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  • Für eine « linke der Zukunft »: Les jeunes socialistes allemands se projettent dans une « gauche d'avenir » pour leur prochain congrès

    logo_Jusos_gross.jpg En juin 2008, le bureau fédéral (donc national) des jeunes socialistes allemands, a élaboré 63 thèses d'une « politique des jeunes socialistes » pour définir leur rapport au capitalisme, au parti, à la gauche, au féminisme et au racisme, à l'occasion de leur congrès annuel qui se déroulera à Weimar en octobre. Ce texte ne fera pas l'objet de la procédure classique des amendements utilisée pour chaque congrès, il ne fait qu'ouvrir le débat.

    Pour les Jusos, pour dépasser le capitalisme, il faut d'abord le connaître, 20 thèses sont donc consacrées à l'étude du capitalisme et de ses mutations, de ses relations à l'éducation, aux mouvements sociaux (qu'ils cherchent à différencier, entre progressistes et réactionnaires), à l'état, ou encore à la précarité du monde du travail, aux potentielles régulations et aux inégalités que le capitalisme déclenche. Ces thèses montrent la volonté des jeunes socialistes allemands de réhabiliter la théorie politique et l'idéologie face aux soi-disants pragmatiques qui font de la « politique au sondage ».

    La lutte contre le féminisme et le racisme sont mis en lien avec la lutte contre le capitalisme qui provoque des guerres impérialistes et peut accentuer la soumission des femmes. Le capitalisme est vu comme une totalité, produite par les hommes, et qu'il est donc possible, pour les hommes, de changer. Son rapport à l'Etat, à la régulation est longuement développé. Plus discutable est la position des Jusos sur un Etat uniquement à la solde des néolibéraux pour assurer la sécurité intérieure notamment: l'histoire est marquée par la lutte du bien public, de l'état, contre le féodalisme, système des intérêts privés, tout au long du moyen-âge, tandis que l'état a été l'instrument principal des réformes sociales. D'autres aspects du capitalisme sont analysés: la mondialisation financière, la recherche du profit de court terme, la pression sur le facteur travail sont évoquées, ainsi que la précarisation du marché du travail, avec des salaires qui permettent à peine d'assurer la survie, le chômage de masse et la pression qu'il induit sur les licenciements et la flexibilité des employés...sur bien des aspects, l'analyse des jusos rejoint celle du MJS.

    Le rapport des jusos ou du SPD avec ses partenaires fait l'objet d'un nombre important de thèses: les jusos veulent se réconcilier avec les forces syndicales décues par l'agenda 2010 mis en place par le chancelier Schröder (sanctions contre les chômeurs, etc.), travailler à l'éclosion d'une majorité de gauche avec toutes les forces progressistes, notamment les verts, menacés d'une certaine dérive bourgeoiso-libérale, ou avec le parti d'extrême-gauche die Linke, qu'une partie du SPD veut seulement ignorer. Les jeunes socialistes allemands le disent clairement, « s'il n'y a pas de politique progressiste en Allemagne sans le SPD, en revanche, ils veulent favoriser l'émergence d'une majorité plus progressiste au sein du SPD.

    Les jusos, dans les premières thèses, se penchent aussi sur leur histoire, du tournant de 1969 où ils rejettent, au congrès de Munich, l'orientation social-libérale adoptée par leur parti, qui travaille avec le FDP au sein d'un gouvernement de coalition dirigé par Willy Brandt. Ils reviennent sur les nouveaux combats apparus dans les années 80, pour l'écologie, le travail du futur ou le féminisme, et sur les « courants » nés de ces transformations au sein des jusos, entre les « refos » (réformistes et socialistes) pour une régulation progressive du capitalisme par le SPD, et les jusos-linke (jeunes socialistes de gauche) qui voulaient transformer profondément la société et les moyens de production, en gardant l'approche marxiste abandonnée par leur parti.

    Les 63 thèses des jeunes socialistes sont très précises, des choix thématiques sont faits: analyse macro-économique et questions de société. Les questions sociales, l'impôt sont très peu évoquées, alors que le féminisme occupe 5 thèses: la lutte contre le patriarchat, mis à égalité avec le capitalisme comme système de domination, est axée sur la lutte contre la division du travail, pour une politique familiale répartissant de manière équilibrée la charge parentale. L'antimilitarisme qui occupe peu le MJS est longuement évoqué, à travers un constat intéressant: la convention de Genève est méprisée dans 40 états en grève, et aujourd'hui 90% des victimes des guerres sont des civils contre 95% de soldats au début du Xxème siècle. Le problème écologique est vu à travers le prisme d'un progrès technique atteignant progressivement tous les continents, de capacités de plus en plus réduite d'action pour les états devant un capitalisme s'intéressant seulement au profit sur le court terme. Les jusos proposent une politique écologique moderne qui ne refuse pas le progrès technique aux pays émergents.

    Ce texte est intéressant à de multiples titres pour le MJS: il nous montre la voie d'une réflexion politique qui prend de la hauteur, et nous rapproche d'une organisation avec laquelle nous entretenons de bons rapports, et qui porte souvent les mêmes analyses économiques et le même rapport au parti ou à la gauche, pour favoriser l'arrivée au pouvoir des forces progressistes, pour transformer en profondeur la société.

  • tourisme impressionniste et musique absolutiste en Ile de France

    Monet-Bridge-lg.jpgJournée fructueuse...j'ai visité ce matin le jardin de Monet à Giverny, près de Vernon, à la frontière normande. Ceux qui connaissent mon goût immodéré pour l'art et les sorties pédagogiques sauront que je n'étais évidemment pas à l'initiative de cette excursion. J'ai observé des fleurs, bavé sur des nénuphars, rêvé en regardant des saules pleureurs se noyer dans un étang peint par le plus grand peintre impressioniste, qui a fait le tour du monde. Du haut d'un petit pont de bois, j'ai pu m'extraire d'un environnement anthropisé à l'excès pour me mettre dans la peau de ces peintres des sentiments, des impressions, qui ont fait, les premiers, sortir la peinture de la bête représentation, de l'art figuratif qui avait connu une constante progression depuis les peintures rupestres de Lascaux.

    Quittant les forêts du val de seine, ces vallées verdoyantes qui ont trop souffert de la pluie, j'ai pris les belles autoroutes franciliennes pour me rendre, pour changer, au chateau de Versailles. Sorti de l'impressionnisme, je pouvais faire profiter de mes belles connaissances encyclopédiques, limitées à l'histoire de l'Epte qui ondoyait le jardin de Monet pour ma visite normande. Je me suis repu de la préfecture de Versailles, qui a participé à l'histoire de france, de Thiers le sanglant à Coty le mal-élu, pour me diriger vers ce beau chateau que je trouve si petit...entouré de ces milliers de touristes que je rêvais de flanquer à la porte, j'ai rêvé une arrivée au galop par les jardins de Versailles, sur ce seuil destiné à faire craindre aux nobles français et aux ambassadeurs étrangers le premier roi du monde. J'ai du vaincre une certaine incrédulité quand je parlais de la France comme la première puissance du monde.

    J'ai profité d'une promenade au coeur des jardins français et des fontaines, qui ont coûté tant de bons ouvriers atteints de fièvre quarte...avec la musique de lulli! une belle musique classique entourant des jardins classiques, des scuptures classiques, une architecture fabuleusement classique...le bonheur, tout simplement le bonheur, mon sourire était irradiant ce qui était évidemment incompréhensible...

    Et là je finis échoué devant TF1 pour une soirée rock/les experts...ca sera quoi le nom du mouvement artistique du début du XXIème siècle? le bofisme?

  • Pierre Brossolette: mon socialiste

    photo_Pierre_Brossolette.jpghttp://lauriannedeniaud.fr/2008/08/11/sur-un-transat-avec-pierre-mauroy/ Laurianne propose de célébrer la mémoire de grands socialistes, vivants ou disparus, je la rejoins entièrement,  le culte des grands hommes a aussi des aspects positifs: l'engagement, le dévouement et la gloire peuvent et doivent s'incarner.

    J'ai choisi Pierre Brossolette, j'ai choisi de mettre en avant cette homme parmi tous les socialistes comme modèle. Les résistants me fascinent, vous connaissez ma passion pour le général de Gaulle. J'aimerais dire que j'aurais été résistant mais je n'en sais rien. Aurais-je eu le courage d'aller jusqu'au bout de mes convictions? Je l'espere.

    Pourquoi cet homme? pour deux raisons. pour vous montrer que l'histoire fait des choix. vous connaissez Jean Moulin, biterrois et premier président du comité national de la résistance, car De Gaulle l'a mis au panthéon en 1964 et Mitterrand a couvert sa tombe d'une rose en 1981. C'est le héros de la résistance, dont le chapeau et l'écharpe photographiée sur le peyrou, à Montpellier, sont entrés dans l'histoire. Pierre Brossolette a été un grand résistant qui a unifié les mouvements de résistance (libération nord, OCM) en zone occupée. Intervenant à la BBC, il seconde le colonel Passy pour diriger le BCRA, les services de renseignement de la France libre, et réussit à coordonner les efforts de la résistance intérieure et extérieure. Mais il dérangeait: il s'insurgeait, bien que socialiste, contre le système partisan qui avait mené la 3ème république à la ruine et portait le projet d'un grand parti de la résistance à même de transformer la société après la libération.

    Pierre Brossolette, ainsi, ne s'est pas fait aimer des partis, De Gaulle a préféré défendre le projet de Jean Moulin et intégrer les partis au CNR puis au gouvernement provisoire. Pierre Brossolette était en train d'être exclu de la SFIO, quand il a été arrêté. L'histoire fait des choix, je vous invite toujours à les repenser. La résistance devait s'incarner, certes, mais le choix de l'incarnation n'a pas été fait au hasard.

    Deuxième raison, c'est un homme d'action. au delà des discours et des hommes d'appareil, j'ai souhaité rendre hommage à un acteur forcené resté dans l'ombre. Je m'y retrouve? J'aimerais bien, mais aurais-je eu le courage de sauter du 4ème étage du siège de la gestapo pour ne pas parler?  Lieutenant pendant la bataille de France, il est promu capitaine pendant la débacle puis commandant dans la résistance. Il rejoint le général de Gaulle en 1942 et sera parachuté 3 fois en France avant d'être arreté sur la côte bretonne après un naufrage.

    Pierre Brossolette était un étudiant brillant: premier à l'ENS, deuxième à l'agrégation d'histoire. Né en 1903, il meurt à 41 ans, après avoir été journaliste pour "le populaire", journal de la SFIO, et radio PTT, responsable de la politique étrangère à la radio nationale pendant le gouvernement Blum mais aussi enseignant et libraire, après son interdiction d'enseigner édictée par Vichy. Il avait épousé une certaine Gilberte qui devait devenir la première femme sénatrice de France.

  • préparer un cours de section européenne en première S...

     FLAG012B.gifC'est quoi une section européenne? Des élèves dans un lycée qui suivent une option leur permettant d'avoir des cours de certaines matières en langue étrangère, de participer à des projets pédagogiques, à des échanges, et de passer une épreuve au bac dont la réussite leur donne droit à une mention particulière...à élèves particuliers, profs particuliers: des enseignants passent des certifications complémentaires pour enseigner leur matière dans une langue étrangère. Je fais partie de ces enseignants, j'enseigne, à partir de la rentrée 2008, l'histoire géographie en allemand. Au delà d'être une stratégie d'évitement de la carte scolaire pour les parents, et un moyen de passer au dessus des barêmes pour les enseignants, c'est une formidable occasion de conjuguer ses passions linguistiques et de travailler autrement..un immense défi aussi, car l'enseignant de section européenne est un chef de projet: échanges, expo, lien avec les collèges du bassin, sélection des élèves, c'est un prof un peu particulier...

    On ne fait pas bêtement cours en langue étrangère sur un cours commencé en français. On n'est pas non plus prof de langues. Le prof de section européenne doit pratiquer la pédagogie de projet: production des élèves, projets de voyages et cours articulés autour de grandes thématiques de sa matière, basés sur l'autre pays (ou pas). Quels problèmes, dans un sens positif, pose l'enseignement en section européenne? Faire des choix, choisir des angles de travail dans le programme...et surtout, avoir toujours en tête qu'il faut faire parler, produire et échanger les élèves. L'expression orale est favorisée. Pas seulement dans un sens (cours/exposés) mais aussi de manière interactive: les élèves doivent parler entre eux et c'est pas évident...

    Dans le programme de première S par exemple qui m'intéresse plus particulièrement car je sais que j'aurais cette classe l'an prochain pendant deux heures...les périodes étudiées sont le XIXème avec la révolution et la société industrielle, le XXème siècle avec la première guerre mondiale et les années 30/40 sous l'angle totalitarisme et guerre. En géographie, on s'intéresse à l'Europe des états et des régions, aux réseaux urbains et au territoire français. Il est alors possible de choisir 4 thèmes qui seront étudiés dans un angle européen voire allemand. Comme exemple, je pourrais choisir d'étudier l'industrialisation de l'Allemagne autour de récits (vie des ouvriers dans la Ruhr?), d'images, de faire travailler les élèves sur l'essor de grandes firmes telles que Krupp ou Siemens...bonne idée d'exposé! Concernant l'étude des totalitarismes, il est évident facile de choisir d'étudier la notion de totalitarisme autour du nazisme dans la société, dans la guerre et peut-être, aspect nouveau, dans la résistance qu'il a suscité, thèmatique cher à tout germanophile qui se respecte? Quels supports? Le film « Sophie Scholl » que j'ai en VO évidemment! Ainsi que des exemples de tracts résistants apercus quand je bossais aux archives de Heilbronn, en Allemagne, il y a 4 ans...

    D'un point de vue géographique, il peut être intéressant de travailler sur l'Europe des états et des régions à travers de la place de l'Allemagne en Europe (la notion de Mitteleuropa) et autour de l'aide régionale accordée par l'Europe aux régions de l'est en difficulté. De la même manière, le multipolarisme de l'Allemagne pourrait donner lieu à une étude des réseaux urbains allemands où l'on trouve tous les modèles: centralisés autour de Berlin en Brandenburg, conurbation en Rhénanie, bipolarisme en Saxe... ce qui permettrait aussi d'étudier les fonctions (ex. économique pour Francfort) et le lien avec la structure fédérale. On pourrait imaginer des travaux de groupes multi-supports sur ces situations différentes que sont la Ruhr, Berlin, Francfort ou encore Munich...

    En se disant que je fais mon beau avec mes supports mais qu'en matière d'exploitation, même quand j'arrive à les dénicher, je suis toujours pas au top...Donc prochaine note sur le sujet je propose une vraie séquence, avant la rentrée!