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  • tourisme, mondialisation et pina colada

    CHYPRE-27-06-07.jpgCe banc de sable etait assez moelleux, mon beau matelas gonflable jaune s'y etait echoue, me laissant deriver et observer le paysage, berce par des flots miroitants qui s'en vont battre la cote libanaise. Derriere moi, une plage betonnee a souhait. Les criquets, les coups de soleil, les eclaboussures salees, tout ce que reve le metropolitain moyen a la vie tressautante, je l'ai sous mes yeux.

    Et pourtant...je n'avais pas reve de deguster tous les soirs les matchs du championnat anglais. ni d'apprendre le russe sur les vitrines des agences immobilieres. Je suis a Larnaca, grande station balneaire chypriote, mais je pourrais etre a lloret de mar, au cap d'agde ou en Sicile, tous les paradis du tourisme de masse se ressemblent. Et il est bon d'oublier un peu ses principes. droit aux vacances? je sirrote mon "ouzo" sur une plage privee ou les serveurs ne sont surement pas payes au SMIC. Economie durable? pas cette semaine, je dors avec la clim, j'ai fait 3000 km en avion pour deguster des mezze qui sont meilleurs dans ma rue parisienne, et je me prelasse sur une plage ou il n`y a plus de sable, et bientot plus de plage d'ailleurs, erosion oblige. politique? je decroche! la preuve, j'ai rencontre des Lillois et je n'ai pas parle de Martine.

    tous les quarts d'heure, un avion survole la plage et deverse sa cargaison de touristes low cost plus loin. ma cuisine chypriote, je l'attends toujours, la promenade des palmiers est surtout bordee de mac donalds, haagen daz et autres fridays. le programme de quatrieme que je prepare sur mon beau matelas jaune (sisi), s'illustre dans toute sa splendeur: la littoralisation, le tourisme de masse, ou meme le colonialisme. a quelques centaines de metres, on trouve une base anglaise, et encore plus loin, la zone d'occupation turque. mais la tout de suite, sur fond de techno vieillote, je bois une pina colada. tant pis pour les glacons locaux.

     

     

  • Enseigner l'histoire en 4eme: enthousiasme et appréhension

     

    mondialisation.gifOui Papa, tu as raison, on n'enseigne plus Louis XIV en 4eme....on le fait en cinquième, au sein d'un programme dense et passionnant qui va des invasions arabes aux réformes religieuses en passant par l'empire du Mali, la conquête du nouveau monde et la monarchie absolue. Le programme de 4eme; qui entre en service à la rentrée (tout comme moi avec deux classes de quatrième) s'organise autour de la notion de mondialisation en histoire et en géo (mais pas en education civique: justice, sureté, libertés et un soupcon de médias). cette coherence me plait, elle existait en sixieme, et en seconde. Je regrette seulement que ces nouveaux programmes ne laissent pas plus de place à l'éducation aux médias, qui devient un petit entrefilet à la dernière ligne. Celà devra être un axe essentiel de l'éducation civique dans le cadre d'une vraie réforme scolaire.

    Approcher la mondialisation...evidemment, en géographie, c'est s'interesser aux littoraux, aux échanges, aux métropoles, aux ports, aux firmes et aux puissances. Mais c'est la partie historique qui m'enthousiasme et m'effraie à la fois.

    “Du siècle des Lumières à l'âge industriel”, c'est un programme plus concentré qui fait la part belle à l'histoire culturelle et économique, en minorant un peu la place d'une histoire politique et militaire auparavant plus forte, tandis que l'histoire sociale, si forte dans le programme de cinquième (seigneurs, paysans, église au moyen-âge) est la grande absente. L'histoire des arts, nouvelle épreuve du brevet, prend toute sa place comme fil rouge d'un programme illustré par de nombreuses oeuvres d'art. Elles ont effectivement toute leur place dans la diversité immense des supports pédagogiques utilisables pour ce programme, d'un film sur Voltaire à la statue de la république sur la place du même nom, en passant par les toiles de Delacroix, les oeuvres de Beaumarchais, la musique de Beethoven...

    Ce qui reste dans ce programme? Les difficultés de la monarchie absolue, avec une histoire plus thématisée de la révolution, comme en seconde (ex. L'invention du politique), approche en pratique assez difficile à mettre en oeuvre. L'Europe en 1815 demeure tandis que Napoléon se fait tout petit. La révolution industrielle est au centre de ce programme (1er thème d'un XIXème siècle qui occupe 50% du programme) et celà me fait bien peur car j'ai beaucoup de peine à expliquer ce phénomène. Les facteurs sont multiples, assez flous pour moi. Révolution des transports, utilisation des capitaux coloniaux, révolution mécanique, crise de l'emploi avec les guerres napoléoniennes...va falloir que je lise des bouquins sur ca! L'histoire politique de la France demeure, tout comme l'étude des nationalismes et du colonialisme. Cette partie est reprise en seconde.

    Ce qui est mis en avant dans ce programme? La traite! Et plus largement les routes maritimes, les produits coloniaux. Au-delà d'enjeux politiques (Loi Taubira et "devoir de mémoire"), c'est une merveilleuse cohérence avec la partie géographique du programme qui traite des littoraux; des ports, des espaces de la mondialisation. Pour autant, toutes les parties s'organisent plus ou moins autour de la mondialisation: les empires coloniaux, les chants de la révolution, l'élan du nationalisme, la révolution industrielle sont largement des phénomènes mondiaux qui ont tous leur place dans les phénomènes d'uniformisation (de domination?) qu'on observe dans les domaines politiques, culturels, économiques...En résumé: ce programme est plus dense dans le temps mais tout aussi large, tout aussi mondial, tout aussi thématique, dans l'esprit des nouveaux programmes. On traite moins de choses mais on les traite mieux, en leur donnant plus de sens. Un regret toutefois: l'histoire sociale est, à part dans l'apparition du monde ouvrier, trop minorée.

     

  • Brume, copeaux et solidarité internationale

    maroc.jpgEn longeant le lac d'Attersee, à quelques dizaines de kilomètres de Salzburg, les derniers contreforts des Alpes autrichiennes se reflètent dans une eau à la fois bleue et vaseuse. Les visages blafards de mes 60 camarades se réjouissent à peine du paysage idyllique: le trajet a été long. Dimanche 24 juillet à Solferino, Laurianne nous a laissé au soir ses derniers conseils pour le camp international des jeunes socialistes: derniers couchés, premiers levés, on représente et on défend nos positions. Avec ou sans accent.

    A l'heure où le bus repart, c'est le moment du bilan. Au-dela des chaussures boueuses, des piqures de guepe et de la voix éraillée, les souvenirs sont intenses. L'inventivité des chansons, les parties de tarot, la vivacité des dance floor...Mais aussi les douches froides matinales et la brume qui descend sur le camp à l'aube, tout comme les copeaux (pour durcir le sol) qui envahissent les tentes, le bruit des bottes (en caoutchouc) à la cafet...

    Mais je vous rassure, on a fait un peu de politique. Voire beaucoup? La délégation francaise n'avait jamais organisé autant de bilatérales. Mexique, Honduras, Thailande, Chili, Allemagne, Autriche, entre autres, ont été rencontré. J'ai pu animer avec un plaisir immense une rencontre avec les jeunes belges d'Animo et du MJS, avec la délégation catalane et espagnole ou encore avec les jeunes de l'UCP du Maroc et les jeunes du parti des travailleurs.

    J'ai préféré ces moments bilateraux aux ateliers en anglais, parfois un peu flous, sur des enjeux économiques, sociaux, éducatifs ou internationaux. Ce qui n'a pas empeché la délégation francaise d'etre largement applaudie dans les workshops "the financial crisis in greece", avec Manon, ou "how to win an election", avec Claire et surtout dans l'atelier sur les retraites où Thierry intervenait aux cotés du labour. Ecrire une résolution sur l'écologie et notamment la dette climatique, avec des Brésiliens, projeter une visite d'études au Maroc pour accompagner nos camarades dans leur prise d'autonomie avec leur "vieux" parti, répondre aux envies de jumelage des jeunes socialistes flamands et wallons, c'était exaltant! Tout comme fixer un match de foot avec les jeunes du PSOE et inviter des jeunes catalans à la Rochelle.

    Le camp c'était aussi cette petite tonnelle des points de délégation matinaux, la salle des repas où l'internationale retentissait dans toutes les langues, l'eau glacée de la Karl-Marx Beach, la recherche des jetons de "pfand" à la cafet où excellaient Juliette et Charlotte. C'etait à la fois des joies solidaires quand 2500 jeunes de tous les continents applaudissent l'évocation de leur organisation.

    Des moments émouvants quand des centaines de bougies s'allument pour nos camarades norvégiens qui sont tombés quelques jours auparavant sous des balles fanatiques et extrémistes. Ce massacre nous a émus, révoltés, mais pas abattus, et la lutte contre l'extreme droite etait au coeur des débats du IUSY festival. Et des joies plus "chauvines" quand les Francais prenaient leur place dans le camp, en renommant le "quartier" Tito en Senghor, en offrant des aperos vin rouge et pastis un soir sur deux ou encore en sortant les plus beaux drapeaux du camp pour les differentes manifestations...Mais aussi des surprises au vu des questions posées par les délégations étrangères sur l'actualité francaise: affaire dsk, primaires, mais aussi autodetermination des DOMTOM, divisions internes, position sur le nucléaire ont été largement débattues.

    En bref, pour mon premier vrai camp (Carpentras 2008 j'étais plus contremaitre dans un camping), je retiens un excellent équilibre entre détente et politique...et une pensée persistante pour nos camarades Norvégiens...Dans nos vies militantes, perdre des camarades c'est perdre des compagnons de combat mais c'est aussi perdre des amis.