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  • semaine éprouvante et compétences éprouvées

    C'était une semaine de travail, c'était une semaine politique et professionnelle éprouvante, chaque jour s'enfuyait avec ses tâches achevées ou non, avec son pesant de sueur et de mal de tête. Tous les soirs, à peine le temps d'ingurgiter un épisode de the west wing et je m'en allais m'écrouler dans ce lit au matelas médiocre où je passe moins d'un tiers, malheureusement, de ma vie. Mon agenda google me ramène implacablement aux 18 heures que j'ai passé dans les transports cette semaine...au lundi syndical, avec ma permanence parisienne et l'heure d'information syndicale, la première que j'ai introduit, ou encore au mardi "pédago" avec mes 4 heures de sixieme à la suite, qui me tuent à la tâche...ce mercredi qui devait être une journée de repos jusqu'à ce qu'on m'annonce à 16h que j'avais 3h30 pour m'initier aux mystères des élections européennes avec de passer sur un plateau de la TNT. L'estomac dans les talons, j'ai découvert le fond de teint, les plateaux de tv, et les débats où il faut réfléchir vite sans prendre de notes. très dur. Surtout avec une candidate verte, un délégué national des jeunes pop et le président des jeunes démocrates de Paris en face (http://www.cap24.com/emission.php?id_video=1608&type=emission voir actu and co deuxieme partie mercredi, 30mn à attendre quand même!)

     TV4.jpgUn jeudi de prof, un jeudi de transports, de politique déniaisante aussi. Au soir, j'ai préparé pendant une partie de la nuit mon cours de section européenne, avec des JT allemands à analyser le lendemain...et cette question de Morgane: "mais monsieur vous avez pas une femme et des enfants à vous occuper au lieu de faire des recherches sur la reglementation du pain dans l'UE?!" Aparemment non! Et c'est dimanche, une semaine déjà sans ce plaisir de taper, glisser sur ce clavier, voir des mots se lier et des phrases se former...Un weekend fatiguant, un samedi de réunions, quelques verres de punch le soir, quelques heures couettées le dimanche matin et les paquets implacables de copies posées sur ma table de chevet, apparues en cauchemar, me ramènent à des préocupations bassement matérialistes et évaluatives...

    Evaluations disais-je. Un débat traverse les organisations dans lesquelles je milite. Doit-on mettre au coeur de l'école l'apprentissage, la transmission de savoirs distincts en matières évalués par des tests sommatifs, ou doit-on s'intéresser à la maitrise de connaissances et de compétences transversales, évaluées de manière formative, autour d'une acquisition programmée et accompagnée par les enseignants? Le mot compétence fait peur. Ce serait l'individualisation des diplomes, la vision d'un élève uniquement comme chair à canon d'un monde professionnel cruel...Je ne crois pas. Je veux donner une autre vision de ces compétences à acquérir. Ainsi.

    N'ayons pas peur de changer. La question scolaire ne se résume pas à la question des postes. Si une politique éducative ambitieuse ne peut reposer que sur un plan pluri-annuel de recrutement des personnels d'éducation, il faut changer, révolutionner le système avant d'investir dans une machine qui ne fait que favoriser la reproduction sociale des élites. Comment? En réfléchissant à ce qu'on apprend à l'école...

    - l'école sert l'épanouissement des enfants et des jeunes qui la fréquentent. Leur épanouissement personnel, l'épanouissement de leurs possibilités, l'apprentissage de la vie sociale, de la vie collective et de la vie en société. Le travail d'équipe, le respect d'autrui font partie de savoirs être incontournables, inutiles si l'école ne cherche pas à montrer aux élèves ce qu'ils savent faire et non ce qu'ils ne savent pas faire, leurs FAUTES...une révolution!

    - L'école sert l'apprentissage de la citoyenneté. Non pas le cours appris par coeur sur la biographie des présidents de la Vème république...bien sûr, des cours sur le fonctionnement des institutions, mais aussi la capacité à s'exprimer à l'oral et à l'écrit, la capacité à exprimer, développer ses convictions, capacité véritablement démocratique et républicaine. Ce sont des compétences qui pour moi doivent devenir transversales, au coeur des apprentissages. Mais une compétence à acquérir pourrait être aussi l'éducation à l'image et aux médias, proposée par le Mouvement des Jeunes Socialistes dans son conseil national de janvier dernier. Cette éducation à l'image serait renforcée par l'apprentissage d'une démarche critique dans toutes les matières, scientifiques ou littéraires.

    - L'école sert à l'apprentissage d'une culture commune, terme initié par le SNES. Cette culture commune délivrée à tous les enfants de France passe par des notions, des éléments patrimoniaux, des fondamentaux scientifiques et des oeuvres littéraires incontournables, mais aussi par des compétences qui ont leur place dans un socle commun de connaissances et de compétences qui n'est pas le SMIC éducatif et culturel décrié par certains syndicats. C'est la définition de ce que le service public d'éducation s'engage à donner aux élèves à l'issue de la scolarité obligatoire. Connaître le tympan de l'église st foy de conques, mais aussi savoir rechercher et utiliser des informations dans un article de journal. Connaitre deux théorèmes géométriques et le fonctionnement global du système nerveux, mais aussi pouvoir développer et expliciter une démarche scientifique. Connaître les principaux mouvements artistiques de l'histoire, mais encore, pouvoir préparer une présentation orale non-récitée ou développer un projet transdisciplinaire dans le cadre d'un travail de groupe!

    C'est ca l'éducation de demain! Désolé pour les inconditionnels de la craie, des estrades, de "nos ancêtres les gaulois"!

     

     

  • Un flocon dans l'oeil

    h-3-1184682-1208935881.jpgIl était douillet le lit ce matin quand le réveil sonna à 6H50! Finis les rêves cocottiens; place à la dure réalité francilienne: le café pris en lisant un article sur la destalinisation, l'escalier dévalé car il est 7h31, et cette avalanche de surprises: ce manteau blanc qui éblouit en sortant de la résidence, ce bus qui ne circule plus; ces rues craquantes arpentées prudemment...Dans le RER, les flocons puis la pluie tapent aggressivement le plafond. Ils sont loins, le mont Ventoux et les pavés de Carpentras! Les 2000km parcourus m'ont usé, mais je suis assez satisfait de ma réunion de section, du communiqué de presse du MJS Béziers Jeunes socialistes.jpg ou encore d'autres heures très utilement consacrées. Moins de mon train raté.

    Je vais vite pour atteindre le collège. Sur le trajet, des élèves qui tassent des boules me regardent de biais avec un air narquois. heureusement que je n'ai pas encore rendu les brevets blancs. Je vais chercher les élèves, une boule me frôle, je n'ai évidemment rien vu, l'escalade de mes 3 étages commence! Le cours est brièvement introduit (on verra un autre jour pour le document d'accroche) "asseyez-vous, sortez vos affaires, ouvrez votre cahier!" On travaille sur le Bronx, photos, articles, tableau, on décrypte assez rapidement la ségrégation urbaine. Assez rapidement c'est quand même passer la moitié du cours à relever des carnets, dire "chut; arrête, laisse tomber; chut; laisse-moi parler"...Toujours occuper les élèves, quant à s'interesser à ce qu'ils savent faire ou pas ou ce qu'ils savent, ce sera au contrôle, impossible de voir avant sans avoir la révolution.

    Après la troisième aigre-douce qui arrive au compte-goutte (la construction européenne au pas de charge) c'est le tour de la sixieme affreuse. Où je me coupe les joues à force de me pincer pour ne pas rigoler "monsieur j'ai les mains bleues je me transforme en schtroumpf je peux aller à l'infirmerie" me dit s. premier rang aux mains pleines d'encre, "monsieur je peux pas faire mes devoirs ce soir je dois promener mon chat qui fait une depression" dit m. "monsieur vous êtiez pressés ce matin" dit z. en regardant mes cheveux. et aux 4 coins de la classe, interjections, bavardages, objets volants non-identifiés...et comme pour la moitié des cours, je note deux questions qui prennent tout le tableau: "on copie on répond on corrige le premier qui parle fera des heures sups" c'est beau la pédagogie. Mes sixieme sont merveilleux, mais pour faire cours...

    Aujourd'hui, 4 heures de transport: une heure pour aller à M. pour mes cours, une heure pour retourner à Paris au syndicat, une heure pour retourner au collège animer l'heure d'info syndicale (j'ai un CA demain où on vote la DHG, pour les intimes) et une autre heure pour revenir chez moi et me laisser aller aux joies de "the west wing", quand j'aurais envoyé des petits mails affectueux à mes camarades pour leur rappeller le boulot qu'ils n'ont pas fait...(une bonne dizaine de mails ca promet une soirée sympathique) et pour me consacrer aux activités internationales du MJS Ile de France, les élections européennes et les jumelages, ca se prépare!

    Tant d'heures de transport pour penser! ou corriger! ou lire "le monde de sophie" de jostein gaarder! Ou penser. Résultat des mutations dans deux mois. Dans les deux cas, des chemins de vie et des engagements différents suivant le résultat. Suspense!