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  • Balades aquatiques, géographiques et pédagogiques

    824626874.JPGDepuis trois jours, je passe un tiers de mes journées dans le train...c'est toujours sympa, la moitié des bacs blancs est corrigée, monsieur mallausene de D.Pennac bien entamé, autant continuer! Où me mènent ces périples? Le premier, dimanche, m'a conduit à Barcelone, avec le talgo, où j'ai passé la journée avec Katrin, copine allemande, future prof de français et d'espagnol, en erasmus pour un an. J'ai découvert les ramblas bondés, les plages bondées et les petites rues ombragées du barrio gotico!

    Lundi, je retrouvais Paris. Petit pincement de coeur en passant le Rhône, énorme pincement de coeur en effleurant la banlieue, à 200km / h, ses zones industrielles, son ciel lugubre...C'est aussi ma vie désormais. D'ailleurs des le lendemain je reprenais le train, ayant pour une fois un peu de temps, pour Saint-quentin (aisne). Pourquoi? Pour manger une patate garnie avec Joris, collegue expatrié...j'ai été submergé par les champs de betterave, regardé bizarrement par un indigene qui ne comprenait pas mon accent. et j'ai compris pourquoi les champs étaient verts. C'était l'occasion de deviser sur nos chers eleves (cretins de campagne alcoolisés pour lui, surexcités pour moi)...

    Mercredi, je rate évidemment le train et me voila pour une heure au PMU de Chauny, à observer ce que devient une population isolée...dans le train, je lis le "monde de l'éducation", toujours avec autant de plaisir. Et me pose comme d'habitude beaucoup de questions. Sur ma notation. Est ce que mes notes et mes compositions ne sont pas des facteurs de reproduction sociale? Que dire des sous-entendus culturels qui ne s'adressent qu'aux catégories favorisées? (fils de cadres, profs, professions libérales) Que dire de mes évaluations le plus souvent normatives? Pourtant j'ai envie d'avancer sur la voie des évaluations de compétences...mais comment? Quid des programmes du primaire? 5 heures pour les sciences, l'histoire, la géo, l'éducation morale, dans la semaine, ca va être chaud...Surtout quand le programme s'étire et de disciplinarise! Quelle bêtise, c'est plus de démarches transversales qu'il faut, à tous les moments de l'éducation!

    1214231170.JPGQuand penser à tout ca? Dans la piscine! Depuis hier je me suis jeté à l'eau (et d'ailleurs j'ai bu la tasse), j'ai découvert les piscines municipales qui ressemblent à des periph sans bouchon...et sans musique...j'ai appris à respecter les priorités, à bifurquer pour éviter les collisions, à éviter les crawleurs et leurs bras, les brasseurs et leurs pieds...Tout ca, ca se gere!

  • La droite n'a pas le monopole de la modernisation de l'état!

    1488858761.GIFA mi-chemin entre Barcelone où j'étais hier et Paris où je serais ce soir, un petit post pour rafraîchir le blog et parler de ma passion: la modernisation de l'état et des services publics. C'est quoi moderniser? Ce vocable est tellement utilisé en politique quand on parle d'état. Est-ce adapter l'état aux transformations de la société pour le rendre plus efficient, plus sensible aux besoins de ses usagers, plus à même de réduire les inégalités et d'assurer aux citoyens l'exercice de leurs droits individuels et collectifs? Je pense oui; Pourtant, la politique du gouvernement Sarkozy/Fillon semble présenter une autre définition: réduire le champ de la sphère d'intervention de la puissance publique dans un monde où les acteurs économiques ont un poids croissant. Moderniser ce serait donc s'adapter à des politiques néolibérales, laisser plus de champ au marché pour que les inégalités se corrigent "naturellement"? Et bien non.

    Pour autant, il faut se battre et porter un contre-projet de service public du XXIème siècle. Défendre les services publics uniquement à travers le prisme des postes et des salaires ne suffit pas. La modernisation de l'état c'est quoi au fait? La gauche et la droite avaient voté d'un seul élan, en 2001 je crois, la Loi organique relative aux lois de Finances (LOLF) qui m'a semblé, alors que j'étais élu étudiant, et que je votais  (contre d'ailleurs) chaque année les budgets de l'Université Montpellier 3 (2002/2006) et du CROUS de Montpellier (2004/2006), un remarquable outil démocratique! Ainsi au delà de tableaux illisibles on pouvait se prononcer sur des politiques, sur des objectifs, sur des indicateurs! D'année en année, on pouvait observer les effets de nos votes! Pour autant, les réflexions autour des services publics et de la rémunération liés aux objectifs me semblent une exagération dogmatique: l'action publique ne se mesure pas uniquement sur des critères quantitatifs! C'est la limite de la LOLF.

    On parle beaucoup de la RGPP, la Revue Générale des Politiques Publiques. En fait des audits dans tous les ministères (à 3000 euros par jour le consultant) pour chercher des économies à faire: non-remplacement, regroupement de services, décentralisation, externalisation (privatisation si vous préférez) à travers notamment des Stratégies Ministerielles de Réforme. J'adore la modernisation de l'état mais pour la droite celà s'apparente à un jeu de massacre très idéologique visant à revenir au XIXème siècle. Je n'exagère pas: sous pretexte de modernisation, on disloque le ministere du travail dont les directions sont redispatchées entre l'Immigration et l'Economie. Ce ministère, apparu en 1906, créé par la gauche républicaine, avait jeté les premières bases de l'état social qui intervient dans l'économie et la société. 

    Chercher à économiser pour colmater les brèches de caisses étatiques vidées par les cadeaux fiscaux c'est cynique. Supprimer des ambassades, des tribunaux, des lignes de chemin de fer et des bureaux de poste, ne peut satisfaire qu'une droite très attachée au mythe de la gestion du "petit entrepreneur familial". Ce qu'il faut, c'est reconsidérer, à l'aune des inégalités et des injustices de notre société, d'enjeux régionaux et internationaux essentiels (ex. développement durable), où la puissance publique doit intervenir pour assurer, comme c'est son rôle, l'exercice des droits individuels, sociaux et économiques assurés par maintes déclarations vaguement connues (la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, le préambule de la constitution de 1946...).

    Le haut débit en fait partie. L'éducation, de la maternelle à l'université, en fait partie, tout comme la santé. La formation et l'insertion professionnelle en fait partie. Les transports en commun en font partie. L'accès à l'énergie et à l'eau en font partie. L'accès aux loisirs, à la culture, aux loisirs, ainsi qu'au logement, en font sans aucun doute partie.

    Voilà ces leviers d'action publique que la gauche doit reconquérir! Pas la construction de voitures, pas la gestion des ports, peut-être pas la gestion du courrier...Il faut faire les choix les plus efficients! L'administration doit évoluer: Les préfectures ne peuvent être ouvertes 4h par jour (horaires de bureaux évidemment), les services numériques doivent se développer, les conseils d'usagers doivent se généraliser! Les établissements scolaires ne peuvent pas être fermés 4 mois par an.

    On parle de pouvoir virer les fonctionnaires. Mon colocataire, qui se dit plus de gauche que moi, en est d'ailleurs ravi (est-ce bien cohérent) je souhaite quand même rappeller que les conditions strictes de révocation des fonctionnaires ont été obtenues par la gauche pour protéger les droits sociaux, pour empêcher les pressions politiques, pour éviter les révocations massives opérées en cas d'alternances électorales ou de conflits sociaux, comme Clémenceau le faisait au début du XXème siècle. Pour autant, je pense que les conditions d'embauche doivent être tout aussi strictes: trop de clientélisme, trop d'embauches précaires liées au copinage dans l'administration locale!

    Les mesures proposées par le conseil de modernisation des politiques publiques, présidé par NDP le 4 avril 2008, ne sont pas nouvelles, elles ont été employées dans de nombreux pays dans les années 90. Avec toujours les mêmes conséquences: hopitaux en sous effectifs, universités payantes, hausse des prix de l'énergie, précarisation des employés du secteur public...Ces mesures adoptées par la droite sont issues du privé, de Toyota, dans les années 70: à travers le "lean" (management amaigrissant), on débarasse, on range, on nettoie, on standardise et on s'adapte. Si celà marche sur une chaine de montage automobile, y a pas de raison que ca marche pas pour gérer un hopital ou un lycée, n'est ce pas...

    L'externalisation n'est pas une solution: l'émergence d'un pole semi-privé appellé france-emploi pour conduire les politiques d'insertion professionnelle, assurer un droit effectif au travail, est inquiétante. La décentralisation n'est pas une solution. Stagiaire dans une municipalité allemande, j'ai vu des employés craindre un plan social, des fontaines publiques et des lampaderes s'arrêter de fonctionner, des places en crèches supprimées et des bâtiments publics se délabrer petit à petit car la ville était trop endettée

    Alors ne laissons pas passer ces réformes. Appellons les par leurs vrais noms: désintégration de l'état, défaite de la démocratie face aux pouvoirs économiques, mais ne tombons pas dans le piège de la droite: au delà de défendre des services publics qui ne sont pas irréprochables, attachons nous à élaborer un projet pour la puissance politique du XXIème siècle.

  • le romantisme, c'est quoi?

    106791619.jpgLe romantisme, chers lecteurs, ce n'est pas acheter des roses aux kosovars dans les bars pour les offrir. Même si j'aimerais bien le faire mais j'y arrive pas. Le romantisme, ce n'est pas non plus être neuneu, ce n'est pas non plus une qualité, un type de personnes, une situation. Non le romantisme, le vrai, c'est un mouvement artistique, littéraire et historique qui a marqué l'histoire du XIXème siècle.

    J'ai malheureusement été bercé, marqué par le romantisme. celà m'a donné des repères, des modèles que j'ai encore aujourd'hui. Tout au long de mon adolescence; je me suis mis à la place du "promeneur au dessus de la mer de nuages", de caspar david friedrich, des protagonistes de la dame aux camelias (alexandre dumas fils) et d'une éducation sentimentale (de flaubert) ou encore de Julien Sorel, héros du rouge et du noir. C'est à travers ces auteurs, mes préférés, avec zola, pouchkine et malraux, que j'ai découvert l'amour, la passion, le malheur, le spleen, au hasard des vers de Baudelaire et de la prose d'Hugo. 

    Tous ces romans ont des points communs. au delà des fresques historiques de Hugo ("Notre dame de Paris") et de Dumas ("la reine Margot") ou des oeuvres d'actualité ("la méduse" de Géricault ou les "massacres de chio" de Delacroix), les oeuvres romantiques mettent en scène l'amour, des dandys (jeunes bourgeois rentiers), des jeunes filles éffarouchées et très pales, mariées ou non. Tout le monde se trompe allègrement, c'est normal. On recoit dans les salons de 5h à 7h, on se bat en duel, on se promène en fiacre...et ca se passe toujours à Paris. J'ai lu des dizaines de romans qui racontaient la même histoire. La jeune fille effarouchée de "madame bovary" de flaubert (qui se dévergonde un peu), les "courtisanes" de Balzac ou de la "dame aux camelias", ou encore le dandy de "lucien leuwen"(stendhal) et d'une "éducation sentimentale" de Flaubert...

    Le romantisme c'est le début du XIXème siècle. Ce mouvement coincide non seulement avec la révolution industrielle qui voit la noblesse dépassée par la bourgeoisie d'affaires, mais aussi avec l'éveil des sentiments nationaux et des revendications libérales voire sociales. Cette époque survoltée, nourrie des combats de la révolution française et de la gloire napoléonienne, a produit dans toute l'europe des peintres, des poètes, des écrivains qui ont voulu peindre à leur manière des sentiments, qui ont voulu exalter, sublimer la passion, l'amour, le sacrifice. Le romantisme s'insurge contre le classicisme, contre les normes académiques, contre les thématiques antiques et mythologiques ou encore religieuses mille fois traitées, contre une histoire par les nobles pour les nobles, il prend sa source au XVIIIème siècle avec chateaubriand, en France, et Goethe, en  Allemagne (les souffrances du jeune Werther), ou encore Heinrich Heine, mon poète préféré.

    Et je vous les conseille ces livres, même s'ils se ressemblent! Au delà de peindre une certaine société du XIXème siècle, au delà d'être payés à la ligne et sortis en épisodes dans les journaux, pour les romans, ces oeuvres, notamment les peintures de Delacroix, de Constable et Turner en angleterre, de Friedrich en Allemagne sont exaltantes. Elles incitent aux rêves, au voyage, à une vie passionnée et passionnante. 

  • Un PS réformiste? La nouvelle déclaration de principes du parti socialiste

    745936596.jpgJe vous rassure tout de suite, je suis secrétaire-adjoint de section je ne vais pas m'amuser à tirer à balles réelles sur le premier parti de la gauche qui vient de refondre sa déclaration de principes, qui datait de 1990. Ce texte, c'est l'aboutissement d'une reflexion menée par une commission présidée par Alain Bergougnioux, secrétaire national aux études, sur le projet du parti socialiste pour le XXIème siècle; sa conception de son rôle, de la société et du monde.

    Les médias vont vous expliquer que le PS opère son "bad godesberg", qu'il abandonne la référence à la révolution, qu'il devient résolument un parti réformiste. Et c'est ce que tout le monde retiendra? Non si nous savons nous saisir de ce débat.

    Essayons d'abord de résumer la nouvelle déclaration: Le Parti socialiste se réclame des lumières et du mouvement ouvrier, héritier des valeurs de la révolution française. Il se revendique du socialisme démocratique: prendre le pouvoir par les élections pour changer la société et non pas un couteau entre les dents à la tête d'une avant garde éclairée. Celà fait longtemps qu'on n'aiguise plus les baionnettes en réunion de section mais les médias n'ont pas remarqué...Le socialisme est résumé comme une lutte contre les injustices et une espérance, une explication du monde.

    Il parle d'égalité des droits comme objectif, aparemment l'égalité ne suffirait plus. C'est dommage. Il met au centre de son projet le développement durable, c'est nouveau. Mais c'est aussi galvaudé. Ce ne serait que la protection de la nature, d'apres la déclaration. Et le partage juste et durable des ressources de la planète?  Quelles valeurs font l'objet d'un article? L'égalité, le développement durable, le progrès (dur d'être contre)...interessant: ce progrès n'est pas calculé à travers une croissance économique mais à partir d'indicatifs de qualité de vie...et la démocratie.

    Les objectifs du parti socialiste pour le XXIème siècle? Les socialistes portent un projet d'économie mixte avec une place nouvelle pour l'économie sociale. Au delà des blagounettes sur l'économie régulée du marché (par qui, comment; dans la mondialisation financière je sais pas...) et sur la critique du capitalisme (on critique mais est ce qu'on dépasse?). La place du travail? Insertion, émancipation, justement rémunéré, laissant de la place au temps libre. La place de l'état social? Il lutte contre la rente, investit dans l'éducation...mais je regrette que son rôle redistributeur soit pauvrement évoqué. L'impôt semble être un gros mot pour les rédacteurs de la déclaration.

    "Le parti socialiste lutte pour la paix". (le contraire aurait été remarqué), il est laique, il est réformiste. Là je vois que certains se sont fait plaisir, merci à eux, les médias ne vont retenir que ça. Chers camarades, le réformisme est un outil, pas une fin en soi, il est synonyme de socialisme démocratique. Quand on renonce à pendre les patrons avec les tripes des curés, forcément on est réformiste, pas de quoi en faire tout un plat. "Il change la société par la loi et le contrat". C'est bien de le dire, reste à le faire! Il est décentralisateur (pourquoi pas).

    Il est européen.  Dommage que ce paragraphe soit le plus creux de la déclaration. Affirmer de telles ambitions, c'est osé, on s'attend à un projet ambitieux pour des politiques publiques fortes basées sur un budget, un impôt, des coopérations renforcées...assurant un développement humain juste et partagé dans toutes les régions, un contre modèle économique et politique face au capitalisme financier et à l'unilatéralisme américain non? Bon ben ce qui est écrit c'est: "l'UE a pour mission, par ses politiques communes, d'assurer la paix sur le continent, de favoriser une croissance forte et durable, le progres social, de promouvoir la créativité culturelle et de relever les défis planétaires". C'est on ne peut plus light...

    "Le parti socialiste est internationaliste". Là encore on reste light sur l'alternative proposée au niveau mondial. On laisse les sud-américains élaborer dans leur coin le socialisme du XXIème siècle, pourquoi pas..."Le parti socialiste est un parti populaire". celà reste un défi pour le premier parti de la gauche. Ce paragraphe qui s'interesse à ce qu'est le parti socialiste, à ses dirigeants, à la place qu'il laisse aux associations, aux femmes, nous devons l'investir: il est fondamental pour le devenir de notre famille politique. "Le parti socialiste ne se résigne pas aux divisions historiques de la gauche". Un premier pas vers une structure fédérale?