« Quelle éducation au XXIème siècle? | Page d'accueil | décider pour les autres...ma vie, mes classes! »
20.05.2008
Reims 2008: M - 6 avant le congrès du parti socialiste
De quoi j'ai envie de parler? De la couleur verte? de mon rendez-vous parent d'élève d'aujourd'hui? De la cinquième chiante que j'ai envie d'étrangler ou de la troisième sympa? Parler de l'interdiction des happy hours dans les bars, à venir? Trop triste. Parler de l'UMP qui se réunit en bureau politique à l'élysée et dont le secrétaire national aux élections, Alain Marleix, est chargé de refaire la carte électorale? trop facile. J'ai choisi de m'interesser aux enjeux du congrès du parti socialiste qui se déroulera en novembre à Reims. Convenu me direz-vous. Taper sur ses camarades est terriblement banal dans mon parti ...que je vais essayer d'éviter.
Dans 6 mois, le parti socialiste sera en congrès. 4 cahiers de contributions seront envoyés aux adhérents. du beau papier recyclé (ou pas), à lire dans le metro ou le train. on parlera beaucoup des candidats au premier secretariat, un peu des motions et très peu des contributions thématiques, des travaux passionnants de recherche, d'analyse et de prospective sur les sujets les plus variés. Les télés nous sortiront tous les jours des sondages sur le premier secrétaire potentiel, réalisé sur des dits-sympathisants non-représentatifs. Des slogans seront lancés, des petites phrases seront balancées.
J'ai rejoint le parti socialiste il y a tres exactement 6 ans, fin mai 2002. Pour faire campagne pour les législatives 2002, je devais être maso. Je l'ai rejoint, et pourtant j'étais critique. Le ministre des finances Laurent Fabius avait baissé les impôts et j'avais peu apprécié (certains camarades devraient cogiter ca avant d'essayer de m'expliquer la vie). J'étais décu par le premier parti de la gauche, qui n'incarnait pas le rêve, l'espoir, la justice à mes yeux. Et je n'ai pas voté Lionel Jospin en 2002. Quelques bureaux de section, quelques conseils fédéraux et quelques conventions ou formations nationales plus tard, la rue de solferino m'est devenue bien familière. J'ai épousé le parti socialiste, ses mythes et son histoire, sa routine et ses surprises. Je l'ai défendu, animé dans ma section, secoué parfois, mais j'ai compris qu'inertie et force vont souvent de pair.
Aujourd'hui il est temps de bouger le parti socialiste. Je m'en fiche qu'on parle d'idéal révolutionnaire dans la charte du parti. Ce qui m'embête c'est que certaines personnes aient fait de la disparition du terme un sine qua non. Personne n'a de couteau entre les dents, depuis longtemps. Les plans des étages de l'élysée ne sont pas épinglés avec des flèches dans le bureau de francois hollande et la cache d'armes creusée dans les caves de solferino a été comblée depuis belle lurette. N'existe et n'importe que pour moi que la transformation sociale. Si la révolution c'est la transformation radicale de la société alors je suis révolutionnaire. En revanche je refuse de me définir simplement comme réformiste. La réforme n'est qu'un moyen, pas une fin. Le socialisme est évidemment démocratique. l'inclusion de ce mot, "réformiste", n'est qu'un renoncement face aux médias et au "qu'en dira t'on". C'est dommage.
Alors quel enjeu pour ce congrès de 2008? Un bon vieux bad godesberg comme certains en rêvent pour rejoindre la troisième voie qui se fait défoncer dans toutes les élections des années 2000, partout en Europe? Quelle bonne idée. Faire de ce parti un groupe de supporters présidentiels vaguement pour la paix, le bonheur sur terre et contre la mort? Non plus. Opérer un coup de gauche, assez conservateur, pour revenir aux fondamentaux sans se donner la peine de réfléchir aux nouveaux enjeux auxquels le socialisme doit répondre? Ce serait dommage. Non, ce qu'il faut c'est une gauche nouvelle plus que moderne, "une gauche, comme dirait Razzy Hammadi, secrétaire national PS à la riposte, à la fois à l'aise dans les cages d'escalier et dans les débats d'experts".
Cette gauche devrait avoir une méthode, le devoir d'inventer, revendiqué par les jeunes socialistes. Cette gauche devrait avoir une vision locale, nationale, européenne et mondiale de la puissance publique. Elle devrait être à la recherche de nouveaux outils pour transformer la société. S'inspirer de la social-démocratie scandinave, mais aussi du socialisme du XXIème siècle sud-américain. Elle devrait fonctionner sur une base fédérative. Elle devrait avoir un leader jeune, carrément identifié à gauche, cohérent dans sa démarche. Bon un quadra député européen non cumulard, intègre et historien de formation par exemple ca serait super. Mais est-ce que cette perle rare existe? Cette gauche devrait avoir une analyse et des propositions pour organiser la mondialisation. Elle ne se satisferait pas des bases néolibérales de l'union européenne. Elle aurait une vision globale et neuve pour l'éducation. Elle aurait un discours crédible et ambitieux pour les services publics.
Elle ferait de la politique un engagement citoyen, du parti socialiste un lieu de débat de convictions. Cette gauche, réconciliée avec le peuple, ferait à nouveau fleurir les roses sur les marches du panthéon.
20:27 Publié dans Le Militant | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, parti socialiste, ps, mjs, actualité, congres, royal
Commentaires
Génial l'idée pour le leader... ça me fait penser à un certain BH, c'est normal ? ^^
Bon, la réforme, la révolution, on pourrait en parler pendant des heures ; les candidats au premier secrétariat de même, mais ça on en a déjà tellement eu et on va en avoir tellement dans les mois à venir que je vais me taire là-dessus. En plus on s'en fout en tant que militants, j'estime que ça n'est pas à nous de nous en occuper.
La réforme n'est pas une fin mais un moyen ; certes, la révolution non plus. Est-ce pour autant qu'il est inutile de s'occuper des moyens ?
Quand Razzy parle de gauche à l'aise dans les cages d'escalier, je crois qu'il tape dans le mille. Il faut tout simplement que nous, militants, puissions bien concevoir et énoncer clairement, comme dit le dicton, notre projet de société. Et ça, c'est à la fois une question de fond et de forme. De fond parce qu'il nous faut un projet clair, ambitieux et en lequel les gens puissent croire. De forme parce que c'est ce qui nous a, à plusieurs reprises, fait défaut. En 2002 Jospin a le meilleur projet -et de très loin- et il fait une campagne à chier. Il prend la plus grosse claque des socialistes depuis 1969. Généralement, la droite est à l'aise sur la forme, et la gauche sur le fond. Sauf qu'il faut des deux. La question du premier secrétariat et du leader est une partie de la question de forme. Mais aujourd'hui, le fond nous fait aussi défaut : à nous d'y remédier !
Ben c'est, je crois, l'enjeu du congrès. Vaste programme comme dirait le Général... mais on est les plus forts, on va y arriver ! ...si on le veut bien ! ;-)
Ecrit par : Killcow | 20.05.2008






