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  • Etudier et travailler (ou pas) à Béziers en 2012

    A-Beziers-un-architecte-chomeur-depose-plus-de-3.000-CV-en-trois-ans_reference.jpgVouloir ébaucher un projet pour une ville, c'est d'abord prendre le temps de connaitre un territoire, une population, avant même de tracer le bilan de près de 20 ans de droite à Béziers. Après une première enquêté sur les statistiques sociales de Béziers, les études de la maison de l'emploi du grand Biterrois m'ont permis de m'interesser à l'économie locale, à l'insertion et à la formation professionnelle. Quels grands axes en ressortent?

    Dans la première étude basée sur le recensement de l'Insee, la précarité, les revenus faibles, la scolarisation moindre des Biterrois était apparue. Les chiffres de l'emploi apportent un éclairage toujours aussi negatif sur le 3ème bassin d'emploi francais le plus touché par le chômage.

    Le niveau de formation des Biterrois se distingue des moyennes departementales: Moins de diplomés de l'enseignement supérieur (16% contre 25%), plus de non-diplomés et de diplomés des filières professionnalisantes très courtes. Cette orientation précoce pourrait s'expliquer de différentes manières: sociologie biterroise marquée par une majorité d'employés, d'ouvriers et de chomeurs qui ne destinent pas leurs enfants à des études longues notamment, mais aussi passé industriel de Béziers, moindre présence de filières d'enseignement supérieur, etc. Les apprentis, eux, sont 982 (dont un tiers dans l'hotellerie restauration) et leur niveau de qualification monte lentement. Pour autant, l'impact de cette faible qualification a de lourdes repercussions non seulement pour l'economie locale mais aussi pour l'insertion professionnelle des jeunes Biterrois: 54% des détenteurs d'un diplome de niveau 3 (ens. Superieur) ont trouvé un emploi 6 mois après leur sortie de formation contre 26% pour ceux qui ont le niveau bep ou moins.

    Pour autant, les jeunes de l'ouest héraultais réussissent bien dans ces filières (services aux entreprises, industrie, electricité pour les les 2/3), où ils s'engagent plus qu'à l'est de l'Herault: 35% au lycée dans la voie generale, 42% dans la voie professionnelle, c'est le contraire à Montpellier! Lors des examens, les 3564 élèves de la voie professionnelle et technologique de l'ouest héraultais reussissent bien 4% de plus au Cap-bep que la moyenne regionale en 2010 (à 78%), 6% en plus au Bts (73%).

    Pour autant, alors que les difficultés sociales sont plus importantes (2000 euros de revenus mensuels en moins) il y avait en 2005 autant voire plus de population scolarisée en Zep à l'est qu'à l'ouest du departement (8%): Est-ce celà l'égalité territoriale? Quel avenir pour les 10 000 collegiens et 4600 lycéens du Biterrois et de l'Agathois.

    Le chômage, important, en diminution chez les jeunes (14% de moins de 25 ans) mais en augmentation chez les seniors, fort chez les femmes (18,7%), est lié notamment aux faibles qualifications des demandeurs d'emploi: Pour 72% des hommes elles sont de niveau Bep pour moins. Pour 27% des femmes il s'agit d'employées non-qualifiées, fragilisées par des métiers des services qui demandent toujours plus de compétences. 21% des chomeurs avaient plus de 50 ans en 2011.

    Le marché de l'emploi à Béziers est aussi tourné vers des emplois peu qualifiés: un tiers des offres concernent la restauration, la cuisine et le commerce ou les services à la personne (garde d'enfants, nettoyage), qui sont aussi les principaux secteurs d'emploi avec le batiment. Les femmes sont releguées massivement dans 3 secteurs: social, commerce et administration pour les 2/3 d'entre elles qui travaillent. Seules 3% sont cadres contre 6% chez les hommes.

    Le territoire du grand Biterrois est bien placé, et pourtant moins dynamique demographiquement (+6,4% dans les années 2000) que le territoire agathois (+13%) ou héraultais en general (10%). Quelle est la cause de cette moindre dynamique? Comment expliquer le manque de dynamisme d'une région climatiquement, géographiquement si privilégiée? La droite doit en répondre!

     

  • Béziers en 2012: précarité, désespoir et mauvais choix

     

    250px-Beziers_Arenes.jpgA la lecture des statistiques de l'Insee, sur Béziers, ses zones urbaines sensibles, notamment en les comparant à Narbonne et à Montpellier, on peut déprimer. Si notre ville depasse les autres, c'est pour son taux de chomage (21% contre 17% à Narbonne et Montpellier), pour la précarité des contrats d'emploi (12% d'interim et cdd) ou les revenus modestes de ses habitants (61% de non imposables contre 45% à Narbonne et Montpellier).

    Plusieurs chiffres sont incongrus, choquants, et questionnent la gestion municipale, assurée par l'UMP depuis 1995: 5800 logements vacants (14%) ca fait beaucoup comparé à Narbonne (6%) et Montpellier (8%)...Quel intérêt avait la droite biterroise à user et abuser du dispositif fiscal de la loi Scellier pour un tel bilan? A quoi bon ces immenses lotissements et ces résidences sécurisées qui essaiment?

    Comment ne pas être pessimiste, quand les emplois créés sont très qualifiés, avec une population active dont 44% n'a même pas le Bep et où seulement 18% ont fréquenté l'enseignement supérieur? Quelles filières, quels débouchés, quelle formation continue pour les jeunes Biterrois, moins scolarisés, à partir de 16 ans, que les autres Héraultais? Quel droit à l'avenir pour un jeune Biterrois qui a 1 chance sur 3 d'etre au chomage?

    Comparé à Narbonne et Montpellier, Béziers est moins attirante: 0,4% de croissance demographique contre 1% à Narbonne et 1,3% à Montpellier. Côté agriculture, plus de grandes cultures mais moins d'exploitants, moins de fruits et legumes (dommage pour les circuits courts), de viticulture, alors que la moitié des exploitants ont plus de 55 ans et que rien n'est fait pour les remplacer? Quelle politique pour les PME alors que seules 250 entreprises sur les 7700 que comptent Béziers ont plus de 20 salariés? Quel soutien pour la création quand un tiers des entreprises existent depuis au plus 2 ans? Un Biterrois sur 4 travaille dans une autre ville que Béziers: le manque d'emplois sur place est réel, il suffit d'aller à la gare le matin, direction Montpellier, pour s'en rendre compte.

    Il ne fait pas bon vivre dans une zone urbaine sensible à Béziers, que ce soit au Faubourg (1700 hab), aux Oiseaux (1600 hab) ou aux Arenes/Deveze (14000 hab): le taux d'activité de la population active est entre 43 et 53%, 15% de la population ne peut survivre qu'avec des aides de la CAF représentant au moins la moitié de leurs revenus, pour cette dernière zone, tandis que les bénéficiaires de la CMU dépassent le millier tandis que ceux de l'AAH sont 336.

    Les conditions de vie des Biterrois se dégradent: rénovation parcimonieuse des logements alors que 30% ont été construit avant 1949, politique jeunesse inexistante alors que 25% des Biterrois ont moins de 20 ans, paupérisation croissante de la population dans une ville où les catégories socio-professionnelles inférieures (ouvriers et employés) sont majoritaires. La solitude existe aussi: 40% des Biterrois vivent seuls, 17% des ménages sont des femmes élevant toutes seules leurs enfants.

    Tous ces chiffres font de Béziers une capitale: de la précarité et de l'abandon. La politique éducative, incohérente, et le manque d'ambition de la politique du logement demandent urgemment un changement de cap. Pour les Biterrois, et surtout pour les jeunes qui n'ont aujourd'hui d'autre avenir que de quitter la ville pour construire leur vie.