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  • Comment gérer la concurrence des temporalités urbaines?

    lapin.jpgDepuis quand la politique s'intéresse t'elle au temps et à la ville? Depuis toujours, mais sous une forme transversale ou cloisonnée qui a manqué, jusqu'aux années 90, de cohérence. L'urbanité fait aujourd'hui partie du quotidien de la majorité des habitants de la planète, c'est un phénomène spatial, social, économique, et cela doit aussi devenir un enjeu politique. La question de la ville n'est pas seulement celle des banlieues, la politique de la ville c'est l'organisation dans un espace devenu incontournable, de l'égalité, de la justice, de la solidarité, et de la soutenabilité environnementale. Qu'est ce qu'une politique de la ville, de gauche?
    La question du temps apparaît alors: en ville, qu'on soit un homme ou une femme, pauvre ou riche, précaire ou pas, habitant du centre ou de sa périphérie, on n'est pas égal face au temps. Pis encore, les temps urbains se concurrencent: temps des loisirs, temps du travail, temps familial et temps scolaire pour en rester aux plus essentiels. Leur concurrence, leur alignement sur les intérêts économiques plus que sur des rythmes humains, nuit à l'épanouissement des hommes et des femmes. Décryptons ces mécanismes pour mieux élaborer des réponses politiques pour un temps urbain aménagé et partagé. Comment vivons nous aujourd'hui en ville? Plutôt mal, surtout dans les grandes villes: stress, fatigue, et surtout, manque de temps. Cette situation a notamment amené l'apparition du mouvement des « slow cities », à la fin des années 90. Quelles sources pour cette étude des temps urbains? Le rapport Hervé sur le temps des villes en 2001 (http://www.millenaire3.com/la-revolutio ... 3f6.0.html) , ou la page des temps de l'agglo de Lyon (http://www.millenaire3.com/Temps-profes ... 471.0.html), ou encore cette page sur les slow cities (http://fr.ekopedia.org/Citt%C3%A0_Slow).

    I°) Inégalités urbaines et temporelles

    Les inégalités de temps sont le reflet des principales inégalités urbaines: la relégation des catégories sociales loin du centre, les services publics ouverts seulement en journée, le manque de modes de garde d'enfants qui rend difficile le travail pour les femmes. Les villes italiennes ont prise ce problème à bras le corps, à travers des négociations collectivité/syndicats/patronat pour discuter du temps de travail, de l'ouverture des services publics. Que ce soit à Modène ou à Montpellier, une réflexion sur la synchronisation des temps a amené à décaler le début des cours à l'université, des horaires de bureaux et d'ouverture des commerces pour décongestionner les axes de communication. Les discussions lors de ces négociations ont été très larges: comment l'administration peut elle moins faire perdre de temps aux usagers (formulaires en ligne par exemple), comment les travailleurs peuvent mieux choisir leurs horaires de travail et comment les municipalités peuvent s'occuper des enfants en dehors du temps de cours. Comment les acteurs de la ville peuvent ils mieux coordonner les temporalités urbaines?

    Le temps de vie a changé de contenu lors du dernier siècle: diversification des horaires et des rythmes de travail (voir les travaux de Roger Sue), changement de repères (du religieux vers l'économique), séparation des lieux de travail et d'habitat, industrialisation du temps de loisir...la synchronisation des comportements (loisirs de weekend) et la désynchronisation des activités entraîne de nombreux dysfonctionnements sociaux (temps d'attente dans les magasins, les musées) qui génèrent une perte de temps exaspérante. Certains sont victimes du temps: les élèves qui manquent de concentration l'apres midi et subissent des journées chargées car le secteur touristique veut de longues vacances, les travailleurs aux horaires flexibles, décalés, qui travaillent le weekend, la nuit...La gestion du temps urbain doit prendre en compte leurs difficultés! Quelle synchronisation des temps urbains?
    Que faire pour la périphérie urbaine, pour les banlieues ou le chômage est plus fort, les moyens de transport et les services publics moins présents alors que les familles monoparentales sont plus nombreuses? En développant une véritable politique d'égalité territoriale: services publics de proximité, accès aux nouvelles technologies, création d'espaces et d'activité de vie collective...Comment réduire les inégalités temporelles à l'échelle territoriale?

    II°) Concurrence des temporalités urbaines

    La société toute entière est scandée par le temps du travail alors même que ce temps diminue depuis 150 ans (de 3000 à 1000 heures annuelles). Le temps scolaire, largement organisé en fonction des temps économiques et sociaux (pause hebdomadaire pour l'église, grandes vacances pour le secteur touristique), ne répond plus par exemple, pour une large part, aux rythmes biologiques des enfants et des adolescents. Cette situation pose la question de l'organisation du temps périscolaire par le monde associatif et surtout par les communes. Certaines s'en chargent, d'autres non. La question se pose aussi pour le temps extra-scolaire laissé aux familles: celui-ci aussi est peu organisé par la sphère publique. Quelle organisation pour les temps péri- et extrascolaires?
    Ces questions deviennent essentielles alors que le temps de cours et surtout d'apprentissage a fortement diminué depuis le début du Xxème siècle: les apprentissages se font ailleurs: 60% des élèves de S prennent des cours particuliers et les enfants passent plus de temps devant la télé qu'à l'école (14% contre 10%). Cette question de la concurrence des temps scolaires et des autres temps a toute sa place dans la politique de la ville. La gauche avait développé des contrats éducatifs locaux (CEL) mis en oeuvre en 1998, il faut les remettre au goût du jour pour organiser de manière cohérente le temps peri- et extrascolaire. Comment la ville peut-elle mieux gérer les temps éducatifs?
    Le jour, la nuit, méritent d'être mieux organisés, à travers une meilleure utilisation des infrastructurelles culturelles, sportives, des espaces verts, des espaces de loisirs, dont les horaires doivent être largement élargis. En Italie, des réflexions ont même été menées sur la création de « banques de temps »! Aux Pays-bas, des maisons de services à la famille ont été créé dans les années 90 pour répondre aux besoins de garde d'enfants 24h sur 24, l'accompagnement scolaire, le baby sitting, les commandes alimentaires, tandis que le télé-travail était favorisé dans les entreprises. Un secrétariat d'état à l'aménagement du temps était créé dans le même temps.

    III°) Pour un temps urbain mieux aménagé et mieux partagé

    Les temps urbains méritent d'être organisés par la sphère publique et non par la sphère économique. Le temps libéré mérite d'être occupé par des activités épanouissantes et non d'être organisé comme le temps du consommateur. Qui doit s'en charger et comment? Les communes ont un certain nombre de leviers pour y parvenir: horaires des services publics, des services sociaux, administratifs, organisation de l'accueil de la petite enfance, de l'éducation (premier degré), des services culturels ou artistiques...A travers l'aménagement des horaires, une vraie politique des temps peut être menée pour permettre à tous de jouir des mêmes droits et du même accès aux services publics. Dans les années 90, des politiques du temps ont émergé dans certaines villes d'Europe (d'abord en Italie), et les villes françaises ont développé des bureaux des temps dans les années 2000. A quoi doivent servir les politiques de temps et les bureaux des temps?

    Les temps changent, se heurtent, alors que la ville évolue, que sa surface augmente...il faut changer la ville pour changer le temps, redonner au politique son pouvoir d'organisation, notamment en aménageant les villes de manière plus dense, moins stressante, plus durable. C'est ce que préconisait le rapport Hervé, commandé par le gouvernement Jospin...en 2001!

  • Envie de savoirs

    prof.gifVoire envie de savoirs? Les études me manquent, l'enseignement me manquent, les multiples lectures de ma belle bibliothèque ne suffisent plus à étancher ma curiosité. Chaque période historique que j'effleure me donne envie d'aller plus loin: la réforme avec fortune de France, le XIVème siècle avec Ken Follett, les découvertes scientifiques du XVIIème siècle après ma visite du musée des arts et des métiers...Mais quant à disposer du temps pour recommencer mes études, c'est une autre affaire. J'y pense, j'en parle, mais je ne le ferais pas...

    Je me répète, mais l'enseignement me manque. La vie de prof. Les mille et uns bruits d'un collège, la sonnerie que les gares ne remplacent pas, le brouhaha des élèves que les bouchons du boulevard Ornano ne sauraient compenser, l'animation d'une classe, l'atmosphère du début d'un cours, les mille et une joies de la relation pédagogique qu'une formation MJS ou PS ne sauraient remplacer. Les corrections me manquent peu, ni les levers précoces, c'est l'animation d'une classe qui me manque.

    Avec le recul, je me rends compte de mes insuffisances, je compte bien les corriger avant de reprendre l'enseignement à la rentrée après prochaine. Pas forcément seulement la gestion des classes, même si je n'ai pas pris assez de temps pour prévenir les cas difficiles, par exemple en appellant les parents, mais plutôt mon activité pédagogique. Je me rends compte aujourd'hui que je n'ai pas assez préparé mes séquences pédagogiques. Pas assez de recul disciplinaire en actualisant mes connaissances, notamment pour faire sens, pour m'intégrer dans une démarche pluri-disciplinaire, pas assez de réflexion sur les activités du cours pour mettre en oeuvre une véritable pédagogie de projet, différenciée...j'ai beau jeu maintenant de participer à l'élaboration du projet éducatif du MJS alors que je n'étais pas exemplaire dans mes pratiques...

    Le syndicalisme enseignant me donne du recul sur le système éducatif, sur les programmes et leur méthodologie. Mais quel sentiment d'inutilité! A 26 ans, j'en suis réduit à me remémorer les merveilleux souvenirs de 3 petites années de débutant...De ma première année, je retiens les débats et les cours d'ECJS avec des élèves très éveillés, mais aussi toutes mes difficultés pour faire sens dans mes cours, notamment dans mes introductions d'histoire. C'était le lycée d'Agde. De ma première année de titulaire, en ZEP, à Viry Chatillon, je retiens la douleur, la honte. Douleur quand des élèves attendrissants échouent, honte quand je ne peux rien faire face à des élèves qui décrochent, quand je baisse les bras...douleur, quand une classe ne m'aime pas, me met face à mes faiblesses, en heure de vie de classe, douleur intense et unique. De ma troisième année à Massy, je n'ai que des bons souvenirs. Mes sagaces troisièmes, mes adorables sixièmes, mes studieux premières, mais aussi mes insuffisances de prof militant: la planification incohérente de mon année en troisième, l'échec de mon projet de voyage scolaire en première, et les décrocheurs, mon cauchemar, dont les noms et les visages restent gravés comme le souvenir de mon impuissance. Coralie d'Agde, Mehdi de Massy, Seedjy de Viry, je ne vous oublie pas! Le système scolaire ne vous a laissé aucune chance. Mais on le refondera, quelle que soit l'échéance, quel qu'en soit le coût!

    J'ai envie d'être un meilleur prof, qui prend du temps pour ses cours, pour ses élèves, pour son établissement. J'ai envie d'aider les élèves à progresser à leur rythme, à sortir de l'ornière et à construire leur projet de vie. Le problème c'est que ce n'est pas toujours compatible avec une activité politique, avec un travail de fond sur les questions éducatives. A moi de faire les bons choix, à moi d'apprendre et de réfléchir pour être meilleur sur l'estrade!

  • démocratiser la culture: y a du boulot!

    Je n'ai pas coutume de parler de culture, spéciale dédicace donc à TM qui m'a accusé d'être corpo , la pire des insultes pour moi! Pour continuer le débat sur la thématique de la ville et du cadre de vie: http://www.perspectives2012.fr/

     

    La-culture-parent-pauvre-du-budget-national_article_top.jpgLa culture et la ville ont un lien transcendant : lieux de vie, lieux d’expression, culture et ville connaissent les mêmes inégalités : sociales, territoriales, culturelles. Une politique globale de la ville, où la question culturelle élargie serait centrale, doit permettre, de dépasser ces inégalités. Comment permettre à tous d’accéder à la création et à l’expression culturelle ? Comment mettre en œuvre une éducation culturelle transversale ? Comment dépasser les inégalités culturelles dans la société et l’espace ?

     

    -         Permettre à tous d’accéder à la création culturelle et à ses œuvres

     

             La ville est un lieu de culture, d’art, de patrimoine. Mais quel art, quelle culture, et quel patrimoine ? Ceux qu’on choisit d’exposer, dans des espaces publics, gratuits, ou non ! La gratuité des musées ne résout pas tous les problèmes, même elle peut poser problème quand elle favorise surtout…des familles aisées qui visitent régulièrement les musées ! La question des coûts annexes (transports notamment) pose question, et surtout l’envie, la curiosité, d’aller voir des œuvres d’art qui pose la question de l’éducation culturelle. Plus de détails sur http://www2.culture.gouv.fr/culture/deps/2008/pdf/Cetudes08_1.pdf. La gratuité des infrastructures culturelles est évidemment souhaitable, mais elle ne peut être efficace à elle toute seule. Il faut donc passer à une véritable politique de gratuité pour favoriser l’accès aux infrastructures culturelles, tant physique que social et intellectuel. L’accès aux infrastructures culturelles doit poser la question du partage des œuvres entre les villes (délocalisation des musées parisiens) et entre les quartiers (expositions itinérantes dans des centres culturels de quartiers).

            

             La ville est le lieu adéquat pour favoriser toutes les formes de culture : la culture de l’élite, la culture locale, la culture d’autres civilisations…Cette diversité culturelle doit intégrer l’éducation culturelle, elle doit surtout être favorisée par des politiques culturelles locales plus « participatives » : Les acteurs locaux doivent être favorisés, l’accès à des locaux de répétition doit devenir la norme dans tous les quartiers, des aides publiques à la première création pour les groupes amateurs doivent être favorisés. La création culturelle doit être favorisée, au détriment de « majors » qui imposent leur « diktat » dans les goûts et les succès artistiques, notamment à travers la mise en œuvre d’une licence globale.

    Aujourd’hui, l’étude des pratiques culturelles (http://www.pratiquesculturelles.culture.gouv.fr/doc/08synthese.pdf) révèle une véritable fracture culturelle en France : Les fils de cadres lisent beaucoup (http://www.inegalites.fr/spip.php?article341&id_mot=94 ), vont à la danse, voient régulièrement des spectacles vivants, alors que les pratiques amateurs sont inconnues pour 2/3 des Français et que la moitié des Français n’ont pas vu de spectacle vivant dans les 12 derniers mois. La culture des milieux populaires se réduit ainsi, pour ses vecteurs, à la télévision, au cinéma, et à Internet (pour les plus jeunes). Comment la réduire ? Gratuité et décentralisation ne sont que des réponses partielles, il faut une éducation culturelle pour tous afin d’assurer une réelle démocratisation culturelle qui fait débat en France depuis 50 ans (http://e.wallon.free.fr/IMG/pdf/Democratisation-CF348.pdf ) !

     

     

    -         Mettre en œuvre une éducation culturelle et une politique publique du temps libéré

     

             Le Mouvement des Jeunes Socialistes prône une société du temps libéré et choisi. Libéré du travail aliénant, mais aussi libéré de la société de consommation : le temps libéré doit être celui des citoyens, celui de l’émancipation, à travers l’engagement citoyen, le sport, mais surtout la culture comme forme d’expression et d’ouverture sur le monde. La ville doit être le cadre majeur d’une éducation culturelle pour tous.

     

             Comment mettre en œuvre cette éducation culturelle ? D’abord en l’intégrant comme axe transversal des programmes scolaires. C’est déjà le cas avec son intégration au socle commun, encore faut-il en faire une éducation à la création et à la compréhension des codes culturels, une éducation à la curiosité et non seulement à l’histoire de l’art. L’étude des comparaisons internationales (http://eacea.ec.europa.eu/education/eurydice/documents/thematic_reports/113FR.pdf) doit permettre de rattraper notre retard en la matière. En premier lieu, l’enseignement artistique ne doit plus être limité à une heure hebdomadaire, mais bien rassemblé dans le cadre de modules de demi-journées, à l’échelle trimestrielle ou annuelle, qui permettront une réelle découverte de tous les arts.

     

             Cette éducation culturelle doit aussi passer par la démocratisation de conservatoires d’arts et de musique qui doivent s’intéresser à toutes les formes d’art et être présents sur tous les territoires ruraux et urbains. La gratuité de ces écoles doit être favorisée et assurée par l’Etat. Cette éducation culturelle doit aussi être une éducation à la ville et s’appuyer sur la découverte, dans le cadre scolaire, du patrimoine local, pour lier histoire, territoire et culture. L’espace urbain est un espace marqué par des inégalités majeures, mais aussi par des processus sociaux, économiques : relégation des populations les plus fragiles, privatisation de l’espace public (les gate-communities)…ces processus doivent être dépassés par la réappropriation de l’espace public, notamment pour une utilisation culturelle : places publiques munies de kiosques à musique, murs ouverts au graphe (http://www.passeursdeculture.fr/L-art-d-intervenir-dans-l-espace.html ), programmation locale régulière et exceptionnelle (ex. fête de la musique) ouverte largement aux acteurs locaux…Cette réappropriation doit aller bien au-delà du 1% artistique (http://www2.equipement.gouv.fr/rapports/themes_rapports/amenagement/2001-0091/rap_2001-0091-01_p1-11.pdf) prévu dans les aménagements urbains.

     

  • De Cluny à Meirieu

    Musee-Cluny-Paris-028_fullsize.jpgLe weekend de Pâques n'était pas forcément reposant: Référent pour les questions éducatives au MJS, j'étais invité à ce titre, comme tous les représentants d'organisations participant à la votation lycéenne, pour participer au congrès annuel de l'Union Nationale Lycéenne, l'UNL, première organisation représentative chez les lycéens. Un congrès de pré-adolescents, quelle corvée, diraient certains...Ils auraient tort: l'UNL est une organisation mature (15 ans déjà) animée par des (petits) responsables expérimentés: de nombreux ateliers animaient le congrès (la santé et la démocratie lycéenne pour ma part), mais surtout des plates-formes dont l'une m'a particulièrement émerveillé: celle sur la reproduction sociale où participait, avec des syndicalistes enseignants, Philippe Meirieu. J'ai déjà parlé sur mon blog de ce professeur des sciences de l'éducation de Lyon, candidat pour les verts dans la région Rhone-Alpes en 2010.

    Philippe Meirieu est le représentant d'un vague courant « pédagogiste », non institutionnalisé dans le monde éducatif, qui rassemble les amateurs de nouvelles pratiques pédagogiques qui prônent une refondation totale du système éducatif. Je ne l'avais pourtant jamais vu...ni écouté, alors que je me réclame comme un de ses disciples, et j'ai été bluffé. Philippe Meirieu, ovationné par les militants de l'UNL, s'est exprimé sur tous les sujets, et notamment sur la manière dont les lycéens devaient s'impliquer dans la démocratie scolaire pour décider des horaires d'ouverture du CDI, pour élaborer le règlement intérieur...J'ai tout autant apprécié l'intervention de Thierry Cadart, secrétaire général du SGEN, qui a explicité le projet d'un lycée modulaire, ou encore Laurent Escure, mon camarade du SE-UNSA, qui a présenté l'appel pour l'école publique qui a déjà recueilli 120 000 signatures...on a rarement vu autant dans l'histoire des pétitions!

    Aujourd'hui, je profite d'un petit jour de congé. Je suis au bar St André, place St Michel, ancien lieu des réunions du CCR, j'ai fini mes kits, j'ai fini le 14ème épisode de mon petit roman historique, je peux maintenant libérer mes pensées...et mes souvenirs accumulés, une heure auparavant, au musée national du moyen-âge de Cluny!

    Ce musée est situé tout près, dans les anciens thermes romains qui sont devenus un monastère de l'ordre de Cluny (créé en Bourgogne en 909), au coin de la rue Saint Jacques. J'y ai vu des ciboires, des reliquaires, des retables, des statues, ou encore des épées, des peignes et des sceaux. Je me suis imprégné d'une époque religieuse où la vie sur terre n'était sensée être qu'un passage, où les églises rythmaient la vie et la journée, où les hommes n'étaient pas égaux...(enfin moins qu'aujourd'hui). A chaque vitrine, j'ai fait l'effort de tirer le maximum de chaque pièce entrevue, en les remettant dans leur contexte, avec un peu d'imagination, mais aussi en m'imaginant comment j'aurais pu les utiliser en cours...je l'ai déjà dit, je ne fais plus de cours, et ca me manque. Je me suis aussi dit qu'être conservateur, archiviste, c'était organiser un magnifique écrin pour cet inventaire hétéroclite, encore fallait-il donner un sens à ces objets...en étant prof? Universitaire? Chercheur? Tous ces métiers m'attirent, il me faudrait plusieurs vies...