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La dette française: Qui, où, depuis quand...

la-droite-est-responsable-de-l039explosion-de-la-dette-publique-28394.pngLa dette, cette lourde charge qui poserait lourdement sur l'épaule de nos enfants. La dette, ce prétexte banal à tous les renoncements politiques. La dette, ce débat crucial et décisif pour les prochaines échéances. Ce débat politique doit-il conditionner tous les autres autour de la crédibilité de programmes politiques qui doivent coûter « peu cher »? La dette ne doit pas être une fourche caudine qui ligote la gauche mais bien un débat.

Alors que les agences de notation qui évaluent la solvabilité des états semblent pouvoir remettre en cause la tenue d'un référendum en Grèce, il est urgent de proposer une autre manière de gérer la dette publique tant en France (185 milliards d'euros « levés » en 2011), qu'en Europe (1000 milliards d'euros levés la même année). La dette française c'est 1400 milliards d'euros selon les critères du traité de Maastricht. Les différentes obligations et autres bons de l'Agence France Trésor ont été largement internationalisés depuis 1973. Par exemple, la part des détenteurs étrangers est passée de 30% à 70% au cours des 10 dernières années, et les Iles Caimans sont aujourd'hui avec le Luxembourg et le Royaume-Uni le premier détenteur extérieur des obligations assimilables au trésor (OAT), des prêts de long terme.

Cette externationalisation empêche la France de pouvoir gérer sa dette par l'outil fiscal ou la régulation financière, alors qu'au Japon les épargnants et la banque postale possèdent la dette nationale. Ce n'est pas un hasard si les attaques des agences de notation se concentrent sur les états dont la dette est la plus internationalisée.

La dette est incontournable dans le budget de la nation: le service de la dette (intérêts et capital remboursés chaque année) représente 120 milliards d'euros soit l'équivalent du revenu de tous les impôts directs. La question des taux d'intérêts est donc primordiale. Pourquoi laisser des agences de notation peser sur les politiques des états et les contraindre à une austérité qui pénalise toujours les plus faibles? La puissance publique peut se ressaisir à toutes les échelles!

Au niveau international en interdisant les spéculations les plus dangereuses pour l'équilibre du système financier: titrisation, contrats à terme sur les matières premières, contrats de défauts de paiement (les fameux « swaps » qui couvrent l'insolvabilité des états). Au niveau européen en changeant radicalement le rôle de la BCE, après l'échec de 11 sommets européens consécutifs pour sortir de crises à répétition qui menacent l'euro dans son existence: au-delà de la stabilité des prix, le rachat des titres de dette publics sur le marché de la revente permettrait de stopper la spéculation sur les dettes souveraines, alors que le Fonds Européen de Stabilité Financière n'est doté que de 440 milliards d'euros...L'Allemagne criera que cela favorise l'irresponsabilité des banques, alors qu'elle a applaudi à la recapitalisation de banques tout aussi irresponsables pour résoudre la crise financière de 2008.

Au niveau national, la France peut tourner le dos à sa stratégie d'internationalisation de la dette qui exacerbe le monopole financier des banques pour transformer l'épargne. Les Francais sont riches avec un patrimoine financier de 3800 milliards d'euros (dont un tiers placés en assurance-vie) alors pourquoi ne pas recourrir à l'émission de bons perpétuels du trésor avec un taux assez élevé pour être favorable (4,5% par exemple). Un audit de la dette permettrait, en 2012, à un gouvernement socialiste de redonner aux Francais la maitrise collective de leur destin.



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