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Brume, copeaux et solidarité internationale

maroc.jpgEn longeant le lac d'Attersee, à quelques dizaines de kilomètres de Salzburg, les derniers contreforts des Alpes autrichiennes se reflètent dans une eau à la fois bleue et vaseuse. Les visages blafards de mes 60 camarades se réjouissent à peine du paysage idyllique: le trajet a été long. Dimanche 24 juillet à Solferino, Laurianne nous a laissé au soir ses derniers conseils pour le camp international des jeunes socialistes: derniers couchés, premiers levés, on représente et on défend nos positions. Avec ou sans accent.

A l'heure où le bus repart, c'est le moment du bilan. Au-dela des chaussures boueuses, des piqures de guepe et de la voix éraillée, les souvenirs sont intenses. L'inventivité des chansons, les parties de tarot, la vivacité des dance floor...Mais aussi les douches froides matinales et la brume qui descend sur le camp à l'aube, tout comme les copeaux (pour durcir le sol) qui envahissent les tentes, le bruit des bottes (en caoutchouc) à la cafet...

Mais je vous rassure, on a fait un peu de politique. Voire beaucoup? La délégation francaise n'avait jamais organisé autant de bilatérales. Mexique, Honduras, Thailande, Chili, Allemagne, Autriche, entre autres, ont été rencontré. J'ai pu animer avec un plaisir immense une rencontre avec les jeunes belges d'Animo et du MJS, avec la délégation catalane et espagnole ou encore avec les jeunes de l'UCP du Maroc et les jeunes du parti des travailleurs.

J'ai préféré ces moments bilateraux aux ateliers en anglais, parfois un peu flous, sur des enjeux économiques, sociaux, éducatifs ou internationaux. Ce qui n'a pas empeché la délégation francaise d'etre largement applaudie dans les workshops "the financial crisis in greece", avec Manon, ou "how to win an election", avec Claire et surtout dans l'atelier sur les retraites où Thierry intervenait aux cotés du labour. Ecrire une résolution sur l'écologie et notamment la dette climatique, avec des Brésiliens, projeter une visite d'études au Maroc pour accompagner nos camarades dans leur prise d'autonomie avec leur "vieux" parti, répondre aux envies de jumelage des jeunes socialistes flamands et wallons, c'était exaltant! Tout comme fixer un match de foot avec les jeunes du PSOE et inviter des jeunes catalans à la Rochelle.

Le camp c'était aussi cette petite tonnelle des points de délégation matinaux, la salle des repas où l'internationale retentissait dans toutes les langues, l'eau glacée de la Karl-Marx Beach, la recherche des jetons de "pfand" à la cafet où excellaient Juliette et Charlotte. C'etait à la fois des joies solidaires quand 2500 jeunes de tous les continents applaudissent l'évocation de leur organisation.

Des moments émouvants quand des centaines de bougies s'allument pour nos camarades norvégiens qui sont tombés quelques jours auparavant sous des balles fanatiques et extrémistes. Ce massacre nous a émus, révoltés, mais pas abattus, et la lutte contre l'extreme droite etait au coeur des débats du IUSY festival. Et des joies plus "chauvines" quand les Francais prenaient leur place dans le camp, en renommant le "quartier" Tito en Senghor, en offrant des aperos vin rouge et pastis un soir sur deux ou encore en sortant les plus beaux drapeaux du camp pour les differentes manifestations...Mais aussi des surprises au vu des questions posées par les délégations étrangères sur l'actualité francaise: affaire dsk, primaires, mais aussi autodetermination des DOMTOM, divisions internes, position sur le nucléaire ont été largement débattues.

En bref, pour mon premier vrai camp (Carpentras 2008 j'étais plus contremaitre dans un camping), je retiens un excellent équilibre entre détente et politique...et une pensée persistante pour nos camarades Norvégiens...Dans nos vies militantes, perdre des camarades c'est perdre des compagnons de combat mais c'est aussi perdre des amis.

Commentaires

  • la lecture de ton article me rappelle l'Espagne et le camp IUSY, le nom de la ville me revient pas...

    C'est sur que les bilatérales c'est le plus intéressant, on fait du fond, pas comme dans les workshop... ces derniers ressemblent à mes fabuleuses aventures à Bruxelles ou au Danemark... Plus jamais !

    Enfin je m'égare... Bel article en tout cas, j'imagine tout à fait !

    à bientôt

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