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  • Biodiversité: Nagoya, thon et maki

     Biodiversite-maquette.png« La nature a désormais un prix » a déclaré l'économiste indien Pavan Sukdev qui présentait son rapport à la conférence mondiale sur la diversité biologique qui se réunit cette semaine à Nagoya au Japon. La disparition d'espèces naturelles, végétales ou animales, a un coût, qui équivaudra à 14 000 milliards d'euros par an en 2050. Cet expert du Programme des Nations Unies pour l'environnement a appellé les Etats et les entreprises à prendre leurs responsabilités et appellé à un vrai travail de développement du capital naturel et de la sécurité écologique de la planète. Cette conférence doit définir une stratégie pour la biodiversité sur les 10 prochaines années. 2010, année de la biodiversité pour l'assemblée générale de l'ONU mais pourquoi? Parce que le taux d'extinction des espèces naturelles, s'est accéléré, parce que 52% des médicaments sont composés de molécules naturelles (et donc potentiellement menacées), et surtout, parce que l'activité humaine (réchauffement climatique, artificialisation du sol) est à l'origine de cette accélération.

    En effet, Sukdev a expliqué aux 193 pays présents que le rôle de la pollinisation des abeilles (évalué à 150 milliards d'euros), le captage des gazs à effet de serre par la fôret, la raréfaction des poissons avait un coût économique. Il a aussi expliqué que la rareté des ressources biologiques toucherait en premier lieu les ménages les plus modestes. En effet, la population rurale longtemps majoritaire à l'échelle mondiale est plus touchée par la pauvreté dans les pays du sud et accentue d'autant sa pression sur les ressources naturelles et sur la diversité biologique. L'agriculture sur brûlis fait disparaître l'habitat de nombreuses espèces, les ¾ des espèces pêchées sont surexploitées, tandis que la chasse aux arbres commerciaux pour le compte du Nord fait rage dans les pays du sud.

    Le rapporteur a appellé les états à intérioriser le coût de la biodiversité dans les politiques publiques et a alerté l'opinion mondiale sur le rapprochement d'un point de non-retour biologique qu'il fixait à un horizon de 10 ans. Quelles solutions pour cette situation? Evidemment, des règles mondiales contre le capitalisme avide et destructeur, pour protéger l'environnement, mais aussi un changement radical de nos modes de consommation. Comment agir concrètement? En favorisant l'agriculture biologique, le retour de légumes oubliés (par exemple à travers les menus des cantines scolaires), ou encore privilégier les achats de bois certifiés. Pour autant, au delà d'actes individuels c'est le modèle de développement actuel des pays développés qu'il faut remettre en cause pour sauvegarder la bio-diversité.

  • "trop gras, trop salé, trop sucré", les dessous d'un slogan!

    gif_manger.gif Cette publicité quotidienne est révélatrice d'une alimentation moderne, dans les pays développés, qui s'est homogénéisée depuis la seconde guerre mondiale, au delà de toutes les civilisations et aires culturelles. Quand un milliard de personnes ne sont pas assez nourries (même si on est passé de 37% à 17% de la population mondiale dans cette situation depuis les années 1960), quand plusieurs centaines de millions sont mal nourries, d'autres centaines de millions, sont trop nourries. L'obésité atteint 15 à 30% des enfants en moyenne dans les pays du nord, c'est devenu un risque sanitaire important. Comment nos habitudes alimentaires se sont-elles modifiées au Xxème siècle, en quoi sont-elles dangereuses, comment peut-on les modifier?

    Les programmes de santé publique mis en place dans les années 2000 se sont interessés à cet aspect, en interdisant les distributeurs en milieu scolaire, en obligeant les publicités alimentaires à porter le message que j'ai indiqué en titre, ou encore en réfléchissant à un alourdissement de la TVA des produits alimentaires incriminés.

    Que reproche t'on aux sels? Un excès de chlorure de sodium – l’autre nom du sel de table - dû principalement aux produits industriels (des plats cuisinés aux laitages en passant par les biscuits, sodas et céréales), où le sel masque l’insipidité, regle la vitesse de fermentation, favorise la conservation et réhausse les couleurs telles que le rose des charcuteries. Du coup, alors qu’il est recommandé de ne pas en ingérer plus de 5 à 6 grammes par jour, les Français en avalent en moyenne 10 à 12 grammes. Alors que certains pays pauvres souffrent du manque de sel, au Nord, cela provoque des troubles rénaux et de l'hypertension!

    Mange t'on trop de gras ou mange t'on du mauvais gras? C'est le parti pris de la nutritionniste Beatrice de Reynal dans http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=2792 : alors que l'industrie agro-alimentaire fait une fortune dans les produits 0%, que le gras est dénoncé comme facteur de maladies cardio-vasculaires, qu'en est-il vraiment? Si les lipides sont nécessaires au renouvellement des cellules, notamment de la peau, le problème viendrait des graisses saturées cachées dans les viennoiseries, les biscuits apéritif, les charcuteries, et les plats préparés, notamment.

    Et le sucre? Les années 2000 ont été marquée par la traque au cristal blanc accusé de tous les maux, alors que depuis 3 siècles il était considéré comme la source la plus absolue de goût dans les aliments. Le programme national nutrition et santé de 2005 veut diminuer de 25% la teneur en sucre des aliments transformés, mais au contraire d'autres pays la France n'a pas mis en oeuvre de normes contraignantes. L'excès de sucre se pose de manière exacerbée avec les sodas qui sont très riches en sucre et n'amènent pas à la satiété.

    Qu'est ce qui change dans nos habitudes alimentaires des pays développés? L'urbanisation : moins de temps pour les repas, circuits commerciaux plus longs (http://www.credoc.fr/pdf/4p/196.pdf ). La consommation de viande, de plats préparés, est en augmentation, alors que le modèle alimentaire français change: les repas se font moins à heure fixe, on mange moins de plats, on goûte plus aux produits exotiques et enfin, 67% des jeunes utilisent des plateaux repas qui ne se mangent pas forcément à table. Toutefois, ce système se différencie du modèle alimentaire par l'absence relative de grignotage entre les repas.

    Ces habitudes alimentaires ont donc des conséquences sociales, sanitaires, économiques ou encore environnementales. La consommation de viande demande beaucoup d'eau, beaucoup de blé, pollue largement (ex. de l'élevage porcin en Bretagne), il faut donc envisager une réduction de sa consommation. Les rythmes rapides des métropoles, le temps de transport, le temps de travail, remettent en cause le temps pour manger, et plus largement le temps libéré et le temps familial. Tant les politiques du temps que l'organisation de villes plus denses sont donc à repenser. Les conséquences sanitaires des comportements alimentaires contemporains sautent aux yeux. L'obésité augmente constamment, et demande plus que de simples publicités: il faut agir sur la fiscalité des produits, agir sur l'éducation à l'alimentation et à la santé à l'école, améliorer l'aspect préventif de la médecine, et intégrer l'alimentation des salariés dans l'organisation du temps de travail par les entreprises.

    Manger, à tous les âges, à tous les siècles, a été un outil de socialisation, une norme sociale, un enjeu d'inégalités et de différences culturelles qu'il s'agit, pour la famille socialiste, de réinvestir.

  • L'eau, l'énergie, et la gauche

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    Aujourd'hui, ma pause de midi, c'était, au 10 rue de solferino, une réunion du laboratoire des idées du parti socialiste sur la gestion publique de l'eau. Cette problématique, au delà de donner soif, se situe à la croisée de plusieurs thématiques: écologique, d'abord, puisque l'eau est une ressource parfois menacée, politique, la question de la socialisation ou de la privatisation de l'eau restant essentielle, ou encore énergétique, quand la France est le 2ème producteur d'énergie hydraulique en Europe (après la Norvege). C'est une question assez secondaire dans le débat politique et médiatique qui interroge beaucoup les élus locaux, notamment ceux qui siègent dans les comités de bassin.

    J'avoue, au début, j'ai bu la tasse. Mes profs de maths ne m'avaient pas parlé des terrawatts/ heure donc j'essaie de comprendre certains ordres de grandeur. En effet, le lab des idées fait des auditions: EDF, PME de l'eau, Compagnie Nationale du Rhone...Et si je siège comme secrétaire national à l'économie durable du MJS, donc spécialiste de ces enjeux, si comme prof d'histoire géo j'ai apprivoisé cette thématique dans le programme de seconde, parfois je ne suis pas le plus calé.

    J'ai appris pas mal de choses:

    - l'histoire de l'hydro-Électricité (1919 loi sur les concessions de l'eau, 1932 premier barrage important, 1946 création d'êdf, jusqu'en 1965 construction de grands équipements (retenues d'eau, éclusées...)

    - L'importance et l'utilisation de l'hydro en France du point de vue énergétique, agricole, industriel...L'UE produit 465 TWh soit deux fois la production des etats-unis. L'hydro fonctionne en lien avec le nucléaire, c'est le meilleur moyen de stocker de l'énergie (retenues et lâcher d'eau) Elle est renouvelable et permet d'éviter l'importation de 13 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP).

    - De nouvelles questions se posent sous un angle écologique: j'ai ainsi demandé à edf en quoi ses infrastructures prenaient en compte les risques pesant sur la biodiversité, tandis que l'intervenant s'inquietait de possibles conflits d'intérêt entre agriculteurs, usagers urbains ou industries avec les baisses de débit liées aux secheresses.

    - Les difficultés des PME de l'eau et de l'assainissement; le president de cette fédération nous a expliqué ses difficultés face aux 3 grands: les offres de marché prédatrices, les PME rachetées par veolia...

    - concession, delegation ou affermage? Le président de la fédération des PME indique préférer la délégation à la concession: elle laisse la collectivité maitre de ses ouvrages et de ses investissements. L'adjointe au maire de l'eau de Paris indique qu'elle est pour une gestion publique de l'eau mais qu'il y a une place pour le secteur privé. Le débat porte sur le caractère peu démocratique de la concession (aucun controle des décisions, des investissements pendant des dizaines d'année...)

  • Pour une sixième république

    banania_chirac.jpgLes institutions, quel beau sujet de technocrate. Ca ne nourrit pas, ca ne désaltère pas, serait-ce un débat de juriste? Pas du tout.  Parler du système et de la vie politique, porter des propositions institutionnelles, c'est tout simplement commencer par le commencement. Quand je fais du porte à porte, quand je discute avec mes amis, quand je tracte, au premier mot annoncant que je vais parler de politique, souvent, les réponses fusent: "tous pourris"! "droite et gauche c'est la meme chose", "j'y connais rien!", "toute maniere ca sert à rien", "les chinois contrôlent tout", ma dernière étant la préférée, entendue à Béziers.

    Ces répliques me font mal comme elles font mal à la république et à la démocratie. Elles me font mal, car elles reflètent le découragement de catégories populaires découragées par la gauche et la puissance publique, qui se réfugient dans l'abstention ou le vote FN. Ne les regardons pas avec mépris, il faut des réponses concrètes à ce sentiment. Cette réponse c'est une des propositions portée par le MJS, la sixième république. Ce n'est pas seulement une démocratie parlementaire où l'on vote pour des idées, pas pour des hommes providentiels, ni non plus seulement une justice indépendante ou un pouvoir exécutif responsable devant le parlement, c'est plus que ca...

    - "tous pourris" ? La vie politique française a été largement rythmée par les affaires politico-financières. Pourtant la gauche a agi contre ces affaires: loi sur les marchés publics, loi sur le financement de la vie politique, reglementation des campagnes électorales....Il faut aller plus loin: l'affaire Woerth Betancourt et le scandale des micro-partis doivent nous inciter à réglementer le financement des partis et des campagnes, comme le proposait la présidente du Mouvement des Jeunes Socialistes (http://www.jeunes-socialistes.fr/2010/09/les-jeunes-socialistes-pour-ladoption-par-les-deputes-republicains-dune-loi-sur-la-transparence-financiere-de-la-vie-politique/), Laurianne Deniaud, dans une tribune de "libération". Plus largement, il faudra limiter l'emprise de l'argent sur la politique. Tous pourris, c'est aussi la dénonciation d'une classe, d'une nomenklatura qui accapare les mandats. A nous, avec le non-cumul absolu et le statut de l'élu, de faire émerger des femmes et des hommes politiques plus divers dans leur environnement professionnel, plus proche des réalités sociales, et plus disponible pour leur engagement. Le PS a avancé sur ces questions avec la convention sur la rénovation d'avril 2010.

    - "droite et gauche c'est la même chose" Que dois-je répliquer aux citoyens qui remarquent que Jospin a plus privatisé que Juppé? On ne crée pas des clivages pour le plaisir, c'est la responsabilité du parti socialiste de développer un projet politique cohérent, une alternative sociale, économique, environnementale qui fait sens, qui dépasse le capitalisme et la société de consommation, et j'exige la cohérence: moins de grands discours, plus d'expériences dans les collectivités territoriales que nous détenons.

    - "toute manière ca sert à rien" Je mets dans le même panier "j'y connais rien" et "les chinois contrôlent tout". Ces répliques posent plusieurs problèmes: l'éducation citoyenne, la vitalité démocratique et la puissance publique. L'éducation citoyenne doit être transversale, et insérée dans l'organisation des enseignements et des établissements, voire dans les medias. La vitalité démocratique doit être assurée par le développement de lieux d'expression: comités de quartier, réforme territoriale, droit de pétition, lieux d'affichages pour les partis politiques...il faut plus de débats! La puissance publique doit être réhabilitée: l'action de collectivités moins nombreuses et plus démocratiques doit être plus lisible, plus thématique, et la puissance publique doit retrouver sa force à travers une fiscalité plus forte et plus juste (progressivité des impots d'entreprises, prelevement à la source de l'impot sur le revenu, TVA sociale et écologique).

    C'est à ce prix que nous mettrons en oeuvre notre projet de société et que la victoire que j'espere en 2012 sera suivie d'autres, plus belles encore.