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  • La politique, de près ou de loin, d'en bas et d'en haut

    FH-2012-logo-01.jpgHier, à 15h, j'étais au zenith de Dijon. Je quitte pour 5mn le stand du MJS pour assister au seul moment des meetings que je vois, l'entrée du candidat. Le problème, c'est qu'avec mes collègues de la boutique, nous rentrons par la mauvaise porte, celle du candidat, sous les yeux horrifiés du SO qui nous engloutit vite. La musique se déclenche, les trompes de brume sonnent, l'adrénaline monte, Francois Hollande est arrivé, salue les élus - c'est leur meeting - et s'engage dans la haie formée par le MJS qui, longuement, entrecoupée de bises, d'encouragement et de serrements de main, le conduit à la tribune.

    C'est mon moment préféré mais aussi celui qui me serre le plus le coeur. 10 ans que j'attends la victoire de la gauche, qui s'approche, se concrétise, depuis quelques semaines. Esperance, mais peur de voir le candidat trébucher. L'argent, les médias, la malchance, tant de forces conjuguées ont déjà anéanti nos espoirs. Alors cette longue remontée de la haie d'honneur, c'est le symbole de cette longue campagne, décisive, qui sera aussi, pour moi, la mesure de 10 ans d'engagement. La politique quoi, de près, et de loin.

    La politique, ce mot craché par les décus, martellé par ses amateurs et ses professionnels, se pratique à toutes les longueurs, à toutes les distances, voire à toutes les latitudes. Je l'ai pratiqué de loin la semaine dernière quand, dans un restaurant de Berri-uqam, à Montreal au Quebec, je rencontrai les jeunes représentants du NPD Quebec (parti de gauche, opposition officielle au Canada) pour parler internationalisme, écologie et preparation du monde de 2050. Sur deux continents différents, sans avoir jamais travaillé ensemble, nous partagions avec Eddy et Catherine la même vision de l'integration, de la santé, de la fiscalité, et c'etait merveilleux. La politique, de tres haut.

    La politique de (trop) haut quand, au restaurant parlementaire de Quebec, dans le tintement feutré des fourchettes, le ministre délégué aux finances m'expliquait que la taxe sur les transactions financières menacait les investissements. Pour les économistes libéraux, aucune lecon n'a été tiré de la crise qui supprime des millions d'emploi depuis 3 ans, de ces spéculations massives, hasardeuses, fictives qui menacent l'économie réelle, la politique d'en bas.

    La politique de près, c'est le retour au college apres les vacances, lundi. mes collegues menacent de faire grève car avec un personnel de direction et demi sur 3, 4 surveillants sur 8, c'est la révolution. Le manque de moyens, au quotidien, c'est la salle bondée de l'aide aux devoirs, les exposés de mes éleves interrompus trois fois parce que je sortais de ma classe pour interrompre des cris dans la cour de recreation. Et ma 2eme classe qui n'a pas eu de prof de maths pendant 6 semaines. Tant pis pour le brevet. Les suppressions de postes, ca a des conséquences, dans la politique de près. Même dans les regards, désabusés, d'élèves qui vont devoir, comme je leur ai dit "réfléchir à leur orientation".

    La politique de près c'est cette élection présidentielle qui devient enfin omnipresente. Sur twitter, à la radio, dans la vraie vie, la droite s'affolle quand le pouvoir s'effrite. Et bien, le capital, les medias, tout celà ne suffit pas à maintenir la gauche à sa place traditionnelle d'opposition? à Béziers, le porte à porte commence lundi. C'est la politique d'en bas, celle qui doit répondre point par point aux décus de la politique, abstentionnistes, indécis, voire électeurs du FN, tous ceux pour qui la promesse républicaine n'est plus tenue.