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  • Vous êtes mutés dans l'Académie de ...

    accueil-569b4.jpgC'est la saison des muts, dans quelques jours, je serai fixé.

    Tous les ans, 90 000 enseignants demandent leur mutation. Dans la première administration de France, au delà des mutations de conjoints, de rapprochement familial ou autres aléas de la vie, il y a un rite initiatique très douloureux qui affecte les jeunes enseignants qui viennent d'avoir leur concours: la première mutation, l'obligation d'être candidat au "mouvement", et la probabilité, quand on habite le sud ou l'ouest, de partir pour le nord. Je veux être prof depuis que j'ai 10 ans et j'y pensais à cette mutation en banlieue parisienne. Je voyais les téléfilms sur le sujet à la télé. J'y pensais vaguement à la fac, à l'IUFM, pendant mon stage. Et le 12 mars 2007, un petit mail changeait ma vie. sur l'ordinateur du lycée d'Agde où j'effectuais mon stage de responsabilité (j'avais réussi le CAPES en juin 2006) s'affichait un curieux message...Vous êtes mutés dans l'Académie de Versailles.

    Je me rappelle de ce moment. C'était aussi pour moi la fin d'un monde, de mes études montpellieraines et de mon enfance biterroise. Assez content de partir à l'aventure, pensant déjà à mon premier appart, à cette vie parisienne...Sans rentrer dans les détails, j'avais omis de penser à certaines conséquences sur ma vie personnelle.

    Tous les ans, 90 000 enseignants demandent leur mutation. Pour une bonne partie de jeunes enseignants toulousains, montpellierains, rennais, il s'agit en fait de quitter sa copine, ses parents, ses amis. De déménager, de s'installer dans une région inconnue. De prendre ses marques, de s'habituer à une nouvelle région. Passé le premier dépaysement, la solitude est immense. Les relations sont souvent brisées et une nouvelle vie commence avec de nouveaux repères et de nouveaux amis. Les allers-retours vers le "pays", cette gare de la ville natale qu'on retrouve avec émotion. La découverte de nouveaux collègues et de nouveaux élèves. Et ces moments difficiles où les cours se passent mals, ou le soir, quand on raccroche le téléphone, on se retrouve seul, loin de ses proches.

    Tous les ans, 90 000 enseignants se connectent sur i-prof en novembre/décembre pour faire leur voeu d'académie, par liste, en calculant leurs points (ancienneté, IUFM, situation familiale ou personnelle) pour faire valoir leur situation. Des critères administratifs froids, glaciaux, quand des vies se jouent. En avril/mai, les mutations intra-académiques permettent d'affiner les voeux de département et de ville au cours d'un bricolage ubuesque où les pauvres jeunes enseignants cherchent où ils vont atterrir avec leurs 21 points quand un lycée de centre ville "vaut" 1000 points. Vous l'avez deviné, la cité des 4000 à la courneuve, la grande borne à Grigny (mes élèves de l'an dernier)...c'est 21 points.

    Chaque année des milliers de vies sont brisées...des vies de cadre ma foi, qui savaient où ils allaient en passant le concours. Mais pourquoi? Parce que les mutations correspondent aux migrations internes de la France, Est/ouest et Nord/Sud. Parce que les vieux enseignants retournent au 'pays" et qu'il faut bien les remplacer. Parce qu'avec l'ancienneté les professeurs de 30/40 ans peuvent accéder à des établissements plus attractifs.

    Oh mais c'est affreux! Certes, mais que faire? Le but du service public d'éducation est de répartir les enseignants en fonction des besoins, des effectifs des élèves, mais il fallait bien trouver des critères. L'ancienneté et le rapprochement familial ne sont pas les plus mauvais. On me dira aussi qu'il faut savoir se déraciner, sortir du douillet cocon familial et local, se mettre en difficulté dans de nouvelles situations pour être plus autonome et plus libre. C'est vrai. Mais la question du recrutement local, des premières années de carrière dans le lieu du stage ou encore du rapprochement plus facile des conjoints et d'une gestion plus "humaine" des mutations se pose. Elles relèvent parfois d'autres questions parfois plus complexes: Cette decennie voit se multiplier les "postes sur profils" qui font sortir du système général des mutations les postes demandant des compétences particulières (j'y participe comme professeur de section euro allemand). S'intéresser à ce développement, intéressant et inquiétant à la fois, est urgent!

  • Les enjeux des élections législatives allemandes de septembre 2009

    180x180_rIYCwCw7pY.jpegS'intéresser, analyser la politique allemande, le paysage politique et les enjeux électoraux avec des concepts et un point de vue français est particulièrement périlleux voire insensé. Dans 6 mois, les Allemands éliront la chambre basse du parlement, le Bundestag; et un chancelier ou une chancelière ressortira de la majorité élaborée sur la base d'un programme commun à l'issue des résultats électoraux. C'est un système d'élections mixtes, à la fois de liste partisanes à l'échelle des états, et de circonscriptions pour les quelques 300 Wahlkreise, qui permettent d'habitude des résultats assez nets et représentatifs à la fois.

    Le système politique allemand a évolué mais ses racines plongent jusqu'au IIeme reich, quand la démocratie parlementaire se mettait petit à petit en place face à Bismarck et Guillaume II (vaste programme!). Le SPD, parti social-démocrate, date de 1876, tandis que les partis bourgeois tels que le parti libéral et le zentrum, devenu FDP et CDU, s'organisent surtout pendant la république de Weimar. Les partis nationalistes disparaissent, discrédités, après la chute du 3ème Reich qu'ils ont aidé dans son accession au pouvoir en 1932/1933. D'un autre côté, les partis d'extreme droite (Republikaner, DVU, NPD) restent divisés, même après une montée inquiétante au début des années 1990, tandis que les verts apparaissaient en 1970 et se dotaient d'un jeune leader issu de l'immigration turque l'an dernier, Cem Ozdemir... D'un autre côté, les communistes, inexistants en Allemagne de l'ouest après la guerre froide, réapparaissaient avec la réunification, avec l'ancien parti unique est-allemand devenu PDS, en dépassant parfois la barre des 5% permettant d'accéder au bundestag, renforcés par leur coalition électorale avec les décus de la social-démocratie, appellée die linke, depuis 2005.

    La république fédérale Allemande est dirigée par un chancelier, certes, mais surtout par des combinaisons partisanes aléatoires appellées coalitions...et il en existe plusieurs formes! Les notions de droite et gauche sont très floues en Allemagne où l'on réfléchit plus par conservateurs/libéraux/socio-démocrates/nationalistes...et où les alliances se font et se défont sur la base de programmes concrets précis après d'apres négociations...comme en 2005 quand le SPD et la CDU/CSU ont du se résoudre à une grande coalition, dans la mesure où leurs partenaires naturels (verts d'un côté, libéraux-démocrates de l'autre) n'avaient pas réuni d'assez bons scores pour former une majorité! Comment est-ce possible? En France, j'ai des camarades peu nuancés qui se font concurrence pour crier plus fort que les autres que les Allemands de gauche sont des traitres...un peu plus on sortirait des arguments historiques...alors que tout simplement leurs lignes de clivage ne sont pas les notres, leur système, plus proportionnel, est différent, alors pourquoi plaquer nos schémas?

    Depuis 2005, les partis au pouvoir sont affaiblis, leurs lignes de clivage amoindries par leur cohabitation. Le SPD est sur une ligne plus libérale avec son aile droite, FW Steinmeier, alors qu'Angela Merkel fait vibrer très fort l'aile sociale de son parti de centre-droit, la CDU. Celà laisse un boulevard aux verts, déchainés sur l'anti-nucléaire que leur laisse le SPD jugulé par ses accords de gouvernement, pour die Linke, alors que la crise sociale et économique remet en cause les options libérales, ou pour le FDP qui rassemble les décus de la CDU, à droite!

    6 mois avant l'élection, où en sommes-nous? d'apres les sondages, si les élections avaient lieu demain, la CDU obtiendrait 34% des suffrages, le SPD 22%, le FDP 18%, die Linke 12% et les verts 10%...Les coalitions possibles? A droite toute avec NOIR/JAUNE (CDU/FDP) en se disant qu'avec un pareil score le FDP peut presque demander la parité complete au gouvernement et notamment la vice-chancellerie pour son jeune leader Guido Westerwelle...Au centre toute avec le retour de la grosse Coalition qui après tout tient bien la route avec ses deux sexycentristes que sont le ministre des affaires étrangeres Steinmeier et Merkel à la chancellerie (la "machine à laver "au vu de l'architecture pour les intimes des virées berlinoises)...et j'apprends par un article de presse très interessant http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5j6XtkklPm36t5QKP6ytvcD7g3-Jw que Steinmeier se rapproche de Westerwelle et n'exclut pas l'idée d'une coalition libérale de centre/centre-gauche qui n'avait jusqu'ici était réalisée que par Helmut Schmidt de 1974 à 1983! Argh trahison, tous des droitiers vont grogner mes camarades. Certes, mais sur la base d'un programme commun issu de lignes de convergence sur l'éducation, l'immigration, le désarmement et la libéralisation des moeurs! De la même manière que le SPD a travaillé avec la CDU sur la réforme de l'état...Elle est loin la coalition de gauche rotrotgrün évoquée lors des élections de Hesse l'an dernier!

    Quels sont les thèmes de campagne? Evidemment de la tambouille avec Merkel l'hésitante-pas-capable-de-gérer-la-crise martellée par le SPD qui fleure un peu le machisme mais bon...Mais aussi des vrais débats de fond auxquels j'avais participé en faisant campagne pour Schröder en 2005 à l'époque du tournant de gauche du SPD: assurance citoyenne (Bürgerversicherung) pour la santé contre forfait individuel (Kopfpauschal) proposé par la CDU, interdiction des frais d'inscription universitaires (studiengebühren) contre limitation des compétences fédérales en matière d'éducation...d'autres sujets sont plus technocratiques comme la redéfinition des compétences fédérales et régionales (Föderalismusreform) ou plus consensuels comme la lutte contre l'extreme droite...Voyons maintenant parti par parti!

    Que veut le SPD? De nouvelles propositions pour un nouvel état social: assurance maladie payée en fonction du revenu, SMIC (mindestlohn) négocié par les branches, mais aussi malheureusement des retraites plus flexibles ou encore la fameuse sortie du nucléaire, le "atomausstieg". Que veulent die Linke, guidés par Gregor Gysi et Oskar Lafontaine? Casser le système bipartiste ou bi-coalition (ca c'est réussi) et veulent concentrer leurs propositions sur  la lutte contre les privatisations, le nouvel état social, la lutte pour l'égalité hommes/femmes au boulot et à l'école...De leur côté, les verts refusent de parler alliance et veulent se concentrer sur leurs thèmes de campagne: les libertés publiques, l'énergie et le développement durable ou encore la paix et la lutte contre la précarité (ils préconisent le Grundeinkommen, sorte de RMI). Le FDP avec son slogan "mehr netto vom brutto" qui signifie à peu près moins de taxes sur la feuille de paie, veulent moins d'impôts, moins de dettes, plus de libertés dans la société et pour les entreprises...de vrais libéraux qui veulent moins d'état quoi! La CDU est à la tête des sondages mais pas forcément en position de force: pas de proposition phare, pas de projet global, le premier parti d'Allemagne s'est technocratisé et n'aspire qu'à "gérer"...

    En bref, de beaux débats de fond, quelques petites attaques de bas-fond et comme débat principal, comme d'habitude, les coalitions...en se disant que pour celle que je défends, évidemment la gauche plurielle (rotrotgrün) rien n'est simple: 2 partenaires c'est compliqué à gérer en Allemagne (ca marche toujours par 2 si je compte pas la CSU) et le SPD est très partagé par rapport à son partenaire die linke avec laquelle elle cogère certains états: c'est quand même l'ancien pârti unique de la RDA qui a mis en place une police politique, la stasi, dont on vient à peine de sortir les archives des débarras (avec son lot d'espions retrouvés "subitement" qui permet très pratiquement d'éliminer ses rivaux politiques)...et que die linke a un peu du mal avec un SPD revenu au centre gauche voire au centre avec un nouveau leader schröderien, Frank Walter Steinmeier, aile droite du parti! Ce qui ne m'empêchera pas de faire sa campagne dans quelques mois...Les Jusos allemands font la part des choses (et avaler quelques couleuvres, on a bien fait campagne pour Royal)!

     

  • émotions indiennes, pensées méridionales...retour dans l'OTAN!

    Le TGV Avignon / Béziers roule trop lentement, "Marianne" achevée je me penche sur mon papier, et sur cette petite table tremblante qui me voit d'habitude corriger mes copies. 1300 km dans les pattes, une semaine infernale, comme toutes les semaines, avec ses nuits trop courtes et ces journées trop longues, un quotidien banalement francilien. Et quelques évènements...

    slumdog_millionaire.jpg J'ai adoré slumdog millionnaire. Dans une salle blindée d'"utopia", j'ai vu se reconstituer sous mes yeux la vie d'un bidonville indien, d'autant plus drôlement que c'est la lecon que j'acheve à peine en sixieme. L'enfance de Jamal dans les ordures, la mort de sa mère musulmane tabassée par les Hindous qui brûlent son bidonville de Mumbaï (Bombay), ou encore la survie d'un adolescent mendiant merveilleusement mise en dynamique autour d'un fil rouge: la participation de Jamal à l'émission "qui veut gagner des millions" où il grille les étapes...Ce fil rouge va à contresens du temps réel, de la vie de Jamal, de son frère Salim et de Latika. Jamal devient l'idole d'un peuple et le symbole d'un pays à la fois pauvre et émergent, où les richesses s'entassent dans un état démocratique qui peine encore à les redistribuer. L'inde qui illumine l'écran est immense, son développement et son intégration à la mondialisation trop rapide. Inégalités, torture et corruption montrent que les couleurs occidentales qui pârent ses villes-capitales masquent la réalité d'une existence misérable pour des centaines de millions de personnes. Avec slumdog millionnaire, l'Inde entre dans l'histoire du XXIème siècle, alors que le programme d'histoire, dès l'an prochain, fera à nouveau sa petite place à cette puissance émergente dans le programme de sixieme.

    - J'ai enfin fait un cours potable en section euro! Mes chers élèves ont brillamment parlé, ont participé avec grand élan au débat proposé "Europa im 21sten Jahrhundert", sur les enjeux énergétiques, environnementaux et diplomatiques de l'UE. Pour mes beaux yeux? Sans doute aussi pour les 8 especes de jus différents que je distribuais aux élèves participants...J'ai dû graisser la patte de mes élèves en dragibus sonnants et trébuchants, c'est ce que j'appelle la pédagogie du chocolat, parfaitement utile les veilles de vacances...

    otan.jpg

    La France va réintégrer le commandement de l'OTAN...que de Gaulle avait quitté en 1966. A l'époque, il s'agissait d'affirmer l'indépendance de la politique étrangère et militaire de la France, reposant sur une nouvelle force de dissuasion nucléaire, et non d'une réaction anti-américaine primaire comme certains l'ont insinué. Nicolas Sarkozy, fidèle à lui-même, n'a pu résister à afficher sa servitude atlantiste, au mépris des ambitions multilatéraliste affichées de longue date par la diplomatie française, quelle que soit la couleur des gouvernements en place. Cette politique suiviste de petite puissance dessert l'ONU autant qu'elle renforce l'OTAN comme acteur légitime du maintien de la paix et comme force d'interposition....Si l'ONU représente les peuples, l'OTAN, où la France n'a obtenu qu'un strapontin dérisoire de commandement intégré à la réforme de l'OTAN, représente quoi? Un monde bi-polaire dépassé, une alliance désuète dont la doctrine du "choc des civilisations" développée par les néo-conservateurs américaine est nuisible à la paix mondiale.

    Le TGV arrive à Béziers. J'ai quitté les neiges franciliennes pour ces terres brûlantes que j'aime tant. Dès ce matin, je retrouve les affres de la politique héraultaise, les grands sujets d'un PS biterrois dont je compte bien soutenir ardemment les efforts d'unité, de cohérence et dynamique collective qui l'animent présentément.

  • échecs scolaires

    Echec01.jpgJ'ai exclu. j'ai découvert les joies du conseil de discipline "oh c'est maintenant que vous découvrez les joies du système éducatif français" s'est exclamé mon principal, alors que je m'étonnais de l'absence d'alternative à l'exclusion, sans dispositif relais pour accompagner les élèves en voie de déscolarisation...

    J'ai exclu, ce qui est un peu embêtant pour un militant syndicaliste et politique, deux enfants du système éducatif. Sans avoir en fait beaucoup de choix...pénaliser les autres élèves d'une classe où les cris et les chaises fusent? Empêcher les enseignants de faire cours, alors qu'ils sont insultés et craignent les baffes? Ce serait se donner bonne conscience à peu de frais, être très hypocrite...La solution est autre: un système éducatif refondé dans ses rythmes et ses méthodes qui accrochent les élèves, mais aussi tout au long de la scolarité, des dispositifs externes et internes avec des moyens importants, bien répartis sur le territoire, pour remettre sur pied des élèves qui ne touchent plus le fond...ceci demandant évidemment de pouvoir compter sur des services sociaux et sanitaires forts, actuellement en voie de détricotage.

    J'exclus tous les jours par ma pratique quotidienne. Quand je fais le meme cours pour 3 classes de sixieme, les memes exercices, je sais bien qu'ils seront excellement exécutés par ma tête de classe, avec le sourire qui plus est. Qu'en est-il des autres? Ils observeront une correction et une prise de notes trop vite menée alors que le programme et l'heure tourne. Il y a deux ans, devenant enseignant, je m'étais promis de ne laisser aucun élève sur le bord du chemin, de me battre pour chacun jusqu'au bout...Avant de me laisser rattraper par une innommable fatalité séculaire, basée sur des logiques d'orientation sélectives, sur l'autocensure des principaux interessés ou la pratique insidieuse de cours et de rythmes adaptés aux meilleurs...marche ou crève, elle est loin l'égalité républicaine!

    J'exclus pourtant tous les jours. Comme fonctionnaire d'état et cadre du service public d'éducation, j'applique la loi et le système. C'est tellement plus facile de réduire au silence les élèves révoltés par leur échec, de rigoler devant des copies gribouillées truffées d'erreurs, de phrases sans verbe, signe évident de troubles de l'expression écrite qui ne faciliteront pas la vie de ces charmants bambins...C'est beaucoup plus facile de laisser de côté des élèves discrets qui s'enfoncent dans leurs lacunes, l'essentiel étant qu'on nous laisse tranquille.

    Serait-ce de la lâcheté d'être aussi conscient des failles d'un système? Je le décrois. C'est dans d'autres cadres extra-professionnels que je lutte contre ces injustices, le projet éducatif du MJS et la contre-réforme du lycée du SE-UNSA faisant partie de ces moyens. Je ne suis, à mon grand regret, pas formé pour la pédagogie différenciée, le repérage de l'échec scolaire et tant d'autres choses utiles...à part amuser la gallerie et témoigner de ma sympathie à mes chouchous en difficulté, je ne peux rien pour eux. L'école non plus. Le système éducatif français leur proposera une seule chose: la voie professionnelle.

    Je ne peux pas, à moi tout seul, terrasser l'hydre de l'échec scolaire. Pour le vaincre, il faut le connaître. Qui est-il? Il se nourrit du désespoir et de l'indifférence. En France, il n'est jamais pris en charge, à part quelques PPRE et RASED dont on voit de moins en moins la couleur, à part par des cours particuliers qui ne sont accessibles qu'aux plus aisés. J'en ai moi même donné (francais et allemand) mais jamais recu, et je ne sais donc pas faire les divisions. L'échec fait pleurer les parents et tourner la tête aux enseignants. L'échec scolaire favorise la désinvolture et devient perturbation. Il se traduit par la feuille blanche, la paraphrase, parfois aussi par un intense acharnement si décevant et attristant "fait des efforts", comme on dit sur les bulletins...Il se construit dès le plus jeune âge, renforcé par le "background familio-culturel", aggravé en cas de suivi parental peu rigoureux, se développe avec les lacunes, les exclusions de cours, les redoublements...et se répand comme une tâche indélébile sur le système scolaire français. Alors, comment l'exclure?