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Histoire-géo: fini Charlemagne, parlons du frigo!

Charlemagne-et-sa-barbe.jpgMes intenses lectures d'été m'ont bien fait réfléchir. Tant mieux, c'était le but, après une année scolaire riche en doutes pédagogiques. Relire le programme de sixième, prendre en note le spécial "développer des compétences en histoire-géographie" des cahiers pédagogiques, étudier un bulletin "neurosciences de l'éducation" de l'institut français de l'éducation de Lyon, et feuilleter les brochures du ministère québécois de l'éducation, tout ceci a amélioré le rendement de mes neurones.

Je l'aime ma matière, depuis longtemps! Quand j'avais 9 ans je voulais être prof pour faire partager ce goût. 5 ans d'études spécialisées et 5 années sur l'estrade m'ont fait changer d'avis: je veux maintenant que ces deux sciences apportent quelque chose à mes élèves et qu'elles soient utiles. Évidemment je forme des citoyens éclairés, mais comme l'écrit Olivier Quinet dans les cahiers pédagogiques, à quoi sert d'apprendre des repères cartographiques et chronologiques en troisième quand on peut tout trouver en 3 clics sur son Smartphone? Et comme il l'écrit aussi, si mes élèves ne retiennent rien à l'issue de 100 heures d'enseignement annuelles, il y a un problème, quoi qu'en disent le courant des élitistes dits républicains qui clament qu'on n'apprend plus rien à l'école...

Alors, après tout, Charlemagne, je m'en fiche. Idem pour les Byzantins. Comme étudiant en histoire je regrette que mes élèves ne bénéficient pas des lumières de Ducellier, mais comme prof, pas besoin d'y passer dix heures, il s'agit seulement de parler du rêve de "rénovatio imperii" au Moyen-âge. Et encore je me demande comment je vais rendre ca intéressant. La renaissance, je ne sais pas comment lui donner du sens. Mais la première colonisation du 18eme siècle, le café au petit Dej, ca je pourrai bien l'expliquer. Les conteneurs, le pétrole, les meubles en kit, tout ce qui lie géographie, mondialisation, et vie quotidienne, là en revanche, je vois bien comment celà peut faire sens.

Les programmes actuels me mettent en difficulté, les consignes sont précises, mais le but suprême du passage de hordes d'adolescents dans nos salles de 50 m2 est assez peu clair, soit je prépare mes petits cinquièmes à l'agreg d'histoire (ca je sais faire), soit je permets à de futurs adultes de comprendre leur environnement quotidien, et la, alors, je fais mal mon job. Pas grave, tout le monde s'en moque d'ailleurs. Je ne suis pas convaincu quand je prépare mon cours, mes élèves s'ennuient, je rame en classe, un tiers des effectifs comprend où je voulais en venir pendant l'évaluation, et c'est parti pour la prochaine séquence.

Alors que faire? Pour moi, partir du quotidien pour l'expliquer, une réflexion que je retrouve dans l'enseignement "histoire et citoyenneté" québecois qui veut "interprêter les réalités sociales à l'aide de la méthode historique". A quoi celà pourrait ressembler? Des entrées thématiques pour chaque année en faisant fi de la chronologie. Pour cette année, on étudierait la démocratie, les sciences, l'écriture, etc...

Alors bonne résolution pour la rentrée prochaine: centrer ma préparation sur la recherche de sens, par l'interdisciplinarite, la mise en situation, le projet concret, et plus de choix laissé aux élèves...à moi de prévoir mon auto évaluation, d'ici là :)

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