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Orgueil national et préjugés touristiques

Ce jeudi, à 7h55, je me trouvais sur la route de Bangbao à Klong son, une petite piste bitumée qui fait le tour de l’île de Ko Chang, entre la Thaïlande et le Cambodge. Je revenais de la digue sur pilotis où j’étais allé siroter un café frappé pour réveiller mes neurones. Devant notre appartement se trouvait (et se trouve encore je pense) une école publique. En passant devant, je pus voir tous les élèves alignés en rangs, avec leurs professeurs en uniforme, dansant devant le drapeau de la Thaïlande hissé sur un mat. Ce drapeau, je l’ai aussi vu partout sur les rives du Chao Praya qui traverse Bangkok. La photographie officielle du roi s’y affiche sur les buildings de Siam Centre, nous observe dans les taxis et les tuktuks, et apparaît subitement, le soir, sur l’écran des télévisions. L’hymne national qui retentit à 18h dans le métro, fait se figer instantanément les voyageurs, à la surprise des touristes. En Thaïlande, le patriotisme n’a pas l’air d’être une blague.

En Inde non plus d’ailleurs. Dans l’avion qui nous mène de Bangkok à New Delhi puis de New Delhi à Paris avec la compagnie Air India, ayant écumé à l’aller les derniers films d’Hollywood je me lance dans la rubrique « hindi ». Avec réticence, je n’aime pas trop les quelques films Bollywood que j’ai vu. J’avais tort. Dans le choix immense je me rabats sur les films d’espionnage (j’adore) et je ne suis pas déçu. Malgré quelques relents machistes et une pluie qui semble un peu venir de biais, j’ai adoré ces films qui mettaient aux prises les agents du RAW (renseignement extérieur de l’union Indienne, Research and Analysis wing) avec de méchants espions chinois et des groupements mafieux de vente d’armes et de trafic humain. Tout au long du film, les personnages rappellent leur volonté de défendre la sécurité nationale, l’Inde, et évoquent lourdement la possibilité de mourir pour leur pays. Même si j’ai adoré la série « le bureau des légendes » qui fait connaître la DGSE en France, nous avons plus de pudeur à parler de patriotisme. Manifestement, en Inde, ca n’a pas l’air d’être une blague.


Jeudi, nous avons voulu sortir de l’alternance mango shake / latte Macchiatto pour faire quelque chose de notre voyage. J’ai trouvé par recherche internet un guide, Raht, qui organisait des trekkings sur l’île de Ko Chang. Je n’aime pas trop les bestioles tropicales mais je me suis fait violence, on ne va pas tous les jours dans la jungle (même si la ligne 12 est un peu humide parfois). Un songthew (taxi collectif, transport omniprésent sur l’île) passe nous prendre à 9h, on se retrouve dans un groupe de 25 personnes (oui je sais, drôle conception du trekking) avec des Français, des Russes, des Néerlandais, des Australiens et des Allemands. Et bien soyons clairs, en cas d’aterrissage forcé sur une île déserte je me sépare au plus tôt des Français, des Anglo-Saxons et des Russes. Je sais, étrange remarque alors que je déteste les préjugés nationaux. Et pourtant. Les tarentules ont fui, les cobras se sont cachés, les singes sont restés sur les cimes, nous avons fait un tel boucan en marchant que seul un phasme a pu être aperçu. Les 5 Français ont passé leur temps à parler fort, le couple russe faisait sa vie et les 3 Australiennes ont passé leur temps à râler.


Juste avant de partir, mon alerte google m’a averti que mon interview par le journal «  les numériques » avait été publiée. Je répondais, en tant que représentant syndical enseignant, à des questions sur l’interdiction du téléphone portable proclamée par le ministère. La plupart des règlements intérieurs d’établissement, importants car élaborés en associant toute la communauté éducative, y fait déjà référence, pourquoi vouloir un cadrage national à visée uniquement communicationnelle ? L’usage du smartphone est une question mondiale, la Thaïlande est en avance. Dans le métro BTS qui dessert le sud de Bangkok, des petites affichettes proposent aux gens de parler entre eux plutôt que de rester sur leur téléphone et les avertissent du danger pour les cervicales de son usage intensif. Cette publicité, après un voyage très distrayant, me ramenait ainsi à une actualité éducative française qui va être très intense pour cette rentrée de janvier 2018.

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