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Plus ou moins de services publics au XXIème siècle?

       080401_ServicePublic.jpg     « L’état ne peut pas tout » avec cette phrase, Lionel Jospin, candidat socialiste aux élections présidentielles en 2002, indiquaient que les socialistes renoncaient à changer la vie, la société et le monde. Son échec a, je l’espère, remis en cause, cette évolution soi-disant « pragmatique ».

 

            A quoi sert la puissance publique aujourd’hui ? Des premières lois sur le travail de la fin du XIXème siècle aux lois-cadres sur la fonction publique des années 80 en passant par la création de la sécurité sociale en 1945, que s’est-il passé ? Quels doivent être les services publics de demain ? Que faut-il garder des services publics d’aujourd’hui ? Quels domaines d’intervention peut-on « laisser » au privé ? Voilà les questions que je vais me poser. Les médecins doivent-ils devenir fonctionnaires et tout ce qui ne relève pas de droits fondamentaux (transports, déchets, etc.) doit-il être privatisé? Le débat du service public ne doit pas ressembler à un débat corporatiste, ni à une guerre des statuts, cela doit être un débat de société !

 

            Je parle de la France évidemment, mais je pense qu’ à l’échelle du monde et de l’Europe, des systèmes de régulation et des dispositifs de solidarité s’imposent, quel que soit le nom qu’on leur donne, pour réguler et intervenir dans des phénomènes, économiques, voire humains, qui se déroulent à l’échelle internationale.

 

            A titre personnel, je pense qu’il est temps d’indiquer clairement ce qui doit faire partie de la sphère publique, de la solidarité, de la responsabilité de la puissance publique, et ce qu’on peut laisser faire au secteur privé. Je pense qu’au sein de ce secteur privé, les délégations de service public doivent être plus contraignantes (transports, gestion des déchets, poste). Et au-delà, pour crédibiliser la chose publique, pour redonner des marges de manœuvre aux collectivités et à l’Etat pour investir, oui, je pense qu’il faudra laisser au privé ce qui ne relève pas de droits fondamentaux ! Car d’abord le budget de la France doit faire l’objet d’un débat et pour cela 90% du montant ne doit pas aller au fonctionnement. Il faut redonner des marges de manœuvre au débat politique en supprimant tous les allègements fiscaux qui ne saluent pas des bons comportements sociaux ou environnementaux. Stop aux niches fiscales et autres exonérations patronales qui n’ont pas d’incidence ! Après, l’Etat devra apprendre à investir sur le long terme

 

            Qu’est ce qui selon moi doit faire partie du secteur public ? La défense, la justice, et la police, domaines régaliens par excellence, ne sont pas à vendre. J’y adjoindrais l’énergie qui devient un domaine de souveraineté et ne peut être délégué au libre-échange. Concernant la défense, selon moi, une industrie d’armement privée n’a pas lieu d’être, surtout quand ses dirigeants se présentent aux élections et financent les partis politiques. Une industrie nationale d’armement me semble nécessaire alors que depuis 15 ans les munitions de l’armée française ne sont plus fabriquées en France mais bien importées…la justice ne peut pas être privée, c’est pareil pour les prisons : les partenariats public-privé qui servent aujourd’hui à les construire doivent être dénoncés. Idem pour la police, il me semble compliqué que les pouvoirs publics puissent faire appel à des sociétés de sécurité : laissons-cela aux particuliers voire aux entreprises !

 

            Au-delà des domaines régaliens, les droits fondamentaux doivent être réalisés par le biais de services publics. Droit au logement, à l’éducation, à la formation, à l’emploi, à la santé ne peuvent être en aucune manière privatisée. L’école privée doit cesser d’exister, Mitterrand, et c’est la principale erreur de son mandat selon moi, n’aurait jamais du revenir en arrière en 1984. A minima, le prochain gouvernement de gauche doit au moins s’assurer que TOUTES les formations, dans TOUTES les régions, peuvent être assurées dans un établissement public et gratuit. Cette gratuité doit d’ailleurs prévaloir partout, tout au long de la scolarité obligatoire. 

 

            Le droit au logement, au-delà du droit opposable, doit faire l’objet d’une déconcentration et d’une mise en réseau à l’échelle régionale des prestataires de logements sociaux. Idem pour la formation professionnelle qui doit s’organiser à l’échelle régionale, en regroupant tous ses acteurs dans une offre cohérente assurant une vraie sécurisation des parcours professionnels et un vrai droit à la formation tout au long de la vie, gratuit pour les employés ! Voilà les services publics qu'il reste à créer! Idem pour la politique intergénérationnelle: service public de la petite enfance, soins à domicile pour les séniors vont devenir indispensables pour garantir l'égalité hommes-femmes, favoriser la natalité et accompagner l'allongement de la durée de vie. La recherche d’emploi ne peut être déléguée à des prestataires privés, et l’insertion professionnelle des jeunes doit regrouper tous ses acteurs au sein des missions locales d’insertion, devenus établissements publics administratifs, où les représentants des usagers seraient représentés. Parlons du droit à la santé. C’est le plus menacé aujourd’hui. Les hôpitaux publics doivent offrir des services de qualité, gratuits, sur l’ensemble du territoire, à travers une carte nationale des services. Les médecins sont subventionnés par la sécurité sociale, formés par l’université publique, alors sortons de l’hypocrisie, faisons des médecins des fonctionnaires, au sein de dispensaires bien répartis sur tout le territoire ou d’hôpitaux publics.

 

Au-delà de ces services publics, certains domaines peuvent être laissés au privé, mais avec des délégations plus contraignantes : les transports publics, pour limiter les inégalités sociales et territoriales, l’environnement, pour limiter le primat du profit de court-terme sur le long-terme, la communication, pour assurer la couverture du réseau téléphone, haut-débit, wifi sur tout le territoire, avec un forfait de base accessible aux plus-démunis. Les ressources naturelles, notamment l’eau, pour préserver un accès à prix réduit sur tout le territoire à une eau de qualité.

 

Pour le reste, il y a de la place pour le privé ! il y a de la place au mouvement associatif ou mutualiste pour organiser la solidarité en matière de santé, d’assurance, l’accès aux loisirs, au sport ou à la culture. L’économie sociale doit être reconnue et avoir une place intermédiaire entre le privé et le public.

 

Tout ceci ne me semble pas être une révolution sociale, mais peut-être une société post-industrielle où un secteur public limité et une régulation forte laisserait largement de la place au droit d’entreprendre !

Commentaires

  • Je ne suis pas d'accord avec votre couplet sur l'école privée. Pourquoi l'école devrait elle être obligatoirement publique. Sachez que le privé accueille majoritairement des classes moyennes parce que le public ne rempli pas sa mission. Le laxisme et le pédagogisme d'une partie du monde enseignant à fait fuir les classes moyennes qui veulent que leurs enfants réussissent et étudient dans un climat favorable. Les enfants des classes aisés n'ont pas besoin d'aller dans le privé pour réussir, de bons lyçées publics leurs sont destinés.
    D'autre part, et dans le prolongement de ce que je viens de dire, la fin du système privé verrait un retour des inégalités entre ceux qui sont dans le public + et ceux qui subissent le public -.
    Plutôt que de voir par idéologie le mal dans le privé, demandez vous ce qui ne tourne pas rond dans le public et essayé de le corriger. Si le public y parvient le privé n'aura plus de raison d'exister.

  • Quelle est la différence de ce que l'école a un enfant en public ou privé? Tout dépend du talent de l'enfant.

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