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54 profs, 10 nationalités, 1 marshmallow

Il y a 4 semaines, j’atterrissais à l’aéroport de Tbilissi, capitale de la Géorgie. Je connaissais peu ce pays et je prononçais difficilement le nom de la capitale. Je savais que le pays avait quelques difficultés à vivre en bonne intelligence avec son voisin russe, qu’il ne fallait pas trop s’approcher de la frontière nord, et que, quand je marchais dans les rues de la vieille ville, je mettais mes pas dans ceux de Staline.

Je n’étais pas là par hasard, personne ne vient à Tbilisi par hasard. J’ai candidaté, et, pour une fois, j’ai été retenu, pour participer à un séminaire d’Etwinning, la plate-forme d’échanges et de travail en ligne entre enseignants et classes européennes du programme Erasmus plus.

Imaginez ma joie. J’adore me confronter à d’autres systèmes éducatifs. Et bien j’ai été ravi. Parler correction de copies avec une collègue de langues géorgienne, comparer les programmes de géo avec deux collègues allemands, effleurer la différence des systèmes scolaires entre l’Angleterre et le pays de Galles ou encore se disputer sur l’introduction d’une séquence avec une collègue lituanienne, tout était possible. Mais j'ai préféré discuter calendrier scolaire que contexte politique avec mon collègue turc.

Tout était possible. Tout. c’est ce que j’ai compris quand je me suis retrouvé à une table avec 5 collègues turcs, géorgiens, lituaniens et polonais, que l’animateur de l’atelier nous a donné 20 spaghettis, 1 tube de colle et 1 rouleau de fil. En nous proposant de créer la structure la plus haute possible pour y accrocher un marshmallow. Je suis ouvert d’esprit, sitôt compris la consigne j’ai tenté d’être utile aux tentatives enthousiastes de mes collègues pour reconstituer la tour de Babel. Ayant cassé un spaghetti, je me suis prudemment reconverti dans le soutien logistique, renforçant les fondations qui s’élevaient en m’appropriant le rouleau de scotch. Vous vous en doutez, notre belle structure s’est écroulée 3 secondes après le sifflet qui marquait la fin de l’épreuve.

A quoi ça servait tout ça ? Evidemment à construire un groupe mais aussi à se poser des questions sur la collaboration. Je me suis rendu compte que je faisais n’importe quoi quand je mettais 4 élèves en groupe en leur demandant de travailler ensemble. La coopération ne se décrète pas, elle s’organise. Nous avons compris, au sein de notre groupe, que nous n’avions pas assez communiqué entre nous, que nous n’avions pas échangé au préalable, avant d’agir, sur ce que nous voulions faire, et qu’aucune répartition des tâches, autocratique, ou démocratique, n’avait été pensée en amont.

Tout était possible. Toucher l’Europe, de près, du bout des doigts, en réfléchissant avec une collègue allemande pour monter une séquence commune sur le tourisme en Géorgie. Sentir l’Europe quand on prend la pause pour la photo finale, la respirer, au bord de la Koura, en discutant vins et spécialités culinaires, au pied d’immeubles soviétiques, avec des collègues tournés vers l’Ouest, vers une entité politique, culturelle, éducative qui, pour eux, veut dire quelque chose.

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