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  • Nous avons perdu une bataille...

    europeenne2009.jpgMais nous n'avons pas perdu la guerre! Quelle bataille et quelle guerre? Mais celle des Européennes! Lequel de mes camarades n'a pas été tympanisé par ses voisins, ses collègues, ses élèves "on vous l'avait bien dit!" "alors pas mal la branlée hein!" j'en passe et des meilleures. Quelle guerre? Mais celle du combat des idées contre toutes les démagogies. Cette guerre idéologique qui, des discours de Jaures aux combats de la résistance, des lois du front populaire au panthéon en 1981, ont transformé l'histoire et la société du XXème siècle. Alors oui, je ne pleure pas, je ne tremble pas, c'est une défaite, j'en ai connu d'autres...et c'est aussi mon boulot (pas qu'à moi quand même!) qu'il n'y en ait plus!

    Oui mais bon ca fait beaucoup de défaites quand même me diront mes collégues au syndicat. Et Oui, en 2009, pour ces élections européennes, le parti socialiste ne reste que de peu la première force d'opposition...mais avec une participation de 40%. Il n'y a pas qu'une cause à ce résultat de 17%, elles sont nombreuses. La projection d'un film à succès (mouais), les divisions d'un parti qui affolent la presse(ca...), l'hyperprésidence sarkozienne de l'UE en 2007 (bof), le climat délétère de ces élections dont on n'a parlé que quelques jours avant le scrutin (ca c'est sur!). Disons le carrément, rien ne concourrait au succès de cette élection...

    - européennes? C'est ca ouais. à part le PSE, quel parti a sorti un programme commun? à quand des listes paneuropéennes? à quand des thèmes de campagne qui politisent réellement ce scrutin? Perso, à part la fouille des cartables, j'ai pas vu beaucoup de sujets faire la une ce mois-ci...la directive services publics, le tarif commun extérieur, ou encore les 10 millions d'emplois verts n'ont pas forcément mordu en porte à porte...et c'est dommage!

    - la crise du parti socialiste? Après la cohue des soldes et la rentrée scolaire c'est quand même le top 1 des ventes de la presse nationale, disons-le...Le PS est structurellement divisé en "courants", c'est le principe même d'une démocratie interne bien organisée selon moi. Il y a des avantages et des inconvénients...la première c'est que quelque part les Francais sont interessés par les débats de la "famille socialiste", quelque part même jaloux de ne pouvoir voter dans ces scrutins internes qui jalonnent la vie du parti...L'inconvénient c'est que nous adorons laver notre linge sale en famille. Depuis 2002; c'est la fête des petites phrases, des retournements, des trahisons et autres réglements de compte, selon l'expression consacrée, à la OK Corral...

    Tirons les lecons de cet échec. Ne faisons pas d'erreurs. Soyons rigoureux...au travail camarades! Mais les premiers echos me contredisent. Les loups sortent de la forêt. Les critiques fusent, les "hommes providentiels" et autres "sauveurs supremes" sortent du bois. Et ce soir c'est conseil national du parti socialiste. Ce parti qui est, comparé aux autres partis socio-démocrates européens, assez faible dans les scrutins, assez marqué par ses enjeux internes, peu présent au pouvoir (15 années de gouvernement sur 61 ans de cinquième république, comparé aux 31 ans du SPD, en comptant les grandes coalitions...)...va t'il s'entre-déchirer?

    - IL NE FAUT PAS CHANGER DE DIRECTION. Le travail de Martine Aubry depuis 6 mois a été remarquable. Elle a redonné sérieux, crédibilité et cohérence au parti. Et oui, on fait valider ses coms de presse par la premier secrétaire, et c'est normal, pas la peine de démissionner pour si peu...Martine Aubry a des idées, elle a remis le PS au coeur des manifs, su organiser des évenements d'ampleur comme le printemps des libertés, même si le succès de ces initiatives n'a pas toujours été fulgurant. Elle a composé un secrétariat national rajeuni, et qui peut lui lancer la pierre pour des listes européennes dépareillées quand la regle des rapports de force internes, de la parité, de la représentation régionale et du rajeunissement font de cette élaboration une gageure qui ne peut être vraiment satisfaisante?

    Que faire aujourd'hui? Analyser ces résultats, comprendre le message adressé. Faut-il être plus à gauche? OUI. Etre dans l'incantation? NON. Faire les manifs ne suffit pas, combats de rue et d'assemblée doivent être reconnectés. Campagnes militantes et offensives parlementaires doivent être cohérentes. Quand le groupe socialiste défend un amendement à l'assemblée, il doit être soutenu par 5millions de pétitions recueilli par le premier parti militant de France!

    Le parti socialiste représente t'il une alternative aujourd'hui? NON Le vote europe écologie était-il un vote sanction contre le PS? OUI Le parti socialiste va t'il comprendre ce vote? Réponse ce soir. A t'il des solutions à cette crise? OUI, primaires à gauche, grand parti de gauche, les solutions affluent! Aujourd'hui comme hier, nous devons être exemplaires. Notre devoir d'inventer est plus que jamais à l'ordre du jour. Notre droit d'inventaire est plus que jamais pertinent. Notre volonté de construire à gauche est plus que jamais urgente. Même si mes tentatives pour créer une jeune gauche à l'échelle régionale m'ont bien montré que l'union n'est jamais simple..et prend du temps!

    Car la gauche, ses aspirations, ses valeurs, son projet de société est plus que jamais majoritaire dans les coeurs. A nous de créer les conditions d'une victoire électorale et d'une réelle transformation sociale. Contre les médias? OUI avec nos propres vecteurs d'information. Contre la droite? Oui, avec une riposte qui laisse de la place à des propositions offensives. Contre nos faiblesses? OUI, avec la fermeté d'une direction nationale intègre, cohérente...dans laquelle Benoit Hamon a plus que jamais toute sa place, puisque la question s'est posée. Ces élections européennes sont un échec important mais relatif (participation, élection atypique et singulière), qui doit nous faire rebondir. Le parlement européen reste dominé par la droite, et la commission n'en sera que plus libérale et plus conservatrice. à nous, à l'échelle européenne, avec nos partenaires, d'organiser la contre-offensive.

  • PPP Pointages Plannings Piscine

    piscine-bois.jpg13h. Les ploufs tonitruants et les piaillements enfantins de la piscine vitriote n'ont rien à envier aux champs de mines de la premiere guerre mondiale. Quel drôle d'endroit pour se reposer. Il le fallait pourtant.  Ces deux mois de campagne ont été épuisants, reste à laver le linge, la vaiselle, le parquet, tout ce que je n'ai pu faire en ce laps de temps. Manger équilibré aussi quand les derniers repas dignes de ce nom ont été une soirée pointages avec Marion devant un sushi, un welsh (1L de cheddar fondu) d'apres meeting et des spaghettis avalés en 4mn30 avant un cours de sixieme, à la cantine du college.

    Se reposer donc. Quitter mon googleagenda encastré dans ma tête où je case déjà les réunions de juin. Ou plutôt où j'essaie, un soir sur deux et tous les weekends sont pris jusqu'au 5 juillet, c'est balo. Ne plus penser aux schémas repères et autres polycops dont je vais devoir farcir la tête de mes ouailles. Les premieres ne viendront sans doute pas au prochain cours, je n'ai pas pu leur dire au revoir. Ils n'ont découvert qu'en juin ma vie parallèle, au hasard d'une requête youtube. tant mieux!

    IMG_1322.jpgCes européennes ont été terrible, cet article aurait pu s'appeller "campagne dans un désert". Place pour d'autres combats, internes, externes locaux et nationaux. Parce que l'image de ma famille politique n'est pas bonne, j'ai devoir d'exemplarité. Parce qu'il n'est pas facile de travailler et de militer en même temps, j'ai devoir de tenacité. Et de calme, quand certains camarades ne comprennent pas que non, je ferais mes polycops avant de faire ce tract, et que oui, il faut que je dorme maintenant car sinon mes troisieme vont me déchiqueter. Dommage qu'ils ne comprennent pas tous seuls, j'en ai marre de me répéter.

    Ce soir, à solfé, j'irais voir les résultats. Mais d'abord, 3 paquets de copies, une prepa sur la Cinquieme république et la naissance du christianisme m'attendent. et me permettront, seules, de décrocher, de prendre de la distance, d'oublier, mes pointages et mes plannings, qui m'obsedent depuis 6 mois. Un petit footing aussi pour oublier.

    caravaneMJS.jpgCes résultats, ce sera non seulement des candidats actifs, neufs, des listes socialistes, mais aussi d'un MJS dont les militants, de meeting en meeting, ont parcouru la France, avec la caravane de Marion. Nos magnifiques supports (cartes, gros et petits tracts), notre campagne numérique innovante et notre capacité à imposer nos rythmes de campagne dans un brouillard médiatique étonnant doivent nous rendre fiers. Et j'espere pouvoir le dire bientôt à mes camarades.

  • élèves, campagnes et autres guerres de religion

    massacresaintbarthelemy.jpgHier soir, c'était conseil de discipline. La tête écrasée par une apres-midi de cours frénétique avec des sixieme déconcertés par la couleur de ma chemise (rose tapante?), j'assistais encore à ces réunions crépusculaires qui hantent et scandent la vie militante. Cette année, conseils de discipline et d'administration du collège m'ont appris une chose: le système éducatif francais est arrivé à la fin du cycle de massification des années 60. Avec ses réussites. Et avec ses limites. Des élèves virés sans dispositif, du mal-être scolaire aux murs décrépis de mon lycée, les indices de ces limites transpirent. Les deux rapports Apparu (http://www.inrp.fr/vst/Rapports/DetailRapport.php?&id=1039) et Descoings ne sont qu'une emplatre sur une jambe de bois.

    Les sixieme sages sont en forme. J'ai commencé ma lecon sur le relief, rythmée par la reprise de mes intonations nasales ("le continent indiennnn"...Il fait chaud, je suis fatigué, l'année et le programme avancent, la fin s'approche...En troisieme, c'est le stress: dans 3 semaines le brevet et je commence à peine la lecon sur la France! Les sixieme tarés portent bien leur nom, refusent d'entrer en classe puis d'en sortir, s'accrochent à mes chaussettes (roses évidemment) et c'est sur les rotules que je descends les escaliers...

    Pour en remonter d'autres. Je suis en campagne, et l'animation de la campagne des européennes en Ile de France met à l'épreuve mes nerfs, mon sommeil...et mon humeur, d'aucuns l'auront remarqué. Le meeting de Montgeron de hier soir était un succès: Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Aurelie Fillipetti et bien d'autres n'ont pas ménagé leur peine autour des candidats Harlem Desir et Benoit Hamon. 100 000 tracts ont encore été tirés pour cette semaine et vont inonder cité U, marchés et autres cités franciliennes. Au delà de la frénésie des sondages, le militantisme, les propositions martellées ne peuvent que faire le succès de la seule force d'alternative au parlement européen: le PSE: 3 élus socialistes franciliens, Benoit, Pervenche et Harlem, ne seront pas de trop pour mener la bataille socialiste contre l'hydre libéral-conservateur!

    Et je lis beaucoup! 3 heures de transport en bus metro RER TGV par jour, c'est 50 à 100 pages par jour! Et demain soir c'est rebelote, je pars pour Lille: dernier meeting national avec Martine Aubry... J'espere que mes charmants troisieme que j'amene au conseil général d'evry ne me mettront pas à bout!! Lire, c'est oublier les méchants de mes cauchemars qui sont mécontents de mes pointages, oublier que je dois trouver un cadeau pour dimanche, oublier que je n'ai que 6 heures pour dormir, et, avec ma musique, oublier que de mon réveil à mon coucher, mon portable va vibrer mille fois, ma narine va mille fois sentir l'odeur fétide des tunnels de metro, mes orteils vont mille fois souffrir des escaliers massicois et parisiens (voire écrasés par certains sixieme tarés)..

    Lire, c'est se plonger dans l'histoire (connaissez vous ma délectation pour les romans historiques?) Depuis un mois, the west wing terminé, je me plonge dans "fortune de France". Je découvre les affres d'un royaume ensanglanté, et surtout, ce qui m'interesse comme apprenti historien, d'un état affaibli. Les officiers royaux, la majesté royale, et l'engagement des "politiques" restent la seule défense contre le sectarisme religieux, les révoltes féodales et les tentatives de déstabilisation étrangères. La ligue et Philippe II d'Espagne ne sont que l'énième remake de la lutte de l'Etat, en France, contre les révoltes des grands du royaume, associant souvent des princes du sang royal. Du demi-frere de Philippe Auguste au XIIème siècle à Gaston d'Orléans au XVIIème siècle, ces révoltes mal organisées reflètent l'inquiétude devant un état froid, abstrait, qui dépasse les intérêts particuliers, appliquant méthodiquement et rapidement des décisions centralisées. Mais cette semaine, je me plonge dans le "vol du frelon", de Ken Follett, une histoire d'espionnage pendant la seconde guerre mondiale qui se déroule...au Danemark!