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Envie de savoirs

prof.gifVoire envie de savoirs? Les études me manquent, l'enseignement me manquent, les multiples lectures de ma belle bibliothèque ne suffisent plus à étancher ma curiosité. Chaque période historique que j'effleure me donne envie d'aller plus loin: la réforme avec fortune de France, le XIVème siècle avec Ken Follett, les découvertes scientifiques du XVIIème siècle après ma visite du musée des arts et des métiers...Mais quant à disposer du temps pour recommencer mes études, c'est une autre affaire. J'y pense, j'en parle, mais je ne le ferais pas...

Je me répète, mais l'enseignement me manque. La vie de prof. Les mille et uns bruits d'un collège, la sonnerie que les gares ne remplacent pas, le brouhaha des élèves que les bouchons du boulevard Ornano ne sauraient compenser, l'animation d'une classe, l'atmosphère du début d'un cours, les mille et une joies de la relation pédagogique qu'une formation MJS ou PS ne sauraient remplacer. Les corrections me manquent peu, ni les levers précoces, c'est l'animation d'une classe qui me manque.

Avec le recul, je me rends compte de mes insuffisances, je compte bien les corriger avant de reprendre l'enseignement à la rentrée après prochaine. Pas forcément seulement la gestion des classes, même si je n'ai pas pris assez de temps pour prévenir les cas difficiles, par exemple en appellant les parents, mais plutôt mon activité pédagogique. Je me rends compte aujourd'hui que je n'ai pas assez préparé mes séquences pédagogiques. Pas assez de recul disciplinaire en actualisant mes connaissances, notamment pour faire sens, pour m'intégrer dans une démarche pluri-disciplinaire, pas assez de réflexion sur les activités du cours pour mettre en oeuvre une véritable pédagogie de projet, différenciée...j'ai beau jeu maintenant de participer à l'élaboration du projet éducatif du MJS alors que je n'étais pas exemplaire dans mes pratiques...

Le syndicalisme enseignant me donne du recul sur le système éducatif, sur les programmes et leur méthodologie. Mais quel sentiment d'inutilité! A 26 ans, j'en suis réduit à me remémorer les merveilleux souvenirs de 3 petites années de débutant...De ma première année, je retiens les débats et les cours d'ECJS avec des élèves très éveillés, mais aussi toutes mes difficultés pour faire sens dans mes cours, notamment dans mes introductions d'histoire. C'était le lycée d'Agde. De ma première année de titulaire, en ZEP, à Viry Chatillon, je retiens la douleur, la honte. Douleur quand des élèves attendrissants échouent, honte quand je ne peux rien faire face à des élèves qui décrochent, quand je baisse les bras...douleur, quand une classe ne m'aime pas, me met face à mes faiblesses, en heure de vie de classe, douleur intense et unique. De ma troisième année à Massy, je n'ai que des bons souvenirs. Mes sagaces troisièmes, mes adorables sixièmes, mes studieux premières, mais aussi mes insuffisances de prof militant: la planification incohérente de mon année en troisième, l'échec de mon projet de voyage scolaire en première, et les décrocheurs, mon cauchemar, dont les noms et les visages restent gravés comme le souvenir de mon impuissance. Coralie d'Agde, Mehdi de Massy, Seedjy de Viry, je ne vous oublie pas! Le système scolaire ne vous a laissé aucune chance. Mais on le refondera, quelle que soit l'échéance, quel qu'en soit le coût!

J'ai envie d'être un meilleur prof, qui prend du temps pour ses cours, pour ses élèves, pour son établissement. J'ai envie d'aider les élèves à progresser à leur rythme, à sortir de l'ornière et à construire leur projet de vie. Le problème c'est que ce n'est pas toujours compatible avec une activité politique, avec un travail de fond sur les questions éducatives. A moi de faire les bons choix, à moi d'apprendre et de réfléchir pour être meilleur sur l'estrade!

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