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Bilan ou point d'étape?

bilan.pngCe weekend, j'étais à Chartres, pour une commande précise : former les socialistes d'Eure et Loir à la riposte et à l'argumentaire sur le bilan du gouvernement. Avec raison, mes stagiaires m'ont fait remarquer qu'on peut difficilement parler d'un bilan à l'issue de quelques mois de gouvernement, au mieux d'un point d'étape. Une formation sur le bilan... J'en ai pas mal rigolé quelques jours avant : ces semaines passées, depuis l'affaire Cahuzac, une formation auto-défense était plus utile aux militants socialistes pour parler de bilan, qu'une formation riposte. Et pourtant nous avons préparé toutes formes de militantisme qui nous confronteront aux espoirs que nous avons suscité.

Pour préparer cette formation, je me suis donc intéressé à ce que nous apporte cette 8ème expérience de la gauche au pouvoir. Après 1924, 1936, 1946, 1956, 1981, 1988, 1997 (choix arbitraire!), qu'apportera 2012 aux Francaises et aux Francais ? Tout au long du XXème siècle, l'arrivée au pouvoir des socialistes a marqué des avancées, des transformations sociales qui ont amélioré la vie de nos concitoyens et bouleversé la société française. Qu'en est-il pour cette fois, alors qu'avec tous les pouvoirs en main, nous n'avons aucun prétexte pour échouer ?

Je n'étais pas là pour parler de mon point de vue, évidemment. Pour ma part, je regrette que nous ayons passé autant de temps sur des réformes sociétales alors que la reconversion écologique de l'économie aurait tant eu besoin de la volonté politique et de l'énergie engagée pour faire passer le « mariage pour tous », que je soutiens, pourtant, évidemment. Pour ma part, je trépigne quand le gouvernement prend son temps au lieu de prendre des mesures énergiques et radicales en matière économique et sociale, quand le gouvernement hésite à lancer des réformes structurelles dans le domaine institutionnel et éducatif. Mais je n'étais pas là pour ca.

Parlons bilan donc. D'après le site, lui-president.fr, sur 194 propositions faites à l'écrit et à l'oral pendant la campagne, 57 ont été tenues, 20 ont été tenues partiellement, 24 ne seront pas tenues, et 82 sont en cours de réalisation. Si l'on peut regretter des reculs sur le récépissé du contrôle d'identité, la taxe à 75%, la TVA, on ne peut qu'observer que la majorité au parlement européen appartient aux libéraux-conservateurs, que la droite a laissé le pays dans une situation commerciale et budgétaire désastreuse, et que le changement, « ca prend du temps ». Pour autant, en 10 mois, le gouvernement a largement accompli sa tâche ! De la banque publique d'investissement à la création de postes dans l'éducation, des emplois d'avenir aux zones de sécurité prioritaire, les ministres ne chôment pas !

Si la première année était jalonnée par l'agenda du changement, la suite du mandat reste ouverte. Plutôt que de laisser le champ libre aux médias pour réclamer des abandons qui ont tant déçu l'électorat de gauche, au nom d'un pseudo « réalisme », exigeons de donner un ton nouveau au changement. Un ton dur, pugnace, une voix martiale, une intonation déterminée pour donner à la puissance publique toute sa force de frappe. Quand la majorité des Francais ne vote pas ou vote FN, quand les transnationales, si bien incarnées en Mittal, font des bras d'honneur au gouvernement de la France, on attend de la gauche un sursaut. Si la gauche est digne de cette exigence historique, les manuels d'histoire parleront, peut-être, de 2012, et du « changement ».

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