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Pendant ce temps là, à droite...

Les temps sont durs. Sur twitter, les échanges sont acides concernant la réforme du collège alors que 4000 postes en plus sont prévus pour les dotations des collèges. Manifestation, grogne, grève, tout ceci alors qu'on crée des postes enseignants!

XVM2ddfa32e-dae6-11e5-a831-2076b0dce7a2.jpgA un an des présidentielles, le gouvernement s'embarque dans une réforme du code du travail qui a recréé l'union syndicale disparue depuis des années. La gauche déçoit, ses électeurs boudent, les derniers scrutins ont vu un débat médiatique marqué uniquement par la montée du Front National.

Pendant ce temps-là, la droite ramasse la mise aux municipales, aux départementales, et moins largement aux élections régionales: panne de projet, divisions internes peut-être, mais le système de scrutin majoritaire entraîne quasiment mécaniquement l'alternance quand l'abstention frappe surtout la gauche. Dans cette morose, j'ai lu un passionnant article du "figaro" sur les programmes annoncés par les candidats aux primaires de droite qui doivent se dérouler pour la première fois dans l'histoire politique française à l'automne 2016. Je n'ai pas été déçu.

Vous aviez aimé Sarkozy et les mouvements sociaux à répétition contre le service minimum (transports), les lois HADOPI (culture), et LOPPSI (sécurité intérieure), ou surtout les retraites? Ce n'était rien! Les candidats aux primaires de droite ont des petites différences, minimes, mais leurs idées concordent sur beaucoup de thématiques:

La fonction publique les intéresse beaucoup. Tout d'abord les recrutements: certains candidats se contentent de ne remplacer qu'un départ sur deux à la retraite (Alain Juppé et Nadine Morano) ou 1 sur 3 (Hervé Mariton) quand Jean-Francois Copé veut carrément geler les embauches (FPE et FPT) et que Frederic Lefebvre, magnanime, dégraissera uniquement les effectifs des agences nationales, tout comme Bruno Le Maire qui se contente de la suppression de 1 millions d'emplois publics.

Mais cela c'est la mise en bouche. La plupart des candidats veulent en finir avec le statut de la fonction publique. Pour Le Maire et Nicolas Sarkozy, suppression du statut et contrats de 5 à 10 ans (Sarkozy sait où sont les syndiqués, il sauve les enseignants et les policiers). Et suppression de la fonction publique territoriale, les élus "composeront leur équipe". Depuis le clientélisme de la Rome antique on avait pas osé. Juppé, Lefebvre et Copé n'en parlent pas. Pour Mariton et Kosciuzko-Morizet c'est pareil, soit on aligne sur les contrats du privé, soit on limite le statut de fonctionnaire aux fonctions régaliennes.

Bon, vous parler de la suppression du jour de carence, des primes au mérite, de l'augmentation du temps de travail, après celà, ca vous semble dérisoire...

Mais cette comparaison des programmes se focalise surtout sur la question économique. Sur le chômage, belle unanimité des candidats qui veulent tous la dégressivité des allocations. Pour Morano et Sarkozy, le refus d'offres d'emploi va coûter cher. Deux candidats, Lefebvre et Le Maire, ont le mérite de lancer le débat de l'aide sociale unique.

Sur le code du travail, je préfère ne pas m'étendre, ils proposent tous des mesures qu'on retrouve dans le pré-projet de loi El-Khomri qui a fuité, un bel exemple de triangulation: réduction du code, accords de branche, référendum d'entreprise, ils sont tous d'accord. Dépense publique? Ils veulent tous la réduire, Lefebvre et Fillon veulent aussi constitutionnaliser l'équilibre des comptes. Pour les impôts, rien de très passionnant, suppression de l'ISF, baisse de l'impôt sur les sociétés pour la plupart des candidats, Lefebvre se démarque comme le candidat ultra-libéral avec son projet de Flat tax, l'impôt unique proportionnel au même taux pour les revenus, les sociétés et la TVA.

Pour la retraite, les candidats de droite ont beaucoup d'inventivité: si tous veulent relever l'âge légal, beaucoup suppriment le compte pénibilité, Fillon introduit la capitalisation, Le Maire un système par points. Lefebvre et Morano, généreux, proposent de laisser un peu de temps entre le travail et la mort...

 

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