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Le Biterrois - Page 4

  • Béziers en 2020: Regain ou décadence?

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    Dans les deux prochaines années, dans ma belle ville natale, les débats vont refleurir concernant l'avenir de la cité. La droite, au pouvoir depuis près de 20 ans, nous expliquera que tout va bien, dans la ville de tous les records (taux de chômage, inégalités, pression fiscale). L'extrême droite se dévouera pour désigner des bouc-emissaires en jonglant sur les peurs et les rancoeurs d'une ville où le droit à l'avenir n'est pour l'instant qu'un mot creux...

    Et pourtant, attablé sur la terrasse à tapas du monstrueux centre commercial qui a désertifié le centre-ville, je vois un autre avenir se dessiner. Au-delà des débats médiatisés pour la ville que sont la gare TGV, les grands équipements, les zones d'activité, ou surtout, telle ou telle candidature, je vois 3 enjeux décisifs qui peuvent faire gagner la gauche.

    - politique des âges: un tiers des Biterrois sont retraités, mais la ville compte aussi plus de 14 000 enfants ou ados. Pour combien de places en maison de retraite ou en crèche? Un nombre insuffisant. C'est le vieux système de solidarité familiale, qui précarise les ainés, remise les femmes au foyer, et accentue les difficultés des plus fragiles. La gauche pourrait, à Béziers, organiser le temps libéré, l'accompagnement éducatif, mettre en oeuvre une offre universelle pour la petite enfance et de nouveaux services pour les ainés.

    - urbanisme et développement durable: Notre ville se vide au centre, se répand sur ses côtés, son noyau se déplace...sans cohérence aucune! Dans une ville trop grande, il faut repenser le zonage, la mobilité, créer des lieux de vie, aménager des ceintures vertes et reprendre le pouvoir aux promoteurs immobiliers qui le confisquent depuis 20 ans et possèdent la moitié de la ville.

    - démocratie: qui gère l'agglo? Qui nous représente dans les quartiers? Qui siège dans les conseils consultatifs? Que savons-nous de la gestion de la ville? Quand une opacité déconcertante règne, la démocratie de proximité peut devenir un enjeu de campagne: référendums locaux, bilans de mandat, budgets participatifs, les Biterrois doivent se réapproprier leur ville!

    Au-delà de ces thématiques qui permettraient d'ébaucher un bilan cruel pour l'action d'une droite usée par le pouvoir, tout est à revoir pour dessiner un nouvel avenir pour Béziers. Des erreurs funestes ont été faites: extension résidentielle trop lointaine depuis les années 60, déploiement incohérent des zones commerciales depuis les années 90...nous allons devoir retrousser nos manches pour réinventer une ville durable et juste sur la banlieue américaine déshumanisée à perte de vue que nous laissent MMs Couderc et Aboud après 20 ans de gâchis.

     

  • Etudier et travailler (ou pas) à Béziers en 2012

    A-Beziers-un-architecte-chomeur-depose-plus-de-3.000-CV-en-trois-ans_reference.jpgVouloir ébaucher un projet pour une ville, c'est d'abord prendre le temps de connaitre un territoire, une population, avant même de tracer le bilan de près de 20 ans de droite à Béziers. Après une première enquêté sur les statistiques sociales de Béziers, les études de la maison de l'emploi du grand Biterrois m'ont permis de m'interesser à l'économie locale, à l'insertion et à la formation professionnelle. Quels grands axes en ressortent?

    Dans la première étude basée sur le recensement de l'Insee, la précarité, les revenus faibles, la scolarisation moindre des Biterrois était apparue. Les chiffres de l'emploi apportent un éclairage toujours aussi negatif sur le 3ème bassin d'emploi francais le plus touché par le chômage.

    Le niveau de formation des Biterrois se distingue des moyennes departementales: Moins de diplomés de l'enseignement supérieur (16% contre 25%), plus de non-diplomés et de diplomés des filières professionnalisantes très courtes. Cette orientation précoce pourrait s'expliquer de différentes manières: sociologie biterroise marquée par une majorité d'employés, d'ouvriers et de chomeurs qui ne destinent pas leurs enfants à des études longues notamment, mais aussi passé industriel de Béziers, moindre présence de filières d'enseignement supérieur, etc. Les apprentis, eux, sont 982 (dont un tiers dans l'hotellerie restauration) et leur niveau de qualification monte lentement. Pour autant, l'impact de cette faible qualification a de lourdes repercussions non seulement pour l'economie locale mais aussi pour l'insertion professionnelle des jeunes Biterrois: 54% des détenteurs d'un diplome de niveau 3 (ens. Superieur) ont trouvé un emploi 6 mois après leur sortie de formation contre 26% pour ceux qui ont le niveau bep ou moins.

    Pour autant, les jeunes de l'ouest héraultais réussissent bien dans ces filières (services aux entreprises, industrie, electricité pour les les 2/3), où ils s'engagent plus qu'à l'est de l'Herault: 35% au lycée dans la voie generale, 42% dans la voie professionnelle, c'est le contraire à Montpellier! Lors des examens, les 3564 élèves de la voie professionnelle et technologique de l'ouest héraultais reussissent bien 4% de plus au Cap-bep que la moyenne regionale en 2010 (à 78%), 6% en plus au Bts (73%).

    Pour autant, alors que les difficultés sociales sont plus importantes (2000 euros de revenus mensuels en moins) il y avait en 2005 autant voire plus de population scolarisée en Zep à l'est qu'à l'ouest du departement (8%): Est-ce celà l'égalité territoriale? Quel avenir pour les 10 000 collegiens et 4600 lycéens du Biterrois et de l'Agathois.

    Le chômage, important, en diminution chez les jeunes (14% de moins de 25 ans) mais en augmentation chez les seniors, fort chez les femmes (18,7%), est lié notamment aux faibles qualifications des demandeurs d'emploi: Pour 72% des hommes elles sont de niveau Bep pour moins. Pour 27% des femmes il s'agit d'employées non-qualifiées, fragilisées par des métiers des services qui demandent toujours plus de compétences. 21% des chomeurs avaient plus de 50 ans en 2011.

    Le marché de l'emploi à Béziers est aussi tourné vers des emplois peu qualifiés: un tiers des offres concernent la restauration, la cuisine et le commerce ou les services à la personne (garde d'enfants, nettoyage), qui sont aussi les principaux secteurs d'emploi avec le batiment. Les femmes sont releguées massivement dans 3 secteurs: social, commerce et administration pour les 2/3 d'entre elles qui travaillent. Seules 3% sont cadres contre 6% chez les hommes.

    Le territoire du grand Biterrois est bien placé, et pourtant moins dynamique demographiquement (+6,4% dans les années 2000) que le territoire agathois (+13%) ou héraultais en general (10%). Quelle est la cause de cette moindre dynamique? Comment expliquer le manque de dynamisme d'une région climatiquement, géographiquement si privilégiée? La droite doit en répondre!

     

  • Béziers en 2012: précarité, désespoir et mauvais choix

     

    250px-Beziers_Arenes.jpgA la lecture des statistiques de l'Insee, sur Béziers, ses zones urbaines sensibles, notamment en les comparant à Narbonne et à Montpellier, on peut déprimer. Si notre ville depasse les autres, c'est pour son taux de chomage (21% contre 17% à Narbonne et Montpellier), pour la précarité des contrats d'emploi (12% d'interim et cdd) ou les revenus modestes de ses habitants (61% de non imposables contre 45% à Narbonne et Montpellier).

    Plusieurs chiffres sont incongrus, choquants, et questionnent la gestion municipale, assurée par l'UMP depuis 1995: 5800 logements vacants (14%) ca fait beaucoup comparé à Narbonne (6%) et Montpellier (8%)...Quel intérêt avait la droite biterroise à user et abuser du dispositif fiscal de la loi Scellier pour un tel bilan? A quoi bon ces immenses lotissements et ces résidences sécurisées qui essaiment?

    Comment ne pas être pessimiste, quand les emplois créés sont très qualifiés, avec une population active dont 44% n'a même pas le Bep et où seulement 18% ont fréquenté l'enseignement supérieur? Quelles filières, quels débouchés, quelle formation continue pour les jeunes Biterrois, moins scolarisés, à partir de 16 ans, que les autres Héraultais? Quel droit à l'avenir pour un jeune Biterrois qui a 1 chance sur 3 d'etre au chomage?

    Comparé à Narbonne et Montpellier, Béziers est moins attirante: 0,4% de croissance demographique contre 1% à Narbonne et 1,3% à Montpellier. Côté agriculture, plus de grandes cultures mais moins d'exploitants, moins de fruits et legumes (dommage pour les circuits courts), de viticulture, alors que la moitié des exploitants ont plus de 55 ans et que rien n'est fait pour les remplacer? Quelle politique pour les PME alors que seules 250 entreprises sur les 7700 que comptent Béziers ont plus de 20 salariés? Quel soutien pour la création quand un tiers des entreprises existent depuis au plus 2 ans? Un Biterrois sur 4 travaille dans une autre ville que Béziers: le manque d'emplois sur place est réel, il suffit d'aller à la gare le matin, direction Montpellier, pour s'en rendre compte.

    Il ne fait pas bon vivre dans une zone urbaine sensible à Béziers, que ce soit au Faubourg (1700 hab), aux Oiseaux (1600 hab) ou aux Arenes/Deveze (14000 hab): le taux d'activité de la population active est entre 43 et 53%, 15% de la population ne peut survivre qu'avec des aides de la CAF représentant au moins la moitié de leurs revenus, pour cette dernière zone, tandis que les bénéficiaires de la CMU dépassent le millier tandis que ceux de l'AAH sont 336.

    Les conditions de vie des Biterrois se dégradent: rénovation parcimonieuse des logements alors que 30% ont été construit avant 1949, politique jeunesse inexistante alors que 25% des Biterrois ont moins de 20 ans, paupérisation croissante de la population dans une ville où les catégories socio-professionnelles inférieures (ouvriers et employés) sont majoritaires. La solitude existe aussi: 40% des Biterrois vivent seuls, 17% des ménages sont des femmes élevant toutes seules leurs enfants.

    Tous ces chiffres font de Béziers une capitale: de la précarité et de l'abandon. La politique éducative, incohérente, et le manque d'ambition de la politique du logement demandent urgemment un changement de cap. Pour les Biterrois, et surtout pour les jeunes qui n'ont aujourd'hui d'autre avenir que de quitter la ville pour construire leur vie.

     

  • 20 ans de droite à Béziers, le temps du bilan

    360px-Découpbeziers.JPGIl y a 16 ans, en classe de sixième, dévalant une cage d'escalier de l'Iranget, une cité HLM de Béziers, je me retrouvais nez-à-nez avec le maire de Béziers. Alain Barrau, candidat du parti socialiste pour les municipales, nous serrait la main, entouré d'une dizaine de personnes, et continuait son tour du quartier. En 1995, quelques semaines plus tard, prenait fin la première expérience socialiste de ma ville. Et pas la dernière, je vous en assure. Elle ne s'est pas bien passée: à part le quartier du Port Neuf, le passage des "socialos" à la mairie n'a pas laissé grand chose. Les dissensions internes nées à cette époque font encore imploser les sections PS aujourd'hui.

    Depuis; la gauche a perdu deux élections municipales, en 2001 avec le ministre des transports JC Gayssot, en 2008 avec le conseiller général JM Du Plaa. La gauche manquait d'un projet global pour la ville. Trois mandats ont permis au sénateur-maire UMP  Raymond Couderc de modeler la ville. Béziers l'occitane, dont le centre aux rues tortueuses grouillait comme toute ville méditerranéenne qui garde son cachet, est devenue Béziers l'Américaine, jalonnée de résidences sécurisées; bétonnée et endettée. Il est temps maintenant de nous retrousser les manches pour faire un bilan des choix  urbanistiques, économiques, sociaux, qui ont été fait pour la ville. De les décortiquer et, thématique par thématique, quartier par quartier, de proposer un autre avenir pour la ville. Une ville de droite ne se développe pas comme une ville de gauche.

    Une première impression sur cette double décennie? Trompeuse! De nouveaux équipements ont émergé: IUT, université, médiathèque, complexe commercial de l'Hours, salle des concerts Zinga Zanga. De nouvelles routes ont été tracées: rocade nord, autoroute A75, vols Ryanair vers l'Europe du Nord. De nouveaux quartiers ont essaimé: Courondelle, Route de Boujan, Fonseranes...Cette expansion, je la juge désordonnée, incohérente, néfaste pour le développement et le rayonnement de Béziers.

    J'accuse la droite biterroise d'avoir fait de mauvais choix, désastreux pour le vivre-ensemble, négatifs pour le dynamisme biterrois, mitigés pour la qualité de vie. Les grands blocs de béton posés ici ou là ont moins de valeur que les équipements publics de proximité (culture, sport, jeunesse) qui manquent aujourd'hui. L'expansion urbaine de Béziers, facteur de pollution et de congestion, tourne le dos aux axes centraux de Béziers qu'auraient pu être l'Orb, le canal du Midi et la via Domitia. L'étalement des zones commerciales a tué le centre-ville qui dépérit et se paupérise. L'absence de politique écologique, de logement, de jeunesse ou encore de culture a et aura de lourdes conséquences sur la vie quotidienne à Béziers.

    Notre défi, d'ici 2014? Mettre en valeur une alternative urbaine de gauche, conviviale, attractive et durable. Un avenir pour les jeunes, un plan pour une ville densifiée, mixte et multipolaire, un projet pour le temps libéré, la solidarité et la démocratie locale. Une vision économique et urbanistique pour replacer Béziers dans une "sun belt" française qui prend tout sa place sur un rivage méditerranéen qui sera un axe majeur du XXIème siècle.