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Visite d'établissement: épisode n°1, la récréation

 

SALLEDESPROFS.gifCette année, je dois faire le tour de tous les établissements du second degré du département de l’Aude. Quelques dizaines de collèges, de lycées et de professionnels dans lesquels j’organiserai tous les mardis des permanences d’une  demi-journée. En plus du temps passé dans ma classe et dans mon collège, ces visites, en tant que secrétaire départemental second degré du SE-UNSA, sont particulièrement agréables, intéressantes et très utiles pour connaître le milieu enseignant. Régulièrement, je tenterai donc d’en faire ressortir les aspects les plus saillants.

J’organise mes permanences de 9h à 12h30 et de 13h à 16h30. Le but est de rencontrer le maximum de collègues, de prendre le pouls du terrain : les conditions de travail et de vie de mes collègues et de leurs élèves, le climat social avec l’ « administration » ou avec la vie scolaire…mais aussi, faire connaître les positions des enseignants de l’UNSA qui s’engagent résolument dans la refondation portée par le nouveau gouvernement. C’est le moment ou jamais de changer le système éducatif.

Le moment décisif pour moi, c’est évidemment la récréation, à 10h ou à 16h. Ma boutique est installée, les stylos déballés, les guides de carrière empilés, les agendas et les carnets de note bien mis en valeur, je tente de me faufiler au sein des groupes pour me présenter. Et je saisis au passage quelques conversations que je vais tenter de retranscrire.

J’ai vu des collègues mutés sur trois établissements qui finissaient un cours à 14h50 pour en commencer un autre à 14h55 ailleurs. J’ai vu des collègues aigris qui ne supportaient plus des adolescents rendus fous par des rythmes scolaires absurdes. J’ai vu des jeunes collègues repliés sur eux, recroquevillés sur les fauteuils de la salle des profs après une heure de cours qui s’est mal passée, et comment cela pourrait-il être autrement, sans appui, sans formation ? J’ai entendu des discussions à voix basse sur la prime d’un tel, révélateur de la bonne ambiance favorisée par les primes individuelles « IFIC » mises en œuvre dans la réforme CLAIR.

La rentrée 2012 est la dernière de l’ère Chatel. Suppressions de postes, heures sup imposées, mesures qui favorisent la concurrence entre collègues, précarisation des personnels et bizutage des nouveaux… « faut que ca change » disait mon syndicat aux élections professionnelles 2011 : Les collègues ne sont pas assez impliqués dans le débat sur la refondation, mais au-delà d’attentes très pratiques, ils attendent un changement. Pas forcément des mesures salariales, mais plutôt un changement global, pour pouvoir enseigner leur matière de manière plus apaisée, pour prendre plus de plaisir dans leur métier, pour avoir plus de moyens pour lutter contre l’échec, pour travailler, pour discuter avec leurs collègues.

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