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Rythmes scolaires : progressistes hier, conservateurs aujourd’hui ? Notre tribune dans "libération"

tribune.jpgLa mobilisation de certaines organisations syndicales contre la refondation des rythmes scolaires proposée par le Ministre de l’Education et ses récentes déclarations sur le raccourcissement des vacances d’été interroge.

Ces syndicats ont l’air d’oublier aujourd’hui ce qu’ils revendiquaient hier, quand la droite était au pouvoir. Nous, qui militions dans des organisations lycéennes ou d'enseignants à leurs cotés au sein de la communauté éducative pendant plusieurs années, étions sincères dans ces combats communs. Aujourd’hui, nous craignons de découvrir que l'intérêt des élèves n'a en réalité servi d'alibi qu'à la défense d'autres intérêts.

Du jour au lendemain, ils ont enterré l’Appel de Bobigny, grand projet national pour l’éducation et la
jeunesse qui avait rassemblé des organisations d’enseignants, d’élèves et parents d’élèves. Cet Appel de Bobigny, expression commune d’une ambition éducative clairement progressiste, revendiquait une refonte des rythmes scolaires et refusait de fait, la semaine de quatre jours.

Une espèce d’amnésie collective frappe aujourd’hui celles et ceux qui se mobilisent pour faire tomber le projet éducatif de Vincent Peillon. La légitime résistance aux régressions scolaires de ces dernières années, organisées par la droite, aurait-elle laissé la place à la tentation de l’immobilisme chez certaines organisations syndicales, à un réflexe de rejet du changement ?

La question se pose puisque aujourd’hui, des intérêts catégoriels et même des calculs internes aux
syndicats priment sur l’intérêt de l’élève pour une partie de la « communauté éducative ». C’est on ne peut plus regrettable. Nous, jeunes militants engagés en politique et syndicalement pour la transformation de l’École, sommes déçus par l’attitude des organisations avec qui nous menions le combat pour l’avenir du service public d’Éducation.
Les réactions passionnées de certaines organisations aux déclarations de Vincent Peillon sur un éventuel raccourcissement des grandes vacances nous interroge également :
Refuser de réduire la durée des vacances d’été, c’est accepter toujours plus de bachotage et de survol des programmes que nous avons toujours dénoncé, préférant une école de la réussite et de
l’émancipation de tous. La réforme des rythmes scolaires est une proposition majeure dans notre
engagement, nous l’attendons depuis plus de 10 ans et nous l'avons porté de génération en génération auprès de celles et ceux qui aspiraient, un jour, à prendre le pouvoir pour démocratiser le système.

Les grandes vacances d’été, initialement très longues pour que les enfants participent aux travaux
agricoles, ne sont pas un acquis social des élèves. Aujourd’hui le travail des enfants est interdit en France et ce temps de congés est certes nécessaire mais il est aujourd’hui trop long. Refuser de réduire la durée des vacances d'été c'est refuser de se préoccuper d'une situation toujours plus injuste pour plus de deux millions d'enfants pour qui cette période estivale, ressemble plus à un abandon de la République, qu'à un véritable temps de repos et d’épanouissement. Réorganiser le temps scolaire, c’est aussi permettre de développer la pédagogie pour la réussite des élèves, c’est en ce sens que nous avons porté et que nous portons cette revendication.

Les progressistes ont-ils oublié que pour alléger les journées de cours, il faudra augmenter le nombre de jours en classe et par conséquent, réduire les congés d’été ? De facto, la question d’une réforme du baccalauréat se posera ! Il s’agit d’être à la hauteur des enjeux et de savoir laisser de côté des intérêts catégoriels paralysants pour l’avenir du service public d’Éducation.

Vincent Peillon doit tenir. Le Ministre a raison de ne pas s’accommoder de l’exclusion de milliers d’élèves en difficulté chaque année. Le Ministre a raison de ne pas se satisfaire d'un des systèmes scolaires les plus inégalitaires au monde qu’il est urgent de refonder. Le Ministre a raison de vouloir avancer, l’Ecole a bien trop attendu.

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