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Municipales 2014: et si parlait des villes durables?

Ville_durable.jpgCe soir, j'anime avec Francois (pas Hollande, l'autre) une réunion sur la ville durable. Dans le club de reflexion que nous avons lancé le mois dernier autour de la « gauche durable », on ne discute que de fond, on oublie un peu nos problématiques locales biterro-biterroises pour prendre de la hauteur sur des sujets décisifs pour la réussite du mandat de Francois Hollande : l'emploi, l'écologie, l'énergie, mais aussi l'aménagement du territoire, des sujets transversaux qui nécessitent des changements radicaux.

Un des grands enjeux de l'économie et de la société durable, qui doit être imposée dans le débat des municipales, c'est la question de la ville durable. Non seulement une ville énergétiquement positive, qui réduit son empreinte écologique et l'émission de gaz à effet de serre, mais aussi une ville où la qualité de vie s'améliore, tant en matière de santé environnementale (13% d'ashme chez les ados contre 7% chez les adultes, durée de pollinisation plus longue, irritation des muqueuses avec la pollution, 150 000 morts par an en Europe du fait des particules fines) qu'en matière de lien social et de vivre-ensemble.

La ville durable, c'est une autre politique de déplacements, d'agriculture, de transports, de commerces, de gestion de l'espace naturel, mais aussi une réflexion sur l'étalement urbain, la taille et l'emplacement des logements, sur les inégalités sociales qui poussent certaines catégories sociales à habiter toujours plus loin de leur travail du fait du prix des logements dans les métropoles...c'est une question urgente, quand les 2/3 de la consommation énergétique et de l'émission des gaz à effet de serre se fait en ville. C'est aussi un moyen de créer des emplois, dans le bâtiment, l'agriculture, l'énergie et de nouveaux services qui changent la manière de consommer et de produire (ex. réparation, recyclage, partage de services) et réduisent l'empreinte écologique et les déplacements. Concernant le travail, la ville durable pose aussi la question de l'extension du télétravail, avec la création d'espaces dédiés dans les villes, pour limiter des déplacements domicile/travail qui ont doublé en 20 ans, mais on peut déjà jouer sur les horaires de travail (ex. l'ouverture des universités à horaires décalés à Montpellier).

Les études identifient 3 façons d'aller vers une ville durable : les restrictions (péage urbain, coût du stationnement, etc.) sont limitées et en plus injustes. La réhabilitation massive du bâti et le partage de la voirie, la mixité du logement créent des emplois mais ne remettent pas en cause l'organisation de la ville et des modes de vie. La dernière s'attaque à la structure de la ville, pour rapprocher les activités et les domiciles, voire en créant plusieurs centres.

La ville durable questionne nos politiques d'urbanisme : habiter proche de la nature avec des lotissements à perte de vue a un coût, en terme de risques naturels, de pollution, d'extension des reseaux, mais créer des éco-quartiers, si ce n'est pas sur un bâti déjà existant, peut s'avérer assez superficiel, même si ces expériences qui favorisent la mixité du logement, des déplacements, de l'énergie ébauche un nouveau mode de vie...seulement accessible aux bobos pour l'instant. Mais la densification pose aussi problème quand elle amène les gens qui habitent dans des grandes villes à s'échapper...en prenant l'avion ! Organiser autrement les déplacements, c'est partager la chaussée, favoriser la réduction des usages de la voiture pour les petits déplacements (avec des commerces de proximité par exemple)

La densification est une question politique quand les classes aisées veulent une ville compacte, et les catégories populaires la villa dans le lotissement (82% des Francais veulent une maison individuelle et seuls 17% des urbains utilisent les transports collectifs), quand les réseaux s'étendent et quand les centre-villes se désertifient. La ville a vu sa superficie doubler en 25 ans, ce qui pose la question de l'alteration des paysages, mais aussi de la disparition des meilleures terres agricoles (spéculation sur le foncier) alors que la ville devrait se requalifier sur elle-même.

Le changement urbain permettrait d'aller vers une ville moins chaude et de prendre en compte le déreglement climatique : question des revêtements (sortir du bitume et du béton?), des matériaux de construction, de la pollution, de l'absence de végétation, de l'abandon de constructions naturellement climatisées (fenêtres étroites) qui augmente de plusieurs degrés la température et empêche le rafraichissement de la soirée. En cas de canicule, la mortalité peut être forte sur des personnes plus isolées dans des grandes villes où il fait plus chaud. Que faire ? Pourquoi pas végétaliser la ville, les murs, les friches ?

Le problème, c'est que changer la ville a un coût : d'apres les études du Grand Lyon, il faudrait 250 millions d'euros pour bien isoler tous les logements de l'agglomération. La ville durable necessite de nouvelles normes. Par exemple construction de bâtiments à basse consommation énergétique dans toutes les ZAC de l'agglo, ou référentiel habitat durable avec une autre gestion des déchets, de l'énergie comme en Belgique où l'eau de la douche est utilisée pour les toilettes, où l'eau de pluie est réutilisée. Pour autant, un habitant qui s'installe en périphérie coûte deux fois plus cher qu'une autre qui s'installe au centre (mais il rapporte et coûte peu cher sur le court terme!).

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