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De 1958 à 1974, de Giscard d'Estaing à Macron, les faux bouleversements politiques

Déformation universitaire, de comparer les âges et les évènements, dans le passé, le présent, et le futur ? Envie de se rassurer sur la capacité d’accès au pouvoir pour la gauche ? Depuis le misthos de Périclès qui institue une indemnité pour les représentants citoyens, la réforme agraire des Gracques et l’essor du service public logistique, judiciaire et scolaire sous Louis XV (je me fais un kiff d’antiquisant / moderniste désolé), la transformation sociale est sans cesse marquée par un phénomène de « Stop and Go ». Et aujourd’hui ? Est-ce que vraiment la victoire d’En Marche et d’Emmanuel Macron est un phénomène durable ? A t-elle atomisé pour longtemps les partis dits « traditionnels » ? Petit retour sur l’histoire, alors que le TGV Béziers / Paris (on pourrait aussi en parler, du TGV) me ramène à la capitale.

Un parti venu de nulle part qui rafle la mise à la présidentielle ? Une partie des députés de droite qui s’en va au centre au milieu de la campagne ? Un président jeune qui veut moderniser les institutions, tout changer, jusqu’au rythme de la marseillaise ?


Je vous parle de 1974 évidemment. Valery Giscard d’Estaing voulait rassembler « 2 Français sur 3 » au sein d’un « centre » conceptualisé qui n’a pas duré longtemps. La gauche avait déjà ses traîtres, connaissez-vous le parti social démocrate ? Issu d’une scission socialiste du début des années 70, il rejoint l’UDF après 1974. Les radicaux qui soutiennent le centre-droit ? C’est du déjà-vu : en 1974 le président des radicaux, Jean-Jacques Servan Schreiber, devient ministre des réformes éphémère du nouveau président. Le parallèle devient drôle quand VGE a lui aussi été directeur adjoint de cabinet, du président….du conseil radical Edgar Faure, en 1955.


Pourquoi évoquer 1958 ? Pour parler de l’état de la gauche. Pendant la IVème république, la gauche a du mal à trouver son équilibre entre un puissant parti communiste écarté du pouvoir depuis 1947, et un parti socialiste tenté par les alliances au centre, comme force d’appoint (la 3ème force, entre les gaullistes et les communistes, au début des années 50). Aucun rapport avec l’actualité.


En 1958, le général de Gaulle bouscule le « vieux monde » politique des partis. On parle d’un « nouveau monde » où les ministres ne sont souvent plus des hommes politiques mais des hauts fonctionnaires. Aucun rapport avec l’actualité. La gauche a du mal à se réorganiser. Certains sont aspirés par le pouvoir, on a même un ancien président du conseil socialiste, Guy Mollet, qui est ministre d’état. Aucun rapport avec l’actualité. La gauche se fracture en petits clubs et micro-partis incapables de s’unir entre eux (club Jean Moulin, Union des clubs pour le renouveau de la gauche, Parti socialiste unifié….). Aucun rapport avec l’actualité.

 
Rapidement ces « nouveaux mondes » ont déçu. Le parti gaulliste au dessus des partis devient le parti central de la droite avec un discours qui reprend les lignes économiques portées par la droite de Pinay dans les années 50, et la droite de Poincaré dans les années 20. Et l’UDF de Valery Giscard d’Estaing, ce nouveau parti présidentiel créé en 1976 sur le modèle du parti démocrate américain comme une union de parti du centre-gauche et du centre-droit ? Il reprend rapidement la place de parti d’appoint des majorités de droite tenue par les républicains indépendants, son ancêtre, dans les années 60. Scandales liés à l’action du SAC sous De Gaulle, scandales politico-financiers et affaires de corruption dans les années 70, le « nouveau monde » ressemble fortement à l’ancien quand des révolutions de mots prétendent bouleverser la vie politique, quand un nouveau parti horizontal, « en marche », se révèle magouilleur et autoritaire à l’usage (voir article).


Alors, à vous qui êtes soufflés, fascinés, qui attendaient depuis des décennies l’avènement d’une social-démocratie molle, sociétale, tremblez. A tous les siècles des « modernes » prétendent soumettre la société et l’intérêt général aux intérêts particuliers des Puissants. Et à la fin? La gauche revient.

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