Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Exégèse du nouveau programme d'histoire-géo de seconde

           histoire_geo.jpg   Le nouveau programme de seconde du lycée général et technologique a été élaboré à la fois dans le cadre de la réforme du lycée, et à la suite du socle commun de connaissances et de compétences défini pour le collège. Ce programme change de paradigme par rapport à ceux de 2002, au moins en partie: en histoire, plutôt que les héritages du monde contemporain, on s'intéresse aux « européens dans l'histoire du monde ». Certains aspects du programme demeurent, telles que la citoyenneté athénienne, d'autres réapparaissent, avec la citoyenneté romaine, d'autres disparaissent, telles que les civilisations méditerranéennes au XIIème siècle ou la naissance du christianisme. Deux aspects méthodologiques sont particulièrement développés: l'utilisation des outils numériques et l'histoire de l'art.
              Ces programmes ne sont pas très novateurs dans la mesure où la forme savoirs/méthodes demeure et où aucun dispositif interdisciplinaire n'est prévu, par exemple autour de l'eau (alors que SVT et physique-chimie y consacrent une large part en seconde), ou autour de l'Antiquité (avec les langues anciennes) à part en quelques lignes dans la partie « géographie ». La place de l'histoire des femmes, à peine évoquée en une phrase, n'est pas plus revalorisée que dans le programme de 2002 où l'on conseillait de les évoquer à travers la révolution française alors qu'elle mériterait de devenir enfin un axe transversal du programme au moins en seconde alors que le programme d'ECJS s'intéresse à cette problématique d'égalité des genres. Ce programme conjugue assez bien son objectif de jouer entre le temps long et le temps court (chrétienté médiévale sur plusieurs siècles et révolution française sur quelques années) ou de faire découvrir les mondes perdus (ex. la cité précolombienne) ou encore d'élargir l'histoire enseignée à toutes ses facettes (histoire sociale avec le monde rural au moyen âge, culturelle avec le rôle des éditeurs, religieuse avec la réforme, scientifique avec la machine à vapeur...).

              Cet enseignement problématisé perd un peu de sa cohérence en histoire (l'étude de la cité interdite de Pekin semble assez incongrue), mais permet d'étudier des thèmes nouveaux (Istambul, les migrations européennes du XIXème siècle). Côté géographie, l'objectif de parité avec l'histoire est réaffirmé mais rendu difficile par la nouveauté et la complexité des thèmes étudiés en histoire sans continuité historique, dans des espaces différents. Le programme de géographie change à la marge tout en gardant l'intégralité des anciens thèmes (population, risques, alimentation, eau, villes). Ces grandes thématiques sont juste reformulées (les villes durables) ou enrichies (ex. les mondes arctiques, les enjeux énergétiques). Au final, malgré le choix proposé de deux thèmes sur trois, ce programme semble rester lourd, et perd même dans ses ambitions pédagogiques: l'utilisation des études de cas n'est étudié que dans le dernier paragraphe des approches d'un programme sensé tourner autour de « sociétés et développement durable ». De la même manière, les inégalités de développement sont occultées alors qu'elles constituent un enjeu lourd dans la perspective du développement durable de la planète. Elles sont évoquées en quelques mots dans le même dernier paragraphe.
    Au final, ces nouveaux programmes, sensés formés un tronc commun pour le nouveau lycée général et technologique, n'est modifié qu'à la margen dans un sens toutefois intéressant (nouvelles thématiques) mais parfois incohérent. Le programme est aussi lourd, mais laisse plus de place à la liberté pédagogique réaffirmée dans l' esprit (choix d'une partie plus importante que d'habitude du programme par l'enseignant) que dans le texte. Ce nouveau programme est décevant du point de vue des méthodes: contextualiser, former l'esprit critique sont de bonnes choses mais on attendait mieux, au moins un progrès dans la définition des compétences attendues où l'on s'interesse uniquement à l'objectif de long terme du ministère (les nouvelles technologies) où l'utilisation de tableaux numériques est évoquée (cela sera t'il possible partout?) ou encore pour l'histoire des arts (lubie présidentielle?) présentée à travers la primauté accordée à l'étude des sources.

  • Quelques chiffres intéressants et surprenants sur les derniers sondages des régionales

    sondage-copie-2.jpg1- Rapports de force politiques

    Quels résultats pour ces élections? 1880 sièges étaient à pourvoir. Sur 43 millions d'inscrits, 21 millions se sont abstenus, et 1 million ont voté blanc (5% des votants quasiment). Les listes d'union de gauche ont remporté 1000  sièges, (plus 200 quand la gauche n'était pas unie) la droite 500 sièges, le FN 118 sièges. La gauche, et en son sein le parti socialiste, a largement remporté ces élections régionales. La gauche est majoritaire en suffrages, même si ces résultats sont à relativiser du fait d'une très importante abstention. La droite est affaiblie, l'extrème droite revigorée, et les résultats ont bouleversé le paysage politique:

     

    -         à l'extrème gauche, LO reste faible, et le NPA s'effondre à moins de 2% des suffrages (5% aux européennes), la stratégie d'indépendance par rapport au front de gauche et le refus de rejoindre la gauche au second tour n'a donc pas été convaincant.

    -         À gauche (53%), Le parti socialiste atteint quasiment les 30% au premier tour, son étiage le plus fort (cf régionales 2004), soutenu au second tour, dans la plupart des régions, par un front de gauche (Picquetistes du NPA, parti communiste et parti de gauche et Melenchon) qui atteint presque 6% et l'ensemble Europe Ecologie qui dépasse les 12% et maintient le nombre de suffrages qu'elle avait réuni en 2009 pour les européennes. Avec ses deux alliés de l'entre deux tours, le parti socialiste et ses partenaires (PRG en Corse et MRC notamment) remporte la plupart des régions: seules la Guyane, la Réunion, l'Alsace restent à l'UMP, le Languedoc Roussillon et la Martinique à des dissidents de gauche ou à des partis autonomistes.

    -         À droite (35%), le MODEM s'effondre à moins de 5% et n'atteint le second tour qu'en Aquitaine. L'UMP, pourtant alliée aux chasseurs, au MPF, au nouveau centre, atteint son plus bas score avec 26% des voix au premier tour et 30% au second.

    -         À l'extreme droite, le FN remonte (sans atteindre son score de 12,5% de 2004), parvenant dans 12 régions au second tour avec une moyenne de 12%, et bénéficie même dans certaines régions du regain de participation du second tour. Les autres mouvances ne parviennent pas à émerger (ligue du sud en PACA, parti de la France en Centre, les minarets à l'est).

     

    Ces rapports de force politiques tiennent aussi compte de l'amplitude des victoires socialistes, qui va de la Champagne Ardenne où JP Bachy l'a emporté avec 44% des voix à Midi Pyrénées où Martin Malvy a recueilli au second tour 67% des suffrages. D'autre part, les candidats de la droite ont souvent été battus dans leur ville: Raymond Couderc n'obtient que 30% des voix à Béziers, Xavier Darcos 35% à Perigueux tout comme Caroline Cayeux à Beauvais.

     

    2 – Les raisons du choix de voter ou de s'abstenir

    -        Pourquoi s'abstenir? S'abstenir, c'est d'abord ne pas s'interesser à la campagne. 66% des sondés du premier tour se sont peu ou pas intéressé à la campagne (52% pour les européennes). Qui s'interesse beaucoup à la campagne alors? 59% des électeurs front de gauche et 46% des électeurs PS. La proportion reste entre 34% (FN) et 45% (extreme gauche) pour les autres listes. Concernant l'abstention, elle a plusieurs raisons possibles: 29% des abstentionnistes veulent « exprimer leur mécontentement sur la manière dont vont les choses en France » tandis que 28% disent ne pas s'interesser à la politique. 29% des sondés pensent que ca ne changera pas leur vie quotidienne. Au second tour, 14% des abstentionnistes n'ont pas voté parce qu'ils n'étaient pas assez informés et 9% parce qu'ils ne savaient pas pour qui voter. 18% des électeurs seulement ont été satisfaits des débats de la campagne et 50% en ont été mécontents.

     

    -        Comment se construisent les choix des votants? Tout d'abord, d'après le sondage CSA sorti des urnes du premier tour, ces choix se construisent soit largement en amont (pour 47% des sondés depuis plus d'un mois), soit au dernier moment (33% des sondés choisissent leur candidat la dernière semaine et 15% notamment le dernier jour). Ce choix précoce ou tardif est différent suivant les listes: Le vote Modem et europe écologie est le plus volatile (49% et 38% la dernière semaine), tandis qu'à l'inverse, 66% des électeurs FN et 60% des électeurs PS n'ont jamais hésité.

    Le choix d'aller voter pour telle ou telle liste s'est aussi construit sur différents enjeux. En 2010, 63% des électeurs se sont prononcés sur des enjeux locaux (50% en 2004 pour le même scrutin). Au contraire, les enjeux nationaux étaient plus importants pour 49% des électeurs FN, et 40% des électeurs d'extreme gauche. En allant voter, 32% des électeurs ont voulu marquer leur opposition au gouvernement (42% en 2004) et 10% leur soutien (15% en 2004). Ce vote d'insatisfaction pouvait aller de 65% pour les électeurs d'extreme gauche à 36% pour ceux du MODEM. 28% des sondés votent par attachement à un parti, 8% par attachement à un candidat. Cet attachement partisan est plus fort au front de gauche (37%), au parti socialiste (35%) ou encore à l'UMP (36%). Les électeurs europe écologie votent pour un projet (52% contre une moyenne de 27%), tandis que le vote extreme gauche et FN s'oppose aux autres listes (40 et 35%). En 2004, 54% des électeurs réclamaient un nouveau premier ministre, ils ne sont que 21% aujourd'hui. L'entre les deux tours est déterminant puisque d'après le sondage TNS Sofres du 22 mars, entre 29 et 35% des électeurs de l'extrème gauche, d'europe ecologie et du MODEM font leur choix uniquement dans la semaine et non avant.

     

    -        3 – Mouvements sociologiques et territoriaux

    -        Une France toujours coupée en deux: la coupure de la France en deux parties perdure malgré les bons scores de la gauche sur l'ensemble du territoire. La gauche est forte dans la France de l'ouest et du sud-ouest, dans les villes plutôt qu'à la campagne, notamment en Alsace où les cantons ruraux assurent nettement le succès de la droite. Si la carte du vote de gauche reflète aussi les régions dans lesquelles les catégories populaires ont vu leur part augmenter (sud-ouest), le vote du FN s'implante durablement dans des régions pauvres et/ou en crise: Languedoc Roussillon et Franche comté dans le premier cas; Nord Pas de Calais en deuxième lieu, où Marine le Pen; poursuivant son investissement à Henin Beaumont, parvient à recueillir 21% des suffrages.

     

    -        Qui est le candidat des jeunes ou des CSP +? Le vote par catégorie sociale, au premier tour, étudié par un sondage CSA sorti des urnes du 14 mars, permet surtout de voir apparaître des différences intéressantes: le vote de gauche est majoritaire chez les femmes (52%) et il est bien supérieur au vote des hommes au parti socialiste et à europe écologie. Les moins de 30 ans ont voté à 53% pour la gauche et ont marqué leur préférence pour europe écologie (18%) ou encore pour le FN (16%) tout en marquant leur désavoeu de l'UMP (16%). Au second tour, 72% des voix des moins de 30 ans se sont portés vers les listes de gauche. Les catégories socio-professionnelles élevées (cadres, professions intermédiaires notamme nt) ont voté majoritairement à gauche (58%), tandis que le parti socialiste obtenait un bon score dans les professions intermédiaires (33%) dont font partie les enseignants, et europe écologie un bon score chez les cadres (18%). Les CSP – (ouvriers et employés) ont fait confiance dans une moindre mesure à la gauche (52%). Les ouvriers ont plus fait confiance au PS (35%) qu'à Europe écologie (8%) mais restent la catégorie qui vote le plus pour le FN (21%).

     

    -        Que voulaient les électeurs pour le second tour? Les électeurs du MODEM sont très divisés: 33% souhaitaient une alliance avec la gauche au second tour (45% pendant les municipales), 26% une alliance avec la droite et 41% ne se prononcaient pas. De la même manière, seuls 28% des électeurs europe ecologie souhaitaient que leur liste fasse alliance avec le PS,  43% souhaitaient qu'ils se maintiennent. Que font les petites listes au second tour? 42% des électeurs d'extreme gauche voulaient s'abstenir (le reste votait à gauche), seulement 28% au front de gauche. L'abstention tentait seulement 21% des électeurs europe écologie mais 34% des électeurs FN. D'où venaient ces électeurs? 50% des votants de Francois Bayrou en 2007 ont voté pour les listes de gauche tandis que 13% des électeurs europe écologie du premier tour et 16% des électeurs extreme gauche du premier tour ont voté à droite.

      

    Quel est le profil des abstentionnistes? D'après le sondage TNS Sofres du second tour, 58% des femmes ne sont pas allés voter, tout comme 72% des jeunes de moins de 34 ans (et seulement 38% des plus de 65 ans), 69% des ouvriers et 64% des employés (contre 44% des cadres). Quel est le profil des électeurs FN? 17% des hommes et 7% des femmes, 20% des non-diplomés et 18% qui n'ont que le BEP/CAP. 72% de ces électeurs n'ont pas voté par adhésion aux idées mais pour exprimer « un mécontentement à l'égard de la situation actuelle ».

  • Quelques chiffres de sondages utiles et surprenants...

    1- Rapports de force politiques

    Quels résultats pour ces élections? 1880 sièges étaient à pourvoir. Sur 43 millions d'inscrits, 21 millions se sont abstenus, et 1 million ont voté blanc (5% des votants quasiment). Les listes d'union de gauche ont remporté 1000  sièges, (plus 200 quand la gauche n'était pas unie) la droite 500 sièges, le FN 118 sièges.

    La gauche, et en son sein le parti socialiste, a largement remporté ces élections régionales. La gauche est majoritaire en suffrages, même si ces résultats sont à relativiser du fait d'une très importante abstention. La droite est affaiblie, l'extrème droite revigorée, et les résultats ont bouleversé le paysage politique:

     

    -         à l'extrème gauche, LO reste faible, et le NPA s'effondre à moins de 2% des suffrages (5% aux européennes), la stratégie d'indépendance par rapport au front de gauche et le refus de rejoindre la gauche au second tour n'a donc pas été convaincant.

    -         À gauche (53%), Le parti socialiste atteint quasiment les 30% au premier tour, son étiage le plus fort (cf régionales 2004), soutenu au second tour, dans la plupart des régions, par un front de gauche (Picquetistes du NPA, parti communiste et parti de gauche et Melenchon) qui atteint presque 6% et l'ensemble Europe Ecologie qui dépasse les 12% et maintient le nombre de suffrages qu'elle avait réuni en 2009 pour les européennes. Avec ses deux alliés de l'entre deux tours, le parti socialiste et ses partenaires (PRG en Corse et MRC notamment) remporte la plupart des régions: seules la Guyane, la Réunion, l'Alsace restent à l'UMP, le Languedoc Roussillon et la Martinique à des dissidents de gauche ou à des partis autonomistes.

    -         À droite (35%), le MODEM s'effondre à moins de 5% et n'atteint le second tour qu'en Aquitaine. L'UMP, pourtant alliée aux chasseurs, au MPF, au nouveau centre, atteint son plus bas score avec 26% des voix au premier tour et 30% au second.

    -         À l'extreme droite, le FN remonte (sans atteindre son score de 12,5% de 2004), parvenant dans 12 régions au second tour avec une moyenne de 12%, et bénéficie même dans certaines régions du regain de participation du second tour. Les autres mouvances ne parviennent pas à émerger (ligue du sud en PACA, parti de la France en Centre, les minarets à l'est).

     

    Ces rapports de force politiques tiennent aussi compte de l'amplitude des victoires socialistes, qui va de la Champagne Ardenne où JP Bachy l'a emporté avec 44% des voix à Midi Pyrénées où Martin Malvy a recueilli au second tour 67% des suffrages. D'autre part, les candidats de la droite ont souvent été battus dans leur ville: Raymond Couderc n'obtient que 30% des voix à Béziers, Xavier Darcos 35% à Perigueux tout comme Caroline Cayeux à Beauvais.

     

     – Les raisons du choix de voter ou de s'abstenir

     

    -        Pourquoi s'abstenir? S'abstenir, c'est d'abord ne pas s'interesser à la campagne. 66% des sondés du premier tour se sont peu ou pas intéressé à la campagne (52% pour les européennes). Qui s'interesse beaucoup à la campagne alors? 59% des électeurs front de gauche et 46% des électeurs PS. La proportion reste entre 34% (FN) et 45% (extreme gauche) pour les autres listes. Concernant l'abstention, elle a plusieurs raisons possibles: 29% des abstentionnistes veulent « exprimer leur mécontentement sur la manière dont vont les choses en France » tandis que 28% disent ne pas s'interesser à la politique. 29% des sondés pensent que ca ne changera pas leur vie quotidienne. Au second tour, 14% des abstentionnistes n'ont pas voté parce qu'ils n'étaient pas assez informés et 9% parce qu'ils ne savaient pas pour qui voter. 18% des électeurs seulement ont été satisfaits des débats de la campagne et 50% en ont été mécontents.

     

    -        Comment se construisent les choix des votants? Tout d'abord, d'après le sondage CSA sorti des urnes du premier tour, ces choix se construisent soit largement en amont (pour 47% des sondés depuis plus d'un mois), soit au dernier moment (33% des sondés choisissent leur candidat la dernière semaine et 15% notamment le dernier jour). Ce choix précoce ou tardif est différent suivant les listes: Le vote Modem et europe écologie est le plus volatile (49% et 38% la dernière semaine), tandis qu'à l'inverse, 66% des électeurs FN et 60% des électeurs PS n'ont jamais hésité.

    Le choix d'aller voter pour telle ou telle liste s'est aussi construit sur différents enjeux. En 2010, 63% des électeurs se sont prononcés sur des enjeux locaux (50% en 2004 pour le même scrutin). Au contraire, les enjeux nationaux étaient plus importants pour 49% des électeurs FN, et 40% des électeurs d'extreme gauche. En allant voter, 32% des électeurs ont voulu marquer leur opposition au gouvernement (42% en 2004) et 10% leur soutien (15% en 2004). Ce vote d'insatisfaction pouvait aller de 65% pour les électeurs d'extreme gauche à 36% pour ceux du MODEM. 28% des sondés votent par attachement à un parti, 8% par attachement à un candidat. Cet attachement partisan est plus fort au front de gauche (37%), au parti socialiste (35%) ou encore à l'UMP (36%). Les électeurs europe écologie votent pour un projet (52% contre une moyenne de 27%), tandis que le vote extreme gauche et FN s'oppose aux autres listes (40 et 35%). En 2004, 54% des électeurs réclamaient un nouveau premier ministre, ils ne sont que 21% aujourd'hui. L'entre les deux tours est déterminant puisque d'après le sondage TNS Sofres du 22 mars, entre 29 et 35% des électeurs de l'extrème gauche, d'europe ecologie et du MODEM font leur choix uniquement dans la semaine et non avant.

     

    3 – Mouvements sociologiques et territoriaux

     

    -        Une France toujours coupée en deux: la coupure de la France en deux parties perdure malgré les bons scores de la gauche sur l'ensemble du territoire. La gauche est forte dans la France de l'ouest et du sud-ouest, dans les villes plutôt qu'à la campagne, notamment en Alsace où les cantons ruraux assurent nettement le succès de la droite. Si la carte du vote de gauche reflète aussi les régions dans lesquelles les catégories populaires ont vu leur part augmenter (sud-ouest), le vote du FN s'implante durablement dans des régions pauvres et/ou en crise: Languedoc Roussillon et Franche comté dans le premier cas; Nord Pas de Calais en deuxième lieu, où Marine le Pen; poursuivant son investissement à Henin Beaumont, parvient à recueillir 21% des suffrages.

     

    -        Qui est le candidat des jeunes ou des CSP +? Le vote par catégorie sociale, au premier tour, étudié par un sondage CSA sorti des urnes du 14 mars, permet surtout de voir apparaître des différences intéressantes: le vote de gauche est majoritaire chez les femmes (52%) et il est bien supérieur au vote des hommes au parti socialiste et à europe écologie. Les moins de 30 ans ont voté à 53% pour la gauche et ont marqué leur préférence pour europe écologie (18%) ou encore pour le FN (16%) tout en marquant leur désavoeu de l'UMP (16%). Au second tour, 72% des voix des moins de 30 ans se sont portés vers les listes de gauche. Les catégories socio-professionnelles élevées (cadres, professions intermédiaires notamme nt) ont voté majoritairement à gauche (58%), tandis que le parti socialiste obtenait un bon score dans les professions intermédiaires (33%) dont font partie les enseignants, et europe écologie un bon score chez les cadres (18%). Les CSP – (ouvriers et employés) ont fait confiance dans une moindre mesure à la gauche (52%). Les ouvriers ont plus fait confiance au PS (35%) qu'à Europe écologie (8%) mais restent la catégorie qui vote le plus pour le FN (21%).

     

    -        Que voulaient les électeurs pour le second tour? Les électeurs du MODEM sont très divisés: 33% souhaitaient une alliance avec la gauche au second tour (45% pendant les municipales), 26% une alliance avec la droite et 41% ne se prononcaient pas. De la même manière, seuls 28% des électeurs europe ecologie souhaitaient que leur liste fasse alliance avec le PS,  43% souhaitaient qu'ils se maintiennent. Que font les petites listes au second tour? 42% des électeurs d'extreme gauche voulaient s'abstenir (le reste votait à gauche), seulement 28% au front de gauche. L'abstention tentait seulement 21% des électeurs europe écologie mais 34% des électeurs FN. D'où venaient ces électeurs? 50% des votants de Francois Bayrou en 2007 ont voté pour les listes de gauche tandis que 13% des électeurs europe écologie du premier tour et 16% des électeurs extreme gauche du premier tour ont voté à droite.

     - Quel est le profil des abstentionnistes? D'après le sondage TNS Sofres du second tour, 58% des femmes ne sont pas allés voter, tout comme 72% des jeunes de moins de 34 ans (et seulement 38% des plus de 65 ans), 69% des ouvriers et 64% des employés (contre 44% des cadres). Quel est le profil des électeurs FN? 17% des hommes et 7% des femmes, 20% des non-diplomés et 18% qui n'ont que le BEP/CAP. 72% de ces électeurs n'ont pas voté par adhésion aux idées mais pour exprimer « un mécontentement à l'égard de la situation actuelle ».

     

  • Congrès du SE-UNSA: Des huitres, des profs, et une nouvelle vision pour l'Ecole

    ens_131.jpg300 enseignants dans une salle, mais pas n'importe lesquels. Ils sont militants et vivent leur métier pas seulement comme un gagne-pain mais bien, comme un rôle dans la société...Pas n'importe lesquels, car ils sont réformistes. Le système actuel ne leur convient pas, ils ne font pas que s'indigner, ils ont des propositions. Extremement ambitieuses, mais pas utopiques: d'autres pays les appliquent avec d'excellents résultats, notamment dans les pays scandinaves.

    Que font-ils au bout de la France, dans cette rade de Brest, si lointaine? Une jolie mairie qui ressemble au monument à la troisième internationale, de beaux immeubles uniformes qui fleurent bon le bombardement massif de la seconde guerre mondiale, une superbe gare arrondie, pas de quoi dépasser des cars de touristes.

    Ils sont en congrès. Congrès tri-annuel du 2ème syndicat enseignant de France (Un quart des suffrages contre la moitié pour les syndicats de la FSU), une bonne occasion pour marquer sa différence, ébaucher son projet pour l'Education, mais aussi, réagir à une actualité sociale et éducative marqué par des attaques répétées et graves contre le service public d'éducation.

    "Nous portons un syndicalisme de courage" indique en ce moment même à la tribune le secrétaire général du Syndicat des Enseignants -UNSA, Christian Chevalier. Dans sa réponse aux interventions des délégués sur le rapport d'activité national, ce professeur des écoles, ancien secrétaire de la section du Lot et secrétaire national à la formation des enseignants, est revenu sur les grands dossiers qui avaient fait l'actualité éducative: le vote positif du syndicat sur la réforme du lycée qui correspond aux mandats du syndicat alors même que l'application de la réforme pose un certain nombre de questions. L'aide à apporter aux non-titulaires dont le nombre augmente vertigineusement: un délégué national sera créé pour travailler sur cette thématique. Il a salué la campagne menée par le secrétaire "société" du SE UNSA pour faire signer l'appel pour l'école publique qui a recueilli 80 000 signatures. Christian Chevalier a aussi évoqué la coopération syndicale qui doit se faire sur la base d'un projet commun. C'est ainsi que sur la masterisation ou le lycée le SE UNSA a pu travailler avec le SGEN CFDT.

    "La cartographie syndicale ne sera plus la même en 2013, les modes de fonctionnement évolueront" annonce le secrétaire général, qui souhaite une discussion sur la représentativité syndicale et les positions que doit prendre le SE UNSA.

    Il est 16h, c'est mercredi, le congrès a deux beaux jours ensoleillés devant lui. Débats pédagogiques au bar à huitres, conseils pratiques de militants chevronnés aux repas, bars bizarres où Sylvain a ses habitudes, ce congrès promet d'être utile...pas seulement pour ca, mais surtout parce que face aux attaques libérales de la droite, face à certains conservatismes syndicaux, il y a une voie pour la refondation éducative, "notre voie compte", c'est le leitmotiv du congrès!