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  • Sinon, j'aimerais bien être formé...

    P856760D713197G_apx_470_.jpgLa gauche est au pouvoir, les premières mesures sont annoncées, le débat sur les rythmes scolaires me donne de l'espoir, d'autres annonces me laissent plus dubitatifs (retour des retraités?). Une priorité pour le gouvernement: la formation des enseignants. Parce qu'être professeur des lycées et des collèges est un tres joli titre. Mais avoir été formé pour l'exercer m'éviterait toutes ces déceptions et pertes de temps qu'une expérience de quelques années (une décennie?) permet, d'oublier, ou d'éviter. Et le retour aux IUFM ne résoud pas tous les problèmes.

    Le samedi 9 septembre 2006, quand j'arrive un beau matin devant la salle 4 du lycée Loubatieres où m'attendent les seconde 2, je ne respire plus. Mes 32 élèves me terrorisent, je transpire comme un âne. J'ai passé l'oral il y a 9 semaines, ma formation se résume à 2 journées de preparation à l'IUFM, quelqu'un va forcément se rendre compte de la supercherie?

    Trois "longues" années de professorat (avec au milieu deux années de syndicalisme) m'ont permis de faire toutes les erreurs possibles dans une salle de cours. J'ai baclé une évaluation en proposant des questions qui manquaient de sens, détecté une dyslexie au bout de 7 mois de cours, évité de peu de me prendre une baffe pour cause de manque de diplomatie en rendez-vous parent-profs, fait durer quelques mois par manque de tact une querelle de coq avec un pré-adolescent troublé.

    Si ce n'était que ca. J'ai fait un cours fabuleusement monarchiste sur la révolution, et réussi à rendre le coup d'état du 18 brumaire soporifique. En 3 ans, passionnément meirieutiste, je n'ai jamais travaillé en pluridisciplinaire avec un collegue. Freinet est resté theorique, les TICE se limitent à une seance Cdi de recherche sur l'ordi. J'ai fait 3 plans de classe cette année, changé 3 fois les regles de vie de classe l'année d'avant, raté mon inspection deux ans avant et manquer m'effondrer en larmes la même année, sur l'estrade.

    Si ce n'était que ca...mes connaissances sur la difficulté scolaire se résument à une demi-page et je n'ai aucune idée de comment on peut "apprendre à apprendre". un bon élève devenu prof, dans toute sa splendeur.

    Alors changer ca, on fait comment? Je vois trois angles d'attaque pour changer le système scolaire. L'autonomie pédagogique des établissements pour changer les rythmes, la vie et la démocratie scolaire. La redéfinition du service des enseignants pour favoriser le travail d'équipes, sortir du cours magistral à gogo et mieux traiter les difficultés des élèves. Le dernier levier du changement est la formation des enseignants.

    cette formation n'existait pas vraiment dans le second degré, à part quelques échanges de pratiques et de séquences. Tout est à construire. Quoi au juste?

    - Initier les futurs enseignants à la construction des savoirs: comment faire partager telle notion, développer telle compétence, utiliser tel support (numérique notamment) sur cet exemple précis? Tout ceci en abordant de manière pointue les programmes pour avoir le recul nécessaire.

    - créer de bonnes habitudes: obliger à l'expérimentation pour découvrir les pédagogies innovantes, faire des stages dans le 1er degré, débattre avec des assistantes sociale, des CPE et des COP pour avoir une vision globale sur le système éducatif, réhabiliter les mémoires didactico-pedago pour avoir une démarche de chercheur, connaître le programme des autres matières pour envisager des interactions avec ses collègues.

    - Organiser une formation filée pour savoir à quoi s'en tenir, avec des stages en master, observation puis responsabilité (enseigner quand on n'y arrive pas peut devenir dangereux) et intégrer une épreuve sur le service public dans le concours pour prendre de la hauteur et savoir qu'être fonctionnaire et responsable de l'avenir d'un être humain c'est pas de la gnognote, une épreuve pratique comme un "chef d'oeuvre" pédagogique intégrant une part de pluri-disciplinaire.

    - avoir des rudiments de psychologie, de pédagogie pour comprendre le fonctionnement de l'apprentissage et comprendre les difficultés scolaires. être formé pour rencontrer des parents, pour orienter, pour évaluer.

    Tout celà serait un bon début. Et encore, je parle pas de la formation continue...

  • Bribes de portes

     1334232364688a31b11eca_l.jpgComme beaucoup de camarades socialistes, cette élection présidentielle aura été l'occasion de frapper à beaucoup de portes. De me battre, dans chaque escalier, pour chaque voix. D'échouer. Souvent. Et, parfois, d'avoir l'impression de convaincre. Finis les formations à animer, les meetings à préparer, il fallait parler concret, directement, sortir des grandes phrases toutes faites, et réfléchir aussi au sens de mon engagement.

     Il fallait répondre au lycéen pro de Manosque (04) qui pensait que la politique ne servait à rien. Répondre à ces habitants des cités délaissées de Béziers (34) et d'Avignon (84) qui pensaient que les politiques étaient "tous pourris". A ces passants dans les rues de Chambery (73) qui estimaient que le changement, c'était pas possible. Voire même, à ce client du marché aux puces de Hyères (83) qui s'exclamait que la victoire de la gauche, c'etait la guerre civile annoncée.

      Pas toujours drôle cette campagne. Des débats pour commenter les sondages, des polémiques désolantes et nauséabondes, des questions occultées (santé, éducation) par des médias décevants, plus "people" que politiques, avides de petites phrases et de rebondissements, quite à les fabriquer.

      Avec Francois Hollande, nous avions des réponses pour ces bribes de portes. La république irréprochable. La baisse du salaire présidentiel, l'inégibilité des élus corrompus, le non-cumul, la parité, le renouvellement, la proportionnelle, oui nous voulons changer un système qui a tant décu. Fiscalité, éducation, petite enfance, entreprises, sécurité: oui la gauche c'est différent et l'impot progressif, les 60 000 postes, le congé parental égalitaire et l'attestation de controle d'identité, ca va changer la vie.

      Parce que le 6 mai, dans la victoire que j'espère, dans l'aboutissement de mon engagement auquel j'aspire, dans la joie que j'attends, tout ne sera pas fini. A Cavaillon, dans la cité du Dr Aymé, une mère m'a parlé de son fils mal orienté, de la petite dernière sur liste d'attente pour la maternelle, de son mari au chômage, et elle attend le changement. Maintenant.