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La surprise

Il y en a eu des surprises dans l'histoire politique. En France, Lecanuet, Chaban-Delmas, Rocard, Balladur auraient bien des conseils à donner à Emmanuel Macron. Dans le monde, personne n'attendait Trump. Aujourd'hui en France, personne n'attendait Benoit Hamon. Alors, les dubitatifs, les ricaneurs, les refaiseurs de matchs et autres analystes du café du commerce, cramponnez-vous, qui sait, d'autres surprises vous attendent peut-être.

La mienne date de décembre 2004, une convention "nouvelle gauche", dans un amphi oublié depuis où, militant UNEF de la tendance minoritaire "transformation sociale", j'ai aperçu, après avoir mal dormi, transi de froid, dans un hébergement "militant" quelconque, un fringuant conseiller municipal de Bretigny-sur-Orge.

Dans la foulée du second tour des primaires de gauche, deux sondages ont été publiées par opinionway: l'une s'intéresse ici à la sociologie des électeurs, l'autre aux raisons de leur choix. Elles sont très éloignées du bruit de fond médiatique. Un autre, le baromètre IFOP, s'intéresse déjà aux intentions de vote du premier tour.

Les électeurs de Benoit Hamon sont-ils des irresponsables qui se sont trompés d’élection ? Les 2/3 des électeurs aux primaires ont trouvé que Benoit Hamon avait fait la meilleure campagne, mais effectivement au moment du vote 60 % (et 75 % pour Benoit Hamon!) se sont déterminés en premier lieu pour la proximité des idées, et 20 % seulement pour la capacité à arriver au second tour ou à occuper la fonction présidentielle. Parmi les électeurs de la primaire, 37 % pensent que Benoit Hamon peut gagner la présidentielle et 30 % pensent que Manuel Valls le pouvait. 1 électeur sur 3 seulement pensait qu’aucun ne le pouvait. 43 % des électeurs des primaires pensaient que Benoit Hamon ferait un bon président (38 % pour Manuel Valls, mais en revanche 54 contre 39 % pour Hamon chez les sympathisants socialistes).


Les électeurs de Benoit Hamon sont-ils des jeunes bobos insouciants et paresseux ? Effectivement, les jeunes de 18 à 34 ans sont la tranche la plus représentée dans les électeurs des primaires, ils constituent 27 % du total (20 % à la primaire de droite!) et sur ceux-ci 69 % ont voté Benoit Hamon. Sur le premier sondage d’après primaires en revanche la catégorie qui pense voter Benoit Hamon en premier sont les 35/49 ans. Les 18/24 ans sont deux fois plus nombreux à se tourner vers Emmanuel Macron. Pour ceux qui comptent voter...Si la place du travail et le revenu universel ont bien marqué la primaire, la légalisation du cannabis à priori n’a pas été un marquant déterminant du vote. Quand aux bobos, quand on s’intéresse aux intentions de vote en région parisienne et aux cadres, ils privilégient plus Macron que Hamon pour l’instant.


Tout ça c’est un vote stratégique des adversaires du PS pour tuer la gauche ? Pas forcément, 20 % des participants à la primaire étaient des électeurs de Sarkozy au second tour de 2012, à comparer aux 22 % des électeurs des primaires de droite qui avaient choisi Hollande en 2012. En revanche il est vrai que les électeurs sympathisants du front de gauche et d’europe écologie les verts ont voté à plus de 90 % pour Benoit Hamon qui est, de peu, minoritaire chez les sympathisants socialistes, ils ont donc bien participé à sa victoire. Les électeurs du centre ont préféré Manuel Valls, ceux du FN et sans préférence partisane ont largement choisi Benoit Hamon. En ce qui concerne les intentions de vote, aujourd’hui Hamon siphone un tiers des voix de Melenchon en 2012 et Macron prend un tiers de l’électorat socialiste de 2012.


Les électorats de Benoit et Manuel sont-ils fondamentalement différents ? Pas du point de vue masculin/féminin où la différence est minime. Au niveau des âges c’est flagrant, Manuel Valls n’est devant que chez les plus de 65 ans. En revanche les catégories populaires ont massivement choisi Benoit Hamon qui fait 69 % chez les CSP -. Sur toutes les catégories de salariés, Benoit Hamon fait un bon score chez les indépendants et n’est derrière que chez les retraités. Côté report de voix, Benoit Hamon ramasse 8 % des votes Valls du premier tour, 72 % du vote Montebourg, 53 % du vote Pinel et 54 % du vote Peillon et de ceux qui n’avaient pas voté au premier tour.


Quel critère est déterminant dans le vote Hamon ? Pour les primaires en général, les enjeux déterminants du choix ont été sociaux (santé, retraites, emploi, inégalités). Le point de vue des électeurs des primaires est assez clivé sur certaines thématiques : suppression du 49/3 (54 % des pro-Valls pour, 80 % des pro hamon), suppression de la loi travail (40 % pour chez Valls, 80 % chez Hamon), création d’un revenu universel (19 % pour chez Valls, 75 % pour chez Hamon).


Du coup, qui c’est qui va gagner ? Dans le baromètre IFOP publié le 1er février, 54 % des électeurs qui veulent aller voter au premier tour (ils ne sont que 2/3 des inscrits au passage) sont sûrs de leur choix (et encore moins chez les femmes et les cadres). Rien n’est joué. Les électeurs les plus sûrs sont ceux de Marine Le Pen. Les électorats les plus volatiles sont ceux de Bayrou (à 36 % sûr), Macron (42%) et Hamon (44%). Qui veut s’abstenir pour l’instant ? Les jeunes à 52 % pour les moins de 25 ans, les ouvriers (44%), les sympathisants écologistes (49%)...à regarder de près pour l’équipe Hamon. Selon le même sondage, l’ordre d’arrivée au premier tour de Macron, Fillon, Hamon est dans la marge d’erreur.

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