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  • Législative partielle: une défaite pour rien?

    1108981.jpgTant de choses à dire sur cette élection, sur son contexte national, sur les forces en présence, sur la situation locale de mon parti, sur les enjeux de ce scrutin. Mais avant tout, sachez que je ne mettrais pas dix balles dans la machine à perdre. Ce scrutin passé, les socialistes biterrois doivent cesser de se concentrer sur leur nombril et retrousser leurs manches, dans une ville en crise, où une alternative peut se dessiner face à un maire impopulaire. Sinon d'autres le feront. Nous avons 6 mois pour celà, j'y reviendrai.

    La gauche perd une élection partielle à Béziers, dans un contexte local très particulier, il n'y a donc pas forcément de leçon nationale à tirer, mais plutôt des impressions, une ambiance à laquelle nous avons été confronté sur le terrain. La candidate PS/EELV/PRG, Dolorès Roqué, collègue et camarade syndicaliste, perd, mais son score, le plus élevé au premier tour parmi les 3 partielles, je crois, démontre que même dans un contexte difficile, la gauche ne s'écroule plus à Béziers. Le candidat UMP Elie Aboud gagne, mais il s'est engagé à démissionner de son poste de premier adjoint et une guerre de succession s'annonce à droite, avec deux parlementaires en concurrence (le maire Raymond Couderc est aussi sénateur).

    Tirons d'abord les leçons politiques de cette défaite. La gauche a conquis tous les pouvoirs depuis 2004, les uns après les autres: départements, régions, assemblées et enfin le gouvernement ont été confiés entre nos mains. Pas par hasard. La droite affairiste, qui se payait de bons mots et de mesurettes, a décu, et les Francais nous ont fait confiance. La suite, la crise interne à l'UMP, leur a donné raison. Mais les socialistes ont décu. Le changement a tardé, le changement a parfois trébuché, et le changement est souvent tiède aujourd'hui.

    Quand on a tous les pouvoirs, on ne prend pas des mesures à demi-teinte, on doit assumer avoir tous les leviers en main pour mener des bouleversements sociaux, économiques, écologiques ou démocratiques nécessaires. Reindustrialiser Florange, revaloriser réellement le SMIC, séparer les banques d'affaires et de détail, réformer nos institutions, mettre en oeuvre le non-cumul des mandats, ca ne devait pas faire de débat, ca devait être appliqué immédiatement, et l'agenda du changement devait être mené à bien. Cette erreur, compréhensible quand la gauche reprend les manettes après 10 ans de droite au pouvoir qui ont largement affaibli la puissance publique et la parole politique, peut encore être corrigée.

    Dessinons une analyse électorale. 40% de participation contre 60% la dernière fois, et pourtant le candidat de la droite réunit 20 400 voix (soit quelques centaines seulement de voix de moins qu'en juin) contre 12 500 pour la candidate de la gauche. La dernière fois, les deux concurrents avaient réuni 20 000 voix chacun tandis que le front national obtenait 10 000 voix. Plusieurs milliers de voix se sont donc évaporées. Celles du Front National qui rassemblait 8000 voix au premier tour, qui ne se sont pas toutes reportées sur la droite (sinon le candidat UMP aurait obtenu 66%). Celles de la gauche, puisque Dolores Roqué, candidate PS/EELV/PRG a perdu 8000 voix par rapport au second tour de juin. Et pourquoi ne pas parler de ces 600 bulletins nuls, de ces 52 000 électeurs (sur 86 000 dans la circo 3406) qui n'ont pas daigné se rendre aux urnes? A Béziers, le premier adjoint n'a donc convaincu que 10 000 habitants de se rendre aux urnes. Et il y a 72 000 habitants à Béziers.

    Tant d'analyses à faire. Politiques, électorales, mais aussi géographiques. Lotissements en périphérie, pour la droite, contre quartiers populaires à gauche? Manque d'engouement des nouveaux arrivants qui se sont largement abstenus dans certains bureaux? Abstention massive, en centre-ville, d'une population précarisée qui ne fait plus confiance au politique? Si l'on ne fait rien, ce pourrissement des inégalités ira jusqu'à son terme: le front national est bien arrivé premier dans la circonscription, au premier tour, en juin. Mais le socle social, économique, culturel, historique (les rapatriés notamment) de la droite biterroise est limité. Si la gauche se mobilise, si les socialistes prennent du temps pour convaincre ceux qui souffrent, ceux qui doutent, que la politique peut encore changer la vie, si les socialistes sortent de leurs débats internes pour pousser la droite dans ses retranchements, en portant de nouvelles idées sur une place publique désertifiée...alors tout est possible. Et notamment, une victoire de la gauche, et un autre avenir pour Béziers.

  • Béziers, la première épreuve du changement?

     149176_10151205885808439_826102094_n.jpgLe 9 décembre prochain, les électeurs de la 6ème circonscription de l'Hérault sont rappelés aux urnes. 23 procurations mal effectuées (par exemple, quand un officier de police judiciaire ne précise pas sa qualité), et dix voix d'écart ont fait annuler l'élection de la première femme à être élue députée de Béziers. Dolores Roqué (PS) repart donc aux urnes face à 6 autres candidats : Luc Zenon (Debout la République), Magali Manus (écolo indépendante), Paul Barbazange (FDG), le POI, France Jamet (FN) et Elie Aboud (UMP).

      C'est la seule circonscription concernée par une élection partielle où le sortant est une élue de la majorité. Donc un test pour cette même majorité ? Peut-être, dans un contexte difficile, quand la crise économique se poursuit, quand les moyens de l'Etat ont été limités par une dette creusée par la droite, en 10 ans de cadeaux fiscaux à gogo, et le seront encore davantage du fait d'un traité européen de stabilité qui m'a peu convaincu.

     Une élection dans une circonscription qui faisait partie des 23 dites menacées par l’extrême droite lors des dernières législatives, où les triangulaires sont devenues la règle. Une élection dans un territoire en souffrance : le grand Biterrois se fait surtout remarquer par des records de chômage, de précarité, d'inégalités, et le maire UMP fait face à une fronde transpartisane pour avoir provoqué la désertification du centre ville en ouvrant un centre commercial en périphérie.

      Les autres candidats auraient pu profiter des déceptions qu'a provoqué la gauche en n'allant parfois pas assez vite, pas assez loin, pour rendre la justice fiscale ou encore pour peser sur les décisions des grands groupes. Mais le candidat du FN s'est désisté en faveur de sa femme pour une affaire de bagarre compliquée, et le candidat de l'UMP a dû annuler toutes les visites des ténors de la droite pour cause de crise nationale et scission de son parti. Ce dernier, militant de la droite populaire, peut difficilement faire état de son bilan (des lois sur les monuments aux morts et les drapeaux étrangers) quand Dolores Roqué, en 6 mois, a obtenu la création de deux zones de sécurité prioritaires à Béziers.

      Dans ce contexte, la politique ne provoque ni élan, ni passion, dans un territoire où l'humeur est maussade. La puissance publique est malmenée par des patrons plus forts que des états, et les électeurs qu'on croise attendent beaucoup de la gauche. Reprendre la main sur une histoire balbutiante, montrer que la politique peut encore changer la vie, concrètement.

     Reste une députée sortante, prof d'espagnol dans un lycée professionnel, militante syndicaliste, humble et sincère, qui fait campagne dans une tramontane glacée et qui, je l'espère, sera en tête au premier tour.

      Car il reste beaucoup à faire, maintenant que la majorité a pris ses marques, pour créer de l'emploi (j’espère avec une reconversion écologique de l'appareil productif), pour faire la justice fiscale (j'espère, en passant au-dessus des lobbies patronaux), et pour mener une refondation éducative en profondeur.