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Le Militant - Page 3

  • Et si Béziers basculait à gauche?

    beaubeziers.jpgCette idée n'est pas farfelue : le quotidien « l'opinion », en juin 2013, publiait une étude dans laquelle Béziers pouvait basculer à gauche, avec une incertitude concernant le front national. Le magazine « valeurs actuelles » peu suspect de complaisances pour la gauche, faisait la même analyse une semaine plus tard. L'idée de « vague bleue », comme en 1983, serait peu probable : le journal « 20 minutes », en septembre, annoncait 40% d'intentions de vote pour la gauche parlementaire (26 PS 10 FDG 4 écolos), 35% pour la droite, 16% pour le FN (en hausse de 4% depuis mars). Une étude du CSA, récente, indiquait ainsi que 11% des électeurs votaient pour soutenir le président, 26% pour s'opposer au gouvernement (mais la moitié des électeurs sarkozystes et lepenistes), et 48% en fonction d'enjeux locaux. 32% des électeurs préfereraient un maire de droite, 30% un maire de gauche, en 2014.

    Béziers, basculer à gauche ? C'est le pari des primaires citoyennes, organisées dans 4 villes en France par le parti socialiste. A Béziers, les verts participent à l'aventure. Alors, est-ce possible ? Un fort vent d'alternance souffle à Béziers. L'UMP l'a senti, poussant le maire actuel, Raymond Couderc, vers le lot de consolation d'une communauté d'agglomération, qui gère un budget plus important que celui de la commune (135 millions contre 110 millions pour la ville).

    Pourtant, rien n'est joué. Si la calamiteuse situation sociale et économique de la ville met la majorité de droite en difficulté, la profonde méfiance envers le et la politique a donné des ailes à l'extrême droite, rangée derrière l'imposture fortement médiatisée d'un Robert Menard, très connu polémiste, aux idées nauséabondes, qui veut prendre sa retraite au soleil. La mobilisation des abstentionnistes sera un critère déterminant quand l'abstention atteint ¾ des voix dans des bureaux de vote biterrois d'habitude acquis à la gauche. L'innovation militante en sera un autre quand seulement 48% des Francais envisageaient de voter, d'après le sondage CSA.

    Béziers, basculer à gauche ? Celà ne peut arriver que si les socialistes Biterrois, à travers les primaires, referment une parenthèse de 20 ans d'échecs, de dissensions internes, de haines recuites. Celà n'est possible que si l'on met en avant le changement des pratiques politiques, annoncées par les primaires, incarné par le non-cumul des mandats, face à un sénateur-maire UMP qui veut donner son fauteuil municipal à un député ancien premier adjoint...Celà n'est possible qu'avec une vision, un projet, une ambition de gauche pour Béziers, qui reste à construire, 18 ans après la fin de la première, et unique, expérience socialiste à la mairie de Béziers.

    Que disent les sondages, ces pythies du XXIème siècle ? Les études CSA de mars et septembre 2013 évoquaient les principaux sujets de préoccupation des électeurs pour les municipales  : impots locaux à 44%, sécurité à 35%, circulation à 34%, logement à 23% et économie ou couverture numérique en 5ème position...Un communicant, Bruno Detrie, évoque d'autres déterminants, le bilan (83% le jugent peu ou beaucoup important), la personnalité des candidats (78% la jugent peu ou beaucoup importante). D'autres déterminants importants selon l'étude du CSA : l'âge, quand un tiers des 18/24 ans sont sûrs d'aller voter, contre 2/3 des plus de 60 ans. Les préoccupations varient aussi selon la sympathie politique : à gauche, les 3 sujets qui préoccupent sont les impôts locaux, la délinquance et les transports en commun, quand l'extrême droite rajoute l'immigration, et le sympathisant de droite, la circulation.

    Béziers sera une ville-clé des prochaines élections municipales. Avec un candidat UMP de la droite populaire dont les idées et prises de position draguent ouvertement les électeurs frontistes, avec des primaires citoyennes qui peuvent donner une forte légitimité au candidat de la gauche, avec un terreau social, culturel, politique très prisé par le front national...Rien n'est joué, tout est à faire, et l'espoir, pour Béziers, reste entier.

  • A quelques jours de la rentrée, à quelques mois des municipales

    urne-municipales-2014.jpgCes échéances, pourtant, sont assez lointaines, quand on est attablé sur un des derniers cafés des allées Paul Riquet qui n'a pas encore baissé le rideau, et qu'on respire les dernières effluves de la feria de Béziers. Qu'elle etait belle notre ville, illuminée par les spots, égayée par des musiques de tous les horizons, arpentée par des milliers de jeunes et de moins jeunes ! Le retour à la réalité n'en est que plus dur.

    La rentrée, c'est évidemment la rentrée des classes, la rentrée des enseignants, la rentrée syndicale, alors que le statut des enseignants doit faire l'objet d'une négociation historique cette année. Ce débat doit aussi prendre en compte l'organisation du collège et plus largement, d'un système éducatif désuet qui renforce les inégalités.

    Mais c'est évidemment la rentrée politique que je voulais évoquer, alors que partout en France, des candidats socialistes commenceront leur campagne, en interne dans les grandes villes, face aux citoyens dans les plus petites. Ce moment d'ébullition doit aussi être l'occasion de penser le 3ème âge du socialisme municipal. Un projet éducatif avec la réforme des rythmes scolaires, un projet solidaire, face au vieillissement de la population, et un projet urbain, pour proposer un mode de vie plus durable et plus agréable.

     

    A Béziers, la rentrée politique sera particulière. Ma ville, enfin, entre en scène sur les feux de la rampe, comme l'une des 4 villes de France où seront organisées des primaires citoyennes. Et la seule où les Verts participeront ! Avec le candidat dont je dirige la campagne, Pierre Callamand, conseiller municipal d'opposition et chef du service de pédiatrie de l'hôpîtal, c'est aussi l'occasion d'être à la hauteur d'immenses défis. Ces primaires de conquête doivent nous permettre d'imposer une autre manière de faire de la politique alors que l'abstention bat des records et que l'ampleur du vote FN inquiète la France entière. Elles doivent nous permettre d'élever le débat : finies les petites phrases, le temps du projet est venu, pour permettre, pour la première fois, aux socialistes biterrois de proposer une vision de long terme aux Biterrois.

  • Basalte, goyaviers et emplois d'avenir

    IMG_0812.JPGDimanche soir, dans la rue de Paris, qui descend de l'hôtel de ville vers le front de mer, tous ceux qui avaient assisté à la remise des médailles de citoyens d'honneur de la ville se pressaient vers le Barachois, où le maire de St Denis de la Réunion, Gilbert Annette, devait lancer la mise à feu du spectacle son et lumières du 14 juillet. Tandis que nous cheminions à ses côtés, il nous expliquait à quel point cette célébration révolutionnaire était importante pour lui, premier maire de couleur de la préfecture, et descendant d'esclaves.

    Cette semaine de formation des cadres de de la fédération PS de la Réunion a été riche en rencontres, politiques, culinaires et géographiques. Le carri poulet, le gouffre de l'étang salé, et le piton de la fournaise mériteraient un article à eux tous seuls (et une cure sans riz en rentrant) même si le coucher de soleil précoce sur l'île (18h) nous a à peine permis de les effleurer. Je m'en tiendrais donc à des moments politiques.

    La fête de la section PS de St Marie, dimanche dernier, avait été la première occasion avec le maire de St Denis. En France, c'est plus compliqué de pique-niquer avec le maire d'une grande ville et sa famille, sur l'île, c'est tout simple. Décolonisation malgache, coopération décentralisée dans l'Océan Indien, projet éducatif global, nous avons évoqué tout ce qui fait la spécificité de ce petit bout de France perdu dans l'Ocean Indien, où la population, jeune, est issue de tous les rivages : indiens, chinois, malgaches, africains, mauriciens ou encore mahorais.

    Les formations prise de parole, communication orale, écrite, médiatique, ou encore la conduite de réunion et de projet ont été l'occasion de découvrir une vie politique marquée par le passage rapide du francais au créole, les inquiétudes sur l'avenir de jeunes qui ne peuvent compter que sur des contrats aidés pour accéder à l'emploi, un enjeu politicien (voire clientéliste?) majeur sur l'île, tout en discutant plus largement de la présence de requins, largement due à la mauvaise gestion de la pêche.

    C'était aussi un plaisir de discuter avec des militants et des élus engagés et passionnés : Jean-Marie, à St Paul, qui veut créer des centralités de bassin de vie, alors que les communes, immenses, rassemblent plusieurs lieu-dits, ou Didier, au cabinet du maire de St Denis, qui planche sur la question des transports dans une ville où l'altitude passe en quelques minutes de voiture de 0 à 2000 mètres.

     

    L'occasion aussi de réfléchir, alors que les primaires citoyennes de Béziers s'approchent à grand pas, du besoin urgent d'élever le débat des municipales 2014 : agriculture péri-urbaine, gestion de la vie nocturne, insertion professionnelle et développement de nouvelles formes de tourisme méritent plus de débats que les trottoirs et les déjections canines.

  • Municipales 2014: et si parlait des villes durables?

    Ville_durable.jpgCe soir, j'anime avec Francois (pas Hollande, l'autre) une réunion sur la ville durable. Dans le club de reflexion que nous avons lancé le mois dernier autour de la « gauche durable », on ne discute que de fond, on oublie un peu nos problématiques locales biterro-biterroises pour prendre de la hauteur sur des sujets décisifs pour la réussite du mandat de Francois Hollande : l'emploi, l'écologie, l'énergie, mais aussi l'aménagement du territoire, des sujets transversaux qui nécessitent des changements radicaux.

    Un des grands enjeux de l'économie et de la société durable, qui doit être imposée dans le débat des municipales, c'est la question de la ville durable. Non seulement une ville énergétiquement positive, qui réduit son empreinte écologique et l'émission de gaz à effet de serre, mais aussi une ville où la qualité de vie s'améliore, tant en matière de santé environnementale (13% d'ashme chez les ados contre 7% chez les adultes, durée de pollinisation plus longue, irritation des muqueuses avec la pollution, 150 000 morts par an en Europe du fait des particules fines) qu'en matière de lien social et de vivre-ensemble.

    La ville durable, c'est une autre politique de déplacements, d'agriculture, de transports, de commerces, de gestion de l'espace naturel, mais aussi une réflexion sur l'étalement urbain, la taille et l'emplacement des logements, sur les inégalités sociales qui poussent certaines catégories sociales à habiter toujours plus loin de leur travail du fait du prix des logements dans les métropoles...c'est une question urgente, quand les 2/3 de la consommation énergétique et de l'émission des gaz à effet de serre se fait en ville. C'est aussi un moyen de créer des emplois, dans le bâtiment, l'agriculture, l'énergie et de nouveaux services qui changent la manière de consommer et de produire (ex. réparation, recyclage, partage de services) et réduisent l'empreinte écologique et les déplacements. Concernant le travail, la ville durable pose aussi la question de l'extension du télétravail, avec la création d'espaces dédiés dans les villes, pour limiter des déplacements domicile/travail qui ont doublé en 20 ans, mais on peut déjà jouer sur les horaires de travail (ex. l'ouverture des universités à horaires décalés à Montpellier).

    Les études identifient 3 façons d'aller vers une ville durable : les restrictions (péage urbain, coût du stationnement, etc.) sont limitées et en plus injustes. La réhabilitation massive du bâti et le partage de la voirie, la mixité du logement créent des emplois mais ne remettent pas en cause l'organisation de la ville et des modes de vie. La dernière s'attaque à la structure de la ville, pour rapprocher les activités et les domiciles, voire en créant plusieurs centres.

    La ville durable questionne nos politiques d'urbanisme : habiter proche de la nature avec des lotissements à perte de vue a un coût, en terme de risques naturels, de pollution, d'extension des reseaux, mais créer des éco-quartiers, si ce n'est pas sur un bâti déjà existant, peut s'avérer assez superficiel, même si ces expériences qui favorisent la mixité du logement, des déplacements, de l'énergie ébauche un nouveau mode de vie...seulement accessible aux bobos pour l'instant. Mais la densification pose aussi problème quand elle amène les gens qui habitent dans des grandes villes à s'échapper...en prenant l'avion ! Organiser autrement les déplacements, c'est partager la chaussée, favoriser la réduction des usages de la voiture pour les petits déplacements (avec des commerces de proximité par exemple)

    La densification est une question politique quand les classes aisées veulent une ville compacte, et les catégories populaires la villa dans le lotissement (82% des Francais veulent une maison individuelle et seuls 17% des urbains utilisent les transports collectifs), quand les réseaux s'étendent et quand les centre-villes se désertifient. La ville a vu sa superficie doubler en 25 ans, ce qui pose la question de l'alteration des paysages, mais aussi de la disparition des meilleures terres agricoles (spéculation sur le foncier) alors que la ville devrait se requalifier sur elle-même.

    Le changement urbain permettrait d'aller vers une ville moins chaude et de prendre en compte le déreglement climatique : question des revêtements (sortir du bitume et du béton?), des matériaux de construction, de la pollution, de l'absence de végétation, de l'abandon de constructions naturellement climatisées (fenêtres étroites) qui augmente de plusieurs degrés la température et empêche le rafraichissement de la soirée. En cas de canicule, la mortalité peut être forte sur des personnes plus isolées dans des grandes villes où il fait plus chaud. Que faire ? Pourquoi pas végétaliser la ville, les murs, les friches ?

    Le problème, c'est que changer la ville a un coût : d'apres les études du Grand Lyon, il faudrait 250 millions d'euros pour bien isoler tous les logements de l'agglomération. La ville durable necessite de nouvelles normes. Par exemple construction de bâtiments à basse consommation énergétique dans toutes les ZAC de l'agglo, ou référentiel habitat durable avec une autre gestion des déchets, de l'énergie comme en Belgique où l'eau de la douche est utilisée pour les toilettes, où l'eau de pluie est réutilisée. Pour autant, un habitant qui s'installe en périphérie coûte deux fois plus cher qu'une autre qui s'installe au centre (mais il rapporte et coûte peu cher sur le court terme!).