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  • des cloches, des rails et des chemises!

    vitry2.jpg19h. sur le balcon de notre appartement vitriot, les 1000 et 1 bruits d'une ville de banlieue résonnent quand on y prête un peu attention. La pétarade du pizzayolo, les bruissements de la RN305, le bus 180 qui roule vers la Seine. Et bientôt, les cloches de l'Eglise tout proche retentiront. La journée est finie. A la piscine, tradition du mercredi, j'ai pu apprécier l'ambiance périphérique des gens qui nagent de part et d'autre, me passent dessous si je ne vais pas assez vite, dessus si je m'écarte de mon couloir. Sur le marché, les vendeuses de poisson s'étonnent toujours de mon accent.

    J'ai enfin pu faire les soldes, comme tout le monde, ce n'était pas gagné. Mon escapade d'après-midi m'a permis d'avancer mes corrections (2 paquets et demi sur 6 expédiés dans le metro). A Vitry, les brevets blancs m'attendent, tout comme ces dizaines de voeux que j'envoie demain. Mon portable va chauffer: demain c'est manif, les pancartes n'arriveront pas toutes seules au point fixe du PS et du MJS, arrêt "filles du calvaire" sur la ligne 8, où j'ai opéré mon traditionnel repérage, devant le cirque d'hiver. Ni les 5000 tracts de la campagne du MJS Ile de France "emploi/pouvoir d'achat". Ni la camionnette, ni la banderole, ni les stickers, ni les affiches, ni ces militants qui montreront à la face du monde (enfin au moins de l'Ile de France) que les socialistes sont de retour. A la fois dans les manifestations et dans les bancs de la démocratie, pour cette motion de censure contre ce président "qui n'entend rien". L'opposition est de retour, elle PROPOSE! Notre contre-plan de relance met les choses au clair: Il n'y a pas d'union sacrée qui vaille quand un système ultra-libéral pourri jusqu'à la moelle accroit, multiplie, perpétue les inégalités. Et peut-être qu'un jour, mes parent ne seront plus décus par ma famille politique...

    Ma famille politique s'interroge: Quelle égalité voulons-nous? Lors du dernier conseil national du MJS, nous avons clotûré le chantier éducation. Et porté à nouveau ce projet, l'égalité d'autonomie. Une égalité de tous les territoires, à tous les âges, pour avoir les moyens de faire ses propres choix. Pour que les déterminismes sociaux, culturels, familiaux ou géographiques qui me dégoûtent n'opèrent plus. Ce n'est pas une utopie, c'est un combat. Le combat d'une vie (en tout cas de la mienne), rien que ça. Lundi soir, lors de l'assemblée régionale du MJS francilien consacré à l'éducation, nos débats ont montré que l'Education est pour nous une question cruciale. Tout commence par l'éducation. Tous les efforts pour construire une nation, développer un pays, avoir sa place dans l'économie mondiale, faire respecter l'égalité et la liberté, les libertés individuelles et collectives, commencent par l'Ecole. Il n'y a pas de compétition entre les Savoirs et les Eleves au centre du système. Pas d'opposition non plus entre les connaissances et les compétences indispensables à l'intégration sociale des jeunes. La seule question qui compte vraiment, c'est les conditions d'une REVOLUTION éducative qui remette l'Education au centre des politiques publiques.

    Un aparté s'il vous plait. Dans une précédente note, un commentaire s'étonnait de ma passion gaulliste, alors que le général avait "tardé à accorder son indépendance à l'Algérie et n'avait pas compris la jeunesse". Ne regardons pas l'histoire par la petite lorgnette. En 1958, la France reste cette puissance européenne marquée par les conquêtes mondiales d'une troisième république qui regardait intensément la ligne bleue des Vosges et envoyait son armée satisfaire la soif de prestige et de gloire d'une armée et d'une nation meurtrie par la défaite de 1870. En 1958, "l'Algérie, c'est la France", comme le clame Francois Mitterrand, ministre de l'Intérieur ou de la Justice qui donne plus de pouvoirs de repression à l'armée. La IVème république se tue à satisfaire les 1 millions de Francais d'Algérie qui ne veulent pas voir, et pas comprendre, l'envie de reconnaissances des 9 millions d'autotochnes, Arabes ou Berbères, qui ne bénéficient d'aucun droit politique ou social. Les réformes voulues par Blum, en 1937/1938, les assemblées prévues par la loi de 1947 n'ont pu être appliquées, les colons, ces grands propriétaires Francais qui vivent dans l'opulence, enviés par les pieds-noirs, les refusent. A cette époque, des mouvements émergent pour demander l'égalité des droits. OUI tu m'as bien lu l'égalité des droits. Pas l'indépendance. Au sein de ces mouvements, certains réclament l'indépendance. C'est le FLN qui déclenche l'insurrection du 1er novembre 1954 par une série d'attentats. Mais chère H. tout n'est pas blanc ou noir. Le FLN assassine ceux qui souhaitent une solution autonome, tandis que l'OAS qui refuse l'Indépendance met l'Algérie à feu et à sang, à partir de 1961, faut sauter les maisons des "libéraux" qui veulent accorder l'égalité des droits aux Musulmans.

    De Gaulle dans tout ca? Il a toujours été pour l'égalité des droits. Il mène à bien brillamment l'indépendance des colonies africaines et malgaches, de manière pacifique...avec tous les travers d'une politique secrète, les réseaux Foccart. En Algérie, il prend contact avec les mouvements indépendantistes, mène à bien le Plan de Constantine, vaste plan d'équipements éducatifs et sanitaires pour rattraper l'oubli de la métropole. Il souhaite ardemment voir émerger une Algérie amie de la France mais ne croit pas à son intégration à la métropole. Il prépare patiemment les Français à l'irréparable, leur fait accepter l'autodétermination des Algériens par référendum, et enfin l'Indépendance. Il reste de sang froid quand un coup d'état militaire plane sur la République, quand des attentats mitraillent sa voiture, mais laisse l'armée mener une guerre psychologique qui reste un épisode tabou de l'histoire de France. Quant à la jeunesse, la question est plus délicate. De Gaulle est né en 1890, en 1968 il a 78 ans...le féminisme, quand on est marié à Tante Yvonne? La liberté, quand on est général de brigade? Le trotkisme, quand on s'est inquiété (à tort!) des appétits de pouvoir du parti communiste, premier parti de France, à la libération? C'est trop demandé au Général. La révolution de mai a montré que l'époque du Général était révolue. Le Non timide des Francais au référendum d'avril 1969 n'est qu'un signe d'Adieu géné des Francais au Grand Homme dont l'ombre avait marqué la France pendant un grand quart de siècle.

    Il est 20h, temps de retourner aux rappels, aux signatures de voeux, au rouge des copies. Vous vous inquiétez de n'avoir plus de nouvelles de mes charmants bambins? C'est qu'ils lisent mon blog, donc j'en parle à la fin. Mes sixieme sont toujours aussi surprenants et amusants, j'apprends beaucoup. La fin d'année sera déchirante, pour moi en tout cas. Les troisième avancent cahin caha vers le Brevet, arrivent plutôt bien à argumenter, ils organisent leurs réponses, structurent leurs neurones qui ne s'égayent plus dans tous les sens. Finie la seconde guerre mondiale, voici venu le temps de l'Union Européenne. Tres vite, j'ai du retard...Quant aux premières, ce n'est toujours pas facile de faire un cours d'histoire géo en allemand. Mais ils travaillent, s'accrochent, m'obligent à respecter mon défi éternel: être à la hauteur!

  • Eduquer: la société est-elle prête?

    L'école est un monde mythique. Parce que tout le monde connait des histoires de sarbacane, de cartouches d'encre, de surveillants débonnaires ou de professeurs étiquettés, parce que l'immense majorité de la population passe sur des bancs usés, s'est acharnée sur des dictées alambiquées et autres exercices géométriques biscornus, l'Ecole est un bien commun, un sujet politique majeur qui provoque des clivages transpartisans et passionnés. L'école et l'éducation en général est un service public qui produit de l'espoir, du rêve, mais aussi beaucoup de désespoir, de tristesse et de frustration, et à ce titre-là, un enjeu majeur pour la gauche, dans le monde entier.

    Finis les tableaux noirs, les maîtres sévères portant des habits sombres, finis les affluents appris par coeur et les images d'Epinal, l'école du XXIème siècle a beaucoup changé. Elle accueille tous les enfants, mais ne les fait pas tous réussir. Elle prépare à toutes les filières et à tous les diplômes, mais la probabilité d'intégrer telle ou telle école et telle ou telle filière relève d'un jeu où les dés sont pipés par un phénomène incontournable: la reproduction sociale.

    Un enseignant passe ses journées, sa vie, à lutter contre la reproduction sociale. De la maternelle à l'université. Parce que rester assis et écouter n'est pas inné. Parce qu'être poli s'apprend. Parce qu'écrire et lire est plus ou moins aisé, lié à des habitudes culturelles et à des environnements sociaux et familiaux, au nombre et à la nature des livres de la bibliotheque familiale pour faire court. La réussite éducative est le recoupement de multiples facteurs. Une écriture illisible c'est encore en 2009 une scolarité difficile voire une vie brisée? Etre timide, c'est encore en 2009 une sociabilisation difficile dans des cours dialogués qui se révèlent une torture quotidienne ou même des exposés terrifiants pour des enfants non-préparés. L'éducation française reste une éducation classique et humaniste de culture écrite valorisant la transmission de connaissances et de savoirs.

    Ce qu'elle devrait être? Une éducation citoyenne ET technique de culture ECRITE et ORALE valorisant l'acquisition de connaissances ET de compétences. Mais même à gauche, le consensus n'existe pas sur une telle alternative, et un autre clivage entre conservateurs et progressistes traverse tous les partis et toutes les tendances.

    Si éduquer consistait à lire de manière convaincante des manuels scolaires ou à barbouiller de rouge des copies de charmants bambins, cela se saurait. Si faire cours consister à raconter de charmantes histoires ou corriger des exercices, cela se saurait. Or, éduquer relève de l'apprentissage de savoir-faires, et de savoir-êtres implicites qui relèvent d'une adaptation des enfants à une civilisation (Non?)...le problème c'est que cette éducation est confrontée à des jeunes qui construisent leur identité, et ma foi, souvent en opposition avec un cadre educatif assez rigide. S'asseoir, se lever, se ranger, lever la main, répondre, ranger ses affaires, le petit collègien va exécuter une bonne dizaine d'ordres indiqués d'une manière qui va de la gentille injonction au commandement hurlé façon sergent-instructeur...La révolte est inévitable, et la révolte quotidienne conduit à l'échec d'élèves étiquettés comme perturbateurs.

    Eduquer, comme capacité à expliquer, faire comprendre, faire progresser...comme maitrise des processus d'apprentissages qui évidemment ne sont pas pris en compte dans la formation des enseignants. Rien n'est prévu pour passer d'un cours classique s'adressant collectivement à des élèves supposés issus du même niveau et de la même origine...à une pédagogie différenciée s'adressant à des élèves différents qui n'avancent pas au même rythme et éprouvent des difficultés différentes (expression écrite, orale, compréhension des consignes, précision et construction des réponses...). C'est bien gentil à dire tout cela, mais à mettre en oeuvre...faire travailler des élèves par groupe sur des exercices différents relevant de compétences transversales reviendrait à doubler le temps de travail et de concertation des professeurs qui deviendraient de véritables « techniciens pédagogiques » et non plus de simples spécialistes d'une discipline universitaire et enseignée. La société est-elle prête?

  • manifesto, expresso, au bout du rouleau

    300.jpgAujourd'hui, j'ai fini la journée sur les rotules. Une journée VPM, Vitry/Paris/Massy, où je suis passé au syndicat à Paris, au collège et au lycée à Massy. 3 bus, 3 RER, 1 metro, des dizaines de personnes bousculées, des centaines de marches surmontées. Roulement grincant des RER, bruits divers et usants du métro parisien, piaillements aigus de mes chers sixieme, brouhaha braillards des troisieme, cohues des couloirs du college et de la cour du lycée, rien ne m'a été épargné.

    Café après café, heure après heure, la journée s'écoule. De la machine artisanale du syndicat à la luxueuse du collège en passant par la senseo de Vitry, le parfum âcre du café s'élève voluptueusement, jusqu'à la cour, quand la récréation trop courte ne lui laisse pas le temps de refroidir. Mes élèves sont en forme, trop en forme. en troisième, l'appel du 18 juin est lu sans conviction. Affreux pour moi! Mon cours d'aujourd'hui? A/ l'étrange défaite. Ce choix binaire Petain/de Gaulle, le renoncement ou le combat. Le choix de tous les militants, quelque part! En sixieme, le cours sur la bible fait place aux éternels questionnement. et dieu il sert à quoi? et pourquoi il passe par la mer rouge alors qu'il peut passer par la terre? et pourquoi on fait cours sur la bible il est pas laique le collège? et pourquoi on supprime pas les religions? dixit pauline.

    Peu de politique ces temps-ci...mais beaucoup de rendez-vous. Je délegue, je délegue, et je re-délegue!!! Et ma priorité c'est le boulot, notamment ce sacré voyage de section européenne sur les institutions de l'UE à organiser. Quelques passages par Gibert, pour traquer les Parot d'occasion et les histoires de Nicolas Le Floch qui me passionnent (détective du XVIIIème siècle)...et surtout, dans le RER, la lecture du manifesto du PSE, projet du parti socialiste européen pour les élections européennes de 2009. Que de bêtises n'ai-je pas entendu sur le sujet (soit c'est la panacée, soit c'est un ignoble pamphlet ultra-libéral...la vérité doit forcément être plus mitigée!)

    Les élections 2009 du parlement européen vont marquer l'actualité à la marge. elles restent des élections nationales, l'UE est appréhendée à travers des enjeux nationaux, après tout ce n'est qu'une boite à subvention pour politicards à la retraite! Cette année, je l'appréhenderai à la fois à travers mon engagement et à travers un projet pédagogique! passionnant! Le problème c'est qu'on est à peu près tous pour la paix, la prospérité et le progrès. Il doit donc bien y avoir d'autres clivages. Et bien oui, pour la gauche, une union régionale forte telle que l'UE peut être un puissant levier pour réduire les inégalités nord/sud, réguler l'économie mondiale et favoriser la convergence sociale et économique de ses membres. Mais la question des outils se pose. Et le manifesto n'y répond pas forcément. J'espere que les organisations où je milite, en revanche, seront à la hauteur!

    Que dit le PSE? Le manifesto adopté à Madrid en décembre par les chefs des partis socialistes et socio démocrates européens a un slogan: "les citoyens d'abord". Il s'articule autour de 5 axes: relancer l'économie et éviter le retour des crises financières, faire progresser la justice dans la nouvelle europe sociale, mettre l'europe en tête de la lutte contre le changement climatique, parvenir à l'égalité des sexes en Europe, donner à l'Europe une politique d'immigration pour le progrès, faire de l'Europe un partenaire fort pour la paix, la sécurité et le développement.

    Le manifesto fait un bilan du monde actuel et de l'Europe assez classique: recession, flambée des prix, jeu du marché dans l'Europe de droite...il se félicite du traité de Lisbonne, dénonce le chômage qui touche 17M d'européens, la précarité et même la pauvreté qui en touche 78M...Il propose des concepts, le fameux "decent work, decent life", mais l'Economie reste, je le regrette, au centre du projet européen, c'est d'ailleurs le premier item.

    C'est quoi le projet du PSE? Pour l'économie, le PSE se félicite d'un euro protecteur. Merci le SPD. Il exige la transparence du système financier, des obligations pour les fonds propres, la participation des salariés à la gestion des fonds de pension, la lutte contre les paradis fiscaux et le blanchiment d'argent. Rien de bien neuf, rien sur le rapport capital/travail, peu de recul sur la crise financière qui pourrait être le dernier soubresaut du capitalisme financier si encore le socialisme voulait bien porter une société (voire une civilisation?) alternative...Mais l'Europe ne serait pas l'Europe sans la technocratie; le PSE développe donc son projet pour les LGV et la mobilité durable urbaine; et même pour l'énergie. Très bien de penser aux énergies renouvelables, à la sécurité des approvisionnements, et POURQUOI alors ne pas porter le projet de pôle européen public de l'énergie pour définir un cahier des charges des réseaux et de la production énergétique et définir un semblant de politiques énergétiques qui ne se limiterait pas aux déductions fiscales et à la très utile efficacité énergétique (isolation des logements): le PSE sait mettre en avant des concepts délaissés et oh combien pertinent!

    Que propose  le PSE pour une nouvelle Europe sociale et durable? au delà de l'économie de la connaissance, de ses investissements pour l'innovation et la formation, je regrette que le PSE ne fasse que craindre des "clivages sociaux" nuisibles à la "paix sociale", où est l'idéal dans tout ca, on dirait qu'on ne fait que gérer les inégalités sans chercher à les dépasser...le PSE propose des normes sociales pour les politiques de santé et d'éducation (ce qu'on pourrait appeller traité social non?), des clauses de progrès social et environnemental dans toute la législation et les marchés publics de l'UE. Un cadre pour les services publics, voilà de beaux concepts qui mériteraient d'être précisés. C'est peut-être notre boulot! Je vois d'un bon oeil la proposition d'un accord européen sur les salaires; bon des "politiques fiscales" plus justes c'est assez vague! Quid des impots directs, de la progressivité, de la réforme de l'impot des entreprises? Le PSE doit cliver la dessus et ne se mouille pas.

    Faire des transferts technologiques massifs vers les pays du sud pour lutter contre le réchauffement climatique c'est un peu plus intéressant, et le PSE devient plus brillant quand il parle d'objectifs précis pour l'égalité des sexes, l'immigration, la paix...une gouvernance mondiale renforcée qui promeut le multilatéralisme c'est bien, mais est-ce compatible avec un engagement de l'UE dans l'OTAN qui n'est pas remis en cause par le PSE. Parler de partenariats avec ses  voisins au sud à l'est et dans le proche orient c'est bien, mais la convergence économique et sociale me laisse sur ma faim, je vois peu de propositions pour s'occuper des pays déjà adhérents et des inégalités sociales qui sont peu près d'être jugulées, entre pays mais aussi à l'intérieur des pays!

     

  • pensées chlorées de France et de civilisation

    france.jpgJ'ai retrouvé le chemin de la piscine de Vitry. La joie des éclaboussures, les trépignements devant ces retraités qui provoquent des bouchons dans la rangée de droite, les hors bords et autres prépubères hurlants qui jouent au sous-marin, cette douce sensation d'être plus leger, mêlé à ce parfum, ce bruit indéfinissable qui me rappelle l'école primaire. Que faire à la piscine? Penser. Penser à ce f. dossier de subvention de section euro que je bricole, comme projet pédagogique, alors que je peine à remplir les rubriques du budget prévisionnel, et pour cause...

    Mes pensées aussi trépignent et s'agacent, entre cours à préparer, mails de cadrage à envoyer, entre ce qui se passe à Paris et ce qui se passe dans les hautes-Alpes...je pense pourtant à la France. La France du XXIème siècle. En quelques aller-retours de 25m, je pense à celà, à quoi servira, quelle sera la place de la France au XXIème siècle? Quels sont ses atouts humains, économiques, sociaux, diplomatiques qui lui donneront son importance au sein de la confédération européenne qui fera son apparition dans les années 2010?

    La France a des atouts, comme grande puissance historique. Elle a des atouts, de par son territoire, de par ses savoir-faires technologiques, mais aussi des handicaps. Que doit-on nous envier? Point par point? Une surface agricole immense, des ressources énergétiques naturelles inépuisables, en eau, en vent et en soleil. Mais aussi une force considérable dans les industries de pointe, un système éducatif de masse, une armée glorieuse présente dans le monde entier, avec ses armements sophistiqués. Mais quelles faiblesses aussi! Quels archaismes! La France fait le choix du nucléaire quand on sait que l'uranium à utilisation constante viendra à manquer, verra son prix augmenter dans les 50 prochaines années! Quelle mauvaise utilisation d'un appareil administratif quand on supprime des agences d'emploi, quand on recule toujours et encore la nécessaire réorganisation et démocratisation du système éducatif, quand on superpose collectivité territoriale sur syndicat de gestion à tout va!

    Que va t'il se passer dans les 50 prochaines années? Je préfère penser à ca, plutôt qu'au rêve de ma dernière nuit qui s'est arrêté sur une carte des réseaux RER au sud de Paris. J'ai trop lu d'articles sur le pass navigo. Dans les 50 prochaines années, les inégalités au sein des pays du sud vont s'accroitre, entre pays émergents, et pays très pauvres. Certains pays s'enfoncent dans la crise alimentaire, climatique et dans la guerre civile. La priorité, c'est d'établir des états de droit dans toutes les parties de la planète, soutenus par des organisations régionales tels que le Mercosur, l'union africaine et cette union d'asie du sud qui n'existe qu'au point de vue militaire. Dans les pays émergents, les inégalités internes sont très fortes, en Chine, en Inde, au Mexique ou encore au Brésil. En commun, d'immenses ressources et richesses territoriales, mais l'incapacité à les distribuer justement. L'état providence n'est qu'embryonnaire, la priorité doit être la redistribution des richesses.

    Dans les pays du nord, la crise structurelle est là avec ses conséquences. Depuis les années 70/80, règne partout la précarité organisée, le capitalisme effrené qui fait rêver, l'affaiblissement des outils de redistribution et la diffusion de nouvelles valeurs de civilisation. Les séries TV sont le plus puissant outil de transmission de valeurs jamais mis en place. Ils ont permis à l'habitat pavillonnaire de défigurer les territoires européens, au travail d'être accepté comme unique raison de vivre, à la politique d'être limité au spectacle des combats de coqs, et aux centres-villes d'être supplantés par les centres commerciaux comme lieux de convivialité. Cette acculturation mondiale est une mutation organisée, parallèle au changement de siècle opéré avec la chute du mur. Dans quelle ère sommes nous aujourd'hui, bonne question, et moi je retourne à la maison blanche (saison 2!)