Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Les jeunes socialistes franciliens se penchent sur leur avenir...à gauche!

     1629917172.jpgParis, le 28 mars 2008

     

    le MJS Ile de France organise sa journée d'action régionale demain, samedi 29 mars 2008, au siège de la fédération PS de Paris (11e). Au programme, évidemment, le premier bilan de la campagne des élections municipales et cantonales: « cette victoire, que le MJS a contribué à porter dans tous les départements franciliens, y compris sur les listes, constitue une formidable responsabilité pour la gauche: changer la vie, ici et maintenant!' » comme l'indique le coordinateur régional, Nicolas Anoto.

    Les Jeunes Socialistes doivent discuter de leurs projets à venir, en direction de leurs partenaires européens, pour préparer les élections européennes, mais aussi de la jeune gauche. De même, leur prochaine campagne militante portera sur l'éducation, pour donner un débouché aux revendications lycéennes et enseignantes qui retentissent aujourd'hui dans l'Académie de Versailles.

    En effet, le MJS Ile de France compte bien construire l'union de la gauche: un débat est organisé le soir même, avec jeunes communistes, jeunes radicaux et jeunes verts pour discuter de la possibilité d'une « fédération de la gauche », qui représenterait une vraie alternative à l'état-UMP sanctionné lors des dernières échéances. Les jeunes socialistes issus de tous les départements d'Ile de France souhaitent se placer au coeur du mouvement social : ils participeront à la manifestation pour les retraites qui part de la place de la Nation à 14h30.

  • Ma vie sur l'estrade 5: des cris, des joies, des rapports

    823601822.jpgalors que la nappe grisatre et sale qui me sert de ciel dans cette sorte de lugubre contrée qui me sert de région plane tenacement sur ma voiture en y jettant sournoisement des trombes d'eau (on peut dire alors qu'il pleut aussi) je regarde fixement la route, me détendant autant qu'il est possible dans une ford fiesta. je suis vidé, cette fatigue est positive, j'ai été au bout de mes capacités, la semaine est finie. bien finie? oui.

    elle a pourtant mal commencé.

    8h30 une élève de la troisième fourbe telephone devant moi, je la réprimande, elle me dit alors en me tutoyant "tu crois que tu vas me parler comme ca? tu te la petes parce que t'es prof" et se lance vers moi pour me reprendre le carnet. j'avoue j'ai chaud. je crois qu'on ne la reverra pas. Encore une de perdue. ce qui ne nous empêche pas de commencer le cours sur l'entrée dans la société de consommation.

    9h30, les 6eme sympathiques sont au taquet: je circule dans les rangs en proposant des feuilles A4 épisodes de la vie d'un certain caius Julius avec des devinettes qui donnent lieu à des oeufs de paques. succès garantit, on se rend vite compte qu'il s'agit de jules césar.

    11h30: la quatrieme boudeuse. on se met rapidement au travail sur la presse: pendant que la classe se met au travail sur un exemplaire de montpellier plus (questionnaire sur la une, les rubriques, les articles) je prends un groupe à part pour étudier le traitement de l'actualité à partir d'un jour donné et les formats des journaux. une exclusion.

    12h30: je montre à mes collegues mon rapport d'inspection. un modele du genre: "la séance se clot alors que les élèves sont invités à regarder une derniere affiche pour répondre à une question qui déclenche immédiatement une avalanche de réponses plus ou moins adéquates ("Pétain! un vieux"!) avant qu'un autre élève qui a écouté quelques indices supplémentaires crie "culte de la personnalité" et soit récompensé par un "jackpot" de la part du professeur" ou encore "les élèves multiplient les remarques incongrues, questions déplacées et autres interruptions sans pour autant marquer d'irrespect vis-à-vis de leur professeur qui leur inspire une indéniable sympathie" ou encore "M.A. ne doit pas se sentir obligé de répondre à toutes les questions, y compris lorsqu'elles manifestent une propension à l'insolence") ou encore "il serait préférable que le professeur s'abstienne de tous propos au second degré à moins d'être certain que toute la classe ait bien saisi qu'il s'agit d'humour".

    15h: caché dans ma salle dans l'entre deux cours pour éviter les cris des fans de 6eme et les bousculades des 4eme sympathique je prépare un texte à trous pour les 4eme sympathiques: des exercices qui aboutissent à la trace écrite avec des gateaux espagnols achetés sur la costa brava en prime! succès encore une fois garantit, un peu trop même on se bat pour les avoir!

    et 16h c'est fini. fini les cris, les larmes et les insultes, finis les sourires plus ou moins retenus. c'est le week-end!!!

  • des jeux et des dissertations!

    871482434.jpgdeux choses m'amènent à écrire. la première c'est l'avalanche de réactions de gens qui croient que je vais me pendre le soir...mais non! on peut pas se faire plaindre parfois? ca fait pas de mal non plus. Ca va mieux, j'ai retrouvé l'appétit hier midi, j'arrive même à dormir!

    la deuxieme c'est que j'ai recu aujourd'hui le seul journal non partisan auquel je suis abonné à savoir "le monde de l'éducation". un plaisir inégalé puisqu'il est calqué sur mes attentes et que c'est un mensuel j'ai presque le temps de le dire. (même si j'ai trois livres en attente: léon l'africain d'amin maalouf, talleyrand par castellot et les miserables de V.Hugo). Les autres choses qui m'ont fait réfléchir c'est mon medecin (qui m'a parlé très sechement avant de se rendre compte que j'étais prof pour ensuite m'expliquer qu'elle n'en pouvait plus de ses patients consommateurs et impolis) et enfin les quelques préparations qui m'occupent aujourd'hui...à savoir un jeu sur le cursus honorem (6eme), une sequence sur les enjeux de l'information (quatrieme) et une note politique sur l'éducation.

    pêle mêle je vais vous parler de ...

    -mon amour pour les dissertations: formé aux études littéraires et classiques, j'aime les compositions et autres dissertations. je n'abdiquerais pas devant les commentaires et les QCM. je ne passerais pas sous les fourches caudines de l'évaluation des simples connaissances. Je ne faiblirais pas sous le joug de la pensée unique des évaluations anglo-saxonnes! Une étude récente lancait le halalli contre les dissertations aux notes aléatoires, preuves à l'appui sur un paquet de copies. Je pense certainement qu'un cadre précis doit etre donné aux corrections pour le bac. Mais je souhaiterais présenter la défense de l'exercice de la composition. Ce noble et redouté exercice. Il demande évidemment de rassembler des connaissances. Mais surtout de les utiliser et de les organiser. Ce qui represente de vraies compétences qui structurent la pensée et cadrent la réflexion. réussir une composition, c'est signer un tableau de maitre. j'ai l'impression de planter une banderille quand j'écris la problematique d'une compo...ni trop précise (pour ne rien laisser de côté) ni trop vague (il faut un angle d'attaque tranversal), je me lance dans la dissertation avec tenacité. l'art d'une introduction globale qui prend le sujet à 2000 m d'altitude, l'art d'une transition fine, l'art de sous-parties équilibrées ne peut se perdre. Sauvons ces ouvertures de conclusion qui permettent aux élèves de mettre le cerveau en mode on!!

    - la difficulté de faire des séquences intéressantes: me voilà penché sur Rome (sixieme) et sur les médias (4eme). pour Rome, je souhaite utiliser la biographie de jules césar pour étudier les guerres civiles du Ier siecle, le cursus honorum sous la république et la vie d'un noble romain. pour celà je vais faire une sorte de jeu de l'oie permettant aux élèves de replacer questure de césar en espagne, proconsulat en gaule, enfance sous les guerres civiles, divorce et divers remariages, corruption et clientelisme pour gagner les élections et enfin triomphe et assassinat...ca peut être sympa non? pour les médias, j'ai volé 25 montpellier plus à la gare de montpellier, j'ai 4 quotidiens du 6 février et je compte bien décortiquer présentation, rubriques articles et artifices journalistiques au bénéfice de l'éveil critique de mes chers élèves!

    - l'éducation en france ce mois-ci: on parle beaucoup d'une réforme de l'éducation mais la seule chose qui pointe c'est la suppression des postes et le foisonnement des heures supplémentaires. la réforme de l'éducation ne peut pas passer que par une politique de ressources humaines, l'autonomie, la bivalence et autres gadgets. il faut parler d'orientation, de rythmes scolaires, de passerelles et de politiques pédagogiques pour les établissements!

  • ma vie sur l'estrade 3: bombe puante, conseil de classe et bonne musique...

    1339910433.gifQuelle journée. Tout commence le matin, sugababes à fond dans la voiture (voir article précédent), il faut bien se mettre la pêche et ca marche plutôt bien. puis les cours, 4 heures de cours, et les conseils de classe. d'abord ma quatrieme boudeuse, assez contente du cours et du travail (géographie de l'Allemagne) et pas trop bavarde (à part deux boudeurs). ensuite, ma sixieme adorable, pas adorable du tout aujourd'hui. beaucoup de difficultés pour se mettre au travail, trop de bavardages, on passe à la trace écrite (le citoyen et l'environnement).

    L'apres midi, c'est la troisième affreuse. ca commence déjà mal, après la récré, le rectangle de ma classe est vide, je pars tout seul. Les élèves me rejoignent au compte goutte et je le fais remarquer vertement aux élèves. un élève exclu il y a 4 mois tente de faire un come back mais ma tête ne doit pas lui revenir il s'en va. il agresse une prof au cours suivant. j'ai eu de la chance.

    La classe rentre. une odeur putride se répand (genre des oeufs pourris). avec son cortège évident de cris et d'adolescents déchainés qui essaient d'établir un bordel général...c'est toujours un cours en moins, vive les boules puantes. évidemment, je ne suis pas un ancien militant de l'UNEF pour rien: je ne bouge pas un cil, leur demande de sortir une feuille, de fermer les fenêtres et la porte (voir le temps des amours de marcel pagnol pour mes inspirateurs). l'épreuve de force s'installe: le chahut continue, je mets 10 mn pour faire sortir à chaque élève, un par un, une feuille et pour lui faire commencer l'activité (notée évidemment sinon pas d'enjeu). Je dois virer évidemment 3 personnes pour arriver à cette fin. 20mn de perdu, le calme s'installe. 15mn avant la fin du cours, on passe évidemment à la correction. certains élèves sont motivés et veulent participer. des perturbateurs ne les laissent pas s'exprimer. là j'avoue que je me sens désemparé. ca prend du temps, mais on arrive au bout. la cloche sonne. je ne laisse sortir personne avant qu'ils aient noté leurs devoirs sur le cahier. et là j'avoue je suis fatigué.

    Une heure apres, les conseils de classe commencent. d'abord ma sixieme adorable. de bons élèves, quelques agités, des élèves motivés, sérieux, agréables. évidemment ca passe vite...une réplique à retenir: "Monsieur A...., est ce que vous pouvez répéter l'appréciation, sans l'accent?". Je suis en effet prof principal. j'ai préparé le conseil avec les élèves: heure de vie de classe, discussion avec les délégués, puis avec les cas particuliers, ceux pour qui je vais demander avertissements ou encouragements. avec les enseignants aussi à qui j'ai fait remplir une feuille de renseignements sur la classe. Avec la CPE pour établir la note de vie de classe. Seul pour synthétiser les remarques de mes collegues. une bonne dizaine d'heures de travail.

    Et enfin le dernier conseil avec ma troisième fourbe. et là c'est l'horreur. une ambiance détestable. avertissements à gogo. personne n'aura l'orientation souhaitée. unanimité sur la désinvolture de ces élèves qui se croient tout permis et méprisent les profs, veulent tous aller en seconde générale. résultat sans doute d'une certaine évolution de la société et de l'éducation parentale. mais bon trêve de niaiseries. toujours est-il qu'à se regarder dans le blanc des yeux avec  des collegues en se demandant qui on allait pouvoir sauver au troisieme trimestre l'ambiance était pas au top. remontés dans la voiture, me revoilà à ecouter sugababes, repassant le portail...et quittant ce college ou tant de choses se passent!