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  • De Vichy à Chateauroux

    Il n’y a que quelques dizaines de kilomètres, voire…70 ans ! Ces deux villes aujourd’hui sont pour moi source d’émotions très différentes. Vichy, petite ville d’eau auvergnate est une plaie béante sur l’amour immodéré que j’ai pour l’histoire de France. Le 10 juillet 1940, sur les sièges cramoisis d’un casino de province, non seulement la IIIème république, mais la dignité d’une nation millénaire s’écroulaient dans les décombres d’une rapide défaite qui surprenait le monde entier. Chateauroux, petite capitale de l’Indre où un meeting de régionales m’amenait hier…était à l’époque au dessus d’une ligne de démarcation qui coupait la France.

     

    Les 15 jours qui, de l’armistice du 22 juin au 10 juillet 1940 (pleins pouvoirs confiés par le parlement au maréchal Pétain) sont pour moi à la fois tragiques et dramatiques, tels que je les lis dans l’histoire de Vichy de Robert Aron, qui sent le moisi (pas seulement parce que je l’ai acheté chez le bouquiniste…). On a tellement envie de s’interposer dans les couloirs et les rumeurs, d’aider le général de Gaulle, Mandel, Blum, à convaincre le gouvernement de continuer à combattre, parce que cette guerre est mondiale…Ce livre permet d’entrevoir les manœuvres souterraines : Weygand le défaitiste, Pétain l’attentiste, Laval l’ambitieux, l’intrigante Hélène de Portes, Paul Reynaud et Albert Lebrun, dépassés, oubliés par l’histoire. L’avancée des forces de l’Axe paraissaient insurmontables, le nazisme, le totalitarisme, la violence semblaient incontournables, pourtant certains ont voulu se battre, seuls, et je me reconnais dans leur combat, autant que dans celui de la gauche et de la transformation sociale. C’est d’ailleurs le même ennemi, en fait : le fatalisme !

     

    Le doute et la division hantaient ces couloirs de Paris, Cangé, Bordeaux, Vichy alors que la Blitzkrieg coupait en deux nos armées. Brutal écrasement d’une armée en retard d’une guerre par la force mécanique, désarroi d’un gouvernement peu solide, exode d’un peuple qui ne voulait pas faire la guerre, 1940 c’est un effondrement militaire, politique, moral. Le régime de Vichy, aux vieux relents cagoulards et liguards, était souhaité comme un redressement politique et moral, l’armistice vu comme un moment provisoire, comme une pause, par la majorité des partis et des hommes politiques. Je pleure en lisant ce livre sur le doute présent partout : Quimper ou Bordeaux, capitulation ou armistice ? déjà entrevu dans les mémoires de guerres de De Gaulle. Il y avait pourtant des hommes qui voulaient continuer. Arrêtés sur le Massilia, paquebot sur lequel était monté Blum, Mendes France, Mandel, pour continuer la lutte en Afrique du Nord. Seule une petite feuille de papier crayonnée, lue au micro de la BBC le 18 juin, dont j’ai entrevu le brouillon aux Invalides, permettait à la France de se retrouver, en 1945, parmi les vainqueurs.

     

    J’étais donc à Chateauroux, un peu plus loin. Les meetings de campagne se succèdent partout en France et les candidats présentent partout leurs propositions: Interventions, petits, films, applaudissements et on remballe. Préparer la salle, le stand MJS, l’animation, où que l’on soit, fait partie de la campagne. Ma facon de militer, depuis 2009, en campagne, c’est plus devant un clavier que devant un resto U. Dommage, car le moral remonte aux cieux quand lors d’un porte à porte dans telle ou telle région, tel ou tel FJT, un jeune remplit son formulaire de contact, ou se laisse convaincre que l’action politique peut changer la vie, la société, le monde. Alors, un lever précoce n’est jamais vain.


    CLIP DE CAMPAGNE REGION CENTRE : BILAN
    envoyé par francois-bonneau2010. - L'info video en direct.

  • Nouveaux programmes d'histoire-géo: de l'histoire culturelle à la géographie durable!

    geographie_americaine.jpgLes programmes d'histoire-géo sont toujours, avec un peu de retard, le reflet de leur époque. Centré sur l'antiquité avant 1870, préparant la revanche contre la Prusse après 1870, ils ont été centrés sur les racines de notre civilisation et la connaissance du monde dans les années 80 et 90. De la même manière, l'éducation civique a beaucoup évolué: on est passé de la morale du XIXème siècle au cours de sciences politiques au début des années 80. Aujourd'hui, on apprend aux collégiens et aux lycéens à devenir des acteurs autonomes de la société.

    En 2009/2010, les programmes du second degré vont profondément évoluer. C'est le cas d'ailleurs dans toutes les matières. Soit parce qu'ils doivent être actualisés (cadre commun européen de référence des langues, programmes qui avaient presque 15 ans au collège en histoire géo!) soit parce que la mise en place du socle commun de connaissances et de compétences de 2005 necessite de prévoir des passerelles interdisciplinaires. Je me limiterai dans cet article aux programmes du collège.

    En histoire-géo, plus qu'un simple toilettage, on change de paradigme. Ce n'est pas une révolution idéologique (comme en SES, semble t'il), c'est un changement de direction: le développement durable devient une dimension majeure de la géographie enseignée (c'était le sujet de mon mémoire d'IUFM en 2007), tandis qu'on passe de la découverte de ce qui nous rassemble à l'apprentissage de la diversité, en sixième comme en seconde. Du point de vue scientifique, on actualise la prise en compte de nouveaux courants (dommage pour moi, les chorêmes de Brunet, c'est fini!) et on renforce l'analyse du monde contemporain (processus de métropolisation par exemple).

    Que prévoient les nouveaux programmes?
    En sixième, au désespoir des élèves, l'Egypte disparaît enfin. Les savants grecs apparaissent au choix, tandis que l'étude de l'Inde et de la Chine ancienne réapparaissent après une éclipse de 10 ans (au choix, les Han ou les Gupta!). Le programme de géographie se recentre sur la population de la terre qui éclipse le traditionnel repérage géographique (où sont les mers, les continents, etc.). On initie les élèves à la notion d' « espace » et à ses contraintes. Pas de grand changement pour le reste, la Gaule romaine et les débuts du christianisme disparaissent toutefois (mais on retrouve cette dernière en cinquième).

    En cinquième, à mon grand désespoir, on centre le programme sur l'étude des religions (l'occident chrétien et la naissance de l'Europe), et le XVIIème siècle, la monarchie absolue, se retrouvent perdus en mai/juin. Révolution dans le programme de géographie: finie la laborieuse étude des documents (très ennuyeuse, très lanscinante), on étudie les inégalités de développement et la notion de développement durable. L'eau, l'atmosphère, l'énergie, l'alphabetisation: on va s'éclater!!(là, j'ai envie de retourner devant le tableau!). Pas de changement en éducation civique: égalité, sécurité, solidarité.

    En quatrième, le programme est réaménagé pour faire plus de place aux enjeux de mémoire: la traite négrière, la révolution, le colonialisme sont envisagés sous un nouveau jour. Le programme de géographie est très ambitieux et très contemporain puisqu'il étudie « les territoires de la mondialisation »: les multinationales, les échanges, les puissances émergentes et la mondialisation culturelle, autrefois entrevues uniquement en troisième. En éducation civique, éducation au droit et au fonctionnement de la justice, certes, mais l'Europe disparait!

    En troisième, le programme est réaménagé pour mettre en valeur les évolutions technologiques et géopolitiques sur le long terme et c'est tant mieux car on tombait un peu dans l'évenementiel, et l'histoire des batailles. Le totalitarisme passe ainsi de la moitié à 25% tandis que la vie politique en France s'élargit à l'entre deux guerres et à Vichy. Quelle place pour l'URSS dans tout cela? Bonne question! Une évolution majeure autour du programme de géographie centré exclusivement sur la France et l'Union Européenne, il zappe le Japon et refoule les Etats-Unis au programme de quatrième!

    En bref, on trouve de nouvelles cohérences très intéressantes pour tous les niveaux du collège.

  • Comment faire de Béziers une ville étudiante?

     vie-facultaire2.jpgUne ville étudiante, c'est évidemment une ville jeune, dynamique sur le plan démographique, culturel et ludique. Une ville étudiante, toutes les villes moyennes rêvent de le devenir! Dans les années 90, de nombreuses universités ont délocalisé certaines filières, notamment sous la pression d'élus locaux. Cette véritable chance pour la démocratisation de l'enseignement supérieur s'est souvent révélé comme une supercherie, un simple argument électoraliste. Une ville étudiante, ce n'est pas la présence de filières, un pourcentage dans la population, c'est une dynamique sociale, géographique, qui demande des politiques publiques spécifiques, une ré-organisation de la ville, une mise en synergie de la vie éducative et de la vie économique. Si les plus prestigieuses villes étudiantes ont une histoire qui remonte aux temps médiévaux (d'Heidelberg à Montpellier en passant par Bologne et Oxford), des villes étudiantes peuvent émerger sur la base des critères précédemment décrits. Béziers est la 4ème ville étudiante du Languedoc Roussillon. Elle accueille plus de 2000 étudiants (notamment 800 à l'université, 400 à l'IFSI et 500 en BTS).
    Être étudiant recouvre plusieurs réalités. Étudiant en BTS ou en université, en école privée et publique, étudiant salarié, boursier, ou fils à papa? Étudiant, l'âge des découvertes, expériences ou de la précarité la plus dure...L'étudiant de Béziers est un peu atypique. Il habite souvent chez ses parents, il est souvent salarié, il est souvent issu d'un milieu social moyen voire modeste. Il roule en voiture, et fait sa petite vie, à la rigueur avec une soirée étudiante par mois. C'est tout ce que Béziers peut lui proposer. La vie étudiante ce n'est pas uniquement la gestion des boites de nuit, c'est s'interesser aux conditions de vie des étudiants: santé, logement, transports, insertion professionnelle, tous ces éléments favorisent la réussite des études et l'attractivité d'une ville étudiante.

    Pourquoi Béziers n'est pas une ville étudiante et comment peut elle le devenir?

    • D'abord du fait de la diversité des statuts et des attitudes plus ou moins « étudiantes » entre les IUT, les BTS ou encore les universités, les lycéens majeurs ou les étudiants de l'IFSI. IUT / BTS / Université / IFSI…. Cette situation nullement traitée empêche la naissance d'une identité étudiante biterroise et le déplacement de l'IUT ne peut, tout seul, dépasser cette situation.

    • L'incohérence de l'offre de formation, reflet de politiques menées au « coup par coup » en fonction des affinités des maires et des « coups de pouce » gouvernementaux. Du fait de ce « bricolage », on ne trouve à Béziers ni spécificité originale qui pourrait attirer des étudiants d'ailleurs (à part l'institut d'info com mais cette filière est accessible dans toutes les régions), ni offre généraliste assez large pour permettre à un nombre important de jeunes biterrois de continuer leurs études sur place après le bac. Conséquence: Un pourcentage de scolarisation dans l’enseignement supérieur inférieur à la moyenne nationale.

    • l'absence de services de vie étudiante: Au moment de l'installation des délocalisations des universités montpellieraines, la présence de services et d'infrastructures de vie étudiante a été oubliée. Il n'existe, de plus, aucune complémentarité entre les services des collectivités territoriales, le CROUS et les universités. Depuis le début des années 2000, la situation stagne, hors exceptions: permanence d'une assistante sociale CROUS créée en 2004, accès aux tournois de sport municipaux...La vie associative biterroise n'est pas non plus resplendissante: deux ou trois « corpos » qui organisent des soirées à la fac, à l'IUT ou encore à l'IFSI, mais peu d'associations citoyennes, culturelles, sportives...que dire des infrastructures! Aucun dispositif d'accès au logement privé, une cité U privée, le palo alto, accessibles plus facilement aux membres d'une mutuelle de droite, un resto U scolaire...

    • l'absence de politique locale de vie étudiante. Rien n'est pensé pour les jeunes à Béziers, pas plus pour les étudiants. Le service jeunesse de la ville, l'agora, se révèle être un simple point d'information qui permet de vivre le « midi libre » et d'accéder aux mutuelles étudiantes. Rien donc de concret pour les conditions de vie étudiante. La ville tourne le dos aux étudiants, tout, comme d'ailleurs, tout ce qui fait lien social et solidarité intergénérationnelle: pas d'évenement spécifique, pas de soutien aux associations, pas de bus nocturne, pas d'instance consultative, rien. L'étudiant biterrois a accès aux mêmes services qu'aux lycéens. Quoi de comparable avec l'offre culturelle ou sportive dont bénéficie un étudiant à Montpellier?

    Comment faire de Béziers une ville étudiante?

    D'abord en mettant en synergie les services de vie étudiante à travers un service inter-universitaire de la vie étudiante biterroise pour assurer l’accès de tous les étudiants (université, IUT, BTS) au sport, à l’orientation et aux activités culturelles, ensuite à travers de vrais dispositifs favorisant l'accès au sport, à la culture, au théâtre de manière gratuite pour tous les jeunes Biterrois en formation à travers une vraie carte « jeunes ».

    Ensuite à travers des infrastructures permettant à tous les étudiants de continuer leurs études à Béziers quelle que soit leur origine: Un contrat CROUS/collectivités permettrait d'adapter les services de vie étudiante à la taille de Béziers: cafets CROUS, chambres rénovées louées par le CROUS dans le centre-ville...

    De la même manière, l'offre universitaire doit être pensée comme un parcours de débouchés permettant à la fois d'accéder aux sciences sociales, humaines, mais aussi à des formations professionnalisantes, tout en développant une complémentarité régionale avec les autres villes. Nimes par exemple, a développé des licences bi-disciplinaires tandis que Narbonne se spécialisait dans le droit.

    Enfin, en favorisant l'engagement des jeunes biterrois en formation: La construction d'une « maison des projets », contenant des lieux associatifs, créatifs, guichet unique des services de vie étudiante, soutenu par un fond de soutien municipal aux « projets jeunes », mais aussi de vraies instances consultatives « jeunes » plus représentatives (organisations de jeunesse, membres des CVL, associations culturelles...)‏

    Faire de Béziers une ville étudiante c'est organiser la ville en conséquence: Rénovation du centre-ville organisée autour de la jeunesse (réhabilitation et location de logements spécifiques, intégration des associations aux évènements culturels, etc.), aides fiscales pour l'installation de bars sur les allées, organisation des transports adaptés aux besoins des jeunes: lignes de bus nocturnes, organisation des trasports multimodales, gratuité des transports urbains...

    Tout ceci, c'est un projet de long terme pour donner à tous les jeunes biterrois un véritable droit à l'avenir. Vie étudiante, réussite éducative, ouverture internationale, insertion professionnelle, tous ces enjeux doivent être organisés de manière cohérente pour permettre à Béziers de devenir une vraie ville étudiante. Pas pour faire joli, mais bien pour ouvrir le champ des possibles à tous les jeunes Biterrois.

  • des idées, des rêves, des combats: la convention nationale du Mouvement des Jeunes Socialistes

    4335771314_ff11f2baa8.jpgLa convention nationale du Mouvement des Jeunes Socialistes s'est déroulée ce weekend au siège de campagne de Jean Paul Huchon. Au programme: lancement de la campagne des régionales et surtout, présentation des propositions du MJS pour l'emploi des jeunes. Au congrès de novembre, à Grenoble, les jeunes socialistes avaient décidé d'organiser des grandes conventions nationales pour ébaucher leur projet pour 2012. C'est l'objet du projet "perspectives 2012", dont s'occupe Thierry, qui a fait plancher fédérations, militants et instances du MJS sur la thématique de l'insertion, des discriminations et de la précarité.

    Un CN doublé d'une convention, c'était un petit morceau d'originalité. le lieu? le local de campagne du candidat francilien JP Huchon, sa salle ronde, ses canapés et sa salle de réunion où l'on prépare les effets de manche. L'ambiance? Travail le matin, meeting l'aprem, fête le soir...et décomposition le matin: on était très fatigué. réunion "campagne des régionales", transport de tracts, relecture de réso, coaching d'interv, comatage dans la salle annexe, papotage dehors, boulangerie ou les mille et uns moments d'engouement et de convivialité d'un rendez-vous militant.

    6 ans déjà que je fréquente ces réunions. Mon premier CN du MJS, c'était en juin 2006. J'avais 22 ans, je venais de réussir le CAPES, j'avais 3 ans de syndicalisme étudiant derrière moi et je découvrais solférino, sa cour, ses rumeurs, ses couloirs, ses motions et sa machine à café. Aujourd'hui, je me retourne, je vois, certes, bcp de fatigue, parfois même du découragement, de la jalousie, mais surtout des amis. Et je suis heureux de pouvoir aujourd'hui aider des gens à prendre à bras le corps leur engagement, que ce soit pour la première interv à préparer ou pour la première contrib à rédiger. Je serais radicalement différent si je n'avais pas vécu ca, les rides et les reflexes pavloviens et crypto-résistants, au moins.

    Le CN du MJS, c'est un nouveau mandat qui prend forme. Un travail de fond, une communication plus professionnelle et plus innovante, une adhésion plus simple. Des formats nouveaux qui balbutient un peu, l'envie d'être plus efficace (porte à porte de campagne, conventions ouvertes...) et toujours, l'amour de l'engagement, même quand on a 4 personnes à héberger dans un T2 et qu'on gâche son premier weekend dans son nouvel appartement...à quand le weekend douillet, couette dvd?