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  • 20 ans de droite à Béziers, le temps du bilan

    360px-Découpbeziers.JPGIl y a 16 ans, en classe de sixième, dévalant une cage d'escalier de l'Iranget, une cité HLM de Béziers, je me retrouvais nez-à-nez avec le maire de Béziers. Alain Barrau, candidat du parti socialiste pour les municipales, nous serrait la main, entouré d'une dizaine de personnes, et continuait son tour du quartier. En 1995, quelques semaines plus tard, prenait fin la première expérience socialiste de ma ville. Et pas la dernière, je vous en assure. Elle ne s'est pas bien passée: à part le quartier du Port Neuf, le passage des "socialos" à la mairie n'a pas laissé grand chose. Les dissensions internes nées à cette époque font encore imploser les sections PS aujourd'hui.

    Depuis; la gauche a perdu deux élections municipales, en 2001 avec le ministre des transports JC Gayssot, en 2008 avec le conseiller général JM Du Plaa. La gauche manquait d'un projet global pour la ville. Trois mandats ont permis au sénateur-maire UMP  Raymond Couderc de modeler la ville. Béziers l'occitane, dont le centre aux rues tortueuses grouillait comme toute ville méditerranéenne qui garde son cachet, est devenue Béziers l'Américaine, jalonnée de résidences sécurisées; bétonnée et endettée. Il est temps maintenant de nous retrousser les manches pour faire un bilan des choix  urbanistiques, économiques, sociaux, qui ont été fait pour la ville. De les décortiquer et, thématique par thématique, quartier par quartier, de proposer un autre avenir pour la ville. Une ville de droite ne se développe pas comme une ville de gauche.

    Une première impression sur cette double décennie? Trompeuse! De nouveaux équipements ont émergé: IUT, université, médiathèque, complexe commercial de l'Hours, salle des concerts Zinga Zanga. De nouvelles routes ont été tracées: rocade nord, autoroute A75, vols Ryanair vers l'Europe du Nord. De nouveaux quartiers ont essaimé: Courondelle, Route de Boujan, Fonseranes...Cette expansion, je la juge désordonnée, incohérente, néfaste pour le développement et le rayonnement de Béziers.

    J'accuse la droite biterroise d'avoir fait de mauvais choix, désastreux pour le vivre-ensemble, négatifs pour le dynamisme biterrois, mitigés pour la qualité de vie. Les grands blocs de béton posés ici ou là ont moins de valeur que les équipements publics de proximité (culture, sport, jeunesse) qui manquent aujourd'hui. L'expansion urbaine de Béziers, facteur de pollution et de congestion, tourne le dos aux axes centraux de Béziers qu'auraient pu être l'Orb, le canal du Midi et la via Domitia. L'étalement des zones commerciales a tué le centre-ville qui dépérit et se paupérise. L'absence de politique écologique, de logement, de jeunesse ou encore de culture a et aura de lourdes conséquences sur la vie quotidienne à Béziers.

    Notre défi, d'ici 2014? Mettre en valeur une alternative urbaine de gauche, conviviale, attractive et durable. Un avenir pour les jeunes, un plan pour une ville densifiée, mixte et multipolaire, un projet pour le temps libéré, la solidarité et la démocratie locale. Une vision économique et urbanistique pour replacer Béziers dans une "sun belt" française qui prend tout sa place sur un rivage méditerranéen qui sera un axe majeur du XXIème siècle.

  • Changer de pays, histoire d'un flux

    Nissan-lez-Enserune_58026_L-Opidium.jpgTous les matins, en début de semaine, quand je me rends au collège, je change de pays. En effet, entre Béziers et Narbonne, la route nationale franchit une petite colline. Derrière un tournant, le paysage se dégage, les couleurs changent, la terre prend des teintes plus sombres et le ciel une nouvelle profondeur. Les Corbières ont remplacé l'Espinouse pour dominer la plaine, je viens de quitter le Biterrois, du nom de la cité romaine Baeterrae, pour la Narbonnaise, où se niche l'antique Narbo Martius. Pourquoi de telles pensées? Parce que depuis deux semaines je ne décroche pas des polars antiques, de Leseleuc à Maddox roberts en passant par Comastri.

    En classe, la semaine dernière, je changeais aussi régulièrement de pays. Nous étudions les flux de la mondialisation, avec de belles cartes à colorier et d'imposants graphiques à décrypter.  J'arpente la salle, je martelle qu'il faut justifier, argumenter... Mais quel mot étrange qu'un flux... Le flux est un déplacement matériel ou immatériel dont l'intensification est au coeur du phénomène de mondialisation. Explosion des migrations, du tourisme, des investissements à l'étranger ou des communications numériques, j'étais confronté au défi sans cesse renouvelé du sens que je voulais donner à la lecon. Après ma tirade sur le conteneur et son importance dans l'histoire du monde, j'ai donc épiquement monologué sur le flux. Et débusqué, au passage, quelques préjugés inquiétant de mes élèves sur l'immigration...

    Comment vais-je retrouver mes petits cette semaine, juste avant les vacances...le conseil est passé, avec tout son cérémonial. Comme professeur principal, je devais résumer, en une ligne, le trimestre d'un élève. Quand des difficultés me dépassent, quand un élève décroche, le "peut mieux faire" et "manque de travail" semblent bien hypocrites pour un système éducatif qui est encore trop souvent un facteur, par son élitisme et son conservatisme, de l'échec scolaire. Vivement 2012.

  • Centre-ville de Béziers: la droite piétine et s'affolle!

     allees-paul-Riquet.jpgLa droite municipale fait des cauchemars depuis quelques mois. Humoristes des radios locales, riverains, touristes: tout le monde se rend compte que le centre-ville de Béziers se meurt. L'agressivité des élus de droite en conseil municipal ne peut masquer leur affollement.

    Le rapport développement durable présenté au conseil municipal du 28 novembre était étonnant: d'abord il évoquait le Grenelle 2 dont les principales lois sont remises en cause (fiscalité écologique notamment). Ensuite, il prônait le développement maitrisé de l'urbanisation (quand le maire inaugure un immense quartier sur le pech de Fonseranes) et veut rendre le centre-ville plus dynamique...en crenelant la cathédrale et en installant des lampadères sur les allées!

    Enfin, le Programme National de Rénovation des Quartiers Anciens Dégradés annoncé en grande pompe se révèle assez décevant. Manque de cohérence avec le PRI et l'opération "coeur de ville", mais aussi manque d'ambition: 200 logements rénovés c'est trop peu! Comment peut-on revenir sur les mauvais choix de la droite quand M.Couderc investit plus pour l'aménagement de l'Hours que pour la rénovation du centre historique? De toute urgence, il faut un projet urbain pour Béziers, alliant multipolarité et densification. 15 ans de droite, ca suffit!