Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • « On aura l'air malin, en porte à porte, en 2017 ! »

    2012-04-14_hollande_102.jpgSi vous m'avez rencontré dernièrement, ça devient une idée fixe en ce moment : je me vois mal frapper à une porte, dans mon quartier, et expliquer ce que nous avons fait pendant 5 ans. Je m'en fiche que la France ait été à sec, que le précédent quinquennat ait vidé les caisses, j'ai honte car la faiblesse, le manque de radicalité des réformes engagées par la majorité de gauche depuis 2012 porte atteinte à la démocratie, au politique dans son ensemble : quand on a tous les pouvoirs, du sénat aux ministères, des grandes villes aux régions, on ne peut pas regretter une mauvaise conjoncture, sinon on légitime le discours du FN et des abstentionnistes : la droite et la gauche c'est la même chose, tous pourris, la politique ca sert à rien.

    Alors effectivement depuis 2 ans c'est un peu compliqué. Les amis qui me dégomment au barbecue, les soirées électorales de législatives partielles où les cacahuètes ont un goût bien acre, les municipales qui se résument à une partie de ping-pong droite populaire vs extrème droite...En même temps, quand je lâchais des confettis, rue de Solferino, le 6 mai 2012, j'aurais eu du mal à imaginer que le ministre du budget serait accusé de fraude fiscale, que la fusion CSG/IR c'était du pipeau, que le cumul des mandats se la coulerait douce et qu'une pétition en ligne suffirait à empêcher la réforme bancaire. J'aurais eu plus du mal à faire la réclame des t-shirts « le rêve francais » pendant les meetings d'ailleurs.

    Pour autant, tout n'est pas foutu, on ne va pas tous mourir, il reste 3 ans...On peut légitimement penser qu'on a atteint le fond avec les dernières échéances électorales. A moins d'avoir des oeillères, la doxa libéro-blairo-schroederienne de la gauche cool, moderne et libérale n'a pas l'air très efficace face à la crise. Alors j'avoue, mes yeux scintillent quand des courants tels que la gauche durable, populaire, UMA, les frondeurs, ou des personnalités telles que Martine Aubry se mettent à réclamer d'autres choix économiques et sociaux, quand les autres partis de gauche parlent de majorité alternative...mais je ne me leurre pas, j'ai bien peur que le congrès du PS ne se réunisse pas avant belle lurette, et que tous nos efforts soient vains...

    Mais je m'y accroche. Pourquoi cette fois encore la gauche devrait-elle décevoir, pourquoi notre passage au pouvoir ne serait que fugace, pourquoi serions-nous condamnés à faire preuve de lâcheté face aux forces de l'argent, de l'immobilisme ? On n'a pas été élu pour mener à bien une seule loi sur le mariage, sur le modèle de la gauche espagnole qui s'est contentée de réformes sociétales ! On n'a pas été élu pour bidouiller la carte des régions ! En revanche, sur la transition écologique, sur de nouveaux droits sociaux, sur une réforme éducative, fiscale, là, on nous attend, encore, au tournant.

     

    Alors, d'ici 2017, je continue à y croire, et je connais pas mal de gens qui partagent mes angoisses, et mes espoirs...

  • Béziers valait bien une messe

    prog6272054 (1).jpgJ'ai raté le cap des 100 jours et j'anticipe un peu le bilan des 6 premiers mois, mais j'avais envie de parler de ma ville. En plein été, la trêve des plagistes! Encore que depuis quelques mois je me vante rarement d'être Biterrois. Alors, pour répondre aux dizaines d'interpellations goguenardes ou apitoyées, ca fait quoi de vivre dans une ville d'extrême droite? Et bien pas grand chose, j'y vivais déjà. Le FN arrivait en tête aux élections, le député candidat UMP était à la droite populaire, le maire sénateur refusait de marier les couples de même sexe. Pauvreté, précarité, ségrégation s'appuyaient l'une sur l'autre pour annihiler ce vivre-ensemble ancestral de ma si belle ville, plus méditerranéenne que française...Pour autant, les Biterrois ont majoritairement voulu ce changement d'équipe municipale, ils ont plébiscité les valeurs et les priorités annoncées d'un maire soutenu par le FN, le RPF, DLA. C'est la démocratie, rien ne sert de hurler...si nous voulons construire une alternative, la priorité c'est de comprendre, d'écouter, de décrypter.

    La victoire de Menard, c'est la victoire de forces centrifuges, quand les anciens immigrés se mettent à haïr les nouveaux, quand les SMICards en veulent aux RMIstes. Une énième bataille centre-périphérie, et un signe majeur du discredit de la politique et du système politique dans une ville abandonnée où “tous pourris” et “la gauche et la droite c'est la même chose” n'ont heureusement pas été amplifiés par un soi-disant “front republicain”...

    Et Menard, il fait quoi? Et bien rien. L'elire, c'était faire un bras d'honneur à une droite et à une gauche peu convaincantes. Donc le bilan des premières séances du conseil municipal se résume à des mesurettes; à de la tambouille. Mesurettes, quand la priorité d'un maire est de légiférer sur les tapis, le linge, les blouses. Tambouille quand un maire menace ses collègues de l'agglo, prend des mesures de représailles mesquines, refuse de prêter des chaises, parce qu'il n'a pas obtenu la présidence de l'intercommunalité. Les mesures les plus fortes? Changement de logo, circulation d'une voiture de police sur les allées...manque plus qu'un changement de circulation..

    Et cet homme, en sait-on plus sur lui? C'est un maitre en com', à chaque jour son coup de pub, encore heureux pour un journaliste. Ce n'est pas un grand démocrate: il insulte les élus d'opposition en séance, tente de les humilier. Cela augure mal des 6 ans à venir. Il a bien cerné les priorités de Biterrois précarisés en tout cas: baisse du prix des parkings, gratuité des musées, mesures d'économie en mairie...

    Et sa politique alors? Une nouvelle extrême droite apparait. Réactionnaire, quand le maire soutenu par le FN introduit une messe dans le programme de la feria, la grande festivité biterroise. Stigmatisante quand les mesures “coup-de-com” concernent uniquement les quartiers pauvres ou les cités HLM (couvre feu des jeunes par exemple) ou vire les SDF de la principale avenue du centre-ville. Poujadiste, quand la première décision est de baisser les impôts locaux, ce qui est intéressant pour ceux qui paient une taxe d'habitation très lourde, mais moins pour des propriétaires fonciers qui ne me semblaient pas prioritaires dans la réduction des inégalités.

     

    Et alors, c'est vraiment un maire FN? C'est plus compliqué que ca. Il y a des relents pétainistes (l'affiche sur la feria “familiale et traditionnaliste”, c'était pas mal). R.Menard prend le FN de haut, si des adjoints FN sont dans son équipe, c'est bien lui qui est dans une position de force avec une ville de 72 000 habitants. Son directeur de cabinet? Un ancien d'occident et du GUD qui, d'apres Rue 89 a recruté des mercenaires pour participer au nettoyage ethnique de la Croatie en 1991. Son chef de cabinet? Il a travaillé avec Christine Boutin. Passons sur son autre collaborateur qui était adhérent du PS, merveilleuse manière de décrédibiliser l'opposition en proposant des emplois TRES lucratifs. Heureusement, Menard n'a pas pris le contrôle de l'agglo donc je suis tranquille concernant mes lectures de la médiathèque...En revanche, si vous voulez lire des articles de “valeurs actuelles”, allez sur le site internet de la ville on publie régulièrement des articles...