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  • De notre responsabilité

    rubon99.jpgNouvelle circulaire de rentrée, colloque sur le métier d'enseignant, débat sur le socle commun...cela fait beaucoup de choses à discuter. Mais au-delà de ces sujets d'actualité, depuis un mois, quelque chose que j'ai entendu tourne et se retourne dans ma tête "ca sert à rien d'attendre la refondation, c'est à chacun de s'y mettre!". Et cela me fait réfléchir.

    Alors, l'heure de la révolution est venue? Peut-être. Ce matin, j'ai potassé la circulaire de rentrée, cette lettre de mission annuelle envoyée par le ministère de l'éducation à ses cadres intermédiaires pour donner les priorités de l'année scolaire. Ses priorités m'enthousiasment: je me reconnais pleinement dans une école qui réduit les inégalités, dans une école bienveillante. La déclinaison de nos missions m'intéresse: l'accompagnement des élèves, la réduction des inégalités, le soutien aux équipes pédagogiques, une école exigeante et bienveillante...

    Je relève d'excellentes idées: Une volonté profonde de réformer l'évaluation pour mieux mesurer les progrès, les jumelages de lycées avec des établissements étrangers, l'ébauche de la refondation du système éducatif à partir de l'éducation prioritaire (par exemple, les petits groupes de tutorat en sixième).

    Je vois aussi bon nombre de continuités droite/gauche qui font avancer le système: internats de la réussite, lutte contre le décrochage, contre le redoublement, il ne faut pas détricoter chaque année des évolutions de long terme! Je lis entre les lignes que sur la carte scolaire, sur le numérique, sur la formation continue, le nouveau ministre ne revient pas sur les orientations de son prédécesseur.

    Mais boudiou, au delà des intentions, comment va t'on faire bouger le mammouth? On parle d'évolutions des pratiques pédagogiques mais dans quel cadre? De simples fiches téléchargées ne suffiront pas! Une école bienveillante ne peut se limiter à la problématique de la pause méridienne! L'école numérique ne peut s'imposer avec une centaine de #collègesconnectés! Alors, espérons que la gauche saura accélérer le rythme d'ici 2017.

    Le travail sur le socle commun, avec la présentation du projet du conseil supérieur des programmes et du contre-projet de mon syndicat, les enseignants de l'UNSA, est une piste passionnante pour une refondation qui pourrait se mener sur le terrain: la logique curiculaire permet de mettre en oeuvre un travail interdisciplinaire, une autonomie pédagogique des établissements...pour ceux qui voudront avancer? Je pense que notre système peut et va évoluer. Mais comment? A l'anglo-saxonne, à la française, à la nordique? Et si la gauche a d'autres chats à fouetter ou ne veut pas prendre de risques, alors que fera t-on?

     

  • ma pré-rentrée à moi dure une semaine

    téléchargement.jpgAprès tout, le débat sur "la prérentrée doit-elle avoir lieu le 29 août ou le 1er septembre?" est un débat de petit joueur. Voyons plus large. A quoi sert la prérentrée et que veut-on en faire? En plus, ca me permet de penser à autre chose qu'à mon inspection d'après demain.

    Premièrement, la question de la prérentrée c'est la question des priorités ministérielles. Et je suis inquiet de voir mon ancien chef de courant, discret sur la poursuite de la refondation (qui avait perdu perdu de sa consistance depuis la concertation d'octobre 2012), rester muet sur l'urgente réforme du collège évoquée par Vincent Peillon (les 4000 postes prévus en plus pour changer la vie des établissements). Alors j'espère que la priorité n'est pas de donner des gages aux syndicats de la fédération FSU, qui défend avant tout des intérêts corporatistes, qui peuvent s'opposer au changement radical que doit connaître le système éducatif français. Son originalité est en effet de renforcer les inégalités sociales là où il devrait les réduire. Mais dur de ne pas remarquer que l'assouplissement des rythmes était une revendication du SNUIPP (primaire) et que c'est le SNES (secondaire) qui a annoncé, avant le ministre, le report de la prérentrée. Ce qui me laisse très inquiet.

    Alors voyons plus large. C'est l'article de Mara Goyet sur les blogs du Monde qui m'a donné envie d'écrire. J'avais honte moi aussi qu'on réduise les enseignants à des fumistes qui ne veulent pas travailler au mois d'août. Ce qui est évidemment faux, un enseignant pense TOUT LE TEMPS à son métier.

    Ma prérentrée durerait une semaine. Ce serait un moment d'ébullition collective.

    Le lundi, on accueillerait les nouveaux, on ferait des activités pour mieux se connaître, on rencontrerait les associations de parents d'élèves, les collectivités territoriales, les syndicats de toutes les catégories de personnel, parce qu'un établissement doit évoluer avec son territoire, et tous ses acteurs. 

    Le mardi, on débattrait sur le projet d'établissement, son avancement, son évaluation, en petits comités, et on pourrait plancher sur un plan de vie lycéenne ou collégienne d'un an pour mettre en synergie les enseignants, les personnels, les élèves autour d'activités sportives, culturelles, et d'un projet d'ouverture internationale.

    Le mercredi (le matin hein, compromis avec les syndicats râleurs), les professeurs pourraient plancher par groupes de niveau sur des progressions partagées, pour que les savoirs fassent sens, et que, par exemple, on étudie "l'eau" en meme temps en physique-chimie, en SVT et en histoire-géographie en seconde, que le moyen-âge occidental soit abordé en même temps que l'architecture en technologie en cinquième, et que l'histoire des arts, ou le développement durable, fassent l'objet de semaines thématiques comme c'est le cas au collège expérimental de Bordeaux.

    Le jeudi, ca pourrait être une journée entière de formation continue, entre pairs, peut-être au sein de bassins de vie avec d'autres établissements, sur les pratiques pédagogiques, l'usage du numérique, les compétences...

    Le vendredi, on pourrait organiser des commissions thématiques avec des référents, intégrés peut-être dans l'équipe de direction, qui le resteraient tout au long de l'année: sur l'échec scolaire, sur l'intégration du handicap, sur l'ouverture culturelle ou sur l'ouverture internationale, il faut travailler de manière transversale!

    Evidemment, les propositions sont discutables, mais tout ceci serait un changement radical, on considérerait, chose affreuse, que les établissements sont des lieux de vie, où le savoir doit faire sens et non pas être ingurgité sous la menace d'heures de colle, où les personnels s'impliquent avec les élèves pour en faire un lieu où on serait heureux d'aller, où on ne compterait pas ses heures.

    Alors voilà, ce n'est pas une fumisterie, c'est à ça que la refondation aurait pu ressembler. On n'est pas encore en 2017, alors ne baissons pas les bras...