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Béziers en 2012: précarité, désespoir et mauvais choix

 

250px-Beziers_Arenes.jpgA la lecture des statistiques de l'Insee, sur Béziers, ses zones urbaines sensibles, notamment en les comparant à Narbonne et à Montpellier, on peut déprimer. Si notre ville depasse les autres, c'est pour son taux de chomage (21% contre 17% à Narbonne et Montpellier), pour la précarité des contrats d'emploi (12% d'interim et cdd) ou les revenus modestes de ses habitants (61% de non imposables contre 45% à Narbonne et Montpellier).

Plusieurs chiffres sont incongrus, choquants, et questionnent la gestion municipale, assurée par l'UMP depuis 1995: 5800 logements vacants (14%) ca fait beaucoup comparé à Narbonne (6%) et Montpellier (8%)...Quel intérêt avait la droite biterroise à user et abuser du dispositif fiscal de la loi Scellier pour un tel bilan? A quoi bon ces immenses lotissements et ces résidences sécurisées qui essaiment?

Comment ne pas être pessimiste, quand les emplois créés sont très qualifiés, avec une population active dont 44% n'a même pas le Bep et où seulement 18% ont fréquenté l'enseignement supérieur? Quelles filières, quels débouchés, quelle formation continue pour les jeunes Biterrois, moins scolarisés, à partir de 16 ans, que les autres Héraultais? Quel droit à l'avenir pour un jeune Biterrois qui a 1 chance sur 3 d'etre au chomage?

Comparé à Narbonne et Montpellier, Béziers est moins attirante: 0,4% de croissance demographique contre 1% à Narbonne et 1,3% à Montpellier. Côté agriculture, plus de grandes cultures mais moins d'exploitants, moins de fruits et legumes (dommage pour les circuits courts), de viticulture, alors que la moitié des exploitants ont plus de 55 ans et que rien n'est fait pour les remplacer? Quelle politique pour les PME alors que seules 250 entreprises sur les 7700 que comptent Béziers ont plus de 20 salariés? Quel soutien pour la création quand un tiers des entreprises existent depuis au plus 2 ans? Un Biterrois sur 4 travaille dans une autre ville que Béziers: le manque d'emplois sur place est réel, il suffit d'aller à la gare le matin, direction Montpellier, pour s'en rendre compte.

Il ne fait pas bon vivre dans une zone urbaine sensible à Béziers, que ce soit au Faubourg (1700 hab), aux Oiseaux (1600 hab) ou aux Arenes/Deveze (14000 hab): le taux d'activité de la population active est entre 43 et 53%, 15% de la population ne peut survivre qu'avec des aides de la CAF représentant au moins la moitié de leurs revenus, pour cette dernière zone, tandis que les bénéficiaires de la CMU dépassent le millier tandis que ceux de l'AAH sont 336.

Les conditions de vie des Biterrois se dégradent: rénovation parcimonieuse des logements alors que 30% ont été construit avant 1949, politique jeunesse inexistante alors que 25% des Biterrois ont moins de 20 ans, paupérisation croissante de la population dans une ville où les catégories socio-professionnelles inférieures (ouvriers et employés) sont majoritaires. La solitude existe aussi: 40% des Biterrois vivent seuls, 17% des ménages sont des femmes élevant toutes seules leurs enfants.

Tous ces chiffres font de Béziers une capitale: de la précarité et de l'abandon. La politique éducative, incohérente, et le manque d'ambition de la politique du logement demandent urgemment un changement de cap. Pour les Biterrois, et surtout pour les jeunes qui n'ont aujourd'hui d'autre avenir que de quitter la ville pour construire leur vie.

 

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