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le feu, l'eau et l'ardoise

Le feu? Je parle des bombes à sous-munitions. L'eau? De ces corps engloutis tous les jours dont on parle moins que de Kim Kardashian. L'ardoise? Encore une fois, désolé, du "c'était mieux avant", discours des syndicats conservateurs de l'éducation nationale amateurs d'encre et de buvard que je dois subir tout au long de la semaine dans mes réunions ministérielles.

6 semaines sans écrire et donc beaucoup de choses oubliées à raconter. Pour éviter de ressasser ! Dans mes nouvelles responsabilités syndicales, je suis plongé dans l’actualité éducative du matin, tôt au soir, tard, ce qui au-delà des difficultés pour s’endormir, quand le cerveau continue à travailler, m’isole du monde. Heureusement.

Malheureusement, à mon boulot, je peux lire ce merveilleux journal qu’est « le monde ». J’en chialerai. On se rappellera plus tard qu’en 2016, pour la première fois depuis la guerre d’Afghanistan, la Russie déploie ses troupes, ses avions, et frappe des civils (les hôpitaux, les convois humanitaires!!!) sans que la communauté internationale réplique à part par des phrases alambiquées, nuancées, mesurées qui montrent qu’on n’est pas content.

« Aucune conscience humaine ne peut accepter cette situation ». Cette citation n’est pas du dalaï lama mais du chef de la diplomatie française, la plus déployée du monde. Une puissance nucléaire, un des seuls pays capables de se projeter seul comme il l’a montré au Mali en 2013. Alors le Mali n’est pas la Syrie, la poudrière du Proche-Orient, ancien allié des Soviétiques, avec la problématique d’une organisation terroriste en embuscade. Certes. Mais après les excuses, il restera la honte.

Ca tombe bien, après mon chapitre sur l’urbanisation, j’attaque les migrations en géographie, en quatrième. Mes élèves étant géniaux, tout est possible en classe, mais je n'ai pas encore d'idées sur comment l'aborder, alors qu'on a tant de matériel médiatique à disposition. Quel défi alors qu’on ne parle que de cela, des bateaux qui traversent la Méditerranée et qui coulent, de ces rives qu’on peut observer depuis les côtes turques qui représentent l’espoir et qui ne sont pourtant que le début des problèmes, au vu de la xénophobie ambiante en Europe, des grillages de Hongrie aux résultats électoraux allemands en passant par le débat politique français.

En France justement. Les réunions se succèdent au ministère pour faire le point sur les derniers dossiers éducatifs du quinquennat Hollande. Ce sont des multilatérales, on se retrouve donc à plusieurs organisations syndicales pour se prononcer sur des projets de textes réglementaires. Qui se souviendra qu’en 2016 certains syndicats étaient réticents envers l’usage du numérique en classe et dans les missions des professeurs documentalistes ? Qu’ils invoquaient la sacrosainte « liberté pédagogique » pour refuser la pédagogie différenciée qu’implique le temps d’accompagnement personnalisé au lycée ? Le compte-à-rebours a commencé, la refondation a été mise en œuvre mais ne s’est pas encore épanouie, on est à la croisée des chemins et la gauche a pris trop de temps pour mettre en œuvre le changement. Alors, je suis assez anxieux face aux prochaines échéances électorales...Le pays choisit son destin, mais ce sont les futurs salariés d’une économie numérique, coopérative et mondialisée qui paieront les pots cassés du rendez-vous raté de la refondation.

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