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Changer de pays, histoire d'un flux

Nissan-lez-Enserune_58026_L-Opidium.jpgTous les matins, en début de semaine, quand je me rends au collège, je change de pays. En effet, entre Béziers et Narbonne, la route nationale franchit une petite colline. Derrière un tournant, le paysage se dégage, les couleurs changent, la terre prend des teintes plus sombres et le ciel une nouvelle profondeur. Les Corbières ont remplacé l'Espinouse pour dominer la plaine, je viens de quitter le Biterrois, du nom de la cité romaine Baeterrae, pour la Narbonnaise, où se niche l'antique Narbo Martius. Pourquoi de telles pensées? Parce que depuis deux semaines je ne décroche pas des polars antiques, de Leseleuc à Maddox roberts en passant par Comastri.

En classe, la semaine dernière, je changeais aussi régulièrement de pays. Nous étudions les flux de la mondialisation, avec de belles cartes à colorier et d'imposants graphiques à décrypter.  J'arpente la salle, je martelle qu'il faut justifier, argumenter... Mais quel mot étrange qu'un flux... Le flux est un déplacement matériel ou immatériel dont l'intensification est au coeur du phénomène de mondialisation. Explosion des migrations, du tourisme, des investissements à l'étranger ou des communications numériques, j'étais confronté au défi sans cesse renouvelé du sens que je voulais donner à la lecon. Après ma tirade sur le conteneur et son importance dans l'histoire du monde, j'ai donc épiquement monologué sur le flux. Et débusqué, au passage, quelques préjugés inquiétant de mes élèves sur l'immigration...

Comment vais-je retrouver mes petits cette semaine, juste avant les vacances...le conseil est passé, avec tout son cérémonial. Comme professeur principal, je devais résumer, en une ligne, le trimestre d'un élève. Quand des difficultés me dépassent, quand un élève décroche, le "peut mieux faire" et "manque de travail" semblent bien hypocrites pour un système éducatif qui est encore trop souvent un facteur, par son élitisme et son conservatisme, de l'échec scolaire. Vivement 2012.

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