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Le Biterrois - Page 3

  • Mon maire UMP, ce grand bâtisseur, ce grand démocrate, ce grand incompris

     ce-chomage-qui-n-en-finit-plus-de-monter_442490.JPGCe soir, mon maire organisait une réunion publique à la halle du four à chaux pour présenter son bilan. Quel bel exemple de démocratie de proximité ? Je plussoierai s'il le faisait tous les ans, mais ce n'est pas le cas. Après 18 ans de choix arbitraires, mon maire découvre la démocratie. La semaine dernière, une lettre a été distribuée aux frais de la ville (on évalue le coût à près de 50 000 euros), un an avant les municipales, mais quelques semaines avant le début du calcul des frais de campagne (pas fou). Tout ceci pour expliquer aux habitants que les opposants n'étaient que des râleurs et que tout allait bien à Béziers.

     Mon maire est un grand bâtisseur, de nouveaux quartiers émergent à Bonaval, à la courondelle, à Bastit. Tant pis si l'étalement urbain redouté par le SCOT (dont mon sénateur-maire est aussi président) va poser des problèmes écologiques dans une région où les inondations sont fréquentes. Il reste 5000 logements vacants à Béziers mais ce n'est pas grave, l'essentiel c'est de couper des rubans tricolores. La fabrication de ces rubans est sans doute un fleuron industriel de la ville. Et les promoteurs immobiliers sont TRES satisfaits de l'action de mon maire.

     Mon maire est un grand incompris. Il dénonce l'INSEE quand la population de la ville baisse : les statisticiens mentent ! Il dénonce les magazines dont les classements placent Béziers 5ème ville la plus inégalitaire de France, 13ème ville de France la plus pauvre, 3ème pour la pression fiscale par habitant...Seul le journal municipal correspond à ses attentes. C'est toujours plus facile quand on choisit le rédacteur en chef.

     Il ferait bon vivre à Béziers d'après Raymond Couderc. C'est une ville attractive en plein développement économique. Le centre-ville est mort depuis l'ouverture d'un centre commercial géant. Les espaces naturels sont mités par un urbanisme trop expansif. Le chômage, les minimas sociaux, la précarité deviennent le quotidien d'une part croissante des Biterrois. Les faits sont têtus, le classement de « l'express » sur la qualité de vie (oct/nov 2012, villes de plus de 50 000 habitants) placaient Béziers en 39ème place sur 50 pour la sécurité, 50eme place sur 50 pour les politiques éducatives et familiales, 48ème ville sur 50 pour la culture. C'est sans doute un complot de l'opposition, tout le monde connaît les accointances gauchistes du magazine « l'express ».

     Pendant la réunion publique qui a duré 1 heure, mon maire a présenté un questionnaire distribué aux Biterrois et les 3500 réponses. La population est satisfaite du projet du forum (qui n'est pas fini), du projet du parc des poètes (qu'ils ne connaissent pas). Tant mieux. La population juge la police municipale efficace à 47%. Et les autres ? L'accueil petite enfance est jugé efficace à 27%. Mais la droite municipale est satisfaite. A la fin de la réunion, le maire a déclaré qu'il restait beaucoup à faire, et qu'il reviendrait bientôt les voir pendant la campagne des municipales. Mais ce n'était pas une réunion électoraliste.

  • Béziers, la première épreuve du changement?

     149176_10151205885808439_826102094_n.jpgLe 9 décembre prochain, les électeurs de la 6ème circonscription de l'Hérault sont rappelés aux urnes. 23 procurations mal effectuées (par exemple, quand un officier de police judiciaire ne précise pas sa qualité), et dix voix d'écart ont fait annuler l'élection de la première femme à être élue députée de Béziers. Dolores Roqué (PS) repart donc aux urnes face à 6 autres candidats : Luc Zenon (Debout la République), Magali Manus (écolo indépendante), Paul Barbazange (FDG), le POI, France Jamet (FN) et Elie Aboud (UMP).

      C'est la seule circonscription concernée par une élection partielle où le sortant est une élue de la majorité. Donc un test pour cette même majorité ? Peut-être, dans un contexte difficile, quand la crise économique se poursuit, quand les moyens de l'Etat ont été limités par une dette creusée par la droite, en 10 ans de cadeaux fiscaux à gogo, et le seront encore davantage du fait d'un traité européen de stabilité qui m'a peu convaincu.

     Une élection dans une circonscription qui faisait partie des 23 dites menacées par l’extrême droite lors des dernières législatives, où les triangulaires sont devenues la règle. Une élection dans un territoire en souffrance : le grand Biterrois se fait surtout remarquer par des records de chômage, de précarité, d'inégalités, et le maire UMP fait face à une fronde transpartisane pour avoir provoqué la désertification du centre ville en ouvrant un centre commercial en périphérie.

      Les autres candidats auraient pu profiter des déceptions qu'a provoqué la gauche en n'allant parfois pas assez vite, pas assez loin, pour rendre la justice fiscale ou encore pour peser sur les décisions des grands groupes. Mais le candidat du FN s'est désisté en faveur de sa femme pour une affaire de bagarre compliquée, et le candidat de l'UMP a dû annuler toutes les visites des ténors de la droite pour cause de crise nationale et scission de son parti. Ce dernier, militant de la droite populaire, peut difficilement faire état de son bilan (des lois sur les monuments aux morts et les drapeaux étrangers) quand Dolores Roqué, en 6 mois, a obtenu la création de deux zones de sécurité prioritaires à Béziers.

      Dans ce contexte, la politique ne provoque ni élan, ni passion, dans un territoire où l'humeur est maussade. La puissance publique est malmenée par des patrons plus forts que des états, et les électeurs qu'on croise attendent beaucoup de la gauche. Reprendre la main sur une histoire balbutiante, montrer que la politique peut encore changer la vie, concrètement.

     Reste une députée sortante, prof d'espagnol dans un lycée professionnel, militante syndicaliste, humble et sincère, qui fait campagne dans une tramontane glacée et qui, je l'espère, sera en tête au premier tour.

      Car il reste beaucoup à faire, maintenant que la majorité a pris ses marques, pour créer de l'emploi (j’espère avec une reconversion écologique de l'appareil productif), pour faire la justice fiscale (j'espère, en passant au-dessus des lobbies patronaux), et pour mener une refondation éducative en profondeur.

  • Déplacement du centre-ville : Le fait du prince à Béziers

    POLYGONE.jpgDans toute collectivité, me direz-vous, il est normal qu’un débat existe sur les orientations de long terme d’une ville, d’un département, d’une région. Mais vous savez à quel point l’opposition est faible et sans moyen dans une municipalité. Aussi pourrait-on s’étonner qu’un maire décide unilatéralement, sans débat, sans mettre ce projet au cœur de la précédente campagne électorale, de déplacer le centre-ville ?

    Monsieur Couderc, quand on veut faire un choix décisif pour une ville la moindre des choses est d’en informer ses administrés et de les impliquer. Ce n’est pas dans vos habitudes : le conseil municipal est toujours au courant après la presse de vos projets, l’opposition est insultée à chaque réunion, l’open data n’est guère de mise dans vos services et les conseils consultatifs sont aux mains de vos affidés.

    Monsieur Couderc, vous avez engagé à la fin des années 90 l’amplification d’un processus de périurbanisation déjà engagé. L’extension des lotissements et des zones commerciales a non seulement défiguré la ville et son environnement, elle a aussi amorcé le déclin d’un centre-ville inaccessible et dégradé, qui ne faisait l’objet de trop faibles investissements en matière de rénovation urbaine.

    Monsieur Couderc, amateur de corrida, vous avez porté l’estocade au centre historique de Béziers en ouvrant un centre commercial assez éloigné, surdimensionné, au sud de la ville qui a écrasé toute la trame commerciale de la ville et de fait, déplacer le centre-ville. Plus besoin de police, nous avons les maitre-chiens du polygone. Plus besoin d’animation culturelle, nous avons des animations commerciales. Plus besoin de vivre-ensemble, nous avons 100 boutiques pour consommer ce que nous ne gagnons pas, puisque Béziers est une des villes les plus pauvres de France.

    Monsieur Couderc, après avoir installé le siège de l’agglomération dans ce centre commercial, après avoir prévu le déménagement des tribunaux, vous avez convaincu cette année la sécurité sociale de venir s’installer dans votre beau complexe bétonné. Un centre administratif, commercial, qui bénéficie d’importants aménagements de voirie, qui bénéficie de nombreuses garanties financières de la ville : c’est une priorité politique, c’est un déplacement de long terme du cœur de la ville, et vous avez oublié de prévenir les Biterrois. Oups.

  • Article de Menard sur Béziers: une analyse biaisée, des raccourcis nauséabonds

    1199140470.jpgRobert Menard, sur son blog, a indiqué que pendant ses vacances près de Béziers, il ne s'était pas senti chez lui (http://www.robertmenard.fr/2012/09/03/se-sentir-chez-soi/).

    Pour résumer, son village est devenu une banlieue (Robert a découvert la périurbanisation commencée il y a 30 ans), et le centre-ville de Béziers s'est dégradé, il n'y voit, en vrac, que « des arabes, des gitans, et des pauvres ». Ceci lâché, Menard prend des pincettes: il n'est pas question de racisme ou de xénophobie, juste de réveiller une « belle endormie ». Et pourtant, ses choix lexicaux ne sont pas anodins: L'Occitanie contre l'Islam, la stigmatisation des immigrés, le rejet des politiciens de droite et de gauche, les emprunts au discours du front national sont nombreux. Même les images sont parlantes si on n'a pas compris les sous-entendus: la petite photo des chevaliers pour évoquer les croisades, ce n'est pas par hasard. Mais l'auteur de « Vive Le Pen! » n'assume toujours pas sa proximité idéologique avec l'extrême droite. Dommage, tout serait plus clair avec moins d'hypocrisie!

    Si Monsieur Menard ne se sent plus à la maison à Béziers, qu'il garde pour lui ses râleries de parisien en vacances. On ne s'improvise pas géographe: les évolutions que décrit Menard sont générales: les villages sont aspirés par les métropoles, les centre-villes se dégradent, c'est la ville à l'américaine, un modèle en perdition, dénoncé partout à part à Béziers, où le maire UMP continue allègrement à vendre la moitié de la surface municipale aux promoteurs immobiliers.

    Monsieur Menard n'aime pas voir la pauvreté, mais n'ébauche pas d'idées pour la faire disparaître. Pour les socialistes, la mixité sociale dans le logement, la rénovation massive et écologique du centre historique, l'aide aux personnes âgées, les dispositifs d'intégration pour les nouveaux arrivants, la démocratie de proximité peuvent permettre de dessiner une ville plus conviviale, plus durable, plus solidaire.

    Se sentir chez soi, Monsieur Menard, c'est respecter cette « tradition », si chère à vos yeux, d'une ville qui a accueilli les républicains espagnols, les rapatriés d'Afrique du Nord, les immigrants venus construire la croissance des 30 glorieuses, ce n'est pas désigner des coupables à la crise parmi ceux qui la subissent de plein fouet. Béziers n'a pas besoin d'un « croisé », elle a besoin d'un projet de ville, alternatif et cohérent, qui redonne de la vie aux quartiers et aux espaces naturels, organise des déplacements aujourd'hui ubuesques, propose une offre publique pour le temps libéré. Si Monsieur Menard ne se réveille que tous les trois mois pour tenir des propos de comptoirs, il ne peut continuer à se croire utile pour la ville.