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démocratiser la culture: y a du boulot!

Je n'ai pas coutume de parler de culture, spéciale dédicace donc à TM qui m'a accusé d'être corpo , la pire des insultes pour moi! Pour continuer le débat sur la thématique de la ville et du cadre de vie: http://www.perspectives2012.fr/

 

La-culture-parent-pauvre-du-budget-national_article_top.jpgLa culture et la ville ont un lien transcendant : lieux de vie, lieux d’expression, culture et ville connaissent les mêmes inégalités : sociales, territoriales, culturelles. Une politique globale de la ville, où la question culturelle élargie serait centrale, doit permettre, de dépasser ces inégalités. Comment permettre à tous d’accéder à la création et à l’expression culturelle ? Comment mettre en œuvre une éducation culturelle transversale ? Comment dépasser les inégalités culturelles dans la société et l’espace ?

 

-         Permettre à tous d’accéder à la création culturelle et à ses œuvres

 

         La ville est un lieu de culture, d’art, de patrimoine. Mais quel art, quelle culture, et quel patrimoine ? Ceux qu’on choisit d’exposer, dans des espaces publics, gratuits, ou non ! La gratuité des musées ne résout pas tous les problèmes, même elle peut poser problème quand elle favorise surtout…des familles aisées qui visitent régulièrement les musées ! La question des coûts annexes (transports notamment) pose question, et surtout l’envie, la curiosité, d’aller voir des œuvres d’art qui pose la question de l’éducation culturelle. Plus de détails sur http://www2.culture.gouv.fr/culture/deps/2008/pdf/Cetudes08_1.pdf. La gratuité des infrastructures culturelles est évidemment souhaitable, mais elle ne peut être efficace à elle toute seule. Il faut donc passer à une véritable politique de gratuité pour favoriser l’accès aux infrastructures culturelles, tant physique que social et intellectuel. L’accès aux infrastructures culturelles doit poser la question du partage des œuvres entre les villes (délocalisation des musées parisiens) et entre les quartiers (expositions itinérantes dans des centres culturels de quartiers).

        

         La ville est le lieu adéquat pour favoriser toutes les formes de culture : la culture de l’élite, la culture locale, la culture d’autres civilisations…Cette diversité culturelle doit intégrer l’éducation culturelle, elle doit surtout être favorisée par des politiques culturelles locales plus « participatives » : Les acteurs locaux doivent être favorisés, l’accès à des locaux de répétition doit devenir la norme dans tous les quartiers, des aides publiques à la première création pour les groupes amateurs doivent être favorisés. La création culturelle doit être favorisée, au détriment de « majors » qui imposent leur « diktat » dans les goûts et les succès artistiques, notamment à travers la mise en œuvre d’une licence globale.

Aujourd’hui, l’étude des pratiques culturelles (http://www.pratiquesculturelles.culture.gouv.fr/doc/08synthese.pdf) révèle une véritable fracture culturelle en France : Les fils de cadres lisent beaucoup (http://www.inegalites.fr/spip.php?article341&id_mot=94 ), vont à la danse, voient régulièrement des spectacles vivants, alors que les pratiques amateurs sont inconnues pour 2/3 des Français et que la moitié des Français n’ont pas vu de spectacle vivant dans les 12 derniers mois. La culture des milieux populaires se réduit ainsi, pour ses vecteurs, à la télévision, au cinéma, et à Internet (pour les plus jeunes). Comment la réduire ? Gratuité et décentralisation ne sont que des réponses partielles, il faut une éducation culturelle pour tous afin d’assurer une réelle démocratisation culturelle qui fait débat en France depuis 50 ans (http://e.wallon.free.fr/IMG/pdf/Democratisation-CF348.pdf ) !

 

 

-         Mettre en œuvre une éducation culturelle et une politique publique du temps libéré

 

         Le Mouvement des Jeunes Socialistes prône une société du temps libéré et choisi. Libéré du travail aliénant, mais aussi libéré de la société de consommation : le temps libéré doit être celui des citoyens, celui de l’émancipation, à travers l’engagement citoyen, le sport, mais surtout la culture comme forme d’expression et d’ouverture sur le monde. La ville doit être le cadre majeur d’une éducation culturelle pour tous.

 

         Comment mettre en œuvre cette éducation culturelle ? D’abord en l’intégrant comme axe transversal des programmes scolaires. C’est déjà le cas avec son intégration au socle commun, encore faut-il en faire une éducation à la création et à la compréhension des codes culturels, une éducation à la curiosité et non seulement à l’histoire de l’art. L’étude des comparaisons internationales (http://eacea.ec.europa.eu/education/eurydice/documents/thematic_reports/113FR.pdf) doit permettre de rattraper notre retard en la matière. En premier lieu, l’enseignement artistique ne doit plus être limité à une heure hebdomadaire, mais bien rassemblé dans le cadre de modules de demi-journées, à l’échelle trimestrielle ou annuelle, qui permettront une réelle découverte de tous les arts.

 

         Cette éducation culturelle doit aussi passer par la démocratisation de conservatoires d’arts et de musique qui doivent s’intéresser à toutes les formes d’art et être présents sur tous les territoires ruraux et urbains. La gratuité de ces écoles doit être favorisée et assurée par l’Etat. Cette éducation culturelle doit aussi être une éducation à la ville et s’appuyer sur la découverte, dans le cadre scolaire, du patrimoine local, pour lier histoire, territoire et culture. L’espace urbain est un espace marqué par des inégalités majeures, mais aussi par des processus sociaux, économiques : relégation des populations les plus fragiles, privatisation de l’espace public (les gate-communities)…ces processus doivent être dépassés par la réappropriation de l’espace public, notamment pour une utilisation culturelle : places publiques munies de kiosques à musique, murs ouverts au graphe (http://www.passeursdeculture.fr/L-art-d-intervenir-dans-l-espace.html ), programmation locale régulière et exceptionnelle (ex. fête de la musique) ouverte largement aux acteurs locaux…Cette réappropriation doit aller bien au-delà du 1% artistique (http://www2.equipement.gouv.fr/rapports/themes_rapports/amenagement/2001-0091/rap_2001-0091-01_p1-11.pdf) prévu dans les aménagements urbains.

 

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