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épuisement professionnel, épuisement émotionnel

Plusieurs études internationales sont sorties dans la décennie 2010 sur la question du burn-out des enseignants. Cet épuisement professionnel, phase finale d’un processus de fatigue physique, mentale et émotionnelle chronique, touche plus les métiers à forte sollicitation mentale et affective. D’où vient ce phénomène ? Comment peut-on l’éviter ? En plein débat sur la réforme des retraites, alors que des négociations sur la revalorisation des rémunérations des enseignants est en cours au ministère, il me semblait utile d’apporter un éclairage technique !

L’épuisement professionnel, c’est quoi ?

Une vague de démissions d’enseignants dans les années 1990 aux Etats-Unis a amené des chercheurs à étudier les causes de ce mal-être. L’échelle de Maslach, qui permet de questionner les facteurs du burn-out, ou encore l’échelle de Karasek (latitude décisionnelle, charge psychologique, soutien social, reconnaissance) ont été utilisées auprès de différents échantillons enseignants, et ont permis de mener des recherches sur le « décrochage enseignant » (A retrouver dans cet article de Seraphin Alava https://journals.openedition.org/questionsvives/1942?lang=en).

L’article revient sur les facteurs aggravants de l’épuisement professionnel (être remplaçant, enseignant spécialisé, enseignant en collège), sur le facteur déclenchant (dégradation du climat de classe, manque de reconnaissance changement de programmes), sur les éléments qui limitent le décrochage (maîtrise disciplinaire, maîtrise pédagogique, maîtrise du bruit, maîtrise de la violence).

Comment se manifeste le décrochage enseignant ?

Des études sur le climat scolaire, menées par Eric Debarbieux à la fin des années 1990, ont révélé que l’enseignant, face au manque de reconnaissance, à la violence, développe des stratégies d’adaptation, pour pallier le décalage entre leurs attentes et leur réalité professionnelle, une fatigue croissante et une difficulté à réaliser leur métier. L’épuisement professionnel est la conjonction de 3 phénomènes : l’épuisement émotionnel, la faible réalisation personnelle et la dépersonnalisation. Que signifient ces termes ?

- La dépersonnalisation, c’est la prise de distance avec autrui due à des sentiments négatifs et cyniques. Un article du Réseau d’information pour la réussite éducative du Québec (http://rire.ctreq.qc.ca/2019/06/causes-de-lepuisement-professionnel-chez-les-enseignants-et-consequences-pour-les-eleves/) s’est interessé aux conséquences de la dépersonnalisation pour les enseignants : diminution de la motivation, de la satisfaction au travail, baisse de la performance, sentiment de culpabilité, perception négative de soi-même, baisse de l’enthousiasme...et baisse de la qualité de l’enseignement. La suite ? Dépression, absences répétées…

- L’épuisement émotionnel : en plus du travail physique et mental, les enseignants mènent un travail émotionnel pour susciter l’intérêt, le défi, la créativité, avec une forte implication des émotions dans la relation enseignant/élève. L’enseignant prend soin des élèves, ajuste ses émotions, exprime volontairement des expressions positives ou négatives en « forçant » ce qui représente un travail émotionnel, développé par cet article https://www.innoedulab.com/post/2019/02/03/le-travail-%C3%A9motionnel-des-enseignants-une-%C3%A9tude-pr%C3%A9liminaire-chinoise

En Belgique, les enseignants ont obtenu le classement du métier d’enseignant dans les métiers pénibles, avec la possibilité de prendre leur retraite plus tôt, et de moins travailler en fin de carrière (voir l’article du soir).

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