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Eloge de la modernité

Emmanuel-Macron-François-Hollande-BF-370x246.jpgLa date du prochain congrès du parti socialiste est connue depuis peu : début juin, nous pourrons, enfin, discuter de ce que pense, veut, propose et fait le PS, parti de la majorité parlementaire. Tant mieux, parce qu'on est beaucoup à avoir plein de choses à dire au sujet de ce que fait le gouvernement depuis mai 2012. Mais cet article doit parler de « modernité ». Au PS, la modernité est à la mode des années 80, l'époque des chemises à carreaux aux couleurs discutables, des musiques de Roch Voisine et de Vanessa Paradis, et du tournant de la rigueur.

La modernité chez les socialistes se prône souvent au pouvoir. Il s'agit alors d'être « réaliste », « pragmatique » et de « sortir des postures idéologiques ». Il s'agit souvent aussi d'aller à l'encontre des programmes électoraux, ce qui peut, sans étonnement, avoir des incidences sur l'abstention et le vote d'extrême droite. Les « modernes », au PS, ont égaré leur dictionnaire de sciences politiques : ils se disent socio-démocrates, ce qui correspond au concept nordique de forts prélevements sociaux et de services publics puissants, alors qu'ils sont en réalité socio-libéraux, c'est à dire acquis à la libéralisation des forces du marché qu'ils veulent colorer d'un vernis social protecteur.

Le « moderne », au PS, est investi sur les questions sociétales. Et soudain aphone quand il s'agit de s'exprimer sur les questions sociales (l'Etat ne peut pas tout, toussa toussa). C'est le modèle Zapatero. Le moderne a tendance à pantoufler dans le privé quand il est viré du pouvoir, juste rémunération de services rendus, c'est le modèle Schroeder qui a trouvé du réconfort dans les bras du consortium énergétique russe Gasprom.

C'est le moment de vous faire une confidence, en fait, les modernes sont des anciens, puisque le social-libéralisme a perdu le pouvoir en Espagne, en Allemagne, en Angleterre, laissant derrière lui des bas salaires, des bulles immobilières et des services publics décrépis. Mais alors qui sont les vrais « modernes » ? Et bien, ceux qui proposent un nouveau modèle économique qui va au-delà d'une croissance inaccessible, basé sur la transition écologique et énergétique...Ceux qui font la distinction entre la « bonne » économie des réseaux courts et des coopératives, par exemple, et la « mauvaise » économie financiarisée qui ne produit aucun bien, aucun progrès (un peu comme le bon chasseur et le mauvais chasseur). Ceux qui ont déjà vu le schéma des récessions, en sciences éco, quand la rigueur publique jugule la consommation privée et enraye toute l'économie...Vous avez deviné, on les appelle « frondeurs » à l'assemblée.

Le plus embêtant dans tout cela c'est que ce débat des anciens et des modernes n'est pas qu'un enjeu interne du parti socialiste. Des forces de gauche sont pourtant capables de s'unir pour porter un nouveau discours alternatif à la doxa « réaliste » des modernes des années 80. Mais si la puissance publique refuse d'agir, si l'alternance ne produit plus d'alternative, alors ca sert à quoi de voter ? Quand les affaires se succèdent, quand la gauche et la droite ont le même discours économique une fois arrivés au pouvoir...C'est la porte ouverte à des forces qui, c'est certain, ne sont pas des « modernes ».

 

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