Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Monsieur, on regarde un film ?

the-walking-dead-saison-6-650x367.jpgLa VHS a disparu, le DVD se fait des soucis, mais mes élèves espèrent encore, à la fin de l’année, regarder un film… (« en entier monsieur ! »). Pourtant des films, on en voit toute l’année, notamment des ressources numériques qui commencent enfin à se diffuser…Cette semaine de mi-juin, l’année scolaire n’en finit plus de s’étioler et de s’essoufler. Nous en avons jusqu’à début juillet, à arpenter des établissements aussi inquiétants, vidés de leurs bruits incessants et des piaillements aigus qui me sont si familiers, que les faubourgs d’Atlanta dans « walking dead ».

 

 

Nous avons raté en 2015 l’occasion de faire commencer plus tôt l’année scolaire. Une semaine en plus, quelle respiration, alors qu’on court toute l’année après le temps. L’opposition d’organisations syndicales qui confondent vacances et congés l’a empêché. Le manque de ténacité d’un ministre peut-être aussi. Tant pis pour les élèves. Et pour ces 3 semaines de fin juin qui ne servent à rien.

Evidemment, on n’a pas regardé de film. Mais on a joué. La journée de Louis XIV, avec mes petits cinquièmes. Un peu de lecture, un peu de cours dialogué, et mes élèves ont tiré des bouts de papier leur commandant, en choisissant leur équipe, de jouer le lever, le repas, ou la chasse du roi, en incarnant le rôle des grands officiers courtisans, après avoir complété une frise quotidienne sur leur cahier. C’était sympa…et ça avait l’air de marcher. C’est un objectif officiel du programme, mais pour moi c’était surtout l’occasion de travailler sur l’histoire sociale, sur cette éducation des gentilhommes qui laisse une large place à la danse et à l’escrime…On a parlé du duel et A. a fait facilement le lien entre les bagarres de la cour de récré et la notion exigeante et meurtrière d’ « honneur » au XVIIème siècle

La fin de l’année, c’est aussi moins de stress et de fatigue, la fin du trimestre est passée, avec son cortège de conseils à préparer…C’est le temps de l’introspection. Ces élèves qu’on a manqué, clairement identifié comme décrocheurs. Sans solution évidemment, je le dis à chaque article. Mais aussi tous ces rapports à lire qui s’accumulent.

Le rapport de terra nova, publié ce mois-ci, sur savoirs enseignés et politiques éducatives par exemple. «Que doit-on apprendre à l’école ? » de RF Gauthier et A. Florin est une lecture passionnante qui fait de bons constats (savoirs trop cloisonnés dans des disciplines – artefacts, logique curriculaire en cours de mise en œuvre en France, manque d’appropriation, par les élèves, des savoirs enseignés…) et donne surtout d’excellentes pistes : introduire les sciences cognitives dans la formation des enseignants pour qu’ils puissent apprendre aux élèves à apprendre, intégrer les « life skills » (compétences pour vivre) dans les savoirs enseignés, pour que les élèves, notamment de milieux défavorisés, sachent gérer leur budget, leur santé, leur alimentation…C’était l’objet d’un amendement que je n’ai pas réussi à faire voter au congrès de mon syndicat, le SE-UNSA, à Marseille, en avril 2013.

Le rapport pose aussi des questions : Comment peut-on, quand on est prof, ne pas savoir ce qui est enseigné dans la salle à côté ? C’est pourtant le cas. Pourquoi tous les cours ont-ils la même durée alors que l’attention des élèves n’est pas la même à tous les moments de la journée ? Il ouvre aussi des débats sur la place de l’arabe à l’école en France, le lycée modulaire, l'avenir de la moyenne générale compensatoire, la valorisation de l’oral, de la culture francophone…tant de sujets qui m’intéressent. Ce rapport m’a ouvert l’appétit, alors qu’à la rentrée, plein d’autres rapports de ce type m’attendront sur une table, au 1er étage d’un immeuble parisien du 7ème arrondissement…

Commentaires

  • Un article bien intéressant et instructif sur le devenir de l'enseignement en France et loin des polémiques habituelles et destructrices!

  • Tu nous parles du bunker des désespérés de la rue de solferino je suppose? Pas de doute possible, a l'UNSA on lèche toujours le cul du PS. Pauvre type....

Les commentaires sont fermés.