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RER

rer.jpg11 jours sans écrire. On pourrait se dire que je suis trop occupé. Ou que je n'ai rien à écrire. Ou que je me détourne de ce blog plutôt régulier depuis deux ans presque. Et bien toutes ces raisons ont leur fondement. Je n'ai pas grand chose à écrire. Mes élèves sont sages, mes lecons assez banales (guerre froide et grèce, pas de quoi fouetter un chat), et j'avais pas le coeur à écrire. Peu de temps? Pourtant, depuis un mois, j'ai réduit de moitié mes engagements, la fatigue était trop forte, tout comme l'impression d'avoir atteint les limites de mon investissement physique et moral...je vous rassure, toujours l'envie de militer, mais seulement, l'indicible impression d'avoir quitté la route goudronnée des objectifs précis pour le chemin de terre rempli de nids de poules et de certitudes effilochées. Il me faudrait retrouver l'autoroute de l'espoir et des réalisations réalistes. De plus, j'ai compris pas mal de choses et revu mes priorités...

et pourquoi parler de RER alors? Quelle choucroute et quel genou hein? Le RER, c'est ma vie, symboliquement, tristement, symptomatiquement, en rêve et en réalité. Le RER, c'est mon vélo, celui qui me transporte trois heures par jour, dans la semaine. Le RER, c'est ce truc qui roule vite et ne s'arrête jamais, un peu comme moi quoi. Le RER passe des franges campagnardes aux banlieues crissantes en passant par la capitale stridente, comme moi...quand le RER est fatigué, il s'arrête entre deux stations, et fait chier tous les usagers...de la même manière, quand je suis épuisé, comme actuellement, je tombe malade et j'embete tous mes camarades. même combat.

Le RER, c'est la machine des banlieusards. Chaque matin, elle transporte ses pauvres ouvriers qui travaillent à Rungis, fatigués, très fatigués, qui dorment appuyés contre la vitre, bercés par un RER bringuebalant, pendant que je lis béatement, la Seine sur mon côté gauche, les cités moches de Choisy et d'Orly sur mon côté droit. la machine des banlieusards, c'est la musique des rapeurs qui sort puissamment des écouteurs de l'autre côté du wagon (vive les sourds), ou encore ces personnes agées, que je m'étonne toujours de croiser: on peut vieillir ici? C'est la cohue de 7h, la sortie en gare quand je plie mon livre et le place dans la poche intérieure pour rejoindre mon collège.

RER un jour, RER toujours? je n'oublierai pas mon séjour parisien. J'ai débuté ici ma carrière, vu ce que c'était de naitre au pied des cités et de s'en foutre d'une école qui n'avait rien à vous apporter. J'approche de ma vingtaine de conseils de classe. Et je bous toujours quand les orientations sont hypocrites, quand on parle de manque de travail quand il n'y a aucun PPRE dans mon établissement, quand on ose plaindre un élève en difficulté sans lui proposer de parcours individualisé, et enfin, quand on accepte sans bouger un sourcil la logique sélective des filières du bac.

Le RER, comme artère d'une Ile de France surexploitée. Les ponts enjambent les autoroutes qui survolent les berges...dix milles voies de communication, le bruit des claxons et des ambulances qui ne s'arrete jamais...ville de touristes, ville de fêtes que j'effleure à peine...Mon image préférée? Une vue de la banlieue est en sortant du tunnel de Vitry sur l'A86. Des usines, des cheminées, des routes, de la fumée, des cités et du gris à perte de vue...

Commentaires

  • Si l'usage obligé du RER reste un désespoir quotidien pour des millions, je continue a penser que lorsqu'on prend le transillien ou le RER par agrément (le week-end ?) on peut prendre du plaisir à se laisser transporter au travers de ces paysages d'ile de france. N'y a t'il pas de meilleur moyen qu'un voyage en train pour apercevoir cet enchevêtrement de zones pavillonnaires, de quartiers ou d'infrastructures qui à mon sens "font" l'ile-de-france ?

    Je suis souvent friand des milles quotidiens que l'on aperçois lors d'un trajet. Cette région est belle, pas tant par ses paysages, mais par ce qu'elle évoque : l'histoire et le travail de génération d'hommes et de femmes trop harassé par leur quotidien (et leur travail) pour s'en rendre compte.

    NB / Après c'est sur que si tu compare à ce que tu peut voir par la fenêtre en TER sur la PLM, sur le sillon alpin ou sur la ligne des Alpes ... tu te fais mal :)

  • Il perd les commentaires ton blog ....

  • prends une photo de ta vue préférée, j'aimerais bien voir à quoi ça ressemble.

  • je suis dans le meme état que toi, je ne suis pas inspiré en ce moment pour écrire sur mon blog et plein de trucs sur le feu à côté
    peut d'ici quelques semaines, la campagne aidant je retrouverai la plume enfin le clavier lol

  • A mes débuts, j'avais d'interminables trajets (plus longs que les tiens, imagines-tu ?). Je regardais peu le paysage, en revanche, et essayais de prendre de l'avance en mettant à profit ce temps pour corriger les copies et préparer quelques cours. Le RER D était devenu mon bureau du soir. J'en garde un épouvantable souvenir.

  • argh la photo serait un peu grise :-)

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