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  • Béziers en 2020: Regain ou décadence?

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    Dans les deux prochaines années, dans ma belle ville natale, les débats vont refleurir concernant l'avenir de la cité. La droite, au pouvoir depuis près de 20 ans, nous expliquera que tout va bien, dans la ville de tous les records (taux de chômage, inégalités, pression fiscale). L'extrême droite se dévouera pour désigner des bouc-emissaires en jonglant sur les peurs et les rancoeurs d'une ville où le droit à l'avenir n'est pour l'instant qu'un mot creux...

    Et pourtant, attablé sur la terrasse à tapas du monstrueux centre commercial qui a désertifié le centre-ville, je vois un autre avenir se dessiner. Au-delà des débats médiatisés pour la ville que sont la gare TGV, les grands équipements, les zones d'activité, ou surtout, telle ou telle candidature, je vois 3 enjeux décisifs qui peuvent faire gagner la gauche.

    - politique des âges: un tiers des Biterrois sont retraités, mais la ville compte aussi plus de 14 000 enfants ou ados. Pour combien de places en maison de retraite ou en crèche? Un nombre insuffisant. C'est le vieux système de solidarité familiale, qui précarise les ainés, remise les femmes au foyer, et accentue les difficultés des plus fragiles. La gauche pourrait, à Béziers, organiser le temps libéré, l'accompagnement éducatif, mettre en oeuvre une offre universelle pour la petite enfance et de nouveaux services pour les ainés.

    - urbanisme et développement durable: Notre ville se vide au centre, se répand sur ses côtés, son noyau se déplace...sans cohérence aucune! Dans une ville trop grande, il faut repenser le zonage, la mobilité, créer des lieux de vie, aménager des ceintures vertes et reprendre le pouvoir aux promoteurs immobiliers qui le confisquent depuis 20 ans et possèdent la moitié de la ville.

    - démocratie: qui gère l'agglo? Qui nous représente dans les quartiers? Qui siège dans les conseils consultatifs? Que savons-nous de la gestion de la ville? Quand une opacité déconcertante règne, la démocratie de proximité peut devenir un enjeu de campagne: référendums locaux, bilans de mandat, budgets participatifs, les Biterrois doivent se réapproprier leur ville!

    Au-delà de ces thématiques qui permettraient d'ébaucher un bilan cruel pour l'action d'une droite usée par le pouvoir, tout est à revoir pour dessiner un nouvel avenir pour Béziers. Des erreurs funestes ont été faites: extension résidentielle trop lointaine depuis les années 60, déploiement incohérent des zones commerciales depuis les années 90...nous allons devoir retrousser nos manches pour réinventer une ville durable et juste sur la banlieue américaine déshumanisée à perte de vue que nous laissent MMs Couderc et Aboud après 20 ans de gâchis.

     

  • Batman, histoire, politique et religion

    20158098.jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpgChacun voit un film à sa manière. Wassim y voit des connotations religieuses, Hanna y voit des modèles politiques, et j'y trouve surtout des références historiques. Batman, c'était merveilleux, des heures de décryptages et de débats quand on quitte la salle, encore secouée de rire par la mort mal jouée de Marion Cotillard / Miranda. Là où Hanna voit un discours anti-capitaliste et Wassim l'espoir érigé en religion, j'ai vu une analyse réactionnaire, anti-révolutionnaire de notre société, drapée dans du patriotisme américain et quelques références bibliques qui sont au film d'outre-atlantique, ce que le malaise du trentenaire bobo parisien est au cinéma francais.

    Ce que j'ai préféré? La référence à l'Exode, quand Batman somme Robin alias Moise de guider son troupeau à travers les flots tumultueux de l'Hudson de Gotham. La référence au tribunal révolutionnaire populiste et cruel où des procès baclés ne connaissent qu'une sentence, la mort. On a l'impression de lire les contre-révolutionnaires francais, De Maistre et Barruel, pour qui la révolution française est un chatiment. Ensuite on trouve pêle-mêle la menace atomique, le port-d'armes-qui-est-quand-meme-bien-necessaire, la résistance et ses codes, ses luttes souterraines, la liturgie américaine de l'hymne chanté dans un stade de football américain...La totale!

    Pourquoi raconter l'histoire après tout? Un méchant veut détruire New-York / Gotham...Après une lutte acharnée contre le mal, un héros charismatique sauve la ville in-extremis et reste évidemment indemne! Rien de bien neuf, quand on s'est tapé Avengers et Captain America quelques mois auparavant.

    Mais entre-temps, des bandits (dont le chef, s'est échappé d'un pays aride qui ressemble curieusement à l'Afghanistan) prennent d'assaut la bourse pour ruiner d'honnêtes entrepreneurs. La bonne société est pourchassée par un nouveau régime, appelons-le démocratie populaire...l'anarchie règne, la milice privée sortie des égouts impose sa loi (la revanche des pauvres dégoutants, une menace qui plane sur notre société, quoi)...Et les actes d'héroisme individuel se multiplient, avec du bruit plein la salle et des voitures de police soulevées en l'air comme dans toute bonne production holywoodienne qui se respecte!

    En bref, je vous conseille un film où le réalisateur s'est fait plaisir. Ca bouge, ca vous en met plein la vue, et si, comme moi, vous aimez le patriotisme, l'esprit de sacrifice, les sauveurs suprêmes, l'ambiance 1940, vous allez adorer.