grandes villes, prix élevé des studios, discriminations sociales et raciales de la part des propriétaires, comportements malhonnêtes des agences font de la recherche d’un logement un « parcours du combattant », amenant les étudiants à rester chez leurs parents (pour 40% d’entre eux), à se loger mal, à dormir sur le canapé des amis à la rentrée. Quelles politiques publiques alors ? Au delà de la construction nécessaire de résidences universitaires à échelle humaine en augmentant les moyens des CROUS pour doubler l’offre publique, et de la rénovation de logements privés en centre-ville dans le cadre des Opérations Publiques d’Amélioration de l’Habitat (OPAH) qui pourraient être gérés par le CROUS, il faut réglementer le logement privé. Comment faire puisque ce marché a été libéralisé par le gouvernement Chirac en 1986? Il s’agit de réunir les acteurs publics (CRIJ, collectivités, universités) autour d’un dispositif public d’aide à l’installation (recherche, cautionnement solidaire, salons spécifiques) accessibles aux agences et aux propriétaires qui signeraient une charte du logement solidaire (fourchettes de prix, salubrité, accès Internet, etc.) qui permettrait de bénéficier des campagnes de communication et du cautionnement solidaire offert par le dispositif public. Les propriétaires qui accepteraient de participer au dispositif pourraient bénéficier d’allégements fiscaux sur les impôts fonciers et immobiliers. D’autre part, la CAF pourrait assurer, par la création d’un corps d’inspection, le conventionnement des logements bénéficiaires des ALS/APL.

    Par ces politiques publiques, avec l’aide des collectivités territoriales, nous pouvons relever le défi de la démocratisation de l’enseignement supérieur !

     

  • 50 millions pour les étudiants, 15 milliards pour les riches, la droite se moque de la précarité étudiante !

    8f8fc1a7c9effa35dd41b86df0b63673.jpgAlors que la précarité étudiante n’a jamais été aussi forte, que 100 000 étudiants ont un revenu inférieur au seuil de pauvreté, les annonces de Valérie Pécresse viennent souligner le mépris du nouveau gouvernement pour la jeunesse.

    Au lieu de réformer le système des bourses vers une vraie prise en charge de l’accès des jeunes à l’enseignement supérieur et de leur offrir une autre perspective que les petits boulots pour s’en sortir, Valérie Pécresse a décidé de bricoler un système à bout de souffle en rajoutant un échelon de bourses (200 euros de plus par an seulement) et en multipliant des bourses au mérite qui ne profitent souvent qu’aux élèves les plus favorisés du point de vue social ou culturel.

    Comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement va dépenser inutilement 10 millions d’euros pour des prêts à taux zéro alors qu’un tiers de prêts semblables proposés par le CROUS ne trouvent pas preneur, les étudiants préférant se salarier au lieu de s’endetter pour faire des études. Ces mesures sont injustes car elles ne s’attaquent pas à la précarisation croissante qui caractérise le milieu étudiant. Ces mesures sont particulièrement décevantes, en deça même des préconisations du rapport Wauquiez sur l’aide sociale étudiante, alors que celui-ci est pourtant membre du gouvernement.

    Si la simplification des aides, avec la mise en place d’un opérateur unique, le CROUS, et l’augmentation des bourses de mobilité ERASMUS vont dans le bon sens, ces mesures sont insuffisantes. Les pays dont le taux de chômage des jeunes est le plus faible sont aussi ceux qui investissent le plus dans l’enseignement supérieur. La France doit donc financer massivement l’enseignement post-Bac et l’aide sociale étudiante pour pouvoir élever le niveau de qualification des jeunes et leur permettre de mieux s’insérer dans la vie professionnelle.

    En privilégiant l’effet d’annonce à la résolution de défis majeurs pour la société française, la droite piétine le droit à l’avenir des jeunes

  • Un vent d'idéologie néolibérale souffle sur la fonction publique...

    1fc981d0adff2820c3a313b3af9d1b8c.jpgLes propositions de Nicolas Sarkozy concernant la soi-disante « modernisation de la fonction publique » viennent s’ajouter à de nombreuses politiques libérales menées dans les années 90 : réduction des effectifs au Canada, création d’agences autonomes en Suède, alignement du statut des fonctionnaires sur le droit privé en Italie...Dans son introduction, il dénonce des politiques qui n’ont pas donné à l’Etat les moyens d’assurer ses missions. Mais n’était-il pas le numéro 2 du gouvernement Raffarin qui a diminué de 30% l’impôt sur le revenu ? Il dénonce « des réformes multipliées qui ne sont pas menées à terme » alors qu’il a fait voter en tant que ministre plusieurs lois à plusieurs années d’intervalle qui avaient le même objet sur l’immigration et la sécurité, pour des raisons évidentes de « communication » !

     

    Nicolas Sarkozy voudrait cacher ses politiques éprouvées de réduction de la puissance publique en parlant de hausse du pouvoir d’achat (« des fonctionnaires moins nombreux mais mieux payés »), de rémunération au mérite et d’efficacité des services publics. Comment peut-il parler de hausse du pouvoir d’achat quand 15 milliards d’euros viennent d’être dépensés en cadeaux fiscaux pour les ménages les plus aisés ? La rémunération au mérite n’est qu’un serpent de mer qui dégraderait les relations entre employés, tandis que l’efficacité des services publics, la mesure de la performance n’est pas une idée nouvelle : c’est le gouvernement Jospin qui, en 2000, a fait voter la Loi sur l’Organisation de la Loi de Finances (LOLF) qui permet une élaboration transparente et politique du budget.

     

    Nicolas Sarkozy dit ne pas vouloir de discussion purement comptable, ne pas vouloir stigmatiser les fonctionnaires, alors pourquoi parle t’il constamment de suppressions de postes, de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux ? Il stigmatise les « fraudeurs » des services publics, et en même temps il dépénalise le droit des affaires !

     

    Certaines de ses propositions sont intéressantes : budgets pluri-annuels, réorganisation des corps, création d’outils de gestion des ressources humaines, réforme d’une notation peu efficace, mais ce ne sont que des arbres très frêles ; des prétextes, qui cachent des mesures très graves visant à démanteler la fonction publique ! Proposer aux nouveaux entrants de choisir entre contrat de droit privé et statut de fonctionnaire, sans évolution, comme on l’a fait pour France Telecom, c’est la fin du statut spécifique qui garantissait le fonctionnaire contre des pressions politiques, c’est le début d’inégalités entre différents statuts, CDI, CDD, au sein même de la fonction publique.

     

    Nicolas Sarkozy s’attaque à des principes fondamentaux de la fonction publique : il s’attaque à l’égalité républicaine dans l’accès aux emplois publics en stigmatisant « la culture de concours », et à la démocratie sociale en annonçant la suppression des instances paritaires et la libéralisation des élections représentatives qui ne peut aboutir qu’à la victoire de « syndicats maison » à la merci des chefs de service !