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  • Ce que veulent mes élèves

    eleve.gifMercredi dernier, dernier jour avant le conseil de classe, j'ai proposé à mes élèves de remplir un questionnaire. Les élèves adorent les questionnaires. Celui-ci s'intéressait à eux, à leur vision du cours, de l'histoire-géographie, de la pédagogie, de la vie au collège. Un questionnaire encore imparfait, mais je l'améliorerai. Que disent les réponses?

    - Je leur demandai d'abord s'ils aimaient venir au collège. sur 25 élèves, les 3/4 disent OUI, mais pour des motifs différents. La moitié de la classe aime venir pour retrouver les amis. Quelques réponses évoquent l'intérêt des apprentissages, mais bon...le collège est un lieu social, la classe est un groupe, où le professeur, presque, gênerait. Mais un groupe bizarre, où il faut tester la souplesse de son cou pour discuter, bavarder, observer...voire interpeller. Quelques-uns précisent qu'ils n'aiment pas tous les jours, voire que celà leur permet d'oublier les soucis de la maison. Enfin, on en trouve qui n'aiment pas, parce qu'ils se sentent enfermés, parce qu'ils préfereraient faire du sport ou, surtout, parce qu'ils n'aiment pas se lever tôt. 6h30 pour ceux qui doivent prendre les transports scolaires. 

    - S'embêtent-ils en classe? Dans un débat qui avait précédé le questionnaire, ils avaient rigolé, goguenards, quand je leur avais dit que nous étions conscients qu'on s'ennuyait beaucoup au collège. Et je leur avais parlé de la refondation et de ses enjeux. J'ai trouvé trois réponses: celà dépend la matière, le prof, le cours. L'effet prof reste peu important (1/6 des réponses). Mais la première réponse, c'est le sujet qui prime! Une petite partie indique qu'elle bavarde pour éviter de s'embêter.

    - Plus intéressant: je leur ai demandé de noter de 1 à 5 leur activité préférée en cours. Le travail de groupe (je n'ai eu le temps de faire qu'un seul exposé) arrive à peine derrière les simulations (97 et 98 points). J'ai fait jouer des procès et des gardes à vues à mes élèves, ca c'était bien passé. 3ème réponse: le récit, le prof qui raconte une histoire. Enfin, avec la moitié des points (44), c'est l'activité, l'étude de documents. Pas de chance, c'est celle que j'utilise le plus, par manque d'inventivité, de temps, mais surtout...pour avoir du répit. Ils évoquent d'autres situations, pas forcément populaires: la trace écrite (le cours dicté), abhorée, le contrôle (idem), la video ou le support multimédia (peu évoquée).

    -Je leur ai demandé ce qui les gênait en classe pour comprendre le cours. Si le bruit de fond (voire extérieur) est premier avec 56 points, l'explication du professeur est la 2ème cause: pas assez, ou pas assez bonne. Les bavardages arrivent en 3ème position, avec enfin les élèves perturbateurs, les interruptions du cours (altercation avec un élève, professeur qui réclame le calme et perd le fil...) et...quand un autre élève les embête. Je ne vois pas tout, mais aparemment, c'est fréquent.

    Je leur ai demandé ce qu'ils avaient appris cette année. Restera de cette quatrième la notion de mondialisation, quelques repères historiques et géographiques, et surtout, la capacité à mieux rédiger, à synthétiser, à faire des réponses justifiées. Et j'en suis fier!

    Enfin, je leur demandé ce qui devait changer l'an prochain. Un lobbie sous-jacent a fait passer le mot qu'il fallait rétablir l'usage du téléphone portable (j'attendais quelque chose de plus transcendant), ont réclamé un foyer plus grand, une infirmerie ouverte plus souvent. Concernant mon cours, ce n'est pas la révolution. Certains, comme toujours, veulent que je dicte moins vite, que j'écrive plus au tableau. C'est rapé, en quatrième. D'autres veulent plus d'oral, plus de travail de groupe, plus de simulation, plus de QCM, plus d'exposés, de supports multimédias, et des sorties pédagogiques. Un tiers de la classe veut que rien ne change. C'était rassurant, mais c'est une gentille classe. Des réponses quand même classiques, qui mériteraient d'être creusées. Après tout, la refondation doit aussi venir des élèves!

  • Municipales 2014: et si parlait des villes durables?

    Ville_durable.jpgCe soir, j'anime avec Francois (pas Hollande, l'autre) une réunion sur la ville durable. Dans le club de reflexion que nous avons lancé le mois dernier autour de la « gauche durable », on ne discute que de fond, on oublie un peu nos problématiques locales biterro-biterroises pour prendre de la hauteur sur des sujets décisifs pour la réussite du mandat de Francois Hollande : l'emploi, l'écologie, l'énergie, mais aussi l'aménagement du territoire, des sujets transversaux qui nécessitent des changements radicaux.

    Un des grands enjeux de l'économie et de la société durable, qui doit être imposée dans le débat des municipales, c'est la question de la ville durable. Non seulement une ville énergétiquement positive, qui réduit son empreinte écologique et l'émission de gaz à effet de serre, mais aussi une ville où la qualité de vie s'améliore, tant en matière de santé environnementale (13% d'ashme chez les ados contre 7% chez les adultes, durée de pollinisation plus longue, irritation des muqueuses avec la pollution, 150 000 morts par an en Europe du fait des particules fines) qu'en matière de lien social et de vivre-ensemble.

    La ville durable, c'est une autre politique de déplacements, d'agriculture, de transports, de commerces, de gestion de l'espace naturel, mais aussi une réflexion sur l'étalement urbain, la taille et l'emplacement des logements, sur les inégalités sociales qui poussent certaines catégories sociales à habiter toujours plus loin de leur travail du fait du prix des logements dans les métropoles...c'est une question urgente, quand les 2/3 de la consommation énergétique et de l'émission des gaz à effet de serre se fait en ville. C'est aussi un moyen de créer des emplois, dans le bâtiment, l'agriculture, l'énergie et de nouveaux services qui changent la manière de consommer et de produire (ex. réparation, recyclage, partage de services) et réduisent l'empreinte écologique et les déplacements. Concernant le travail, la ville durable pose aussi la question de l'extension du télétravail, avec la création d'espaces dédiés dans les villes, pour limiter des déplacements domicile/travail qui ont doublé en 20 ans, mais on peut déjà jouer sur les horaires de travail (ex. l'ouverture des universités à horaires décalés à Montpellier).

    Les études identifient 3 façons d'aller vers une ville durable : les restrictions (péage urbain, coût du stationnement, etc.) sont limitées et en plus injustes. La réhabilitation massive du bâti et le partage de la voirie, la mixité du logement créent des emplois mais ne remettent pas en cause l'organisation de la ville et des modes de vie. La dernière s'attaque à la structure de la ville, pour rapprocher les activités et les domiciles, voire en créant plusieurs centres.

    La ville durable questionne nos politiques d'urbanisme : habiter proche de la nature avec des lotissements à perte de vue a un coût, en terme de risques naturels, de pollution, d'extension des reseaux, mais créer des éco-quartiers, si ce n'est pas sur un bâti déjà existant, peut s'avérer assez superficiel, même si ces expériences qui favorisent la mixité du logement, des déplacements, de l'énergie ébauche un nouveau mode de vie...seulement accessible aux bobos pour l'instant. Mais la densification pose aussi problème quand elle amène les gens qui habitent dans des grandes villes à s'échapper...en prenant l'avion ! Organiser autrement les déplacements, c'est partager la chaussée, favoriser la réduction des usages de la voiture pour les petits déplacements (avec des commerces de proximité par exemple)

    La densification est une question politique quand les classes aisées veulent une ville compacte, et les catégories populaires la villa dans le lotissement (82% des Francais veulent une maison individuelle et seuls 17% des urbains utilisent les transports collectifs), quand les réseaux s'étendent et quand les centre-villes se désertifient. La ville a vu sa superficie doubler en 25 ans, ce qui pose la question de l'alteration des paysages, mais aussi de la disparition des meilleures terres agricoles (spéculation sur le foncier) alors que la ville devrait se requalifier sur elle-même.

    Le changement urbain permettrait d'aller vers une ville moins chaude et de prendre en compte le déreglement climatique : question des revêtements (sortir du bitume et du béton?), des matériaux de construction, de la pollution, de l'absence de végétation, de l'abandon de constructions naturellement climatisées (fenêtres étroites) qui augmente de plusieurs degrés la température et empêche le rafraichissement de la soirée. En cas de canicule, la mortalité peut être forte sur des personnes plus isolées dans des grandes villes où il fait plus chaud. Que faire ? Pourquoi pas végétaliser la ville, les murs, les friches ?

    Le problème, c'est que changer la ville a un coût : d'apres les études du Grand Lyon, il faudrait 250 millions d'euros pour bien isoler tous les logements de l'agglomération. La ville durable necessite de nouvelles normes. Par exemple construction de bâtiments à basse consommation énergétique dans toutes les ZAC de l'agglo, ou référentiel habitat durable avec une autre gestion des déchets, de l'énergie comme en Belgique où l'eau de la douche est utilisée pour les toilettes, où l'eau de pluie est réutilisée. Pour autant, un habitant qui s'installe en périphérie coûte deux fois plus cher qu'une autre qui s'installe au centre (mais il rapporte et coûte peu cher sur le court terme!).